Cajeput

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Melaleuca cajuputi

Le cajeput ou cajeputier ou mélaleuque blanc[1] (Melaleuca cajuputi) est un arbre de la famille des Myrtaceae, originaire de l'Asie du Sud-Est et du nord de l'Australie. Il est exploité dans de nombreuses régions tropicales pour la production d'huile de cajeput.

L'espèce connue sous de multiples noms vernaculaires locaux[n 1], a été pendant longtemps référencée comme Melaleuca leucadendron. La ressemblance des espèces de mélaleuques à larges feuilles, comme le cajeput (M. cajuputi), le M. leucadendra, le niaouli (M. quinquenervia), ou le M. viridiflora a été la source d'une grande confusion nomenclaturale. Les premières études systématiques des Melaleuca de Blake (1968) puis de Craven et Barlow[2] (1997) ont montré la nécessité de revoir le statut de plusieurs de ces espèces. L'ensemble des espèces litigieuses, à larges feuilles, persistantes et odorantes et écorce s'exfoliant a été rassemblé dans le « Complexe Melaleuca leucadendra ». En 2003, Craven[3] répertorie les quinze espèces dans ce complexe et en donne une clé explicite, basée sur une morphologie florale fine.

Suivant ces derniers travaux taxonomiques, le cajeput, l'arbre dont on extrait l'huile de cajeput des feuilles, doit être considéré comme le Melaleuca cajuputi.

L'espèce Melaleuca cajuputi dont la distribution s'étend bien au-delà de l'Australie, a été divisée en trois sous-espèces[2] (voir carte ci-dessous) :

La plantation des cajeputiers pour la production d'huile essentielle médicinale a contribué à la dispersion et la naturalisation de l'espèce bien au-delà de son aire d'origine. La sous-espèce cumingiana[4] s'observe en Chine tropicale, Indonésie, Malaisie, Birmanie, Thaïlande, Vietnam, Philippines.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme de latin scientifique melaleuca est composé de deux termes empruntés au grec : melas μέλας « noir » et leucos λευκος « blanc », en raison des couleurs contrastées du tronc et des branchages.

Le nom français cajeput et l'épithète spécifique cajuputi sont empruntés à l'indonésien (bahasa Indonesia), Kayu putih « arbre blanc » désignant le Melaleuca cajuputi.

Description[modifier | modifier le code]

Braod-leaved tea-tree
(planche de Maiden (1859-1925))

Craven et Barlow décrivent ainsi l'espèce[2] :
Le cajeput, Melaleuca cajuputi, est un arbuste ou un arbre à feuilles persistantes, pouvant atteindre 30 m de haut. L'écorce épaisse, blanchâtre, s'exfolie en larges bandes. Les rameaux sont couverts d'une pubescence de poils fins, assez denses et longs.

Les feuilles font 4,5 à 14 cm de long sur 1,5 à 5 cm de large et sont portées par un pétiole de 5-15 mm de long. Le limbe de forme étroitement elliptique est couvert de soies appressées et parcouru par 5 à 9 nervures parallèles.

L'inflorescence est un épi faisant jusqu'à 28 mm de large, et regroupant les fleurs en 8 à 17 triades, portées par un rachis pubescent. Elles sont de couleur crème. L'hypanthium est pubescent ou pubérulent[n 2], en forme de coupe, de 1,6 mm de long. Les 5 sépales sont caducs et les 5 pétales de 2,4 mm de long sont sous-tendus par des glandes. Les nombreuses étamines sont groupées par faisceaux de 8 à 13. Les filaments de 9,2 à 10 mm de long, sont blancs, crèmes ou jaunâtres.

L'hypanthium lignifié porte la capsule contenant de nombreuses graines.

Suivant Craven[3] (2003), les sous-espèces peuvent se distinguer, par la taille des feuilles anciennes (avec des nervures secondaires aussi distinctes que les principales) et le nombre d'étamines par faisceau.

