Château d'Olivet

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Château d'Olivet
Image illustrative de l’article Château d'Olivet
Vestige de la basse-cour nord depuis la motte castrale
Période ou style Médiéval
Type Château à motte
Début construction Première moitié du XIe siècle
Propriétaire initial Erneis Taisson
Propriétaire actuel Ville de Caen
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1988)
Coordonnées 49° 02′ 34″ nord, 0° 25′ 39″ ouest[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Calvados
Commune Grimbosq
Géolocalisation sur la carte : Calvados
(Voir situation sur carte : Calvados)
Château d'Olivet
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château d'Olivet

Le château d'Olivet est un ancien château à motte de la première moitié du XIe siècle dont les vestiges se dressent dans la forêt de Grimbosq sur la commune de Grimbosq dans le département du Calvados et la région Normandie.

Les vestiges du château font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du [2]. La protection du site est caractéristique de la récente reconnaissance archéologique dont bénéficient les mottes castrales du haut Moyen Âge.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château d'Olivet est situé dans la forêt de Grimbosq, au confluent de deux ruisseaux, le ruisseau du Coupe-Gorge et le ruisseau de la Grande Vallée, sur un éperon rocheux ayant vue sur l'Orne. Secondairement, il se situe également dans l'ouest de la petite région géographique du Cinglais. Avant les défrichements, la forêt de Grimbosq faisait partie, avec la forêt de Cinglais, d'un grand massif forestier[3]. L'intérêt stratégique de ce lieu consistait à contrôler le franchissement du fleuve. Le village était établi à quelques kilomètres de l'endroit où les habitants exploitaient les terres défrichées.

Inséré au milieu d'une forêt à vocation de loisir, le site est facilement accessible à partir du parking du Chêne Guillot, situé à quelques centaines de mètres sur la route départementale 257.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans la première moitié du XIe siècle, le château est la propriété d'Erneis Taisson, fils cadet de Raoul Taisson, dit l'Angevin car venu d'Anjou pour des terres données par le duc de Normandie. Erneis est en guerre ouverte avec son frère aîné, Raoul IIe Taisson (« taisson » signifiant « blaireau », terme conservé en héraldique), seigneur de Mutrécy, le village voisin. Raoul IIe est le plus connu car, en 1046, il se joint aux barons révoltés contre le duc Guillaume le Bastard. Ce conflit fratricide est fréquent en Normandie pendant la période de la minorité de Guillaume[4]. D'après Wace, Raoul, que l'auteur appelle Raoul de Cinglais, se rallie au duc Guillaume lors de bataille du Val-ès-Dunes, le , après avoir considéré les forces en présence[5]. Son occupation cesse brutalement vers le milieu du XIe siècle[6].

Au XIVe siècle, le domaine d'Olivet est érigé en baronnie par la famille de Tournebu[7] En 1606, une fille de Pierre d'Harcourt épouse un membre de la famille de La Marzelière, qui prend ensuite le titre de châtelain d'Olivet. Le château subsiste probablement jusqu'au XVIIe siècle.

Le site a été fouillé de 1975 à 1978 sous la direction de Michel de Boüard et de Joseph Decaëns[6].

Description[modifier | modifier le code]

Le site fortifié d'Olivet comprend une motte centrale et deux basses-cours, cernées par un fossé, édifiés dans la première moitié du XIe siècle[8]. L'étude archéologique[9] du site a montré qu'une tentative de défrichement a été effectuée afin de permettre aux paysans du village voisin d'exploiter les terres ainsi libérées. La fortification est composée de trois parties :

  1. une motte étroite supportant une tour-beffroi servant au guet.
  2. au nord, une basse-cour dite noble qui comprenait des bâtiments sur soubassement de pierre, comme le logis seigneurial, la cuisine et la chapelle, dite Saint-André-d'Olivet[10]
  3. au sud, une basse-cour dite utilitaire qui accueillait une forge et probablement une écurie.
Reconstitution.

Lors des fouilles les archéologues ont mis au jour des éléments évoquant une présence aristocratique : éperons, pointes de flèches, pions de trictrac, hochets d'enfant en poterie vernissée[11].

À la suite des fouilles, des travaux de sauvegarde ont été entrepris. Les murs de pierre sèche ont été consolidés et des pièces de bois disposées aux emplacements de l'ossature intérieure du logis seigneurial. Un panneau explicatif et une table d'orientation facilitent la lecture du site.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  2. « Château d'Olivet », notice no PA00111378, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Joseph Decaëns, « La motte d'Olivet à Grimbosq (Calvados). Résidence seigneuriale du XIe siècle », Archéologie médiévale, vol. 11,‎ , p. 167-168 (lire en ligne, consulté le 7 avril 2020)
  4. Guillaume le Conquérant, Michel de Boüard.
  5. René Louis / Michel de Boüard, La Normandie ducale à travers l'œuvre de Wace (VII), vol. 2, , 21-33 p. (lire en ligne), chap. supplément.
  6. a et b Stéphane William Gondoin, « Les châteaux forts au temps de Guillaume le Conquérant », Patrimoine normand, no 94, juillet-août-septembre 2015, p. 39.
  7. « Château fort de Grimbosq », notice no IA00000175, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Jean Mesqui, Châteaux et enceintes de la France médiévale : de la défense à la résidence, tome 1, les organes de la défense, 2013 (2e édition), 376 p. (ISBN 978-2-7084-0961-3), p. 26-27.
  9. Dossier pédagogique : étude du Service départemental d'archéologie du Calvados - [PDF].
  10. « Château fort », notice no IA00000169, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. Bois et forêts de Normandie, Jean-Marie Foubert.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Joseph Decaëns, « La motte d'Olivet à Grimbosq (Calvados). Résidence seigneuriale du XIe siècle », Archéologie médiévale, vol. 11,‎ , p. 167-201 (lire en ligne, consulté le 7 avril 2020)