Comité de la jupe

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Comité de la jupe
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Le Comité de la jupe est une association loi de 1901 visant à promouvoir la place des femmes dans l'Église catholique. Il a été fondé en 2008 par Anne Soupa et Christine Pedotti à la suite de propos misogynes du cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , sur le plateau de Radio Notre-Dame, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, est interrogé sur la possibilité pour les femmes de lire la Bible au cours des célébrations — ce qui est déjà habituel mais parfois remis en cause au sein de l'Église catholique. Il répond alors :

« Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. »

Un comité d'une quinzaine de femmes, initié par Christine Pedotti et Anne Soupa[a], se constitue alors et dépose plainte auprès de l'Officialité de Paris, un tribunal ecclésiastique, au nom de « l'égale dignité des baptisés » hommes ou femmes. La plainte est retirée à la suite des excuses de Mgr Vingt-Trois pour sa « maladresse », mais le Comité de la jupe perdure[3],[4].

Objet[modifier | modifier le code]

L’objet du CDJ est la défense de la place des femmes dans le catholicisme, mais aussi dans les trois monothéismes. Un tournant majeur est opéré par la Déclaration des dix ans « Nous choisissons tout ! » : en 2018, le Comité de la jupe constate que quasiment rien n’a bougé depuis 2008. Même si « l’institution encense le prétendu « génie féminin » qui ferait des femmes des « sentinelles de l’invisible », elle les maintient dans l’invisibilité. Parlant à leur place, elle les instrumentalise dans des rôles de mères et d’épouses, imposant à 50 % de l’humanité des conceptions nées sous d’autres siècles ». Le conseil d’administration demande l’égalité entre les hommes et les femmes : « Thérèse de Lisieux voulait « tout », en un siècle où les femmes étaient peu de chose. Nous aussi nous « choisissons tout » : être paroissiennes et théologiennes, catéchistes et diacres consacrées, ministres de la transmission de tous les sacrements, de la proclamation de l’Évangile et de l'homélie, servantes de messe et cardinales, donc… papesses. Les femmes ne sont pas des catholiques à moitié. Elles refusent toute discrimination liée au sexe et veulent être traitées selon leurs charismes, pour qu’enfin cette Église - la leur - soit fidèle aux Évangiles. » La Jupe accepte l’éventuel diaconat comme une étape vers l’égalité complète.[réf. nécessaire]

Actions[modifier | modifier le code]

Le , le comité organise une marche des « cathos citoyens »[5]. La création de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones est annoncée.

En 2012, le Comité de la jupe crée sur son site web une carte collaborative pour repérer et dénoncer les paroisses où les femmes sont exclues du service de l'autel[6]. Il en conclut que 39 % des paroisses sont concernées[7]. Laurent Villemin, prêtre et professeur d'ecclésiologie, a jugé l'initiative « intéressante parce qu'elle contribuait à libérer la parole, en s'appuyant sur le réseau Internet. »

Le 9 mars 2013, à l'appel de la Jupe, 72 femmes tiennent le premier conclave féminin du catholicisme, à l'église Saint Merry à Paris, pour protester contre la procédure discriminante de l'élection du pape, et émettre des propositions sur le fonctionnement de l'Eglise.[réf. nécessaire]

Le manifestation " les gants roses" devant la CEF, en 2016, visait à montrer que les femmes sont toujours les petites mains de l'Eglise catholique. Dans la même perspective, un sit-in a eu lieu une fois par mois pendant la même année devant l'esplanade du Montparnasse. [réf. nécessaire]

Les 10 ans du CDJ ont été fêtés le 10 décembre 2018. On y a adopté la Déclaration des 10 ans. Un apéro catho-féministe a rassemblé les sympathisants du CDJ pour une soirée de débat dans un café parisien le 25 novembre 2019.[réf. nécessaire]

Le Comité de la Jupe est actuellement sous les feux de l'actualité depuis la candidature de sa présidente Anne Soupa au poste d'archevêque de Lyon, après la démission de cardinal Barbarin[8]. A sa suite, sept autres femmes ont déposé le 17 juillet à la nonciature de Paris leur candidature à des postes de responsabilité dans l'Église[9].[réf. nécessaire]

Ouverture interreligieuse[modifier | modifier le code]

Le , le comité organise avec la CCBF (Conférence catholique des baptisé-e-s francophones) un « Conclave des femmes » pour débattre de l'avenir de l'Église catholique[10].

Le CDJ promeut le dialogue interreligieux. En effet la question des femmes est transversale et se pose également aux responsables du judaïsme et de l'islam.

Ainsi, le CDJ organise une conférence à la paroisse Saint Merry à Paris sur les femmes dans les trois religions du livre, avec Liliane Viana et canin Elkouby en 2014.

Au Sénat, le 14 janvier 2016, Anne Soupa participe à la table ronde réunie autour de Chantal Jouant pour discuter de l'importance de l'égalité entre hommes et femmes dans la lutte contre les intégrismes religieux.

Le CDJ co-organise La Nuit des femmes à Troyes avec le centre Rachi en 2017[11].

