Autisme de haut niveau

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L’autisme de haut niveau désigne toute forme d’autisme où la personne autiste est, à des degrés divers, capable d’interaction sociale et d'exprimer son intelligence. L’autisme est présent, mais la coupure avec le monde qu’il entraîne souvent n’est pas totale. Bien que ce soit le terme couramment employé, c'est un raccourci de langage car le terme anglais signifie « autisme à haut niveau de fonctionnement » abrévié en AHN ou AHF (en anglais : HFA, high functioning autism).

Classification[modifier | modifier le code]

L'autisme à haut niveau de fonctionnement n'est pas codifié dans la classification DSM-IV (TR, 2000) ni dans la classification CIM-10[1]. Il est fréquent d'inclure le syndrome d'Asperger parmi l'autisme de haut niveau, car il s'agit d'une forme d'autisme dont l'une des caractéristiques est l'absence de déficit intellectuel[2],[3].

Différenciation avec le syndrome d'Asperger[modifier | modifier le code]

La mesure du chevauchement entre le syndrome d'Asperger et l'autisme de haut niveau est incertaine[4],[5]. Dans l'ensemble, relativement peu de différences sont signalées sur les paramètres liés à la causalité. Une hypothèse standard serait que les différentes formes d'autisme soient des expressions variables du même trouble sous-jacent[6]. Dans un bon nombre de cas, il se révèle très difficile de trancher entre l'autisme de haut niveau et le syndrome d'Asperger (ceci est par exemple le cas du conférencier et auteur de livres sur le syndrome d'Asperger, Stephen Shore). Les critères de distinction entre l'autisme de haut niveau et le syndrome d'Asperger pourraient être :

  • un Asperger ne connaît pas de retard du langage, ce qui est le cas dans l'autisme de haut niveau. Il connaît moins de difficultés d'utilisation du langage et de compréhension verbale qu'un autiste de haut niveau[7] ;
  • un Asperger présente un QI verbal supérieur au QI performance, à l'inverse d'un autiste de haut niveau ;
  • un Asperger éprouve davantage de difficultés dans la coordination motrice qu'un autiste de haut niveau[7]
  • un autiste de haut niveau s'améliore après l'âge de quatre ans, alors que c'est après cet âge que les symptômes d'un Asperger deviennent visibles[8] ;
  • un individu atteint du syndrome d'Asperger souffrirait globalement moins de difficultés dans les interactions sociales ;
  • le syndrome d'Asperger s'accompagne souvent de traits plus marqués tels que l'hypersensibilité à certains bruits ou aliments, dysgraphie, élocution très particulière (ton de la voix, prosodie, tendance au langage très formalisé même chez les enfants), propension aux routines répétitives et maladresse physique ;

En 2008, un examen des études de classification a permis de constater que les résultats ne supportent largement pas les différences entre les diagnostics, et que les caractéristiques les plus saillantes sont venus des caractérisations de QI[5]. Le classement actuel des TSA peut ne pas refléter la vraie nature des conditions[9]. Une réunion d'experts lors d'une conférence de planification de la recherche sur l'autisme en 2008 a permis de noter des problèmes avec la classification des sous-groupes distincts des TSA, deux des trois groupes de travail ont recommandé d'éliminer le syndrome d'Asperger comme diagnostic séparé[10].

Un profil neuropsychologique a été proposé pour le SA[11], s'il se vérifie, il pourrait différencier le SA de l'autisme de haut niveau dans un diagnostic différentiel. Par rapport aux autistes de haut niveau, les gens avec un syndrome d'Asperger ont des déficits dans les compétences non verbales telles que la résolution de problèmes visuo-spatiaux et la coordination visuo-motrice[12], avec des capacités verbales fortes[13],[14].

