Fontaines de la Concorde

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La Fontaine des Fleuves vue de nuit.
La Fontaine des Mers.
Fontaine de la Place de la Concorde avec vue sur la rue Royale et l'église de la Madeleine.

Les fontaines de la Concorde sont deux fontaines situées sur la place de la Concorde, dans le 8e arrondissement de Paris. Situées de part et d'autre de l'obélisque de la Concorde, il y a, au sud, la Fontaine des Mers et au nord la Fontaine des Fleuves

Historique[modifier | modifier le code]

Marquée par le souvenir sanglant de la Terreur et de l'exécution de la famille royale, la place de la Concorde pose un problème politique aux gouvernements du XIXe siècle. La statue de la Liberté ayant été retirée sous le Consulat, et les projets consistant à édifier une statue de Charlemagne, puis une fontaine, ayant été abandonnés, c'est finalement Louis XVIII qui envisage de bâtir au centre de la place un monument à la mémoire de son frère Louis XVI : la statue du roi martyr, encadrée d'une chapelle et d'un saule pleureur. Charles X pose la première pierre le 3 mai 1826. La même année, la place de la Concorde est rebaptisée place Louis XVI (l'inscription était toujours visible à l'angle de la rue Boissy d'Anglas jusqu'à récemment). Mais la statue projetée ne sera jamais élevée, interrompue par la révolution de juillet 1830, qui redonne à la place son nom définitif de « place de la Concorde ».

En 1831, le vice-roi d'Égypte, Méhémet Ali, offre à la France les deux obélisques qui marquent alors l'entrée du Temple de Louxor à Thèbes. Seul le premier d'entre eux sera transporté vers la France et arrivera à Paris le 21 décembre 1833. C'est Louis-Philippe Ier qui décide de l'ériger sur la place de la Concorde où « il ne rappellera aucun évènement politique ». L'opération, véritable prouesse technique, est réalisée le 25 octobre 1836 sous la direction de l'ingénieur de la marine Apollinaire Lebas, en présence de plus de 200 000 personnes. Le roi et la famille royale, incertains du succès de l'opération, ont préféré y assister depuis les salons de l'hôtel du Garde-meuble, ne paraissant sur le balcon que pour recueillir les applaudissements de la foule au moment précis où le monolithe se dresse à la verticale.

Entre 1836 et 1846, la place est transformée par l'architecte Jacques-Ignace Hittorff qui conserve le principe imaginé par Gabriel. Il ajoute deux fontaines monumentales — la Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves — de part et d'autre de l'obélisque et ceinture la place de lampadaires et de colonnes rostrales. La place se veut ainsi une célébration du génie naval de la France, en référence à la présence, dans l'un des deux hôtels édifiés par Gabriel, du ministère de la Marine. Les deux fontaines furent inaugurées le 1er mai 1840 par le préfet Rambuteau.

En 1854, les fossés, qu'Hittorff avait conservés, sont comblés pour mieux adapter la place à la circulation.

Description[modifier | modifier le code]

Source : [1].
Les deux fontaines célèbrent la navigation fluviale (fontaine du côté nord vers la rue Royale) et la navigation maritime (fontaine du côté sud vers la Seine).

  • la fontaine fluviale est composée de figures assises représentant le Rhin et le Rhône, des produits des régions arrosées (raisins, blé, fruits, fleurs), des statues de la Navigation fluviale, l'Agriculture et l'Industrie.
  • la fontaine maritime comporte six figures collossales représentant l'Océan, la Méditerranée, la pêche des poissons, celle des coraux et celle des perles et coquillages. Des cygnes se mêlent à trois génies symbolisant la Navigation maritime, le Commerce et l'Astronomie.

Pour la réalisation des statues ornant ces fontaines, l'architecte fait appel à de nombreux artistes : Jean-François-Théodore Gechter, Honoré-Jean-Aristide Husson, François Lanno, Nicolas Brion, Auguste-Hyacinthe Debay, Antoine Desboeufs, Jean-Jacques Feuchère, Antonin-Marie Moine, Jean-Jacques Elshoecht (dit Carle Elshoecht) et Louis-Parfait Merlieux.

Des colonnes rostrales de 9,60 m de haut portent des proues de navire qui s'adaptaient à l'éclairage au gaz. Elles évoquent également l'emblème de la Ville de Paris.

Les statues allégoriques de huit villes françaises dessinent le contour de l'octogone imaginé par Gabriel. Celle évoquant Strasbourg est drapée de noir à partir de 1871, date du rattachement de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne.

Films tournés dans ou près de la fontaine[modifier | modifier le code]

Clip musical tourné près de la fontaine[modifier | modifier le code]

  • 1981 : le clip musical de la chanson Pour le plaisir, interprété par Herbert Léonard, sur des paroles de Julien Lepers est tourné place de la Concorde. On peut apercevoir l'obélisque et des détails d'une des deux fontaines.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Danielle Chadych et Dominique Leborgne, Paris pour les Nuls, France, First Editions, coll. « Pour les Nuls »,‎ , 459 p. (ISBN 2-75400-168-9)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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