Ciselure

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La ciselure est un terme qui peut être appliqué à diverses techniques mais son caractère essentiel est une recherche de la finesse et de la précision. Elle se distingue de la gravure car il n'y a pas de retrait de la matière. Le graveur retire du métal là où le ciseleur vient « l'imprimer » en le comprimant à l'aide de ses marteaux et de ciselets sélectionnés sur un support qui ressemble à de la cire à cacheter et qui s'appelle du ciment de ciseleur.

Le ciment de ciseleur: il est composé de carbonate de chaux, de colophane, d'huile et de paraffine; un colorant rouge vif l'identifie sous le nom de ciment de Fontaine.Il faut ajouter à ce produit de base du goudron végétal ou goudron dit de 'Norvège' et un peu de suif en fonction des besoins spécifiques. Ce produit existe depuis 4500 ans et a été créé en même temps que ce métier. "LA CISELURE ET SES TECHNIQUES" GUY DE BOIS Éditions Vial.

La gravure[modifier | modifier le code]

Elle peut être ornementale et exécutée sur de l'or, de l'argent, du cuivre, du laiton et tout autre type de métal. Le support métallique est l'œuvre finale. La gravure peut aussi n'être qu'une étape intermédiaire dans le cas de la reprographie.

Dans ce cas, la gravure sur cuivre (voire sur plaque de zinc, moins cher et permettant des « fondus » plus moelleux, peut être exécutée :

  • soit directement au burin ; cette technique est la plus prestigieuse mais implique une absolue sûreté de la main du graveur puisque la plaque est creusée directement.
  • soit par la technique dite à « l'eau forte » autrement dit en attaquant le cuivre par un acide, le cuivre étant protégé par une cire ou un verni plus faciles à graver et permettant les « repentirs » en rechargeant la protection.

Les plaques sont ensuite enduites d'encre d'imprimerie grasse puis passées avec un papier idoine dans une presse. Les tirages sont numérotés. Les premiers réservés à l'auteur sont les plus beaux et la qualité s'appauvrit avec les tirages successifs.

La ciselure[modifier | modifier le code]

C'est dans le Dictionnaire de l'Industrie au XIX siècle que l'on trouve la plus belle et la plus complète des définitions de la ciselure sous la plume de LUCIEN FALIZE : "le ciseleur a le devoir de faire dire au métal ce que le sculpteur n'a pu lui donner; ce que ne livre ni la terre ni la cire ni le bois ni le marbre; cette fleur de l'épiderme,le chairé de la peau,la maille du tissu,les nervures des feuilles,le moiré des fleurs,tout cet infini délicat qui charme l'œil et donne la couleur et l'esprit à la matière". La ciselure sur bronze, exécutée à l'aide d'un marteau et de différents ciselets forgés par le ciseleur consiste à retoucher une pièce brut de fonderie pour lui redonner son caractère spécifique.

Il existe différents types de ciselure comme la ciselure tracé matis, réalisée sur des plaques plates, le repoussé qui consiste à repousser le motif par l'arrière pour lui donner du volume ou alors la reprise de fonte qui consiste à reprendre un objet fondu (la cire de ce moulage et la fonte sont d'ailleurs le plus fréquemment réalisés par le ciseleur lui-même). L'objet une fois fondu sera alors repris par le ciseleur qui lui redonne son caractère premier en travaillant son grain, ses effets de matière etc.

L'apprenti ciseleur pourra choisir de travailler dans la bijouterie, l'orfèvrerie (art de la table...), le décor d'horlogerie ou la restauration pour des musées, comme le Louvre. Le plus souvent de style, la ciselure tend aujourd'hui à s'ouvrir à la création contemporaine notamment grâce à l'école Boulle qui, en plus de formation pré et post bac de ciselure en atelier, propose des cours d'art appliqué, d'expression plastique, de modelage, d'infographie, de dessin technique, d'histoire de l'art... ouvrant ainsi ses élèves vers un métier complet où ils pourront apporter un aspect créatif à la ciselure d'aujourd'hui tout en sachant respecter les styles d'autrefois.

La ciselure sur métaux précieux[modifier | modifier le code]

Le premier témoignage à ce jour du métier de ciseleur se trouve au Musée de Baghdad et qui est un casque cultuel réalisé il y a 4500 ans. Le casque de MESKALANDUG réalisé en or au titre d'environ 917millièmes c'est-à-dire presque de l'or pur donc très malléable. La réalisation du décor en tracé-matis et repoussé pour évoquer la chevelure du prêtre est très fine. La photo est visible dans un ouvrage intitulé "l'ORIENT ANCIEN". Très liée par le passé à des bijoux primitifs ou ethniques, la ciselure sur métaux précieux ne demandait pas de gros outillage. Elle pouvait être effectuée au cours des transhumances ou des exodes. Depuis la technique de ciselure sur or ou argent s'est affinée et ne présente pas de différences avec la ciselure sur bronze. Outils et techniques sont identiques et ont évolué simultanément souvent dans les mêmes ateliers. Les outils sont essentiellement des outils clairs: traçoirs,planoirs,bouterolles. Il faut attendre l'apparition du bronze comme élément de décor sur des meubles(création d'André Charles BOULLE) pour que se développe la fabrication des ciselets mat. Le grain de ces mats à évoluer au cours des différents styles depuis le XVIIe siècle et le règne de Louis XIV jusqu'au XIXe siècle. Donc il existe un outillage spécifique pour le bronze d'ameublement depuis cette époque.

La ciselure sur pierres fines[modifier | modifier le code]

Il faudrait parler du travail du lapidaire qui n'a rien à voir avec la ciselure.Le terme sculpture sur pierre serait plus approprié. Mêmes observations que pour les métaux (agates, camées) où le travail est direct et sans repentir.

N. B. : Les techniques de miniaturisation des petits outillages électriques ont permis le polissage des fonds avec de la poudre de diamant.