Saint-Jean (Lyon)

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Saint-Jean
Les toits du quartier Saint-Jean
Les toits du quartier Saint-Jean
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Rhône
Ville Lyon
Canton Canton de Lyon-V
Arrondissement municipal 5e arrondissement
Code postal 69005
Géographie
Coordonnées 45° 45′ 43″ nord, 4° 49′ 38″ est
Cours d’eau Saône
Transport
Métro Métro de Lyon Ligne D : Vieux Lyon - Cathédrale Saint-Jean
Localisation

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Saint-Jean

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Saint-Jean
Place neuve Saint-Jean
Façade caractéristique du quartier
Maison des avocats

Saint-Jean est un quartier situé dans le 5e arrondissement de la ville de Lyon (France) dont le nom provient de la cathédrale. Situé dans le périmètre sauvegardé inscrit au patrimoine mondial par l'Unesco, il constitue une des trois paroisses du Vieux Lyon, cœur historique de Lyon, avec celles de Saint-Georges et Saint-Paul.

Géographie[modifier | modifier le code]

Île Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Au départ, le quartier Saint-Jean est un quartier de nautes (bateliers) assurant notamment la liaison entre la cité romaine de Fourvière et le carrefour de Trion d'une part, le quartier des Canabae (presqu'île), la cité gauloise de Condate (pied de la Croix-Rousse) et la voie du Rhin d'autre part.

A partir du IVe siècle, le brigandage amène la disparition des siphons en plomb du système d'aqueducs, et de l'alimentation en eau de la cité romaine de Fourvière. Une partie de ses habitant l'abandonne, voire la déconstruit, au profit du quartier Saint-Jean. L'évêque Albin, mort avant 400, y aurait fondé l'église Saint-Étienne où il aurait été enterré. Sidoine Apollinaire atteste des embellissements et de l'achèvement de cette église de Lyon sous l'évêque Patiens († avant 494).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle, Leidrade construit une plus grande cathédrale.

Par la suite, la Saône sépare la cité ecclésiastique, quartier Saint-Jean, du bourg marchand, dans la presqu'île.

Au spirituel, l'archevêque de Lyon, primat des Gaules depuis 1079, ne dépend que du pape. Au temporel, il dépend de l'empereur d'Allemagne au titre du royaume de Bourgogne, de 1030 à 1320, puis du roi de France au-delà - mais cette puissance lui est beaucoup plus disputée. Cette situation est marquée par la constitution du groupe cathédral, comprenant entre autres les églises Saint-Étienne et Sainte-Croix, détruites à la Révolution, ainsi que l'actuelle manécanterie. Originellement, la cathédrale fut consacrée à saint Étienne, et son baptistère à saint Jean-Baptiste, devenu par la suite désignation courante de la cathédrale. L'édifice actuel fut conçu et réalisé sous trois archevêques successifs, de 1175 à 1480 : Guichard de Pontigny entame la construction d'une église romane, Jean Belles-mains développe l'édifice selon des techniques gothiques, enfin Renaud de Forez achève le projet, donnant à la cathédrale son aspect actuel. Le site contraint, entre colline et rivière, ainsi que les luttes entre puissances régentant Lyon au Moyen Âge central, ont empêché la cathédrale de disposer de tout le terrain souhaité.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Avec le rayonnement des Foires et la présence royale, la densité et la richesse des bâtiments s'accroissent. Dans cet étroit quartier, tandis que la plupart des rues sont plus ou moins parallèles aux quais, la circulation humaine est favorisée par l'apparition de passages à travers les immeubles, les traboules - - probablement dus à l'influence toscane, comme La Tour Rose. Mais les activités nouvelles se développent plutôt dans la presqu'île.

En 1562, la ville connaît les exactions du baron des Adrets. Dans le quartier, début mai, les statues de la façade de la cathédrale et le jubé sont détruits, les églises Saint-Etienne et Sainte-Croix sont saccagées. Les troupes s’emparent de la résidence épiscopale du château de Pierre-Scize, des maisons des chanoines, des couvents de la ville. Des tombes sont profanées.

En 1600, Henri IV épouse Marie de Médicis en la cathédrale Saint-Jean.

Époque classique[modifier | modifier le code]

Entre 1631 et 1653, une première Loge des Changes fut construite, sur les plans de Simon Gourdet, pour le commerce et les monnayeurs. Composé d'un portique dorique à quatre travées, d'un étage et d'un toit en terrasse, l'édifice fut rapidement jugé trop petit.

