Anne Soupa

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Anne Soupa
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Anne Soupa en octobre 2009.
Naissance (72 ans)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Anne Soupa, née le , est une journaliste, théologienne et bibliste. En 2008, elle cofonde et est depuis présidente du Comité de la jupe, qui promeut l’égalité des femmes et des hommes au sein de l’Église catholique. En 2009, elle confonde le mouvement réformateur de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anne Soupa est la fille d'Henri Beaugé-Bérubé, compagnon de la Libération[1]. En 1968, est diplômée de l’Institut d'études politiques de Paris[2]. Elle est titulaire d’une maîtrise de droit et d’une maîtrise de théologie[3].

Elle travaille dans un premier temps au service de formation d’une banque. Puis chez au Groupe Bayard, dans la presse catholique. Elle écrit d'abord dans la revue de jeunesse Grain de Soleil, puis se consacre à la Bible en rejoignant l’équipe du Monde de la Bible. Elle travaille alors aux Éditions du Cerf. Elle est rédactrice en chef de la revue Fêtes & Saisons puis, toujours au service de l’éditeur dominicain, créé Biblia et en assuré la rédaction en chef au long des 85 numéros qui commentent l’ensemble des livres de la Bible en associant commentaires exégétiques et dossiers iconographiques[4],[5].

En 2008, le cardinal archevêque de Paris André Vingt-Trois déclare sur une émission de la Radio chrétienne francophone « Le plus difficile, c'est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête. ». Elle porte plainte à l'Officialité, le tribunal ecclésiastique[6]. Elle crée avec Christine Pedotti, le Comité de la jupe pour lutter contre la discrimination à l’égard des femmes dans l’Église catholique. En 2009, toujours avec Christine Pedotti, elle crée la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones afin de promouvoir la responsabilité des baptisés catholiques[7],[8],[9].

Le 9 mars 2013, dans le contexte de l'élection du successeur du pape Benoît XVI, le Comité de la Jupe dont elle est présidente, tient le premier Conclave féminin de l’histoire, à Paris pour faire sortir les femmes de l’invisibilité où les cantonne la structure institutionnelle actuelle et montrer qu’elles pourraient tout à fait être intégrées dans le processus électif des chefs de l'Église catholique romaine :

« Nous avons convié 72 femmes, au titre de leur foi, aussi bien des théologiennes que des religieuses de terrain, pour discuter de la feuille de route à suivre pour le futur pape. Il ne s'agit pas de singer Rome et de chercher la meilleure pointure pour le rôle, mais plutôt de se poser les questions importantes pour l'avenir. Quelle spiritualité pour demain ? Comment redonner confiance aux catholiques de la base ? Comment parler aux jeunes générations ? C'est une démarche moderne, d'inspiration démocratique, et conforme à ce que devrait être la vraie tradition de l'Église. »[10] Le résultat massif des 72 contributions a été de demander un pape de la miséricorde et non de la loi. L’élection du pape François leur a donné raison.

En 2010, elle publie avec Christine Pedotti Les pieds dans le bénitier, qui fait date. Selon Etienne Grieu,  depuis ce livre, la question des femmes dans l’Église catholique, en France, est bel et bien ouverte[11].

Devant l’importance d’une telle question, elle a d’abord voulu analyser ce que disent les Écritures. Dans le livre Dieu aime-t-il les femmes ?, Médiaspaul, 2012, elle démontre, contre une idée reçue, que la femme et l’homme ont été simultanément crées par Dieu et que, par conséquent, leur égalité foncière est inscrite aux origines de l’humanité, conformément à la volonté du Créateur (Genèse 1 et 2).

