Bible des États

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Page de titre de la Bible des États de 1637.

La Bible des États ou Bible des États généraux (en néerlandais Statenbijbel, ou Statenvertaling littéralement « traduction des États ») est la première traduction de la Bible officielle de l’Église réformée en néerlandais produite à partir des textes en hébreu, araméen et grec. Elle est précédée des traductions néerlandaises comme la Bible de Delft de 1477, la Bible de Liesveldt de 1526, la bible de Biestkens de 1560 et la Bible de Deux-Aes de 1562, mais celles-ci sont des traductions de traductions ; et la Bible de Louvain de 1548 de l’Église catholique romaine. Elle est commanditée par le Synode de Dordrecht en 1618 et sera payé par les États généraux des Pays-Bas. Par sa diffusion, elle joue un rôle normatif pour l’orthographe et la grammaire du néerlandais au xviie siècle.

Ce n'est qu'en 1626 que les états généraux s'accordent avec la demande du synode. La Bible fut traduite à Leyde. En 1635, la traduction était finie et en 1637 elle fut autorisée. La ville de Leyde paya 2 500 florin pour obtenir le droit d'impression. Un demi-million d'exemplaire sont tirés entre 1637 et 1657. La Bible de États est encore important aujourd'hui dans certaines églises protestantes.

À côté de l'aspect religieux, la Bible des États est aussi fondamentale en ce qui concerne la politique et la linguistique. La langue utilisée dans celle-ci constitue la base du Standaardnederlands (néerlandais standard) qui s'est développé au 17e siècle.

Le nouveau Testament de cette traduction est tirée du textus receptus, texte grec publié par Erasme à l'aide des manuscrits comprenant les textes byzantins. L'ancien Testament quant à lui est une traduction des textes Massorètes.

Histoire de la traduction[modifier | modifier le code]

Trois questions sont discutées durant le synode de Dordrecht (du 19 novembre au 27 novembre 1618) concernant la traduction de la Bible:

  • La première question discute de la nécessite de le traduction. On y répond positivement.
  • La deuxième question est en relation avec la fidélité de la traduction au texte d'origine mais aussi avec la rapidité de la traduction. Le Synode conçoit la manière dont va se passer la traduction
  • Enfin, le Synode décide qui traduira la Bible et aussi que la traduction devra être corrigée

Lignes directrices de la traduction[modifier | modifier le code]

Le Synode a longuement discuté les règles de la traductions. Le 20 novembre 1618, il a décrété que les traducteurs devaient respecter ces quatre points suivants:

  1. Qu'ils restent toujours près du texte d'origine, qu'ils préservent la manière de parler des langues d'origine dans la mesure où la clarté et les caractéristiques de la langue Néerlandaise l'autorise. Mais si il advient qu'une locution grecque ou hébraïque apparaisse et qu'elle ne peut concorder avec la structure grammaticale néerlandaise, ils doivent alors l'écrire et la signaler diligemment dans la marge.
  2. Qu'ils ajoutent le moins de mots possibles pour contribuer au sens du texte. Si cela arrive, qu'ils les écrivent dans une autre police et qu'ils les mettent entre parenthèses afin qu'on puisse les distinguer de autres.
  3. Qu'ils ajoutent à chaque livres et chapitre un résumé clair et concis et qu'ils écrivent sur le côté les passages correspondant de la Sainte Écriture.
  4. Qu'ils ajoutent quelques explications courtes avec lesquelles ils expliquent la raison pour laquelle il auraient transformé un mot ou une partie de phrase trop inintelligible. (Acta, Dordtse Synode, Achtste zitting, d.d. 20 november 1618)

Traduction du nom de Dieu[modifier | modifier le code]

La Bible Hébraïque le nom de Dieu est écrit ainsi: יהוה (jod-hee-vav-hee: JHWH of JHVH). Les juifs n'utilisaient plus ce mot durant le 3e siècle ACN. Depuis lors on ne sait comment le prononcer. Pendant le douzième siège du Synode, il est décrété que le nom de Dieu dans l'Ancien Testament serait traduit par HEERE (Seigneur, en néerlandais). Dans la marge du chapitre deux verset quatre de la Genèse, il est mentionné: "Après l'accomplissement de la création, le nom de Iehova est d'abord donné à Dieu signifiant l'autonome, essence de lui-même, de qui toute l'éternité est et la source ou la cause de toute chose qui est. C'est aussi pourquoi ce mot apparaît seul. Retenez ceci pour toujours: là où vous voyez écrit le mot HEERE (seigneur) en majuscule, cela signifie qu'en Hébreux il est écrit 'IEHOVA' ou écrit de manière plus courte 'IAH' ". Plus loin, on se demanda s'il fallait utiliser le pronom personnel 'gij' ou le pronom personnel 'du' (à traduire dans les deux cas par 'tu'). Les deux pronom variaient en effet de région en région (dans certains dialectes le mot 'gij' était pluriel ce qui ne concorde pas avec l'idée d'un seul dieu). Après un débat, les traducteurs votèrent pour savoir quel pronom utiliser. On opta donc pour appeler Dieu par le pronom 'gij' . Cela a eu une conséquence fondamentale pour la langue néerlandaise: le 'du' disparut, 'gij' devint plus tard 'jij' ('tu') et 'gij lieden' ('vous' au pluriel) devint 'jullie'.

Vertalers[modifier | modifier le code]

Les traducteurs furent désignés pendant le trentième siège du Synode, le 26 novembre 1618. Johannes Bogerman, Willem Baudartius et Gerson Bucerus devinrent les traducteurs de l'Ancien Testament. Il devaient écrire des comentaires à côté de la traduction où ils expliquaient pourquoi ils avaient choisi une telle ou telle traduction. Jakobus Rolandus, Herman Faukelius et Petrus Cornelisz furent les traducteurs du Nouveau Testament et des apocryphes. Herman Faukelius et Petrus Cornelisz moururent avant d'avoir pu commencer leur traduction. On délégua leur tâche à Festus Hommius et à Antonius Walaeus. Ils contrôlèrent aussi les traductions faites.

Importance linguistique[modifier | modifier le code]

La Bible des États fut terminée en 1637. Le nom de la cette Bible vient du fait que les États généraux ont financé la nouvelle traduction. Bible des États a eu une influence capitale sur la standardisation du néerlandais, surtout en ce qui concerne le choix des mots (cfr 'gij' et 'du'), l'assimilation d'expressions et locutions et l'emploi de cas typiques comme le génitif. Des éléments grammaticaux d'autres langues régionales comme le bas saxon furent repris dans la traduction. La traduction de la Bible fit en sorte que l'orthographe devint commune afin que le moyen néerlandais devînt une seule langue. La Bible des État constitue à bien des égards le début du néerlandais moderne, même si son influence ne s'est avérée à la fin pas si importante[1]. Parce que les traducteurs traduisaient le texte en se focalisant sur le écrits d'origine, beaucoup de structures grammaticales non-néerlandaises ont été utilisées. Certaines tournures de phrases de la traduction sont encore beaucoup utilisées aujourd'hui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « informatie over de Statenvertaling online », sur www.statenvertaling.net (consulté le 4 janvier 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]