Diane Obomsawin

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Diane Obomsawin (aussi connue sous le pseudonyme d’Obom) est une cinéaste d'animation, illustratrice et autrice de bande dessinée québécoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine abénaquise, Diane Obomsawin est née à Montréal en 1959. Elle passe ensuite vingt ans en France, où elle entreprend une carrière de graphiste. De retour au Québec en 1983, elle s'oriente vers l'illustration, la bande dessinée et la peinture, et étudie le cinéma d'animation à l’Université Concordia en auditrice libre[1],[2].

Elle est de la première vague de la bande dessinée underground au Québec, se retrouvant au sommaire du fanzine Iceberg, dans lequel elle signe sous le pseudonyme de Ringo la balafre[2] et publie Les aventures de Rosebif. On remarque par la suite sa longue participation au magazine d’humour et de bande dessinée Croc, ainsi qu’à l’éphémère magazine Anormal.

À partir de 1997, sa carrière en bande dessinée est liée à l’éditeur de poésie L'Oie de Cravan, où elle publie notamment des récits de rêves (Plus tard, Pink mimi drink). En 2007 paraît Kaspar, une biographie de Kaspar Hauser, le célèbre « orphelin de l’Europe », dont le triste destin a aussi inspiré Paul Verlaine, Werner Herzog et Françoise Dolto. Cet album, qui demeure son plus connu à ce jour, a été traduit en anglais par l’éditeur Drawn & Quarterly.

En 2011, elle est invitée par le symposium international d'art de Baie-Saint-Paul et y créé une animation en public[1].

La même année, le microéditeur Colosse fait paraître un fac-similé d’À chier, un détournement parodique à tendance situationniste et oubapiste de la bande dessinée Archie de Dan DeCarlo. Obom récidive en 2016 avec un autre récit, cette fois chez La mauvaise tête.

Depuis 1992, elle se distingue également par une production de courts métrages d’animation. Après quelques films conçus lors de son passage à l'Université Concordia, elle réalise à partir de 2000 pour le compte de l’Office national du film du Canada[1]. Certains ont été primés, notamment Ici par ici, récit autobiographique sur son enfance déracinée[3]. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreux festivals d’animation au Canada et à l’étranger.

En 2008, le Festival international du film sur l’art de Montréal (FIFA) présente sa première rétrospective[4]. En 2012 sort Kaspar, une adaptation de sa bande dessinée homonyme. Elle présente également une installation vidéo dans le cadre de la Manif d'art 6 - Machines – Les formes du mouvement. Diane Obomsawin réalise en 2013 un court film promotionnel soulignant le 50e anniversaire de la Cinémathèque québécoise. En 2016, elle adapte sa bande dessinée J'aime les filles à l’écran[5]. La même année, elle donne une leçon de cinéma dans le cadre des Sommets du cinéma d'animation[6].

Style[modifier | modifier le code]

Son univers naïf, onirique et doucement décalé est supporté par des personnages et des univers aussi statiques que minimalistes. Les têtes de ses personnages ont cette particularité d'être mi-animales et mi-humaines. Côté illustration, elle a longtemps pratiqué le collage et le détournement de photographies, qu’elle recouvre partiellement de ses dessins.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Collectif[modifier | modifier le code]

  • Une affaire gigogne, Éd. Line Gamache, 1997.

Album[modifier | modifier le code]

  • Rey Rogors, Mille putois, coll. « Portefeuille », 2014.

Films d’animation[modifier | modifier le code]

  • L'Abominable Microbe (un drame humain bien ordinaire), 1992[8].
  • Ma rencontre avec Marianne Faithful et un enfant orignal, 1995[9].
  • Une lettre d'Australie, 1995[10].
  • Canard à l'orange, 1996[11].
  • Le 26 septembre à l'atelier, 1997[12].
  • Understanding the Lawː The Coat, 1999.
  • Understanding the Lawː The Worm, 1999.
  • Distances / Elbow Room, 2002.
  • Ici par ici, 2006.
  • Vistas - Marche-dans-la-forêt, 2009.
  • Kaspar (inspiré de la vie de Kaspar Hauser), 2012.
  • 50e anniversaire de la Cinémathèque québécoise, 2013.
  • J'aime les filles, 2016.

