Anneau de la Mémoire - Mémorial international de Notre-Dame de Lorette

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Ne pas confondre avec Anneaux de la mémoire (association visant à faire connaître au grand public l'histoire des traites négrières, de l'esclavage et de leurs héritages contemporains)
L'Anneau de la Mémoire
L'Anneau de la Mémoire.JPG

L'Anneau de la Mémoire et le monument en l'honneur du géneral Maistre

Présentation
Destination initiale
Mémorial
Architecte
Matériau
Construction
(inauguration)
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées

L'Anneau de la Mémoire, ou Mémorial international Notre-Dame-de-Lorette, est un monument commémoratif du centenaire de la Grande Guerre élevé sur le site de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire dans le département du Pas-de-Calais.

Historique[modifier | modifier le code]

Le mémorial, est établi sur la colline, au sud-est de la nécropole, sur un terrain de 2,2 ha cédé à la région Nord-Pas-de-Calais par le ministère de la Défense, dans le cadre d’une convention signée le 13 avril 2011[1],[2].


La mise en place d’un programme mémoriel cohérent[modifier | modifier le code]

Le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette vu du ciel.

La préparation des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale a permis de prendre conscience du désengagement de l’État, depuis des décennies, dans le domaine de la mémoire des conflits et, parallèlement, de la montée en puissance de l’action des collectivités territoriales depuis les lois de décentralisation de 1982. Ce constat a amené Daniel Percheron, Président de la Région Nord – Pas-de-Calais, à mettre sur pied, en 2010, un « Comité de pilotage des Chemins de Mémoire » afin, d’une part, de préparer une commémoration de grande ampleur pour la période 2014-2018 et, d’autre part, de développer un tourisme de mémoire de haut niveau, pour combler le retard pris sur les régions voisines, à savoir la Picardie, où l’Historial de Péronne avait initié un fort mouvement dans les années 1990, et la Flandre belge, grâce au dynamisme des équipes d’In Flanders Fields museum, à Ypres.

Présidé par Dominique Riquet, alors député maire de Valenciennes et conseiller régional, le Comité de pilotage régional était appuyé par un Comité scientifique, dont la direction a été confiée à Yves Le Maner, alors directeur de La Coupole, Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord – Pas-de-Calais, à Saint-Omer. En 2011, ce dernier a quitté la Coupole pour prendre la direction de la mission « Histoire, Mémoire et Commémorations » créée au sein du Conseil régional. Un programme en cinq points, fondé sur une approche à la fois culturelle et pragmatique, centré sur le site majeur de Notre-Dame-de-Lorette a été rédigé par Dominique Riquet et Yves Le Maner puis adopté par le Comité de pilotage. C’est ce programme qui a fourni le contenu d’une convention signée, le 11 avril 2011, par Daniel Percheron et Éric Lucas, directeur de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du Ministère de la Défense.

L’État s’engageait à réaliser un nouveau parvis et des stationnements à l’entrée de la nécropole nationale, alors que les collectivités prenaient en charge la maîtrise d’ouvrage de quatre programmes de grande ampleur : création d’un Mémorial international sur le plateau de Notre-Dame-de-Lorette (Région) ; construction d’un Centre d’interprétation sur la commune de Souchez, au pied de la colline de Lorette (Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin) ; réaménagement de la route d’accès à la nécropole nationale (Département du Pas-de-Calais et Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin) ; création de circuits de randonnée pédestre et cyclotouriste autour du site de mémoire (Comité régional de Tourisme). En 2015, l’intégralité de ce programme a été réalisé, ce qui permet à la colline de Notre-Dame-de-Lorette de retrouver une place majeure dans la mémoire collective de la Grande Guerre en France et à l’étranger. L’État a classé le site de Notre-Dame-de-Lorette comme l’un des neuf « Hauts-lieux de la mémoire nationale » en 2014, au même titre que Fleury-sous-Douaumont, dans la Meuse.

Le monument[modifier | modifier le code]

Le mémorial de guerre construit à Notre-Dame de Lorette en France en 2014.

