Chiquita Brands International

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Chiquita Brands International, L.L.C.
Description de l'image Chiquita logo.svg.
Création 1899
Forme juridique Privé
Slogan I love banana
Siège social Drapeau de Suisse Rolle (Vaud) (Suisse)
Direction Andrew Biles
Activité Industrie agroalimentaire
Effectif 25 000 (2013)
Site web www.chiquita.com

Chiquita Brands International est une entreprise du secteur de l'agroalimentaire et un des plus grands producteurs de bananes au monde. En dehors des bananes, Chiquita Brands International commercialise aussi des ananas, des fruitsnacks, des salades de fruits toutes prêtes et des fruits secs. Elle est active dans plus de 70 pays, dont le Costa Rica et le Guatemala. En 2008, elle a encore des intérêts dans les pays suivants en Amérique latine : Colombie, Costa Rica, Cuba, Guatemala, Honduras et Panama.

Historique[modifier | modifier le code]

United Fruit Company[modifier | modifier le code]

Article détaillé : United Fruit Company.

L'entreprise a été créée le 30 mars 1889 à Boston, dans le Massachusetts aux États-Unis sous le nom de United Fruit Company (UFC). En 1954, Chiquita Brands International devient la plus importante entreprise de bananes au monde, avec 33 % du marché mondial contre 22 % pour Dole. Elle reprend ainsi une place qu'elle avait auparavant[1].

Chiquita[modifier | modifier le code]

A la base nommée United Fruit Company (UFC), l'entreprise change de nom pour la Chiquita Brands International en 1989, reprenant ainsi le nom de la mascotte de l'UFC. Ce changement de nom fait suite à la volonté de donner une nouvelle image à la marque dans le but de rassurer les investisseurs et les consommateurs après la série de scandales liés à la corruption, l'exploitation humaine et le trafic d'influence.

En 1992, Chiquita adopte le concept d'agriculture durable de la Rainforest Alliance, une organisation non gouvernementale internationale vouée à la protection des forêts tropicales, afin d'améliorer la sécurité et les pratiques environnementales dans ses plantations. Chiquita devient alors la première grande entreprise bananière à collaborer avec cette ONG. Ce concept d'agriculture durable comprend le respect des exigences sociales et environnementales du Sustainable Agriculture Network[2] (SAN), des audits annuels par des experts indépendants et la certification Rainforest Alliance pour les exploitations agricoles répondant aux normes requises.

Dès 2000[Lien incohérent], l'ensemble des plantations Chiquita est certifié par la Rainforest Alliance, garantissant ainsi des conditions de travail et des normes environnementales minimales. Le rapport RSE 2012 de Chiquita stipule également que plus de 200 fermes de fournisseurs sont certifiées par la Rainforest Alliance, représentant, avec celle de Chiquita, un total de plus de 40'000 hectares.

En 2000, Chiquita Brands International adopte un nouveau code de conduite suivant le standard requis par la Social Accountability International (SAI) sur les droits humains et les droits du travail, le SA8000. Depuis 2004, toutes les fermes bananières appartenant à Chiquita sont certifiées SA8000 et sont sujettes à des audits externes annuels. Cette norme oblige ses utilisateurs à adopter des « politiques et procédures protégeant les droits fondamentaux des travailleurs[3] ».

Après une rencontre en 2001 avec les membres de l'UITA, L'Union Internationale des Travailleurs de l'Alimentation, de l'Agriculture, de l'Hôtellerie-restauration, du Tabac et des branches connexes et la COLSIBA, un syndicat de travailleurs bananiers d'Amérique latine, l'entreprise accepte un rehaussement des conditions de travail de ses employés. Elle signe un accord-cadre international[4] « sur la liberté d'association, les normes minimales de travail et l'emploi dans les exploitations bananières latino-américaines ».

Après avoir déclaré faillite en 2001, Chiquita se sort officiellement de cette procédure en 2002, grâce à la restructuration de son capital, appartenant dès lors à plus de 95% à ses créanciers[5].

En mars 2007, elle est condamnée par la justice américaine au versement d'une amende de 18,8 millions d'euros pour avoir financé à hauteur de 1,7 million de dollars des groupes paramilitaires d'extrême droite colombiens en les utilisant comme tueurs à gage contre les leaders syndicalistes (même pratique que Coca-Cola), en particulier les Autodéfenses unies de Colombie (AUC), inscrits sur la liste des « organisations terroristes étrangères » du ministère des Affaires étrangères des États-Unis[6]. Une bonne partie de ces fonds a transité à travers les milices CONVIVIR, créées par un décret du gouvernement dans les années 1990[7].

En mai 2007, l'association Peuples Solidaires, met en lumière de graves atteintes aux droits fondamentaux des travailleurs au Costa Rica, dans les plantations de Chiquita, la mise en péril de leur santé par l'utilisation imprudente de pesticide (nématicide). La société est aussi accusée, par la coordination des syndicats bananiers du Costa Rica, d'avoir recours à des services de sécurité privés pour intimider les travailleurs[8].

Le directeur général de l'entreprise participa à l'émission Undercover Boss.

En mars 2014, Chiquita annonce sa fusion avec Fyffes pour 526 millions de dollars, les actionnaires de Chiquita détenant 50,7 % de la nouvelle entreprise et ceux de Fyffes 49,3 %[9]. L'opération est un échec à la suite des changements fiscaux américains[10]. À la suite de cet échec, Chiquita est acquis pour 682 millions de dollars par Cutrale, une entreprise brésilienne de jus de fruits et par le fonds d'investissement de Safra Group[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) UNCTAD - Major developments and recent trends in international banana marketing structures, page 10
  2. (en) « RAS | Red de Agricultura Sostenible | », sur RAS | Red de Agricultura Sostenible (consulté le 4 janvier 2016)
  3. « Social Accountability International | SA8000 Standard and Documents », sur www.sa-intl.org (consulté le 9 décembre 2015)
  4. « IUF », sur www.iuf.org (consulté le 14 décembre 2015)
  5. « Bananes : Chiquita n'est plus en faillite », sur lesechos.fr (consulté le 14 décembre 2015)
  6. Sergio Gómez Maseri, « Les mauvaises fréquentations des firmes étrangères », Courrier international, n° 855, 22 mars 2007, p. 23. Initialement publié dans El Tiempo. Michel Taille, « Colombie : la banane Chiquita s'est payé les paras », Libération, vendredi 16 mars 2007.
  7. (en) Documentas implicate Colombian government in Chiquita terror scandal, National Security Archive Electronic Briefing Book No. 217
  8. Peuples solidaires
  9. Chiquita buys Fyffes to create world's biggest banana supplier, Reuters, 10 mars 2014
  10. Chiquita turns to Brazilian group after Fyffes deal collapses, Sruthi Ramakrishnan et Padraic Halpin, Reuters, 24 octobre 2014
  11. Cutrale-Safra wins takeover battle for fruit producer Chiquita, Guillermo Parra-Bernal et Sruthi Ramakrishnan, Reuters, 27 octobre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]