Clé des sous-espèces de M. cajuputi (Craven, 2003)
Feuille: la largeur est donnée et le rapport de la longueur L à la largeur l
Feuille l=10-16 mm
L/l=2,8 à 9,7
19-28 mm
L/l=2,2 à 2,9
25-50 mm
L/l=1,3 à 6,5
Étamines
par faisc.
8-11 6-8 9-12
Sous-espèce cajuputi cumingiana platyphylla

Distribution[modifier | modifier le code]

Distribution des 3 sous-espèces de M. cajuputi,
(tirée des cartes de Craven[3])

L'espèce Melaleuca cajuputi est largement distribuée de l'Asie du Sud-Est au nord de l'Australie[3]. Toutefois, il semble que la production d'huile de cajeput commerciale vienne à l'origine d'arbres de la sous-espèce M. cajuputi subsp. cajuputi, croissant dans l'archipel des Moluques[5] (en Indonésie) au début du XVIIIe siècle et que par la suite, leur culture se soit largement étendue à l'Indonésie et l'Asie du Sud-Est. Barlow[6] (1988) considère que la sous-espèce M. cajuputi subsp. cumingiana a colonisé d'importants domaines vers l'ouest, même à travers la ligne de Wallace.

Le cajeput croît sur les bords de rivière[7], dans les zones marécageuses ou inondées en saison des pluies, mais aussi sur des sols secs et rocheux.

Il est largement cultivé en Asie tropicale depuis plus d'un siècle. En Chine, il n'est pas indigène mais a été introduit pour la culture[8].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : huile de cajeput.
  • Ses fleurs sont recherchées par les abeilles qui fournissent un miel apprécié.
  • Au Cambodge, l'écorce du cajeput, smach chanlos (« smach à torches »), épaisse et résineuse, sert à faire des torches[n 3].
  • Le cajeput est cultivé comme arbre ornemental.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Malaisie : kayu putih « arbre blanc », gelam ; Indonésie : Kayu putih, gelam (Sonde, Java), waru gelang, inggolom (Batak) etc. ; Cambodge : smach chanlos (ស្មាច់ចន្លុះ) « smach à torches »; Inde : कायापुटी kāyāputi (sanskrit) ; Thailande : samet ; Viêt Nam : chè dong tran, chicay, etc.
  2. à la différence de Melaleuca leucadendra dont l'hypanthium est glabre
  3. Une autre Myrtacée, Syzygium zeylanicum, s'appelle en khmer smach daom (ស្មាច់ដោម). Ses jeunes feuilles et ses fruits blancs sont comestibles, et son écorce sert à faire une teinture brun foncé. Le mot smach (ស្មាច់) seul apparaît en épigraphie en khmer ancien, et on le retrouve dans le toponyme O Smach (អូរស្មាច់), poste frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, qui signifie "la rigole du smach".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Goetz, Kamel Ghedira, Phytothérapie anti-infectieuse, Springer Verlag France,
  2. a, b et c Craven LA, Barlow BA., « New taxa and new combinations in Melaleuca (Myrtaceae) », Novon, vol. 7,‎ , p. 113-119.
  3. a, b, c et d Lyn A. Craven, « Behind the names: the botany of tea tree, cajuput and niaouli », dans Ian Southwell, Robert Lowe, Tea Tree : The Genus Melaleuca, CRC Press,
  4. Référence Flora of China : Melaleuca cajuputi Powell subsp. cumingiana (Turczaninow) Barlow (en)
  5. John C. Doran, « chap. 14 Cajuput oil », dans Ian Southwell, Robert Lowe, Tea Tree : The Genus Melaleuca, CRC Press,
  6. B.A. Barlow, « Patterns of differentiation in tropical species of Melaleuca (Myrtaceae) », Ecol. Soc. Australia, vol. 15,‎ , p. 239-247
  7. Through Malaysia for the world GLOBinMED, « Melaleuca cajuputi Powell (Myrtaceae) » (consulté en 2014)
  8. Référence Flora of China : Melaleuca cajuputi Powell subsp. cumingiana (en)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]