Le mémorial, conçu par l'architecte Philippe Prost[3], consiste en un anneau d'un périmètre de 345 m, pesant 300 tonnes, avec un éclairage nocturne de LED, présentant en sa face intérieure 500 panneaux dorés[4] (dont 499 gravés[5]) d'environ 3 mètres de haut sur lesquels sont inscrits les noms des soldats par ordre alphabétique, sans distinction de nationalité, de grade ou de religion. Les noms sont écrits avec des caractères de 12 millimètres de hauteur. Le premier de la liste est « A Tet », un Népalais de l'armée britannique ; la dernière inscription mentionne « Zschiesche Paul »[réf. insuffisante], un Allemand[6].

La liste des noms de 579 606 tués sur les 90 kilomètres de front du Nord-Pas-de-Calais entre 1914 et 1918, représentant 40 nationalités, a été dressée à partir des données fournies par chaque nation[5], principalement grâce aux archives françaises, britanniques et allemandes[4] :

  • la base fournie par la Commonwealth War Graves Commission rassemble 241 214 noms de combattants issus de l’ancien empire britannique, inhumés dans quelque 800 cimetières militaires de la région ;
  • le Volksbund Deutsche Kriegsgraberfursorge (VDK) allemand en a transmis 173 876 ;
  • la liste française de 106 012 noms intègre les combattants de l’ancien empire colonial (Algériens, Sénégalais, Indochinois…) et ceux de la Légion étrangère « morts pour la France », dont 59 Suisses, des Chiliens et des Argentins.

La liste comporte aussi les noms de 2 326 Belges, 2 266 Portugais, 1 037 Russes, 6 Américains, etc[5].

Les noms sont consultables dans la base de données du centre d'interprétation Lens' 14-18 Centre d'Histoire Guerre et Paix situé en contrebas de l'Anneau de la Mémoire à Souchez. Des tablettes tactiles permettent de consulter les informations concernant les soldats tombés sur le sol du Nord-Pas-de-Calais : nom de chaque soldat, sa date de naissance, son bureau de recrutement, sa date de décès et son lieu d'inhumation sont accessibles pour les nations ayant combattu durant la Grande Guerre. La fiche matricule originale numérisée accompagne ces informations pour l'armée française.

Un monument exceptionnel, au symbolisme puissant[modifier | modifier le code]

Le Mémorial international, inauguré le 11 novembre 2014, donne un sens nouveau à la démarche commémorative, par sa modernité architecturale et par son message puissamment symbolique. En rassemblant les noms des soldats de toutes les nationalités qui sont tombés dans les combats de Flandre et d’Artois, de 1914 à 1918, dans les deux camps, le Mémorial rappelle les sentiments de respect mutuel qui furent ceux de la plupart des combattants et tous les efforts de paix qu’ils déployèrent dans les années 1920. Il laisse place à chaque histoire individuelle, partagée par leurs descendants, tout en restituant l’impact terrible de la mort de masse, caractéristique essentielle du premier conflit mondial. Très rapidement, la forme sobre et puissante de l’ouvrage a imposé la désignation de « L’Anneau de la Mémoire » qui a spontanément été adopté par les nombreux visiteurs ; la fréquentation du site de Notre-Dame-de-Lorette a considérablement augmenté depuis l’inauguration du Mémorial.

L'extérieur du Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette vu de nuit.


L’écrivain combattant Roland Dorgelès demandait sans cesse que lorsque les ex-soldats se retrouvent, ils évoquent le nom des morts, pour ne jamais oublier ce qu’ils vécurent. Le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette répond pour 580 000 d’entre eux à ce souhait si fort de l’auteur des Croix de Bois : « Dire seulement leur nom, c’est les défendre, c’est les sauver ». Formule exagérée, bien sûr, mais qui exprime la profonde détresse née de l’hécatombe. Au-delà, le Mémorial contribue également à une écriture mondiale et pacifiée de la Grande Guerre, à rebours des usages nationalistes des mémoires du conflit.