Plusieurs études ont permise de dégager un profil neuropsychologique des actifs et des déficits compatibles avec un trouble d'apprentissage non verbal, mais plusieurs autres études ont échoué à reproduire cela[12][12]. La recherche n'a pas révélé des résultats cohérents des « faiblesses non verbales ou de l'augmentation des problèmes spatiaux ou moteur par rapport à des personnes avec autisme de haut niveau, ce qui conduit certains chercheurs à affirmer que l'augmentation de la capacité cognitive est attestée dans le syndrome d'Asperger par rapport à l'autisme de haut niveau, indépendamment des différences de capacité verbale et non verbale[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « High-functioning autism, Autistic spectrum disorders, Fact Sheet » fiche sur www.autism-help.org
  2. (en) « High-functioning autism and Asperger syndrome: what's the difference? » article de www.autism.org.uk, The National Autistic Society
  3. (en) « Is Asperger’s syndrome/High-Functioning Autism necessarily a disability? » Simon Baron-Cohen, Departments of Experimental Psychology and Psychiatry, University of Cambridge.
  4. Klin A, « Autism and Asperger syndrome: an overview », Rev Bras Psiquiatr, vol. 28, no suppl 1,‎ , S3–S11 (PMID 16791390, DOI 10.1590/S1516-44462006000500002, lire en ligne)
  5. a et b Witwer AN, Lecavalier L, « Examining the validity of autism spectrum disorder subtypes », J Autism Dev Disord, vol. 38, no 9,‎ , p. 1611–24 (PMID 18327636, DOI 10.1007/s10803-008-0541-2)
  6. Willemsen-Swinkels SH, Buitelaar JK, « The autistic spectrum: subgroups, boundaries, and treatment », Psychiatr Clin North Am, vol. 25, no 4,‎ , p. 811–36 (PMID 12462862, DOI 10.1016/S0193-953X(02)00020-5)
  7. a et b (en) A. Boschi, P. Planche, A. Philippe et L. Vaivre-Douret, « Comparative Study of Neurocognitive Profiles of Children with High Functioning Autism (hfa), Asperger’s Syndrome (as) and Intellectual High Potential (gifted): in What Are They Different? », European Psychiatry, vol. 30, no Supplément 1,‎ , p. 28–31 (lire en ligne)
  8. Mottron 2004, p. 76
  9. Szatmari P, « The classification of autism, Asperger's syndrome, and pervasive developmental disorder », Can J Psychiatry, vol. 45, no 8,‎ , p. 731–38 (PMID 11086556, lire en ligne)
  10. First MB, « Autism and Other Pervasive Developmental Disorders Conference (February 3–5, 2008) », American Psychiatric Association,‎ (consulté le 29 octobre 2008)
  11. Reitzel J, Szatmari P. "Cognitive and academic problems." In: Prior M, editor. Learning and behavior problems in Asperger syndrome. New York: Guilford Press; 2003. p. 35–54, as cited in McPartland J, Klin A (2006), p. 774.
  12. a, b et c Klin A, Volkmar FR, « Asperger syndrome: diagnosis and external validity », Child Adolesc Psychiatr Clin N Am, vol. 12, no 1,‎ , p. 1–13 (PMID 12512395, DOI 10.1016/S1056-4993(02)00052-4, lire en ligne)
  13. (en) M. Ghaziuddin et K. Mountain-Kimchi, « Defining the intellectual profile of Asperger Syndrome: comparison with high-functioning autism », Journal of autism and developmental disorders, vol. 34, no 3,‎ , p. 279–84 (PMID 15264496, DOI 10.1023/B:JADD.0000029550.19098.77)
  14. (en) S. Ehlers, A. Nydén, C. Gillberg, Annika Dahlgren Sandberg, Sven-Olof Dahlgren, Erland Hjelmquist et Anders Odén, « Asperger syndrome, autism and attention disorders: a comparative study of the cognitive profiles of 120 children », Journal of child psychology and psychiatry, and allied disciplines, vol. 38, no 2,‎ , p. 207–17 (PMID 9232467, DOI 10.1111/j.1469-7610.1997.tb01855.x), cité par McPartland et Klin 200, p. 775
  15. (en) J. N Miller et S. Ozonoff, « The external validity of Asperger disorder: lack of evidence from the domain of neuropsychology », Journal of Abnormal Psychology, vol. 109, no 2,‎ , p. 227–38 (PMID 10895561, DOI 10.1037/0021-843X.109.2.227) cité par McPartland et Klin 2006, p. 775.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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