Baie Norvégienne

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Baie Norvégienne
Mâle d'éléphant de mer blessé après un combat sur une plage de la baie Norvégienne.
Mâle d'éléphant de mer blessé après un combat sur une plage de la baie Norvégienne.
Géographie humaine
Pays côtiers Drapeau de la France France
Subdivisions
territoriales
Terres australes et antarctiques françaises
Géographie physique
Type Baie
Localisation Océan Indien
Coordonnées 49° 22′ 58″ sud, 70° 22′ 27″ est
Superficie 50 km2
Longueur 10 km
Largeur
· Maximale 7 km

Géolocalisation sur la carte : Kerguelen

(Voir situation sur carte : Kerguelen)
Baie Norvégienne

La baie Norvégienne est une baie qui échancre profondément le sud de la péninsule Courbet, au nord-est de la grande Terre, l'île principale de l'archipel des Kerguelen, dans les Terres australes et antarctiques françaises.

Ses eaux peu profondes lui ont valu de porter autrefois, selon les cartes, les noms de « Baie peu profonde », de « Shoalwater Bay» ou de « Flachtwasser Bucht ». Son nom actuel lui a été attribué par Raymond Rallier du Baty vers 1908 pour honorer la Société Norvégienne des îles Kerguelen qui était associée à l'entreprise des frères Bossière[T 1].

La baie couvre environ 50 km2 et s'ouvre à l'est, sur l'océan Indien. Elle est entourée :

  • au sud, depuis la pointe Suzanne, par les pentes de la presqu'île du Prince de Galles,
  • à l'ouest par l'isthme Bas (qui ne la sépare du Golfe du Morbihan que de moins de 3 km),
  • au nord par les étendues marécageuses de la péninsule Courbet, jusqu'à la pointe du Morne.
La tombe du capitaine Matley, en 1983.

La baie Norvégienne est parsemée de quelques îlots. L'îlot de la pointe Matley[T 2] auquel on peut accéder à pied à marée basse est le plus important. C'est là que se trouve la tombe du capitaine John Matley, qui commandait le navire phoquier anglais, le Duke of Portland, et qui décéda aux Kerguelen le 12 décembre 1810. On trouve également, face à l'estuaire de la rivière du Château, l'îlot du Château d'If dont la silhouette évoque le célèbre fortin marseillais[T 3]. Quelques bancs sableux marquent aussi l'entrée de l'anse de la Banquise.

La baie Norvégienne reçoit les eaux de la rivière du Château, de la rivière Norvégienne et de la rivière des Albatros. Ces trois cours d'eau ont été colonisés par des truites fario introduites dans la rivière du Château entre 1955 et 1962[1]. Certains poissons effectuent des migrations en milieu marin et trouvent dans la baie Norvégienne des conditions favorables de développement[2]. C'est ainsi que l'on peut pêcher aux embouchures de ces rivières d'impressionnantes truites de mer[3].

Les plages abritées et plates de de la baie Norvégienne sont propices à d'importantes concentrations d'éléphants de mer.

Lorsqu'après leur naufrage, John Nunn et ses compagnons ont dû s'organiser pour survivre au cours des années 1825 à 1827, ils sont venus récupérer au bord de la baie Norvégienne des tonneaux de sel entreposés là. Grâce à ce sel ils ont ensuite pu mettre à conserver des canards qu'ils avaient chassés[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Commission territoriale de toponymie et Gracie Delépine (préf. Pierre Charles Rolland), Toponymie des Terres australes et antarctiques françaises, Paris, Territoire des terres australes et antarctiques françaises, , 433 p. (lire en ligne)

  1. p.250, Norvégienne (Baie)
  2. p.227, Matley (Pointe)
  3. p.433, Château d'If (le)


Autres références :

  1. Patrick Davaine et Edward Beall, « Introduction de salmonidés en milieu vierge (îles Kerguelen, subantarctique) : enjeux, résultats, perspectives », Bulletin français de la pêche et de la pisciculture, Conseil supérieur de la pêche, no 344/345,‎ , p. 93-110 (lire en ligne)
  2. (en) Marc Jarry, Patrick Davaine et Edward Beall, « A matrix model to study the colonization by brown trout of a virgin ecosystem in the Kerguelen Islands », Acta Biotheoretica, no 46,‎ , p. 253-272 (lire en ligne)
  3. Aubin Le Bihan, « Les truites du bout du monde », sur SMITH Pro (consulté le 26 juin 2017)
  4. (en) Narrative of the wreck of the « Favorite » on the island of Desolation detailing the adventures, sufferings and privations of John Nunn, Londres, W.B. Clarke, M.D., (lire en ligne)