Dans la convention signée en avril 2011 entre le Conseil régional Nord – Pas-de-Calais et le Ministère français de la Défense, ce dernier s’était engagé à céder un terrain de 2,2 hectares, situé à proximité immédiate de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette. La région lançait alors, en 2012, un concours international de très haut niveau pour désigner l’architecte du Mémorial international qui y serait implanté. Le lauréat fut l’architecte parisien Philippe Prost, qui proposa un magnifique projet, à la fois sobre, élégant et impressionnant. Le monument était destiné à évoquer la mort de masse qui a frappé sur les champs de bataille de la Flandre française et de l’Artois entre 1914 et 1918, tout en restituant le destin individuel de 580 000 hommes venus de la Terre entière. La liste des noms de ces hommes devait être établie par ordre alphabétique simple, sans la moindre distinction de grade, de religion, de nationalité, amis et ennemis d’alors mêlés dans une sorte de fraternité posthume. Cette initiative est inédite, car elle dépasse le cadre national qui fut au cœur des grands conflits du XXe siècle en Europe.

L'anneau[modifier | modifier le code]

La figure de l’anneau choisie par l’architecte évoque une ronde que formeraient des enfants se tenant par la main et symbolise la fraternité. Les noms des morts forment dès lors une sorte de chaîne humaine, sans fin. L’anneau prend la forme d’une ellipse orientée d’un côté vers l’entrée de la nécropole, de l’autre vers les plaines d’Artois. L’horizontalité de l’édifice répond à la verticalité de la tour lanterne et constitue un signe d’équilibre, un gage de pérennité. Ancré dans le sol sur les deux tiers de son périmètre, l’anneau s’en détache lorsque la déclivité du terrain s’accentue. Son porte-à-faux est là pour nous rappeler que la paix demeure toujours fragile. En s’élançant à l’assaut de l’horizon, le Mémorial crée un espace en apesanteur, entre ciel et terre. On y accède par une large saignée pratiquée dans le sol, une sorte de tranchée en pente douce qui aboutit à l’intérieur du Mémorial, où le regard embrasse d’un coup les 500 plaques d’acier, à la surface dorée, qui portent les 580 000 noms ; elles captent la lumière, alors que l’enveloppe extérieure du monument, en béton gris sombre, constitue un rempart qui protège une sorte de cloître.

La lecture des panneaux[modifier | modifier le code]

Les panneaux intérieurs à l'Anneau de la Mémoire mentionnent le nom de 579 606 soldats tués pendant la Première Guerre mondiale.

Les multiples contraintes imposées par la nécessité de proposer une lecture aisée de tous les noms, quelque que soit leur emplacement sur les plaques, ont nécessité la conception d'un caractère typographique original, le « Lorette », dessiné par le typographe Pierre di Sciullo. En lecture à distance on est frappé par l’immensité de la surface inscrite. Une lettrine lisible à vingt mètres marque chaque entrée alphabétique. Le nombre de panneaux par lettre varie : deux à la lettre I, vingt-huit à la lettre W et jusqu'à 54 à la lettre B. En lecture rapprochée, toutes les trente lignes, trois lettres figurent en exergue, à la manière d’un dictionnaire. Ce rappel discret mais efficace permet de s’orienter dans la masse des patronymes et de trouver un nom en quelques minutes. La technique de gravure dans l'acier inoxydable, précise, légèrement en creux, respecte l’impératif de pérennité ainsi qu’une volonté de simplicité et de cohérence esthétique. Le « Lorette » répond à une contrainte très particulière du projet, l'immensité de la liste. Il fallait être bien lisible de jour comme de nuit, avec la lumière du jour verticale ou une lumière artificielle plus rasante. D'où le choix de petites et grandes capitales, d'un dessin contemporain qui chasse peu, avec un interligne réduit, c'est-à-dire économe en espace. Les verticales et les obliques sont amplifiées pour souligner le bas-relief ; certaines attaques de lettres sont soulignées.

L’établissement de la liste des noms[modifier | modifier le code]

La mission « Histoire, mémoire et commémorations » du Conseil régional Nord – Pas-de-Calais dirigée par Yves Le Maner a entrepris la préparation de la liste destinée au Mémorial de Notre-Dame-de-Lorette en 2011. Après avoir identifié les troupes présentes sur le sol régional pendant la Grande Guerre, elle a sollicité plusieurs partenaires français et étrangers afin de disposer des bases de données nécessaires.

La liste des noms qui figure sur le Mémorial a été constituée à partir de trois grandes bases de données et de plusieurs plus petites, fournies par des partenaires étrangers. Conformément aux accords conclus avec ceux-ci, les critères de composition des listes ont été strictement respectés.

