Bodil Neergaard

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Ellen Bodil Neergaard, née Hartmann ( - ) est une philanthrope et mécène danoise. Avec son mari, Rolf Viggo de Neergaard, elle accueille chaque été au manoir de Fuglsang sur l'île de Lolland de nombreux artistes et musiciens. Bodil Neergaard est aussi connue pour ses nombreuses activités caritatives.

Famille[modifier | modifier le code]

Née le à Copenhague, Ellen Bodil Hartmann est la fille du compositeur Emil Hartmann (1836-1898), petite-fille du compositeur Johan Peter Emilius Hartmann, et filleule de Hans Christian Andersen. Née dans une famille artistique, elle baigne depuis son enfance dans un milieu d’écrivains, artistes et musiciens[1],[2].

Mariage avec Viggo Neergaard[modifier | modifier le code]

Le , elle épouse Rolf Viggo Neergaard (1837-1915), un cousin, violoncelliste amateur, et propriétaire des domaines de Fuglsang et Priorskov, l'une des plus vastes propriétés des provinces de l'Est.

Fuglsang héberge alors chaque été toute une colonie d’artistes. Beaucoup des meilleurs peintres et musiciens scandinaves de l'époque y séjournent, souvent plusieurs semaines d'affilée.

Edvard Grieg est également un grand ami et parmi ceux qui jouent le grand piano dans la salle de musique, de même que sa femme Nina qui joue régulièrement et chante[3].

Philanthropie[modifier | modifier le code]

À la mort de son mari en 1915, Bodil Neergaard reprend la gestion des domaines. Les activités culturelles continuent comme par le passé, mais elle s'engage désormais en sus dans de multiples activités sociales, pour lesquelles elle est inspirée notamment par le pasteur Johannes Munck du manoir de Møltrup dans le Jutland. Son amie Mathilda Wrede lui donne en particulier l'idée d'établir dans une de ses fermes le home Sønderskov (Sønderskovhjemmet) pour y loger initialement 17 vagabonds. Au départ, Bodil Neergaard couvre elle-même tous les frais mais à partir de 1923, cette institution devient indépendante, s'auto-finançant par le travail de ses résidents. Cette dernière s'est depuis considérablement développée et a récemment célébré son centenaire.

Les intérêts caritatifs de Bodil Neergaard étaient nombreux. Elle offrira ainsi désormais des logements en camp de vacances à une cinquantaine d'enfants défavorisés de la capitale pour passer l'été près des rives de Guldborgsund, tandis qu'elle mettra un autre bâtiment à la disposition de l'écrivain Aage Falk Hansen[4] pour loger les personnes dans le besoin. Elle fera également aménager le bâtiment principal du domaine de Flintingegård pour que des femmes âgées et démunies de Copenhague puissent y passer quelques semaines à la campagne, les invitant par groupes de 10 à la fois. En 1919, elle achetera en outre l'ancienne école de Toreby pour encore d'autres activités sociales.

Mort et héritage[modifier | modifier le code]

Bodil Neergaard meurt à Fuglsang le , après avoir transféré tous ses biens et possessions à la fondation caritative, Det Classenske Fideicommis (en). Elle est enterrée dans le cimetière de Toreby (en)[5].

Aujourd'hui, Fuglsang abrite le centre culturel de la région, disposant de son propre ensemble musical de neuf musiciens, d'une association musicale organisant des concerts réguliers, d'une salle de concert propre et d'un musée des Beaux-Arts. Des festivals y sont annuellement organisés. En outre, un accord avec l’université de Copenhague permet à celle-ci d’y mener diverses activités académiques.

Récompenses et Postérité[modifier | modifier le code]

En 1947, Bodil Neergaard reçoit la Médaille du mérite pour ses importantes contributions sociales et philanthropiques. Interrogée sur ses motivations, sa réponse est simplement:«Je voulais tellement aider».

La variété de pomme Bodil Neergaard, populaire au Danemark, porte son nom[6]. Celle-ci a été trouvée dans un champ à Flintinge au Lolland et identifiée en 1904. La rue Bodil Neergård Vænget à Odense porte également son nom[7].

Publications[modifier | modifier le code]

Bodil Neergaard a écrit des mémoires décrivant sa vie à Fuglsang, qui ont été publiées en 1941 et 1944 en danois sous les titres Spedte træk af mit Liv, et Minder fra Fuglsang: Mennesker jeg mødte gennem et langt Liv .

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Bodil Neergaard, Minder fra Fuglsang: Mennesker jeg mødte gennem et langt Liv (Erindringer) , 1944
  • Bodil Neergaard, Spedte træk af mit liv (Erindringer) , 1941
  • Bodil Neergaard, Hendes Slægt og Virke, Skildret af Familie og Venner , 1948
  • Fuglsang 1885-1959, Billedkunst, Musik og Friluftsliv , Fuglsang Kunstmuseum 2015
  • Fritz von Bessendorf, Fuglsang, Kan svanerne komme tilbage? , 2017
  • Halfdan Grøndal Hansen, Fuglsang, Bodil Neergaards Hjem
  • Inger Sørensen, Hartmann, Et Dansk Komponistdynasti, Gyldendal, 1999, 656 pages
  • Inger Sørensen, JPE Hartmann og Hans Kreds, 4 volumes, Muséum Tusculanum Forlag
  • Inger Sørensen, Johannes Palmer Hartmann og Hans Kreds, Ole Klitgaard, Copenhague, 2012, 2 volumes, 1135 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Biographie illustrée de Bodil Neergaard de Toreby Sogn's Orientering (en danois)