Bilan carbone personnel

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Le bilan carbone personnel est un outil utilisé en France qui permet au particulier d'évaluer ses émissions de gaz à effet de serre. Né sous l'impulsion de Jean-Marc Jancovici, il a été mis en ligne en 2007, par l'ADEME et l'association Avenir climatique. Il permet à tout particulier de calculer les émissions de gaz à effet de serre induites par ses faits et gestes, et donc sa participation au réchauffement climatique, dans chaque domaine de sa vie.

Le calculateur[1] Bilan carbone personnel prend tout en compte, « des achats de chaussures aux vacances au ski, en passant par le chauffage et les biftecks. »[2]

Historique[modifier | modifier le code]

  • L'outil personnel ClimAct, premier outil du genre, développé dans le cadre du Défi pour la Terre (ADEME & Fondation Nicolas-Hulot), a été mis en ligne en mai 2005.
  • Le site BilanCarbonePersonnel.org a été mis en ligne le 27 octobre 2007.

Description[modifier | modifier le code]

Avec, de préférence, l'aide de ses factures annuelles de gaz, d'électricité, ses kilométrages (approximatifs) automobile et avion (le site fournit en lien un calculateur de distances ville à ville pour le monde entier), et avec en mémoire sa consommation d'aliments, de produits et de services, le site propose de connaître les moindres détails de ses propres émissions de gaz à effet de serre (y compris le méthane émis par l'élevage des animaux que l'on consomme).

Le site permet d'abord, si on le souhaite, de créer un pseudo pour sauvegarder ses informations, ce qui est utile si l'on souhaite corriger ensuite certaines de ses émissions pour par exemple comparer l'efficacité potentielle des efforts que l'on projette…

Questionnaire[modifier | modifier le code]

Le questionnaire se décompose en 4 parties, qui, pour un Français moyen, correspondent chacune à 1/4 des émissions de gaz à effet de serre :

  • Logement(s) (comprenant surfaces, consommation d'énergie et équipement)
  • Transports (comprenant voiture(s), deux-roue(s), vol(s) en avion(s), transports en commun, avec pour chacun les kilométrages approximatifs à entrer)
  • Alimentation (Quantités de viande, poisson, laitages, fruits, dont exotiques, légumes, boissons)
  • Consommation (équipements technologiques, fournitures diverses, meubles, habillement, loisirs)

Note: Pour le chauffage, il n'y a pas de saisie "zone Québec" comme indication géographique du logement dans le calculateur, car il a été pensé pour la France métropolitaine, mais cela n'a pas beaucoup d'importance si l'on connaît ses kWh de gaz, fioul ou bois, à entrer dans les cases correspondantes au questionnaire.

Résultat du calculateur[modifier | modifier le code]

Le résultat du calculateur présente un graphique en couleurs, avec une marge d'incertitude calculée pour chacune des 4 parties, et des couleurs en dégradés pour chaque sous-partie.

La précision des résultats permet à chacun d'identifier les postes de forte émission. Le Bilan carbone personnel est donc le seul outil permettant de connaître précisément l'efficacité de ses efforts écologiques en comparaison, par exemple, de ses voyages en avion, de sa consommation de viande rouge (très émettrice de gaz à effet de serre), etc…

La barre rouge dans le résultat du test est la barre à ne pas dépasser, par tous les humains pour arrêter d'accélérer le réchauffement climatique

D'autres initiatives dans le monde[modifier | modifier le code]

D'autres initiatives du même type existent dans le monde, comme au Royaume-Uni avec le site "Actonco2"[3] ou aux États-Unis avec le site "Personal Emissions Calculator"[4] mais ils sont très modestes, incomplets, et les quelques émissions qu'ils calculent ne concernent que le CO2 :

  • Le site américain "Personal Emissions Calculator"[4] ne calcule que les émissions de CO2 (alors qu'il prétend, dans son introduction, calculer les "émissions de gaz à effet de serre") en provenance seulement de l'habitat et de l'utilisation de la voiture mais ne prend pas du tout en compte les émissions en provenance de l'alimentation (et notamment la viande), ni ceux provenant des achats d'équipements technologique (ordinateurs, TVs, hi-fi, appareils photos, portables, etc…), ni ceux provenant des voyages en avions… Ainsi, ce qui prétend être un calculateur d'émissions personnel ne prend qu'une partie inférieure à la moitié des émissions réelles d'un particulier… (Car les émissions induites par l'alimentation et les Consommations de la vie quotidienne représentent déjà la moitié des émissions)
  • Le site anglais "Actonco2"[3], lui, calcule un peu plus en détail la partie logement et transports, et calcule vaguement les émissions de CO2 des voyages en avions (mais pour l'avion il est nécessaire de tenir compte d'autres gaz) et ne calcule pas non plus la partie essentielle de l'alimentation, ni celle de la consommation générale (fournitures diverses, meubles, habillement, loisirs) en dehors des ordinateurs. Ainsi, ce calculateur de CO2 ne prend probablement en compte qu'une partie légèrement supérieure à la moitié des émissions réelles d'un particulier…

Le bilan carbone personnel permet de prendre en compte tous les aspects de la vie d'un particulier, et en détail, pour calculer non seulement les émissions de CO2, mais de tous les gaz à effet de serre, et ce avec une marge d'incertitude calculée pour chaque partie. Il permet au particulier d'avoir une vision globale de sa participation au réchauffement climatique.

Questions, perspectives[modifier | modifier le code]

Ce type d'outil repose encore sur des extrapolations moyennes et sera sans doute affiné dans le futur.

  • Par exemple à propos du bilan de l'usage d'Internet : L' empreinte carbone d'une recherche sur l'Internet serait en moyenne de 20 mg de CO2 par seconde (selon les calculs d'Alex Wissner-Gross de l'université Harvard, physicien auteur du projet « CO2stat[5]» qui calcule l’impact d'un site Internet selon sa puissance de serveur, le nombre de visiteurs, en proposant à ses clients d'acheter compensatoirement l'équivalent de l’énergie consommée par le site (par une source d'énergie électrique propre et sûre ; solaire ou éolien. Pour une requête Google ou une consultation de page web, la consommation varie en fait fortement selon divers facteurs (dont la présence de vidéo, d'animations, d'une utilisation en jeu à multiples joueurs, ou d'un « avatar informatique ».  ; L'ordinateur personnel consomme le plus, puis viennent les échanges de données (selon la distance, et le support (fibre optique ou non..), le fonctionnement des serveurs et des centres de données). Le pourriel est également une source en augmentation de consommation d'énergie. L'informatique serait ainsi devenu dans les années 2000 plus émetteur de gaz à effet de serre que l'aéronautique. Ceci est toutefois à mettre en balance avec les impacts positif du web en termes de transport évité et d'autres émissions de GES évitées grâce au télétravail ou au travail collaboratif.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]