La Commonwealth War Graves Commission a fourni une base de données considérable qui recense tous les soldats de l’Empire britannique inhumés ou commémorés sur le territoire du Nord – Pas-de-Calais. Elle comporte 293 966 noms : Anglais, Écossais, Gallois, Irlandais, Canadiens, Sud-Africains, Indiens, Australiens, Néo-Zélandais.

Le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge a transmis une liste de 173 876 noms qui enregistre les soldats allemands inhumés dans les cimetières militaires du Nord et du Pas-de-Calais, soit dans des tombes individuelles soit dans des fosses communes. Cette liste ne comprend pas les disparus en raison de la destruction d’une partie des archives du VDK pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le Ministère français de la Défense a fourni au Conseil régional Nord – Pas-de-Calais les 1 400 000 fiches de l’état civil militaire qui enregistrent les « Morts pour la France » entre 1914 et 1918. Une équipe de quatre personnes recrutées par la Région a assuré, en une année, le visionnage de la totalité des fiches et la saisie des dates et lieux de décès des soldats morts sur le sol du Nord et du Pas-de-Calais, entre le 2 août 1914 et le 11 novembre 1918. La liste comprend 106 012 noms ; ce chiffre est inférieur à celui des Britanniques et des Allemands, car l’armée française a quitté le front d’Artois en mars 1916 pour aller combattre à Verdun. Cette liste intègre les soldats de l’Empire colonial français (Nord-Africains et « Sénégalais »), ainsi que les combattants de la Légion étrangère (originaires d’une vingtaine de pays différents) tués dans les combats de 1915 en Artois qui ont été déclarés « Morts pour la France ».

Les bases de données de tailles plus réduites concernent les soldats belges (liste dressée par In Flanders Fields Museum, 2 326 noms), portugais (fournie par le Ministère portugais de la Défense, 2 266 noms), enfin des soldats russes et roumains, prisonniers de l’armée allemande (1 160 noms, liste établie par le Ministère français de la Défense).

Ainsi, la liste totale regroupe 579 606 noms, classés par ordre alphabétique. Il y a mention de chaque individu par son nom et son prénom, même quand il y a un ou plusieurs homonymes.

La dépollution pyrotechnique du terrain et les fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Théâtre de combats acharnés entre soldats français et allemands pendant les six premiers mois de l’année 1915, le plateau de Notre-Dame-de-Lorette présentait, au lendemain de la Grande Guerre, un paysage désolé : des lignes de tranchées, des milliers de cratères d’obus, plus le moindre arbre… L’aménagement de la nécropole nationale, au cours des années 1920, a nécessité le nettoyage et le nivellement du champ de bataille. Le terrain d’implantation du Mémorial se trouvant à proximité de l’emplacement de l’ancienne chapelle de Notre-Dame-de-Lorette, où se déroulèrent des affrontements sauvages, en mai 1915, il était vraisemblable que des munitions non-explosées et des restes de combattants subsistaient dans le sol.

Une opération de dépollution pyrotechnique, réalisée en septembre-octobre 2013, a permis de neutraliser plusieurs dizaines d’obus non-explosés. Une convention signée en 2013 entre le Conseil régional Nord – Pas-de-Calais et la Ville d’Arras a permis l’intervention du Service archéologique municipal pour surveiller les travaux du Mémorial, pendant toute la durée du chantier. Cette surveillance, conduite par l’équipe d’Alain Jacques, a permis d’obtenir des résultats précieux et de sauvegarder les corps de plusieurs soldats tués en 1915. Sept corps de soldats français ont été relevés lors de la phase chantier : trois, non-identifiés, dans la partie basse du terrain, en 2013 ; trois, retrouvés en juin 2014 dans un trou d’obus comblé situé au sud-ouest de la parcelle, lors de la réalisation du chemin périphérique, parmi lesquels deux ont pu être identifiés grâce à leurs plaques matricules. À la même date, le corps d’un soldat allemand a été retrouvé à l’extrémité est de la parcelle, près de la statue du général Maistre. Les soldats français identifiés sont Léon Senet, né le 7 octobre 1884 à Tours (Indre-et-Loire), sergent du 282e régiment d’infanterie, « tué à l’ennemi » le 23 mai 1915 et Pierre Sorhaïts, né le 11 septembre 1888 à Ondres (Landes), soldat du 174e régiment d’infanterie, « tué à l’ennemi » le 21 mai 1915. Une plaque a été posée à l’endroit où ont été découverts les deux corps identifiés.

