Famille de Tournebu

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Famille de Tournebu
Image illustrative de l’article Famille de Tournebu
Armes

Blasonnement D'argent à la bande d'azur[1].
Branches 2 branches principales
Période XIe siècle-XXIe siècle
Pays ou province d’origine Calvados (Normandie)
Fiefs tenus Tournebu, le Bec-Thomas, Livet, Marbeuf, etc.
Demeures Château de Tournebu
Château de Saint-Germain-de-Livet
Manoir Saint-Hippolyte
Récompenses militaires Chevalier de l'ordre de Saint-Michel

La famille de Tournebu est une famille subsistante de la noblesse française, d'origine féodale, originaire du Calvados (Normandie). On trouve des sires de Tournebu dès le XIe siècle, qui tirent leur nom de la commune de Tournebu, située à 25 km au sud de Caen.

Les deux branches de cette famille furent maintenues nobles en 1666, respectivement par Jacques Barin de La Galissonnière dans la Généralité de Rouen[2], et par Guy Chamillart dans la Généralité de Caen[3].

La branche ainée, dite de Tournebu-Livet, issue des anciens barons de Tournebu, subsista jusqu'en 1732 en ligne masculine, et jusqu'en 1810 dans sa dernière descendante, Marie-Pierre de Tournebu. La branche cadette, établie au XVIe siècle à Clécy dans le Calvados (Normandie), est seule subsistante aujourd'hui.

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine de la famille de Tournebu remonte au XIe siècle[4] :

En 1356, Pierre de Tournebu est impliqué dans les complots du roi de Navarre Charles le Mauvais, et arrêté avec lui à Rouen par ordre du roi Jean II le Bon. Il rentre cependant en grâce auprès du roi et figure dans la guerre contre les Anglais. Il est fait prisonnier en défendant le château de Caen, et décède en 1393. Il épouse en secondes noces Jeanne de Saint-Jean, nièce de Bertrand Du Guesclin, de laquelle il n'eut pas d'enfants[4].

À cette époque, la famille de Tournebu est composée de plusieurs branches dont les liens généalogiques ne sont pas solidement établis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Branche aînée[modifier | modifier le code]

Selon Chérin, la branche aînée de Tournebu remonte sa filiation à Thomas de Tournebu, trouvé en 1170, allié à Philippe Tesson, dont le fils Guillaume, seigneur de Marbeuf et de Tournebu, trouvé en 1211, fut père de Robert, auteur de la branche des seigneurs de Marbeuf, barons de Beaumesnil, et de Jean, chevalier, baron de Tournebu, trouvé en 1290, allié à Isabeau de Beaumont-du-Gâtinais.
Son descendant à la 5e génération, Pierre de Tournebu, seigneur de La Vacherie et de Saint-Vaast, maintenu noble en 1464 par Montfaut, épousa vers 1462 Jeanne Louvet, fille et héritière de Guillebert Louvet, baron de Livet, et en eut Jean de Tournebu, père de Jacques de Tournebu, baron de Livet, qui fit ses preuves de noblesse en 1540[4].

Au XVIe siècle, Jean de Tournebu, fils de Jacques, et son épouse Marie de Croixmare, seraient à l'origine de la construction du château de Saint-Germain-de-Livet[5], classé Monument Historique et propriété de la ville de Lisieux depuis 1958. Trois orants de la famille (représentant Jean de Tournebu, Marie de Croixmare, ainsi que leur fils Robert de Tournebu), autrefois exposés dans un enfeu funéraire de la chapelle seigneuriale, sont aujourd'hui visibles dans l'église de Saint-Germain-de-Livet.

Pierre de Tournebu, baron de Livet, marié en 1680 à Élisabeth Le Couteulx, rachète en 1701 la baronnie de Tournebu à Guillaume-Florentin de Salm[4].
Sa nièce, Marie-Pierre de Tournebu (1725-1810), fut la dernière représentante de la branche aînée[6].

En 1778, La Chenaye-Desbois écrit : « La baronnie de Tournebu est une des plus anciennes et des plus belles de la province de Normandie, anciennement elle était possédée par la famille des Tournebu qui est éteinte[1] (branche aînée éteinte, en ligne masculine en 1732, en ligne féminine en 1810)).

Branche cadette[modifier | modifier le code]

Selon Raoul Daudeteau (1870-1943), époux de Marie de Tournebu (1884-1953)[7]-[8], la branche cadette remonte sa filiation jusqu'au XVe siècle.
.Établie au XVIe siècle ou avant à Clécy, puis au XVIIIe siècle à Tessel-Bretteville, dans le Calvados, cette branche est la seule subsistante de cette famille.

  • Pierre de Tournebu[9], seigneur des Jardins (à Combon, dans l'Eure), marié le 13 juin 1398 avec Perrette de Franqueville, eut pour fils autre Pierre de Tournebu, seigneur des Jardins[8].
  • Robert de Tournebu, seigneur des Jardins, arrière-petit-fils du précédent, soutint à partir de 1501, devant la Cour des Aides de Normandie, un procès intenté par les paroissiens de Clécy (Calvados), qui voulaient le soumettre à l'impôt, au motif que Pierre, son bisaïeul, aurait été un bâtard non légitimé de Guy , baron de Tournebu (VIIème génération)[10]. Après 38 ans de procédure , son fils Jean de Tournebu, seigneur des Jardins, fut confirmé dans sa noblesse par un arrêt de la Cour des Aides du 28 juin 1539[11].
  • Guillaume de Tournebu, arrière-petit-fils de Jean, né le 6 février 1605 à Clécy, marié en 1638 avec Marguerite Renée Aubourg, fut maintenu noble en 1666 par Guy Chamillart[3].

