Casse de la Banque de France de Toulon

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Le casse de la Banque de France de Toulon est un important braquage ayant touché la Banque de France de Toulon le [1]. Il est surnommé par les médias le « casse du siècle »[1], de par son extraordinaire mode opératoire et son butin qui s'élève à 146 millions de francs (22 millions d'euros en 2017[2]).

Déroulement du casse[modifier | modifier le code]

Le à 7 heures du matin, deux hommes se font passer pour des livreurs de champagne et pénètrent dans un appartement de la banlieue de Toulon où ils séquestrent pendant plusieurs heures un gardien, sa femme et son fils de six ans. Cet appartement devient le QG d'un commando d'une dizaine de braqueurs qui prennent en otage ce vigile, Emmanuel Demaimay, à qui ils mettent une ceinture-banane contenenant 300 grammes d'explosif F 15 avec un système de mise à feu à distance, faisant de Demaimay une bombe humaine[3]. Ils se servent de ce gardien de nuit comme cheval de Troie et pénètrent dans la Banque de France de Toulon aux alentours de 17h15, Emmanuel Demaimay devant reprendre le travail à 18h. Les malfaiteurs aux visages grimés, portant perruques, barbes et lunettes noires, ont alors accès aux coffres et s'emparent en deux heures d'un butin estimé, selon le chiffre officiel, à 146 millions de francs soit 22 millions d'euros, ce qui représente 4 mètres cubes de billets de 100 francs usagés[3] et trois fois la somme du « casse du siècle à Nice » mené par Albert Spaggiari en 1976[1].

Enquête[modifier | modifier le code]

La police judiciaire toulonnaise, dirigée par le commissaire Georges Bonnefont, soupçonne, malgré le peu de preuves matérielles, une complicité interne, les malfaiteurs connaissant les plans de situation, les procédures d'ouverture des coffres et les systèmes de sécurité de la banque, notamment les alarmes. Grâce à des informateurs, les policiers déterminent que la taupe est Hélène Renaux, 39 ans, secrétaire comptable dans la banque[1] qui a décidé de vivre « la grande aventure » avec Jean-Claude Lopiccolo, petit commerçant dont un ami RMIste René Bombace, les persuade de réaliser le « coup de leur vie ». C'est elle qui désigne comme « otage parfait » Emmanuel Demaimay, 25 ans, délégué du personnel[3]. Les écoutes téléphoniques permettent d'apprendre qu'une remise de butin doit avoir lieu le 16 février 1993. Au terme d’une filature, les policiers arrêtent Marc Armando (considéré comme le « cerveau » du « casse du siècle ») en possession de 3 200 000 francs, Jean-Claude Lopiccolo, Dominique Gianonne, René Bombace, Gianfranco Cascioni, Jean Chiari et Dominique Bernardini dit « le Chinois », le lieutenant d'Armando. La police ne récupère que 9 millions de francs[1].

Procès et sort des accusés[modifier | modifier le code]

Les peines au cours du procès vont de 8 à 18 ans de prison. Hélène Renaux qui assume ses responsabilités et son amant Jean-Claude Lopiccolo se marient et refont leur vie au Brésil après leur peine[4]. Marc Armando, après avoir purgé sa peine, est libéré en 2005. Arrêté en avril 2013 pour un trafic de cocaïne cachée dans une torpille fixée à la coque d’un pétrolier et saisie dans le port de Rotterdam, il est extradé des Pays-Bas vers la prison des Baumettes à Marseille où il se suicide par pendaison deux heures après son admission le [5].

Quant à Emmanuel Demaimay, longtemps considéré comme complice, il est licencié deux ans plus tard. Il finit par divorcer et vend désormais des vêtements sur les marchés[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Binot et Bernard Boyer L'Argent de la Résistance (Larousse, 2010)
  • " Jean-Claude Kella", Hold-up, Don Quichotte éditions, 2011
  • Thierry Siffre-Alès, "Reflets d'une âme en taille douce", roman psychologique relatant l'affaire, Le Lau Éditions 2011
  • Pour des affaires encore plus importantes, lire aussi Guy Penaud, Les Milliards du train de Neuvic (Fanlac, 2001), et Jean-Jacques Gillot et Jacques Lagrange : Le Partage des milliards de la Résistance (Pilote 24 édition, Périgueux, 2004). Dans une action concertée, des membres de l'Armée secrète et de l'Organisation de résistance de l'armée attaquent à Neuvic-sur-l'Isle (Dordogne), le 26 juillet 1944, un train contenant un wagon de la Banque de France (le plus gros record de la Libération: l'attaque rapporte 2.280.000.000 F de l'époque, soit 370 millions € actuels), à quoi s'ajoutent divers autres "casses" du genre (Libourne, Villeneuve sur Lot, Clermont-Ferrand, Angoulême, Châteauroux, Issoudun, Thonon-les-Bains, etc.) parmi plus d'une quarantaine du moment. La thèse de Gillot et Lagrange est que dans quasiment tous les cas, à commencer par celui de Neuvic, la majeure partie des sommes ne servira pas ensuite à la Résistance mais à d'autres intérêts conjugués.

Documentaire télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]