Crocidura russula

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Crocidura russula.

La Crocidure aranivore[1], Musaraigne musette[1] ou Crocidure commune (Crocidura russula) est un insectivore de la famille des Soricidae. Elle est aussi appelée Crocidure aranivore musette, Crocidure aranivore des sables, Leucode aranivore, Crocidure musette ou Musette des sables[1].

Morphologie[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore est un animal allongé à la tête fine au museau pointu. Les dents sont blanches. Le pelage est roussâtre sur le dos, plus pâle sous le ventre[2]. Les couleurs différentes du dos et du ventre ne sont pas clairement séparées. La queue présente de longs poils blanchâtres. La longueur de la tête et du torse est de 60 à 90 millimètres, celle de la queue de 30 à 43 millimètres[3]. Le poids varie de 11 à 14 grammes[3].

Comportement[modifier | modifier le code]

Locomotion[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore principalement nocturne, active toute l'année, des endroits broussailleux et secs. Lors de leurs déplacements, dès l'âge de sept jours, les jeunes crocidures vont à la queue leu leu, se tenant à la queue du jeune qui précède.

Comportement social[modifier | modifier le code]

Les Crocidures aranivores sont classées parmi les mammifères semi-sociaux. En hiver, il leur arrive de partager leurs nids et d'entrer en torpeur. Les deux parents défendent leur territoire[4].

Alimentation[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore a un régime alimentaire à base d'insectes, d'araignées, de gastéropodes, de vers ou de petits vertébrés. Elle consomme aussi quelques fruits.

Cris[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore peut être très vocale. Elle possède une forme primitive d'écholocation où elle produit un appel de gazouillis aigu pour interpréter leur environnement. L'utilisation de cet appel laryngé et des vibrisses permet aux musaraignes de s'orienter dans leur environnement[5]. Il n'y a pas eu de rapports concrets sur les modes de communication utilisés par cette espèce, cependant, la vocalisation et les signaux tactiles et chimiques sont probablement utilisés[5].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore est monogame. La saison de reproduction a lieu de mars à septembre. Durant cette période la femelle peut avoir de deux à quatre litières, comprenant chacune deux à dix petits (généralement quatre ou cinq). Les nids sont situés généralement sous des pierres et des planches, ou dans des terriers abandonnés[3]. Les nouveau-nés pèsent entre 0,7 et 1,5 gramme. Les yeux s'ouvrent à l'âge de quatre à quatorze jours. L'allaitement dure trois semaines. Chez cette espèce, ce sont les femelles qui se dispersent et les mâles qui restent sur le territoire de leurs parents, ce qui est rare parmi les mammifères[4].

Les Crocidures aranivores nées au début de la saison de reproduction arrivent à maturité sexuelle la même année, les autres l'année suivante.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore est la proie de plusieurs animaux; les hiboux (comme la Chouette effraie), les serpents et les petits mammifères carnivores comme les belettes et les genettes sont ses principaux prédateurs[6]. Pour éviter la prédation, elle se déplace souvent sous le couvert de la végétation ou sous une litière de feuilles. Sa coloration est également utilisée comme une méthode efficace pour éviter la prédation[7].

Santé[modifier | modifier le code]

La longévité est de 18 mois dans la nature[4] et de 30 mois au maximum en captivité.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition[modifier | modifier le code]

La zone d'expansion relativement petite de la Crocidure aranivore se limite au sud-ouest du paléarctique. Elle s'étend au sud-ouest de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie et Tunisie) au nord-est jusqu'en Allemagne, couvrant ainsi tout le sud-ouest de l'Europe. La limite nord-est de la distribution en Europe passe par l'Allemagne, sur une ligne allant de Brême à Dresde. En France, on la trouve partout jusqu'à 2000 mètres d'altitude, sauf en Corse.