Terre et baronnie de Tournebu[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, les premiers seigneurs de Tournebu s'intitulèrent baron de Tournebu à partir de Thomas de Tournebu, mort entre 1199 et 1202[4]. Ils firent construire au XIIIe siècle le château de Tournebu et conserveront la terre de Tournebu jusqu'en 1452.

En 1452, la baronnie de Tournebu passe par héritage dans la famille de Thère, puis entre les mains de différentes familles.

En 1701, Pierre de Tournebu-Livet rachète la baronnie à Frédéric-Charles de Salm, comte du Rhin[4].

Marie-Pierre de Tournebu (1725-1810), nièce de Pierre de Tournebu-Livet, dernière de sa branche, hérite la baronnie en 1732. Sans postérité de Pierre-François-Jean-Baptiste de Bernières, seigneur de Mondrainville, puis de Louis-François-Pierre Louvel de Janville, président de la Cour des comptes de Normandie [12] (qui selon Fierville « dilapida bien vite la fortune immense de sa femme, fit abattre la toiture et les planchers de la tour »), elle lègue en 1806 la terre et le château de Tournebu à l'un de ses petits-neveux par les Tournebu[13], Jean Jacques Luc Edmond de Foucault (1764-1846)[4], dont la descendance patronymique conserva le château de Tournebu jusqu'en 2012.

Situation contemporaine[modifier | modifier le code]

La famille de Tournebu a adhéré à l'ANF le 4 juin 1955.
Selon Régis Valette, cette famille comptait 4 représentants masculins vivants en 1989[14].

Illustrations familiales[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • Armes d'origine : d'argent à la bande d'azur[1]
  • Armes avec brisure : d'argent à la bande d'azur et aux trois lambels de gueules rangés en chef[15]

Armes de Tournebu.svg Armes de Tournebu (branche cadette).svg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c François Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique, et historique de la noblesse, Paris, 1778
  2. Pierre L'Estourmy, Recherche de La Galissonnière - La recherche de noblesse de 1666 pour la Généralité de Rouen - Élection de Rouen, Saint-Pois, 1999
  3. a et b Amédée du Buisson de Courson, Recherche de Chamillart - La recherche de la noblesse de 1666 pour la Généralité de Caen, Caen, 1887
  4. a b c d e f et g Charles Fierville, Histoire généalogique de la maison et de la baronnie de Tournebu, d'après les archives inédites de cette famille, Caen, 1867
  5. Josiane Sartre, Châteaux "brique et pierre" en France: essai d'architecture, Nouvelles Éditions Latines, 1981, page 83
  6. Caumont Statistique monumentale du Calvados, volume 5, page 316
  7. Pierre-Marie Dioudonnat, Simili-Nobiliaie français, 2012, p.69 (Famille d'Audeteau)
  8. a b et c Raoul Daudeteau, Recherches historiques et généalogiques sur la maison de Tournebu, Caen, éd.Jouan, 1911
  9. Adrien Dubois, Pierre de Tournebu, un chevalier normand dans la guerre de cent ans, Université de Caen Basse Normandie (CRAHAM), 2014
  10. (Enquête du 28 novembre 1538 par Henry Jubert, conseiller à la Cour de Normandie)
  11. Daudeteau, ibidem
  12. « Cour des aides (1440-1790) - page 162 », sur [1] Archives départementales de la Seine-Maritime, (consulté le 5 août 2017).
  13. Dalloz, 1959, 202, reporté par Héraldiqua en 2001.
  14. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Robert Laffont, Paris, 2002
  15. E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, Paris, 1975

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Robert Laffont (Paris, 2002)
  • E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française (Paris, 1975)
  • Louis d'Izarny-Gargas, Jean-Jacques Lartigue, Jean de Vaulchier, Nouveau Nobiliaire de France (tome 3, M-Z) (Versailles, 1998)
  • Pierre L'Estourmy, Recherche de La Galissonnière - La recherche de noblesse de 1666 pour la Généralité de Rouen - Élection de Rouen (Saint-Pois, 1999)
  • Amédée du Buisson de Courson, Recherche de Chamillart - La recherche de la noblesse de 1666 pour la Généralité de Caen (Caen, 1887)
  • Henri Jougla de Morenas et Raoul de Warren, Grand Armorial de France, tome 6 (Paris, 1952)
  • Raoul Daudeteau, Recherches historiques et généalogiques sur la maison de Tournebu (Caen, 1911)
  • Charles Fierville, Histoire généalogique de la maison et de la baronnie de Tournebu d'après les archives inédites de cette famille, extrait du volume 24 (ou 26) des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, 200 pages, 1867 Lire en ligne
  • Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique, tome 1, 1732, page 575

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]