Illustration[modifier | modifier le code]

Illustratrice professionnelle depuis 1984, elle a œuvré pour les journaux Le Devoir et La Presse, ainsi que pour les magazines L'Actualité, Info-Presse, Clin d’œil, Châtelaine, La Vie en rose, Guide ressources, etc.

Prix et nominations[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Cinéma d’animation[modifier | modifier le code]

  • 2016 : Prix Guy-L. Côté du meilleur film d'animation canadien pour J'aime les filles[13]
  • 2016: Prix du meilleur film LGBT au Festival du court métrage de New York pour J'aime les filles[14]
  • 2016 ː Grand Prix Nelvana du meilleur court métrage narratif indépendant au Festival international d'animation d'Ottawa pour J'aime les filles[15]
  • 2008 : Nomination au Prix Génie du Meilleur court-métrage d’animation pour Ici par ici
  • 2007 : Nomination au Prix Jutra du Meilleur film d’animation pour Ici par ici
  • 2006 : Meilleur film narratif au Festival international d'animation d'Ottawa pour Ici par ici
  • 2001 : Meilleur film éducatif au World Animation Celebration de Los Angeles pour The Worm
  • 2000 : Meilleur film éducatif au Festival international du film d'animation d'Ottawa pour The Worm

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Falardeau, Mira, 1948-, Femmes et humour (ISBN 9782763721132 et 2763721133, OCLC 878604550, lire en ligne)
  2. a et b Alexandre Fontaine Rousseau, « Entretien avec Diane Obomsawin », 24 images,‎ décembre 2014, janvier 2015, p. 35-37 (ISSN 1923-5097, lire en ligne)
  3. Jean, Marcel, 1963-, Dictionnaire des films québécois (ISBN 2924283671 et 9782924283677, OCLC 900394181, lire en ligne)
  4. « FIFA : l'art de tout voir | Annabelle Kempff | Nouvelles », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2018)
  5. « J'aime les filles », sur Annecy (consulté le 30 novembre 2017)
  6. Office national du film, « L'ONF aux Sommets du cinéma d'animation 2016. Une forte sélection incluant deux films d'ouverture, cinq courts métrages en compétition et une classe de maître donnée par Diane Obomsawin. - Canada.ca », sur www.canada.ca (consulté le 21 juillet 2018)
  7. On Loving Women - J'aime les femmes
  8. « Oeuvres | La Cinémathèque québécoise », sur collections.cinematheque.qc.ca (consulté le 21 juillet 2018)
  9. « Oeuvres | La Cinémathèque québécoise », sur collections.cinematheque.qc.ca (consulté le 21 juillet 2018)
  10. « Oeuvres | La Cinémathèque québécoise », sur collections.cinematheque.qc.ca (consulté le 21 juillet 2018)
  11. « Oeuvres | La Cinémathèque québécoise », sur collections.cinematheque.qc.ca (consulté le 21 juillet 2018)
  12. « Oeuvres | La Cinémathèque québécoise », sur collections.cinematheque.qc.ca (consulté le 21 juillet 2018)
  13. « Le court métrage J'aime les filles reçoit un prix », Les libraires,‎ (lire en ligne)
  14. « Trois courts métrages d’animation primés de l’ONF au Festival Sundance », CTVM.info,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2018)
  15. (en-US) « 'J'Aime les Filles,' 'Louise' Take Ottawa Grand Prizes », Animation Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juillet 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Fontaine Rousseau, « Entretien avec Diane Obomsawin », 24 images, no 170,‎ décembre 2014 - janvier 2015, p. 35-37 (ISSN 1923-5097, lire en ligne)
  • Blei, Irene. Canadá cuadro a cuadro : animadores y animadoras del National Film Board. Florida : Wolkowicz, 2014, 301, [4]p. - Argentine - NC 1766 C3B61
  • Marcel Jean, Dictionnaire des films québécois, Montréal, Somme toute, , 472 p. (ISBN 9782924283677, OCLC 900394181)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]