Puis dans Douze femmes dans la vie de Jésus, Salvator, 2014, elle dresse le tableau des relations entre Jésus et les femmes ; la conclusion de cette vaste enquête à travers les quatre évangiles, est que Jésus considère les femmes sans aucune discrimination de sexe. Selon la formule qu’elle aime à rappeler : « Jésus invente les droits de l’homme en inventant les droits de la femme ». Une fois établi sans contestation possible que les femmes n’étaient pas discriminées dans les Écritures, la conclusion s’impose d’elle-même : c’est une Église masculine qui au fil des siècles, particulièrement après la réforme grégorienne, des XIe et XIIe siècles, a conduit à la sujétion des femmes et a organisé leur effacement de toute responsabilité dans l’Église. Anne Soupa plaide pour que les femmes puissent enrichir l’Église par leur contribution effective aux ministères de l’Église et aux décisions de gouvernement. C’est l’acquisition d’une existence canonique, d’une vraie « citoyenneté » dans l’Église qui est pour elle le préalable à une expression plurielle des différences entre les hommes et les femmes. 

Anne Soupa a salué l’arrivée du pape François avec la publication de François, la divine surprise, Médiaspaul, février 2014. Puis, reprenant le fil de méditations entreprises avec Pâques, art du passage (Éditions du Cerf, février 2009), autour du cœur de la foi chrétienne, le mystère pascal, elle publie L’Ange de la force, dialogue avec André Gouzes (lien), Bayard 2016.

En 2017, pour accompagner d’une voix catholique le 500e anniversaire de la Réforme, elle écrit : Le jour où Luther a dit non, (Salvator, mars 2017), roman historique qui rapporte la rupture irrémédiable entre Luther (lien) et Rome, en 1518, par les trois entretiens d’Augsbourg, entre Luther et le cardinal légat, Cajetan (lien).

En mars 2018, elle publie Judas, le coupable idéal, chez Albin Michel, une enquête biblique autour de la figure du plus grand réprouvé de l’histoire occidentale, Judas.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Moïse tiré des eaux, La Vie spirituelle n° 760, septembre 2005
  • Du Dieu qui vient à demeure : commentaire d'Exode 40, La Vie spirituelle n° 764, mai 2006
  • La merveille du psaume 139, La Vie spirituelle n° 777, juillet 2008
  • Femmes, soyez soumises ! : commentaire d'Éphésiens 5, La Vie spirituelle n° 788, mai 2010
  • Pouvoir et service dans l'Église, Esprit & Vie n° 237, juillet 2011
  • L’ordination des femmes est-elle une bonne cause ? , Revue italienne Esodo, Oct-décembre 2017 [12] traduit sur [13]
  • Pour une Église du débat, in Vox populi, vox Dei ? Médiaspaul, 2016
  • Y-a-t-il un catho dans la salle ?, p. 13-24 ; 32-36, contribution à un collectif, Bayard, avril 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carnet du Figaro, 17-18 janvier 2015; Article sur le site de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones
  2. « l'Association des Sciences-Po - Fiche profil », sur www.sciences-po.asso.fr (consulté le 25 juin 2019)
  3. Biographie d'Anne Soupa sur le site de La Procure
  4. « Jupe contre soutane », sur Libération.fr, (consulté le 25 juin 2019)
  5. « André Vingt-Trois accusé de propos sexistes », sur lefigaro.fr, 5 décembre 2008
  6. « Anne Soupa : “Pourquoi je reste catholique” », La Vie, (consulté le 25 juin 2019)
  7. « Conférence des baptisés de France, fidèles rebelles », L'Express, 3 mars 2010
  8. Biographie d'Anne Soupa sur le site des Éditions du Cerf.
  9. Stéphanie Le Bars, « Naissance de la Conférence des baptisés de France », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juin 2019)
  10. « Et pourquoi pas un Conclave de femmes ? », sur tempsreel.nouvelobs.com, 8 mars 2013
  11. Préface de « Masculin-Féminin. Où en sommes-nous? Décryptage d’une encyclique », par Michèle Jeunet, BoD-Books on Demand, Paris, 2016, (ISBN 978-2-322-07727-4))
  12. [1]
  13. [2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]