Atari Teenage Riot

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Atari Teenage Riot
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Atari Teenage Riot au Hellfest 2013.
Informations générales
Surnom ATR
Pays d'origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre musical Digital hardcore, musique expérimentale, anarcho-punk, noise rock, techno hardcore[1]
Années actives 19922000, depuis 2010[2]
Labels Digital Hardcore Recordings, Phonogram Records, Grand Royal, Dim Mak Records
Composition du groupe
Membres Alec Empire
Nic Endo
Rowdy Superstar
Anciens membres Hanin Elias
Carl Crack
CX KiDTRONiK

Atari Teenage Riot est un groupe de digital hardcore allemand, originaire de Berlin. Il est formé en 1992 par Alec Empire, Carl Crack et Hanin Elias, rejoint en 1996 par Nic Endo.

Engagé politiquement, le groupe se revendique anti-nazi, anti-fasciste et anarchiste avec des paroles à contenance punk et un genre musical émergeant d'une nouvelle forme de techno, appelée plus tard digital hardcore. Alec Empire reprendra par la suite ce terme pour créer son nouveau label, Digital Hardcore Recordings[3]. Nic Endo se joint au groupe en 1996, mais son premier concert avec ceux-ci ne s'effectue qu’au printemps 1997 à Austin, au Texas, lors du SXSW.

Le groupe se sépare en 2000, et revient dix ans plus tard, en 2010. En 2011, ils publient leur premier album en plus de dix ans, Is this Hyperreal?.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts (1992–1999)[modifier | modifier le code]

Le groupe est formé dans le but d'attaquer la sous-culture néo-nazie en mêlant punk hardcore et techno allemande ; il comprend à l'origine trois berlinois : Alec Empire, Hanin Elias et le MC Carl Crack. Leurs premiers projets (dont la chanson Hetzjagd Auf Nazis!) créent la polémique en Allemagne. Après leur signature chez la major Phonogram Records en 1993, le groupe reçoit une avance financière considérable[1] qui leur permet de fonder leur propre label, Digital Hardcore Recordings (DHR)[3]. ATR ne fournira jamais de démo viable au label Phonogram[4].

La major Intercord signe le groupe en 1995 pour l'Allemagne. Digital Hardcore Recordings publie leur premier album Delete Yourself! à l'international. En 1996, les Beastie Boys achèteront l'album pour le publier aux États-Unis, accompagné de quelques morceaux bonus, sous le titre Burn Berlin Burn à leur label Grand Royal[1]. Le groupe tourne aussi avec le Wu-Tang Clan, Rage Against the Machine, Nine Inch Nails, Ministry, Moby, et Beck. En 1996, ATR est rejoint par Nic Endo, une musicienne allemande d'origines japonaises noise/soundscape, qui jouera son premier concert avec ATR au printemps 1997 à Austin, au Texas, lors du SXSW.

Séparation (2000)[modifier | modifier le code]

Il n’y a jamais eu de séparation officielle ou de décision formelle d'arrêter les activités du groupe. Hanin Elias quitte officiellement ATR lors du concert à la Brixton Academy en hiver 1999. Il est important de noter qu’elle a quitté le groupe à plusieurs reprises auparavant comme en 1993 et en 1996 ainsi que durant plusieurs courtes périodes à cette même époque. Le plan initial était de tourner avec Nine Inch Nails durant le printemps de l’année 2000 ; ce qui n’arriva pas. Le groupe avait décidé d’annuler sa participation à la tournée pour se « recharger ». Carl Crack avait aussi besoins de temps pour se remettre de ses épisodes de psychoses.

En automne 2000, ATR commencent à enregistrer leur quatrième album studio. La chanson Rage, ayant Tom Morello du groupe Rage Against the Machine, comme invité, est choisi comme étant le single précédant la sortie de l’album. Rage est enregistrée durant le session d’enregistrement de l’album 60 Second Wipe Out mais n’a finalement pas été retenue parmi la sélection finale des chansons de l’album.