Habitat[modifier | modifier le code]

La Crocidure anivore vit dans des habitats ouverts, chauds et sans couverture forestière, largement utilisés, comme les jachères, les prairies, les haies, les tas de pierres et les jardins des plaines jusqu'à 300-400 mètres, localement aussi jusqu'à 680 m d'altitude, en Europe centrale. Comme la Musaraigne des jardins, elle vit fréquemment - et presque exclusivement dans le nord de l'aire de répartition - dans les établissements humains et à proximité de ceux-ci. En automne, les animaux migrent de plus en plus dans les bâtiments pour y passer l'hiver[3]. Dans la zone méditerranéenne, les exigences en matière d'habitat de l'espèce sont moins strictes, mais on la trouve principalement dans les prairies ouvertes ou semi-ouvertes, les broussailles, le long des lisières de forêts et très souvent sur d'anciens champs en terrasses avec des murs en pierre sèche.

La Crocidure aranivore et l'homme[modifier | modifier le code]

Effectifs[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore est fréquente dans sa zone d'expansion et s'est propagée vers l'Est au cours des dernières décennies, du moins en Bavière. Selon l'Union internationale de conservation de la nature, elle n'est pas menacée (préoccupation minimale).

Introduction en Irlande[modifier | modifier le code]

La Crocidure aranivore sert de proie à de nombreux animaux, mais une abondance chez cette espèce peut entraîner un déclin chez d'autres petits mammifères tels que les musaraignes pygmées. En avril 2008, elle a été découverte en Irlande et s'est depuis rapidement répandue dans les comtés du sud[8],[9]. L'introduction de l'espèce permettra peut-être de maintenir des oiseaux de proie menacés, comme la chouette effraie, mais le mammifère non indigène pourrait menacer certaines des plus petites espèces indigènes, comme la musaraigne pygmée[8].

Espèces voisines[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé
  2. Morris, Patrick A., A red data book for British mammals, Mammal Society, (ISBN 0-906282-23-3 et 978-0-906282-23-6, OCLC 31751909, lire en ligne)
  3. a b c et d L. C. Duarte, C. Bouteiller, P. Fontanillas et E. Petit, « INBREEDING IN THE GREATER WHITE-TOOTHED SHREW, CROCIDURA RUSSULA », Evolution, vol. 57, no 3,‎ , p. 638–645 (ISSN 0014-3820 et 1558-5646, DOI 10.1554/0014-3820(2003)057[0638:IITGWS]2.0.CO;2, lire en ligne, consulté le 12 janvier 2020)
  4. a b et c (en) Référence Animal Diversity Web : Crocidura russula
  5. a et b Björn M. Siemers, Grit Schauermann, Hendrik Turni et Sophie von Merten, « Why do shrews twitter? Communication or simple echo-based orientation », Biology Letters, vol. 5, no 5,‎ , p. 593–596 (PMID 19535367, PMCID PMC2781971, DOI 10.1098/rsbl.2009.0378, lire en ligne, consulté le 12 janvier 2020)
  6. Alcover, Josep Antoni., Els mamífers de les Balears, Editorial Moll, (ISBN 84-273-0265-7 et 978-84-273-0265-5, OCLC 7274232, lire en ligne), p. 85-87
  7. Francois Balloux, Jerome Goudet et Nicolas Perrin, « Breeding System and Genetic Variance in the Monogamous, Semi-Social Shrew, Crocidura russula », Evolution, vol. 52, no 4,‎ , p. 1230–1235 (ISSN 0014-3820, DOI 10.2307/2411254, lire en ligne, consulté le 12 janvier 2020)
  8. a et b (en) « For Good Or Ill, Ireland Gains Another Mammal Species », sur ScienceDaily (consulté le 12 janvier 2020)
  9. (en) Allan D. McDevitt, W. Ian Montgomery, David G. Tosh et John Lusby, « Invading and Expanding: Range Dynamics and Ecological Consequences of the Greater White-Toothed Shrew (Crocidura russula) Invasion in Ireland », PLOS ONE, vol. 9, no 6,‎ , e100403 (ISSN 1932-6203, PMID 24955824, PMCID PMC4067332, DOI 10.1371/journal.pone.0100403, lire en ligne, consulté le 12 janvier 2020)

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