Par ailleurs, à la demande du Conseil régional, le Service archéologique a été autorisé à intervenir sur le site des travaux du parvis de la nécropole menés sous maîtrise d’ouvrage de l’Office national des anciens Combattants (ONAC), en juillet 2014. L’équipe d’Alain Jacques a été en mesure de relever les fondations de la moitié sud de la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette, détruite par les combats de 1915, avant que les vestiges ne soient noyés dans le béton ; elle a également pu constater que le petit tas de briques présenté comme étant des restes de la chapelle était en fait une reconstruction de l’après-guerre, puisqu’il repose sur une couche d’argile posée sur la fondation réelle. Par ailleurs les corps de deux soldats, un Français et un Allemand, ont été retrouvés à proximité des substructions de la chapelle. Ils n’ont malheureusement pas pu être identifiés. Enfin, lors de l’aménagement du parking de la nécropole, en avril 2015, les ossements d’un soldat français ont été découverts : il s’agit de Charles Fernet, soldat du 174e RI, porté disparu le 23 mai 1915.

Un chantier particulièrement complexe[modifier | modifier le code]

La réalisation de l’ouvrage conçu par Philipe Prost a constitué une première et une prouesse technique. La légèreté qui caractérise la structure a été permise par l’utilisation de béton fibré ultra hautes performances (BFUP). La structure ellipsoïdale est composée d'un anneau d'un périmètre de 345 m. Elle se soulève en porte-à-faux sur 56 m. 128 voussoirs préfabriqués composent l’ouvrage, dont 49 précontraints par mise en tension de quatre câbles, pour réaliser la poutre qui intègre la partie de l’ouvrage en porte-à-faux. Des calculs complexes ont été réalisés, afin de répondre aux contraintes techniques imposées par l’ouvrage. La construction a été menée selon une méthode équivalente à celle d’un viaduc. La pose et l’encollage des voussoirs, a été réalisé au millimètre près pour des éléments d’un poids de l’ordre de 9 à 14 tonnes ; l’ouvrage total pèse 300 tonnes.

L’Anneau de la Mémoire est un ouvrage d’art dans tous les sens du terme : un défi technique, une œuvre monumentale. Après avoir parcouru la galerie, le visiteur peut rejoindre le grand paysage en passant sous l’anneau en porte-à-faux sur près de 60 m.

L’Anneau de la Mémoire est doté d’un dispositif d’animation lumineuse nocturne, que son concepteur, l’artiste Yann Toma, a baptisé la « Grande Veilleuse », fondée sur une gamme de vingt programmations lumineuses.

L’appropriation par le public[modifier | modifier le code]

Détail du Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette vu de jour.

Dans un monde gagné par l’individualisme et submergé par l’immédiateté et le virtuel, la décision d’édifier un monument pérenne est une volonté de fixer dans le temps le souvenir d’hommes très divers, dotés de multiples talents, manuels ou intellectuels, dont la contribution à l’histoire de l’humanité a été balayée par une guerre d’une inouïe violence. Le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette ne célèbre pas les vainqueurs de la Grande Guerre ; il évoque la souffrance partagée par tous les combattants – des hommes qui, pour la première fois de l’Histoire, étaient presque tous capables de lire et d’écrire – et le deuil qui a touché des millions de familles. C’est aussi un message d’avenir adressé à tous les peuples de la planète, car il montre que la guerre peut laisser la place à la paix, à une vie meilleure pour chaque individu. Ce Mémorial démontre également que ce sont les valeurs fondées sur les Droits de l’Homme qui constituent le socle fondateur de l’Union européenne, avant les lois de la finance et des marchés. Il s’agit donc d’un geste fort, de dignité et de respect.

