Deuil dans le catholicisme

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Le deuil dans le catholicisme est une combinaison d’usages et de rites funéraires liés à la religion catholique.

Lorsque la vie arrive à son terme, les familles catholiques pratiquantes ont à cœur de faire administrer le sacrement des malades à leur parent. Le sacrement des malades est d'abord destiné à améliorer l'état physique et moral de celui qui le reçoit. Le prêtre se substitue au Christ qui guérissait les malades. Il peut être administré bien avant que le processus vital ne soit engagé.

Ce sacrement peut s'accompagner ou non du Viatique, ultime communion distribuée au malade après une confession générale si son état le permet. À noter que les funérailles ne sont pas un sacrement, mais un sacramental.

Lorsque le décès a été constaté et la toilette funèbre effectuée le corps est exposé sur un lit (de nos jours le plus souvent dans une chambre funéraire ou une chambre mortuaire) en attitude de gisant, mains jointes enserrant un chapelet ou un crucifix. La couche funèbre est jonchée de fleurs ou des vases sont disposés dans la pièce. Des cierges ou des bougies allumés (au moins une) symbolise la lumière dans laquelle le défunt est entré par son baptême et qui se perpétue par-delà la mort. Le corps est veillé par les proches qui se relaient à son chevet. Ils récitent le chapelet et les prières du missel relatives à cet ultime adieu.

Des prières sont également prévues par le missel pour la mise en bière et le départ de la maison mortuaire. En l'absence de ministre du culte, il appartient à un proche parent de les réciter.

Au moins le jour des funérailles, l'usage veut que la famille du défunt et ses proches s'habillent en grand deuil, en deuil ou en demi-deuil selon la proximité. Dans les mois qui suivront, ils s'abstiendront de porter des couleurs vives.

De nos jours, du fait de la pénurie de prêtres, la cérémonie funèbre peut être présidée par des laïcs ayant reçu une formation spécifique. Dans le meilleur des cas, la célébration sera confiée à un diacre, qui est un ministre ordonné pouvant être marié. Il n'y aura alors ni messe ni communion. Seul un prêtre peut célébrer une messe de funérailles. Lui seul a le pouvoir de transformer le pain et le vin en corps et sang du Christ (Transsubstantiation).

Le cadre des funérailles catholiques s'est considérablement assoupli. Les paroisses essayent de répondre aux demandes particulières des familles. Les familles catholiques pratiquantes sont en général attachées aux rites spécifiques (comme l'encensement du cercueil) et adeptes d'une certaine simplicité dans le rituel, la musique et les chants. Fréquemment, il n'y aura pas de fleurs hormis celles des proches. Les assistants seront invités à faire un don pour une œuvre caritative en lieu et place des envois de fleurs.

L'inhumation suit la cérémonie religieuse. A la campagne, le prêtre accompagne le corbillard et récite les dernières prières devant la tombe. En ville, c'est un proche qui s'en charge, avec l'aide du missel. La crémation, longtemps interdite par l'église catholique, est maintenant autorisée. La cérémonie religieuse la précède.

Dans les mois qui suivent, les proches du défunt s'abstiennent de sorties festives (spécialement dansantes ou musicales) et ne reçoivent que dans l'intimité. Il fut un temps où, dans les familles très catholiques, on n'allumait pas la radio ou la télévision durant plusieurs mois.

Le retrait temporaire de la vie sociale caractérisant le deuil, bien difficile de nos jours surtout lorsqu'on travaille, avait l'avantage de permettre aux endeuillés de se reconstruire dans le calme et la prière, de mettre en ordre les affaires du défunt, de régler la succession, d'accepter de continuer le chemin sans lui.

Des messes à l'intention d'un défunt peuvent être demandés. Se conserve aussi l'usage d'une messe de quarantaine (quarante jours après le décès) et, plus largement, celle de la messe anniversaire (messe « du bout de l'an ») où la famille se retrouve avec les amis proches. Il est également fréquent que la date anniversaire du décès, de la naissance ou du saint patron soit commémorée par une messe, ceci durant des décennies parfois. Ces rites les aident à supporter l'absence et à faire vivre le souvenir de l'être aimé.

En Belgique et dans le nord de la France, ainsi qu'en Espagne et en Italie, se maintient la pratique du « memento » ou « souvenir pieux ». Il s'agit d'une image pieuse comportant une photographie du défunt, ses dates de naissance et de décès, parfois sa profession et ses décorations, ainsi que des prières et oraisons jaculatoires choisies en fonction de sa personnalité, de son caractère voire de ses hobbies. Cette image est distribuée ou envoyée aux proches et connaissances dans les semaines qui suivent le décès, parfois le jour même de l'enterrement ce qui dénote un sens aigüe de l'à-propos et de l'organisation. Cette coutume a pratiquement disparu partout ailleurs, même si elle se maintient dans les familles catholiques de vieille tradition bourgeoise ou aristocratique.

Les manifestations du deuil résultent avant tout d'un choix personnel. Sa sévérité est généralement fonction de la difficulté éprouvée à reprendre le cours d'une existence bouleversée par la mort d'un être cher. De nos jours, il n'existe plus de deuil de convenance.

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