Catastrophe de Fourvière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Catastrophe de Fourvière
Catastrophe de Fourvière 1930.jpg

Catastrophe de Lyon - Saint-Jean ou catastrophe de Fourvière - L'éventrement des immeubles entre le Chemin-Neuf et la rue Tramassac. (1930)

Localisation
Pays
Régions affectées
Coordonnées
Caractéristiques
Type
Date de formation
Conséquences
Nombre de morts
40
Localisation sur la carte de Lyon
voir sur la carte de Lyon
Red pog.svg

La catastrophe de Fourvière (appelée aussi Catastrophe de Lyon - Saint Jean) est un événement tragique de la ville de Lyon qui s'est déroulé dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930. Un pan de la colline de Fourvière s'est écroulé causant la destruction de bâtiments et la mort de nombreuses personnes.

Avant la catastrophe[modifier | modifier le code]

Dès le 10 novembre 1930, l'adjoint technique à la Ville de Lyon remarque un ruissellement d'eau au niveau de la montée du Chemin-Neuf. Un peu plus haut, l'administrateur de l'hôpital des Chazeaux signale des affaissements sur les terrasses à l'ingénieur en chef de la Ville de Lyon (M. Chalumeau). Celui-ci se rend sur place le matin du 12 novembre pour évaluer la situation et prendre des mesures. Une partie de l'hôpital est évacuée et la circulation des véhicules lourds est interdite dans la montée du Chemin-Neuf[1],[2].

Déroulement des faits[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, vers une heure du matin, un important glissement d'une partie de la colline de Fourvière détruit plusieurs immeubles. Le quartier est privé d'électricité et les secours se rendent sur les lieux. Une heure après, un autre glissement ensevelit dix-neuf sapeurs-pompiers et quatre membres des forces de l'ordre. L'Hôtel du petit Versailles, des immeubles voisins et une partie du couvent des Dames de Sion sont détruits. Vers trois heures du matin un dernier éboulement se produit, augmentant les dégâts déjà lourds[3]. Le volume total de l'arrachement est estimé à 25 000 mètres cubes au maximum, ce qui correspond à une surface de cent vingt mètres par quarante-cinq[4] sur une épaisseur d'environ cinq mètres.

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Quarante personnes trouvèrent la mort durant la catastrophe :

  • dix-neuf pompiers
  • quatre gardiens de la paix
  • dix-sept habitants (immeubles situés aux N° 6, 8, 10 de la rue Tramassac)

Causes[modifier | modifier le code]

Les pluies abondantes de l'été et de l'automne 1930 sont la cause directe de la catastrophe. Mais des causes structurelles sont avancées. Entre le socle cristallin de la colline, dernier vestige du Massif Central, et les marnes supérieures qui retiennent la nappe de Fourvière, une importante formation sableuse, alors encore très mal connue, constitue une part importante de la colline. Ce substrat imbibé d'eau est lui-même recouvert d'une épaisse couche de déblais, correspondant aux diverses étapes de l'occupation humaine du site, et en très fort pente (environ 30 %). C'est ce déblais qui est emporté par la liquéfaction de la couche supérieure du substrat sableux[4]. Les différentes ouvertures permettant à l'eau souterraine de s'écouler se sont progressivement obstruées avec le temps. Les eaux de pluie et des différentes sources se sont ainsi accumulées exerçant une pression de plus en plus forte sur la couche superficielle de la colline.

Une étude avait pourtant été adressée le 12 mai 1925 au maire de Lyon par le doyen Desperet sur l'affaissement de la colline de Fourvière. Malgré la description précise et scientifique des risques, le coût des travaux dissuada les décideurs d'engager des travaux. De plus, 3 mois avant le drame un rouleau compresseur s'est enfoncé dans la chaussée de la montée du Chemin-Neuf[5].

Antécédents[modifier | modifier le code]

Des effondrements s'étaient déjà produit en 840 et 1795[6].

Après les faits[modifier | modifier le code]

Mémorial et cascade de la catastrophe de Fourvière.
Plaque commémorative.

La colline fut renforcée avec du béton armé, et les eaux d'infiltration furent drainées et servent à alimenter la fontaine située en contrebas de la Basilique Notre-Dame de Fourvière qui n'a d'ailleurs apparemment pas subi de dégâts. Un hôpital tenu par des religieuses et qui menaçait de s'écrouler a été démoli. Au total, 40 000 t de terre et de débris doivent être déblayées. Une indemnité de 15 millions de francs est votée par le Parlement[7].

Une plaque commémorative a été placée dans la rue Tramassac.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

[André Allix 1930] André Allix, « L'éboulement de Fourvière (note préliminaire) », Les Études rhodaniennes, Persée, vol. 6, no 4,‎ , p. 454-455 (DOI 10.3406/geoca.1930.6375, lire en ligne)