Mise en bière
La mise en bière est l'opération qu'effectuent les pompes funèbres ou autres professionnels habilités en plaçant le corps d'un défunt dans son cercueil, avant sa fermeture puis la levée du corps.
Définition générale
[modifier | modifier le code]À l’origine la bière était la civière placée sous le corps de la personne décédée et qui — comme le linceul — était souvent enterrée dans la fosse. Étymologiquement, bière est issu du vieux bas francique *bëra « civière » et est attesté en ancien français avec le sens de « brancard pour porter les morts » cf. allemand Bahre « civière ». Par extension, durant les grandes épidémies de peste, il a aussi été donné aux charrettes sur lesquelles l’on entassait les morts pour les conduire au bûcher.
La civière — planche sur laquelle on portait le mort — lui était fréquemment laissée comme couche ; le même mot désigna par la suite le cercueil de bois, sépulture des gens simples, opposé au sarcophage, sépulture de pierre des plus fortunés[1].
La mise en bière est bien, littéralement, la mise en cercueil, sans rapport aucun avec la bière, boisson maltée du même nom.
Cadre légal en France
[modifier | modifier le code]En France, la mise en bière est strictement encadrée par le Code général des collectivités territoriales (CGCT), notamment les articles R.2213-15 à R.2213-29[2].
- Elle est obligatoire avant tout transport de corps après 24 heures suivant le décès.
- Elle peut être différée si la famille souhaite voir le défunt avant la fermeture du cercueil.
- Elle doit être effectuée en présence de l’opérateur funéraire habilité et parfois d’un représentant de la mairie.
- En cas de décès d’origine violente ou suspecte, la mise en bière ne peut être réalisée qu’après autorisation du procureur de la République, une fois les examens médico-légaux terminés.
La fermeture définitive du cercueil fait l’objet d’un procès-verbal de fermeture, signé par l’opérateur funéraire et éventuellement un représentant de la commune[3].
Types de mise en bière
[modifier | modifier le code]1. Mise en bière simple
C’est la forme la plus courante. Le corps est placé dans le cercueil, généralement revêtu de ses vêtements ou d’un linceul.
Cette opération est précédée de la toilette mortuaire (rituelle ou non) et, selon les souhaits de la famille, d’une présentation du défunt.
2. Mise en bière avec soins de conservation
Lorsqu’un soin de thanatopraxie est pratiqué (injection de produits conservateurs, présentation esthétique), la mise en bière intervient après ce soin, effectué par un thanatopracteur diplômé.
3. Mise en bière immédiate
Elle est imposée par la réglementation dans certains cas :
- décès par maladie contagieuse (peste, choléra, COVID-19...) ;
- décomposition avancée ;
- réquisition judiciaire ou raison sanitaire. Dans ces cas, le cercueil est immédiatement fermé et souvent hermétique.
Aspects administratifs
[modifier | modifier le code]Avant la mise en bière, les proches doivent obtenir une autorisation délivrée par la mairie du lieu de décès.
Le cercueil doit être conforme aux normes en vigueur (épaisseur, matériau, étanchéité, dispositif d’identification).
Une plaque d’identité indiquant les nom, prénoms, date de naissance et de décès du défunt est fixée sur le cercueil avant fermeture[4].
En milieu hospitalier et médico-légal
[modifier | modifier le code]Dans les établissements hospitaliers ou les instituts médico-légaux, la mise en bière se déroule dans des locaux techniques de la chambre mortuaire sous la responsabilité du personnel habilité.
- Si une autopsie a été pratiquée, la mise en bière a lieu après restitution du corps à la famille.
- En cas de décès suspect ou violent, elle n’est autorisée qu’après la levée d’obstacle médico-légal décidée par le procureur de la République.
Symbolique et pratiques culturelles
[modifier | modifier le code]La mise en bière marque une transition symbolique entre la vie et la mort dans de nombreuses traditions.
Dans certains pays, elle est accompagnée de rituels religieux (prières, bénédictions, encensement du cercueil) ou de gestes de deuil (déposition d’objets personnels, fleurs, lettres).
Elle correspond souvent au dernier adieu familial, avant la fermeture définitive du cercueil.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ FEW t. 15, 1, p. 94
- ↑ « Code général des collectivités territoriales, article R2213-15 »
- ↑ « Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « UPFP, l'Union du Pôle Funéraire Public | Ethique, humaniste, solidaire » (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :