Antonin Moine

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Antonin Moine
Naissance
Décès
Nom de naissance
Antonin-Marie Moine
Nationalité
Français Drapeau de la France
Activité
Mouvement
Œuvres réputées

Antonin-Marie Moine dit Antonin Moine, né le 29 juin 1796 à Saint-Étienne, mort le 18 mars 1849 à Paris, est un sculpteur romantique, peintre et lithographe français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Antonin Moine entre à l'École des beaux-arts de Paris le 13 septembre 1817, où il devient l'élève de Girodet et de Gros. Peintre de paysage et de sujets mythologiques, il connait la notoriété au Salon de 1831 en exposant des sculptures romantiques. Théophile Gautier loue la nouveauté de son art : « les hardies et heureuses modifications que Géricault et Delacroix ont apportées dans la peinture, Moine les a introduites dans la sculpture[2] ». Il réalise des bustes[3] qui frappèrent les critiques de l'époque par leur fraîcheur et leur vie[4]. Moine se dégage du discours néo-classique par une démarche historiciste - le retour au Moyen-âge ou à la Renaissance, le retour au « naturel », deviennent signes de la modernité - mais aussi par une volonté d'exprimer le modelé du peintre et du pastelliste.

En 1836, Moine présente deux figures colossales destinées à flanquer un des bénitiers de l'église de la Madeleine à Paris : ce projet est abandonné et il réalise à la place deux bénitiers plus modestes portant des anges au canon allongé caractéristique de la fin du gothique[4]. En 1837, il signe un contrat avec la frères Susse, « éditeurs-papetiers » qui popularisent la sculpture de réduction dans les intérieurs bourgeois. Ainsi, il fournit des statuettes, souvent par paires, comme Le Sonneur d'oliphant, Esmeralda et Phoebus, tirées du roman de Victor Hugo, ou encore La Dame au faucon. Ce type de production, méprisé[Par qui ?], était pourtant la seule manière de survivre et d'exister pour beaucoup de sculpteurs. Moine ne présenta rien au Salon entre 1837 et 1842. Il revient en 1843 avec des portraits au pastel.

De 1835 à 1840, Antonin Moine travaille avec Louis-Parfait Merlieux et Jean-Jacques Elshoecht [5] à la réalisation de sculptures pour la Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves[6], place de la Concorde à Paris, commandées par la mairie de Paris, propriétaire du lieu depuis 1828. Moine sculpte certaines des trois Néréides qui figurent sur chaque fontaine. En 1843, il termine une commande pour la cheminée de la salle des conférences au Palais-Bourbon, avec des figures inspirées de Michel-Ange et de la Renaissance italienne. Sa grande effigie en pied de Sully, 1846, est visible au jardin du Luxembourg à Paris.

Les témoignages de l'époque dépeignent Antonin Moine comme une figure emblématique de l'artiste romantique, incompris et désespéré. Il se suicide le 18 mars 1849. Pour certains chercheurs, ce sont la misère et le manque de commandes qui le conduisirent à cette mort violente, tandis que d'autres proposent d'y voir le résultat de tendances mélancoliques et suicidaires[4].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Portrait de madame Henri Galos, née Isabelle Foy, 1843, pastel, Bordeaux, musée des arts décoratifs et du design.
  • Bordeaux, musée des arts décoratifs et du design : Portrait de madame Henri Galos, née Isabelle Foy, 1843, pastel. Achat de la ville en rente viagère, collection Raymond Jeanvrot, 1958.
  • Paris, musée du Louvre : Les Lutins en voyage, dits aussi Combat de gnomes sur un cheval ailé, 1831, épreuve en plâtre patiné. Achat du musée en 1996.
  • Paris, musée de la vie romantique :
    • Sully, bronze, don Charles Janoray, 2012.
    • Paysage avec ruine gothique, pastel, don Sylvain Bellenger et Jean-Loup Champion, 2012.
  • Saint-Étienne, musée d'art moderne et contemporain :
    • Le Sonneur d’oliphant, vers 1833, bronze. Achat Susse frères éditeurs, régularisation en 1899.
    • La Princesse Marie en tenue de sculpteur, vers 1840, biscuit.
    • L'Enlèvement de Déjanire, vers 1825, huile sur toile.
    • Figures, XIXe siècle, aquarelle, pierre noire, crayon de graphite et pastel sur papier.
    • Paysage, avec figure veillant sur un troupeau, XIXe siècle, pastel sur papier.
    • Paysage d'Italie, XIXe siècle, pastel sur papier.
  • Tours, musée des beaux-arts : Chute d'un cheval et de son cavalier, vers 1831, plâtre patiné. Dépôt de la Société archéologique de Touraine, 1928.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-L. Champion, « Antonin Moine (1796-1849), Sculpteur romantique », in Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1997, p. 51–274, (ISSN 0301-4126)
  • Biographie universelle ancienne et moderne, tome 28, p. 494.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. E. Benezit, Gründ,‎ , 706 p.
  2. Article de Théophile Gautier, 1837[réf. incomplète].
  3. Non localisés.
  4. a, b et c « Antonin Moine », sur Encyclopedia Universalis (consulté le 7 août 2015)
  5. Dit aussi Carle Elshoecht.
  6. Dont l'architecte est Jacques Ignace Hittorff.

Lien externe[modifier | modifier le code]