Arcadie Claret

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Arcadie Claret
Arcadie Claret baronne d'Eppinghoven.jpg

Arcadie d’Eppinghoven

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
Nationalité

Arcadie Claret (Bruxelles – Monheim ) fut pendant plus de vingt ans la maîtresse du roi Léopold Ier de Belgique.

L’amie de cœur[modifier | modifier le code]

Arcadie Claret était la fille du major Charles-Joseph Claret (1789-1867), trésorier de la Caisse des Pensions pour veuves et orphelins de l’Armée belge, qui termina sa carrière avec le grade de lieutenant-colonel. Il avait épousé la Gantoise Henriette Neettezoone (1795-1881) et ils eurent treize enfants, dont huit parvinrent à l’âge adulte. La famille habitait à Etterbeek une grande maison de maître, entourée d’un parc étendu.

Leopold Ier apprit à connaître Arcadie en 1842 ou au plus tard en 1844. À la première de ces dates elle avait à peine seize ans quand le roi était déjà quinquagénaire. Elle devint rapidement sa maîtresse.

Le roi l’installa dans une luxueuse maison patricienne, rue Royale (l’actuel no 312). Cette aventure amoureuse ne demeura pas secrète et la presse y fit copieusement écho, d’autant plus qu’Arcadie, sa mère et ses sœurs s’affichaient avec une certaine arrogance dans les quartiers huppés de la ville. La critique devint tellement véhémente qu’Arcadie, qui venait en 1849 d’accoucher d’un premier enfant de leur amour, alla, contre le gré du roi, s’installer à Wiesbaden. Après la mort de la reine en 1850, elle revint à Bruxelles et s’y fit plus discrète.

Aux seuls fins de faire baisser la pression médiatique, Léopold avait dès 1845 fait épouser Arcadie par son collaborateur, maître des écuries royales, Ferdinand Meyer (Cobourg 1808 - Karlsruhe 1864). Meyer, qui était veuf avec trois enfants à charge, reconnut les enfants du roi comme les siens. Georges-Frédéric, né à Liège en 1849 et Arthur von Eppinghoven, né à Laeken en 1852, furent inscrits sur les registres de l’état civil sous le patronyme Meyer.

Après son retour en Belgique, Arcadie quitta la demeure de la rue Royale, trop voyante, et avec Léopold comme bailleur de fonds, elle acquit le château du Stuyvenberg, situé à deux pas du château de Laeken. Le roi s’y rendit presque quotidiennement pour y vivre en famille avec elle et leurs enfants. Ceux-ci reçurent une éducation princière, avec des précepteurs privés. Dans ses vieux jours, Arcadie servit le roi comme infirmière et le soigna lors de sa dernière maladie.

Il était évident qu’après la mort du roi il n’y aurait plus de place pour elle, aussi à peine avait-il clos les yeux qu’elle partit précipitamment vers l’Allemagne. Le ministre Vandenpeereboom le notait dans son journal à la date du 7 décembre 1865 : On cause aussi de Mme Meyer, maîtresse du Roi. Elle quittera Bruxelles dès que le Roi sera mort, ses paquets sont faits.

Avec l’aide d’un homme de paille, le roi Léopold II acquit le Stuyvenberg, qui plus tard deviendrait une des propriétés de la Donation royale.

Amour intense[modifier | modifier le code]

Pendant les dernières quinze années de sa vie, Arcadie Claret fut l’amour quasi unique du roi. Ils étaient très proches, non seulement à Laeken, mais également au cours de nombreux déplacements et séjours à l’étranger.

Le roi était sans nul doute très amoureux. Les descendants ont conservé quelques billets doux, qu’il signait d’un 'L' orné d'un petit cœur avec des phrases du genre : « Arcadie, je t’aime et je t’adore ».

Les descendants possèdent également un agenda personnel d’Arcadie datant de 1854. Au jour le jour elle y rendait compte de l’intensité de leur relation amoureuse. Les annotations de la jeune femme étaient brèves mais sans équivoque: « J’ai vu trois fois mon ami, il a été si bon pour moi » ; « Très grande fête. Passion »; « Grande fête, très voluptueux » ; « Le matin, sa visite m’a rendue heureuse, il était bien aimant » ; « Visite le matin, camélias, visite l’après-midi, bouquet délicieux. Doux serments » ; « Délicieux ! Amour passion », etc. Leopold avait alors 64 ans et Arcadie 28.

Armes des von Eppinghoven

Les libéralités[modifier | modifier le code]

Léopold avait préparé de longue date l’avenir tant matériel qu’en matière de standing social de sa famille non officielle. Il avait dès 1851 vendu à Arcadie un domaine à Holzheim (Neuss) (arrondissement du Rhin de Neuss, district de Düsseldorf, land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne). La résidence, entourée de 170 ha de terres, était à l’origine une ancienne ferme de l’abbaye cistercienne "Eppinghoven", ce qui donna son nom et titre à Arcadie et ses fils. À partir de 1862 Arcadie y construisit un château important, où elle se retira avec son clan familial, après la mort du roi.