Post-séparation (2001–2009)[modifier | modifier le code]

Carl Crack décède en septembre 2001. La date exacte de son décès reste encore inconnue. Il est retrouvé sans vie, le 6 septembre 2001, dans son logement de Berlin[5]. Carl Crack souffrait d’épisodes de psychose et avait fait l'objet de traitements pour cela[6]. Le rapport officiel de sa mort mentionne une quantité anormale d'alcool et de médicaments trouvés dans son estomac, suggérant un suicide[5].

En octobre 2006, une compilation retrospective d'ATR, Atari Teenage Riot: 1992-2000 , est publiée[7]. En octobre 2009, Hanin Elias contacte Alec Empire, lui demandant comment lui et Nic Endo se sentiraient pour faire un concert à Londres et ainsi recommencer à faire les choses « comme elles se doivent ». Après avoir convaincu le promoteur de partager les risques financiers avec lui, Alec Empire change son concert solo en concert d'Atari Teenage Riot. Dès l’annonce officielle du concert, les commentaires cyniques ont commencé à se faire entendre dans la blogosphère.

C’est à ce moment qu’Alec Empire est venu avec l’idée de donner gratuitement une nouvelle chanson aux fans via son site SoundCloud de façon à ce qu’ils puissent avoir un avant goût du son du groupe en 2010. Ce fut aussi une bonne occasion pour présenter CX Kidtronic qui avait proposé de se joindre au concert de Londres. CX est toujours clair envers le groupe sur le fait qu’il n’était pas là pour remplacer Carl Crack et allait écrire ses propres textes pour les anciennes chansons. C’est durant cette session d’enregistrement qu’Hanin Elias s’est rendu compte qu’elle n’avait plus les capacités vocales pour crier et serait à peine capable de tenir tout un concert sans sérieusement endommager ses cordes vocales. Alec Empire offrit à Hanin Elias qu’il serait quand même possible pour elle de contribuer au groupe avec des styles vocaux « alternatifs » car il avait en tête d’inclure des chansons plus « soft » au spectacle, telles que Sex ou Death Star et que, de toute façon, Nic Endo se chargeait toujours de ses partitions pour des chansons comme Sick to Death, Too Dead for Me ou Revolution Action.

La chanson Activate, offerte gratuitement, est terminée sans Hanin Elias, qui refuse de travailler sur des styles vocaux différents. Durant ce temps, quelque spectacles ont été ajoutés après celui de Londres et planifiés pour ATR en tant que groupe de quatre membres en incluant Hanin Elias. Quand il est clair qu’Hanin Elias n’allait pas se présenter au premier concert de la série, 30 minutes avant de commencer, le groupe publia un communiqué. Un fait important à noter est qu’Hanin Elias joue dans environ 30 % des concerts durant les années 1990. À chaque fois qu'elle décidait de ne pas se présenter, les autres membres du groupe prenaient le relais au micro pour la remplacer. Ce fut surtout Nic Endo qui fait les « remplacements » depuis qu’elle s’est jointe au groupe. Dès 2000, Nic Endo avait déjà joué dans beaucoup plus de concerts du groupe qu’Hanin Elias. Selon les adeptes et la critique, la nouvelle incarnation du groupe en spectacle est meilleure et plus énergétique que durant les années 1990.

Retour (depuis 2010)[modifier | modifier le code]

Atari Teenage Riot en 2010.

À la fin de 2010, ATR joue déjà dans presque tous les pays d’Europe, faisant une tournée complète des États-Unis, jouant aussi au Japon, à Taïwan et dans plusieurs autres pays. Le groupe joue dans la plupart des gros festivals de musique européens incluant Reading et Leeds[8], et sont tête d’affiche pour le Fusion Festival devant 20 000 personnes où, à un moment donné, la foule a décidé de prendre la scène d’assaut. ATR est aussi la tête d’affiche d’une des multiples scènes du Summer Sonic Festival, le plus gros rival du Fuji Rock Festival au Japon. Un autre récent succès pour le groupe est celui d’être la tête d’affiche de la scène électronique au Berlin Festival, qui avait lieu dans un ancien aéroport au centre-même de la ville.