Le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette, d’un coût total de 8 millions d’euros, a été financé, par la Région Nord – Pas-de-Calais, par l’État (Ministère de la Défense), par le Département du Nord et par la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin. Il a été inauguré par François Hollande, Président de la République française et par Daniel Percheron, Président du Conseil régional Nord – Pas-de-Calais, le 11 novembre 2014, en présence de nombreuses personnalités et notamment de la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen.


Distinction architecturale[modifier | modifier le code]

La beauté et l’originalité de l’ouvrage ont valu à Philippe Prost un grand nombre de distinctions, en France et à l’étranger : « Équerre d’argent » pour la catégorie « Culture, jeunesse et sport » décernée par le jury de la 32e édition des Prix d’architecture du Groupe Moniteur (2014), nominé au Prix Mies van der Rohe (2014), Prix Iconic Award Best of Best (2015), Prix BMAA’15, France (2015), Award for International Excellence et finaliste pour le RIBA International Prize (2016) du Royal Institute of British Architects, mention spéciale au European Prize for Urban Public Space (Barcelone, 2016), ACI Excellence in Concrete Construction Award de l’American Concrete Institute (États-Unis), Dedalo Minosse International Prize, Vicenza (Italie, 2017), Trophée Béton PRO, Paris (2017).

L’œuvre d'architecture reçoit du jury de la 32e édition des Prix d’architecture du Groupe Moniteur qui a décerné son Équerre d’argent dans la catégorie « culture, jeunesse et sport »[7].

Inauguration[modifier | modifier le code]

Le mardi , François Hollande, président de la République française, inaugure l'Anneau de la Mémoire[8]. À cette occasion, il dévoile une plaque au milieu de la pelouse de cet Anneau de la Mémoire, puis il participe au ravivage de la flamme devant la tour-lanterne de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette[6].

Symbole[modifier | modifier le code]

« Nous rentrons dans cet anneau de la mémoire comme par une saignée dans la terre ; pour connaître de façon lointaine ce qu’ont vécu les soldats. »

— Yves Le Maner, historien, [6]

« À travers notre projet, nous avons voulu donner une forme à la fraternité, une expression à la paix, allier l’art et la nature pour les mettre au service de la mémoire. »

— Philippe Prost, architecte, Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette, les édifiantes éditions, Paris 2014

« D’un seul regard, on a l’incarnation de la mort de masse, mais on a aussi des individus qui ont existé ; tous ces gens avaient du talent, de l’intelligence perdus pour l’humanité. »

— Yves Le Maner, historien, [4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]« Conférence de presse. Programme des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale mis en œuvre par le Conseil régional Nord-Pas-de-Calais », sur le site du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, (consulté le 23 octobre 2013)
  2. « Histoire : un mémorial international pour le centenaire de la guerre 14-18 », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  3. « Le mémorial international, N.D. De Lorette », sur le site de l'agence d'architecture Philippe Prost (consulté le 11 novembre 2014)
  4. a, b et c Joël Chatreau, « 14-18 : “l’Anneau de la Mémoire”, les ex-ennemis unis dans la mort pour la 1ère fois », sur euronews.com, (consulté le 11 novembre 2014)
  5. a, b et c « Un « Anneau de la Mémoire » pour 580 000 soldats de la Grande Guerre inauguré mardi », sur liberation.fr, (consulté le 11 novembre 2014)
  6. a, b et c Emmanuel Crépelle, « 11 Novembre à Notre-Dame de Lorette: l’anneau de la mémoire se dévoile avant son inauguration », sur lavoixdunord.fr, (consulté le 11 novembre 2014)
  7. « Architecture : l’Anneau de la mémoire (ND de Lorette) récompensé », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  8. Bruno Place, « L’Anneau de la Mémoire prêt pour son inauguration officielle le 11 novembre », L'observateur de l'Arrageois,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Le Maner, Philippe Prost et Aitor Ortiz (photographies), Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette, Les Édifiantes éditions, , 176 p. (ISBN 979-10-94286-00-5)
  • Yves Le Maner, Notre-Dame-de-Lorette, haut-lieu de mémoire de la Grande Guerre, éditions La Voix, , 123 p. (ISBN 978-2-84393-187-1)
  • Philippe Prost, Pas de création sans mémoire, , 123 p. (ISBN 978-2-86742-248-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]