Le gouvernement belge refusa son agrément à un titre pour Arcadie et ses fils. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Alphonse Vandenpeereboom nota dans son journal : Nous nous y sommes énergiquement opposés. Léopold Ier demanda dès lors à son neveu, le duc Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha, de titrer ses fils. Ainsi fut fait en 1862 : Georges-Frédéric et Arthur obtenaient l’anoblissement héréditaire et devinrent barons von Eppinghoven, titre transmissible pour leurs descendants mâles. Leur mère reçut les mêmes faveurs en 1863. Afin de faciliter l’anoblissement, Arcadie et Meyer avaient divorcé en 1861. Vandenpeereboom nota ensuite que le roi était d’autant plus furieux du fait que le gouvernement avait refusé de retirer un arrêté royal ancien qui interdisait l’intégration de nobles étrangers dans la noblesse belge, rendant ainsi impossible une telle manœuvre en faveur de la famille « morganatique ». Que le roi ne soit pas parvenu à ses fins au niveau belge, écrivait Vandenpeereboom « n’a pas peu contribué à rendre notre gracieuse Majesté hostile et tracassière pour le Cabinet ».

Tout ce que Léopold avait entrepris afin de mettre à l’abri du besoin son amie et ses enfants, ne dura pas. Le train de vie dispendieux d’Arcadie, les dettes de jeu du fils aîné amoindrirent rapidement le pactole. Ce qui en restait, fut fortement écorné par l’inflation galopante après la Première Guerre mondiale. Le second fils finirait dans la gêne et dut faire appel à l’aide que lui accorda la Donation royale belge. D’autre part les deux fils ne se marièrent pas dans la noblesse, mais épousèrent des roturières, dans le chef du fils aîné une soubrette.

Arcadie Claret mourut le 13 janvier 1897, 31 ans après son amant Léopold Ier.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Carlo BRONNE, Leopold Ier et son Temps, Bruxelles, 1947
  • E. MEUSER & F. HINRICHS, Geschichte der Monheimer Höfer, Monheim, 1959
  • P. VERMEIR, Leopold I, Mens, Vorst en Diplomaat, 2dln., Terrmonde, 1965
  • Albert DUCHESNE, Charles-Joseph Claret, in: Biographie nationale de Belgique, t. XVIII, 1973, col. 81-85
  • Albert DUCHESNE, Edmond Claret de Viescourt, in: Biographie nationale de Belgique, t. XVIII, 1973, col. 85-87
  • Albert DUCHESNE, Chaussée de Wavre. Là où un couvent a remplacé la propriété du colonel Claret, in: Mémoire d'Ixelles, septembre-décembre 1986.
  • Rolf MÜLLER, Stadtgeschichte Langenfeld, Verlag Stadtarchiv Langenfeld, 1992, (ISBN 978-3-929365-01-6).
  • Jean STENGERS, L'Action du Roi en Belgique depuis 1831. Pouvoir et influence, Paris - Louvain-La Neuve, 1992
  • Alphonse VANDENPEEREBOOM (met M. BOTS, uitg), La Fin d'un règne, notes et souvenirs, Gand, Liberaal archief, 1994
  • Victor CAPRON, La Descendance naturelle de Leopold Ier, Bruxelles, 1995
  • Victor CAPRON, Le domaine du Stuyvenberg à Laeken, Brussel, 1995
  • Gustaaf JANSSENS & Jean STENGERS (dir.), Nouveaux regards sur Léopold Ier et Léopold II, Fonds d’Archives Goffinet, Bruxelles, Fondation Roi Baudouin, 1997.
  • Genealogisches Handbuch des Adels. Freiherrlichen Häuser, t. XXI. C. A. Starke, 1999, p. 101–3.
  • Henriette CLAESSENS, Leven en liefdes van Leopold I, Lannoo, Tielt, 2002
  • Victor CAPRON, Sur les traces d'Arcadie Claret : le Grand Amour de Léopold Ier, Bruxelles, 2006
  • Michel DIDISHEIM, Tu devais disparaître. Le roman d'une enfant royale cachée, éd. Alphée, 2008.
  • Bram BOMBEECK, À bas le Sexe Cobourg ? Een mentaliteitshistorische en politieke benadering van de seksschandalen van het Belgisch koningshuis in de lange 19de eeuw, Université Gand, master histoire, 2009.

Arbre généalogique von Eppinghoven[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Léopold Ier de Belgique
 
Arcadie Claret
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Georges-Frédéric von Eppinghoven
 
Anna Brust
 
 
 
 
 
Arthur von Eppinghoven
 
Anna Lydia Harris
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Henriette-Marianna von Eppinghoven
 
Heinrich-Georg von Eppinghoven
 
Anna Lintermann
 
Claude Eric Tebbitt
 
Arcadie von Eppinghoven
 
Louise-Marie von Eppinghoven
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Alarich von Eppinghoven
 
Anna Margarete Ziggert
 
Jürgen von Eppinghoven
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Armin von Eppinghoven
 
Peri Olga Schleining
 
Ralph von Eppinghoven
 
Elizabeth Fricker
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Alexander von Eppinghoven
 
 
 
Konrad von Eppinghoven
 
Derek von Eppinghoven

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Sources[modifier | modifier le code]