En 2011, ils publient leur premier album en plus de dix ans, Is this Hyperreal?[9]. À la fin 2011, ATR apporte son soutien à WikiLeaks[10],[11], attaqué par de grands groupes financiers.

En 2014, KiDTRONiK est remplacé par MC Rowdy Superstar, et cette formation publie leur nouvel album studio, Reset[1]. L'album est initialement publié au Japon, et publié à l'international en 2015[1].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • 1995 : Delete Yourself (DHR 1995, DHR 1999)
  • 1996 : The Future of War (DHR 1996, Beat Records 1997)
  • 1997 : Burn Berlin Burn (Grand Royal)
  • 1998 : Live in Philadelphia - Dec. 1997 (DHR)
  • 1999 : 60 Second Wipeout (DHR 1999, Beat Records 1999, DHR 2000)
  • 1999 : Live at Brixton Academy (DHR)
  • 2002 : Redefine the Enemy - Rarities and B-Side Compilation 1992-1999 (DHR)
  • 2006 : Atari Teenage Riot: 1992-2000 (DHR)
  • 2011 : Is this Hyperreal? (DHR)
  • 2012 : The Collapse of History (Single & Remix EP bundle) (DHR)
  • 2014 : Reset (DHR, réédité en 2015)

Singles et EP[modifier | modifier le code]

  • 1996 : Kids Are United (DHR)
  • 1996 : Speed / Midijunkies (DHR)
  • 1996 : Deutschland Has Gotta Die! (Grand Royal)
  • 1996 : Not Your Business (Grand Royal)
  • 1997 : Sick to Death (DHR, Beat Records)
  • 1997 : Destroy 2000 Years of Culture (Interdord, Cortex)
  • 1999 : Too Dead for Me (DHR)
  • 1999: Revolution Action! (DHR)
  • 2000 : Rage (DHR)
  • 2011 : Blood in My Eyes (DHR)
  • 2015 : J1M1 (Digital Hardcore Recordings)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Atari Teenage Riot / Alec Empire - Sixteen Years of Video Material (Eat Your Heart Out, Monitorpop Entertainment)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Marcus Maida: Symbolischer Krieg. – Aufstand gegen Deutschland. Krieg im Kinderzimmer. Revolution im Medialand. Können Mittelstandsweißbrote durch zuviel Theoriesampling zum Glühen gebracht werden? Ein fiktiver Dialog realer Theorien zu Geschichte, Strategie, Wirkung und Widersprüchen bei Atari Teenage Riot und Digital Hardcore Recordings. in: testcard #9: Pop und Krieg. Mainz, éditions Verlag, 2000, (ISBN 978-3931555085), pages 114–129.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Sean Cooper, « Atari Teenage Riot - Music Biography, Credits and Discography », AllMusic, (consulté le 25 juin 2013).
  2. (en) « Atari Teenage Riot 'Reform For London Show' », Gigwise, (consulté le 25 juin 2013).
  3. a et b (en) Martin C. Strong, The Great Rock Discography, Édimbourg, Mojo Books, (ISBN 1-84195-017-3), p. 35.
  4. (en) Todd Hansen, « Atari Teenage Riot | Interview »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The A.V. Club, (consulté le 25 juin 2013).
  5. a et b (en) Corey Moss, « Atari Teenage Riot Cofounder Dead At 30 », MTV, 24 septembre 2001.
  6. (en) « This Day in Music », Billboard.
  7. (en) « Atari Teenage Riot: 1992-2000 Review », sur AllMusic (consulté le 4 juillet 2017).
  8. (en) « Reading & Leeds 2010: Rolo Tomassi », sur diymag.com, (consulté le 4 juillet 2017).
  9. (en) « Atari Teenage Riot - Is This Hyperreal? - Review », sur drownedinsound.com, (consulté le 4 juillet 2017).
  10. « Vidéo. Atari Teenage Riot & Anonymous : Black Flags « Drapeaux Noirs » », Rezocitoyen.fr, (consulté le 9 septembre 2012).
  11. (en) « Atari Teenage Riot Goes for the Lulz With Anonymous », Wired, (consulté le 9 septembre 2012).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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