En 1748, le Consulat commanda à Soufflot une autre loge. L'architecte agrandit la première par une travée supplémentaire et la création d'un second niveau. La nouvelle loge fut achevée dès 1750. Cependant elle servit peu jusqu'à sa transformation en salpêtrière sous la Révolution, en 1793.

Mais en 1803, dans le cadre du Concordat et des articles organiques rétablissant les cultes en France, la Loge du Change fut confiée par la ville de Lyon à la communauté protestante de Lyon. L'ancienne Loge du Change devint ainsi, par arrêté préfectoral, le Temple du Change. Il fut le premier monument à être classé Monument Historique, le 3 mai 1913.

Restauration[modifier | modifier le code]

Une réforme de la carte judiciaire entraîne en 1828 un projet de reconstruction d'un palais de justice. Louis-Pierre Baltard remporte le concours d’architecture et construit son Palais aux 24 colonnes de 1835 à 1847. C'est l'un des plus beaux édifices néo-classiques français.

XXeme siècle[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, vers une heure du matin, un important glissement d'une partie de la colline de Fourvière détruit plusieurs immeubles. Le quartier est privé d'électricité. Puis un autre glissement ensevelit sapeurs-pompiers et policiers. Des immeubles voisins et une partie du couvent des Dames de Sion sont détruits. Vers 3h du matin un dernier éboulement se produit. Finalement, 40 personnes y trouvèrent la mort, et 40 000 t de terres et débris durent être déblayés. Un hôpital qui menaçait ruine a été démoli, et la colline renforcée avec du béton armé. Drainées, les eaux d'infiltration alimentent depuis la fontaine construite en contrebas de la Basilique Notre-Dame de Fourvière.

Monuments et lieux remarquables[modifier | modifier le code]

Parmi ses édifices remarquables on trouve en premier lieu les édifices religieux, dont la primatiale Saint-Jean Baptiste, la manécanterie, l'ancien archevêché aujourd'hui bibliothèque municipale de quartier, le jardin archéologique jouxtant la cathédrale. Les édifices civils sont représentés par l'ancien palais de justice de Lyon (aujourd'hui siège de la cour d'appel de Lyon) de nombreuses traboules ainsi que de nombreux bâtiments remarquables situés sur les rues Saint-Jean, du Bœuf, Tramassac et leurs perpendiculaires (dont la rue de Gadagne), parmi lesquels on trouve :

Situation du quartier

Le quartier s'étire le long de la Saône, par la rue Saint-Jean, la rue du Bœuf et son prolongement la rue Tramassac parallèles au quai Duquaire et menant à la Place saint-Jean où s'élève la Primatiale.

Outre ces sites les plus importants, on trouve encore :

  • La place de la baleine dont le nom provient probablement d'une enseigne d'auberge et possède aux numéros 5 et 6 d'intéressants impostes de bois et de ferronnerie.
  • La rue des trois maries, ce sont Marie-Salomé, Marie-Jacobé et Marie-Madeleine, toutes trois de saintes femmes, qui ont donné son nom à cette rue. Au numéro 7, une enseigne d'auberge rappelle qu'on y frappait monnaie à l'hôtel de Roanne. Le mathématicien Girard Desargues (1591-1661) vécut dans un immeuble de cette rue.
  • La rue de la bombarde qui doit son nom, non à la bombarde de bronze visible au numéro 10 (qui date de 1772) mais plus vraisemblablement d'un collège où l'on jouait du bombardon, ancêtre de la contrebasse.
  • Avenue Adolphe-Max : située juste à côté de la primatiale et menant au pont Bonaparte et à Bellecour, cette artère comprend le Palais Saint-Jean appelé aussi Palais de l'Archevêché. Œuvre de Soufflot, il abrita en 1734 la première séance de l'Académie des sciences et le cardinal Fesch, l'oncle de Napoléon, y résida en 1802. Il abrite actuellement des expositions temporaires.
  • La rue Tramassac conserve au numéro 27 une très belle maison du XVe siècle et au numéro 30 une cour intérieure couverte d'un plafond aux poutres apparentes. Son nom viendrait de retro Massam -derrière le champ de Mars- ou de Trans Marsaut -au-delà des marécages, qui avait compté beaucoup de maisons insalubres.
  • La place de la Trinité qui a servi de décor pour la pièce de Mourquet Le déménagement de Guignol.
  • La montée du Gourguillon avec sa pente raide grimpant vers Fourvière d'où l'eau ruisselait comme d'une gargouille. De superbes mosaïques provenant d'anciennes villas romaines y ont été découvertes.

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Vieux Lyon - Cathédrale Saint-Jean. Ainsi que par les funiculaires.

Références[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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