[réf. nécessaire]

Femmes et Église[modifier | modifier le code]

Exégèse[modifier | modifier le code]

Le CDJ fonde sur la Bible son choix pour l’égalité Femmes-Hommes dans l’Église. Le Livre de la Genèse (ch. 2) montre un « Adam » qui désigne l’humanité en général et sur laquelle le Seigneur fait descendre une torpeur afin de créer deux êtres de parole qui soient en « vis-à-vis », l’un avec l’autre, c’est-à-dire en relation d’aide mutuelle. Homme et femme ont donc été créés simultanément, au réveil de cette torpeur. Quant au fondateur du christianisme, Jésus, il n’a jamais fait acception de personnes entre les deux sexes. Il a considéré les femmes comme des êtres humains à part entière. S’il a choisi douze hommes, c’est d’abord parce que la société antique est de type patriarcal, et ensuite en référence aux douze tribus d’Israël qui composaient le peuple hébreu. Jésus choisit donc « tout Israël ». C’est donc le contraire d’une sélection. Il n’y a pas de sexe élu.[réf. nécessaire][12]

Question de genre[modifier | modifier le code]

la Jupe prône l’égalité entre les hommes et les femmes, et non « la complémentarité » chère à l’Église catholique, qui considère que les femmes sont complémentaires des hommes - et jamais l’inverse. Le CDJ s’insurge également contre la diabolisation des études de genre qui visent à montrer la part culturelle dans les rôles de chacun des deux sexes. En effet pour les études de genre, l’assignation de chacun à des rôles déterminés et immuables est consécutive à des constructions sociales et non à une essence, à l’inverse de ce que dit l’Eglise catholique.[réf. nécessaire]

Régénération liturgique[modifier | modifier le code]

Malgré la multiplication de pratiques contraires depuis 20 ans, le CDJ rappelle qu’aucune raison théologique ne justifie l’exclusion des fillettes du service d’enfant de chœur et soutient avec détermination leur présence au service de l’autel.

Le CDJ encourage les actes liturgiques inspirés ou mis en œuvre par les femmes, prières, homélies, célébrations. Pour cela il existe des précédents historiques que le CDJ a remis en lumière, comme la célébration de la Visitatio au matin de Pâques. Mettant en valeur les femmes, ces gestes anciens ancrés dans une longue tradition ont été brutalement mis de côté par le Concile de Trente, après les accusations des Réformateurs qui y voyaient plus un spectacle qu’un acte liturgique.

« Enfin, elles célèbrent ! » : le 7 mars 2020, à l’occasion de la journée des femmes, le CDJ organise une célébration de la Parole. Lectures, commentaires et prières sont confiés indifféremment à des hommes et à des femmes. La cérémonie aura lieu sans eucharistie, celle-ci ne pouvant être célébrée sans un prêtre, dans l’état actuel du droit canon.

Publications[modifier | modifier le code]

Le CDJ a édité une brochure didactique qui résume l’histoire des relations entre femmes et Église : Femmes et catholicisme, qu’est-ce qui cloche ?

Perception dans l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Laurent Villemin, prêtre et professeur d'ecclésiologie, s'est montré critique envers la CCBF[13].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En mai 2020, le lien entre Anne Soupa et le Comité de la jupe est rappelé par des journalistes lors d'interviews d'Anne Soupa[1] ,[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Informations télévisées Euronews (tout début de l’émission) » [vidéo], (consulté le 22 juillet 2020).
  2. « Informations télévisées France24 (4 min 50 s) » [vidéo], (consulté le 22 juillet 2020).
  3. « André Vingt-Trois accusé de propos «sexistes» », Le Figaro, 5 décembre 2008.
  4. « Le mea-culpa du cardinal Vingt-Trois », Témoignage chrétien, 11 décembre 2008.
  5. Le Comité de la Jupe marche contre une église rétrograde, RTL, 11 octobre 2009
  6. Le comité de la jupe dresse une carte de l'exclusion des femmes de la liturgie, La Croix, mars 2012
  7. 39 % des paroisses excluent les femmes de services liturgiques. Premier bilan de notre cartographie sur le site du Comité de la jupe
  8. ARTE, « Anne Soupa, la femme qui défie l'Église catholique - 28 minutes - ARTE 28 minutes », sur arte.fr, (consulté le 20 aout 2020)
  9. Héloïse de Neuville et Xavier Le Normand, « Après Anne Soupa, sept nouvelles candidates à des ministères dans l’Église », sur La croix.fr, (consulté le 20 aout 2020)
  10. "Elles ont demandé aux hommes d'Église de ne plus porter de robes", L'Express, 23 mars 2013
  11. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. centre Rachi, http://institut-rachi-troyes.fr/wp-content/uploads/2017/11/nuit.des_.femmes.institutRachi.pdf
  12. Anne-Joëlle Philippart, « Femmes et catholicisme, qu'est-ce qui cloche ? », sur Comité de la jupe, (consulté le 20 aout 2020)
  13. « Quelle place peuvent «revendiquer» les laïcs dans l'Église ? », La Croix, 13 octobre 2009.