Alberto Azzo II d'Este

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Alberto Azzo II d'Este
Image illustrative de l'article Alberto Azzo II d'Este

Surnom Albertazzo II
Naissance 10 juillet 1009
Modène
Décès 20 août 1097 (à 88 ans)
Modène
Autres fonctions Seigneur d’Este
Famille Maison d'Este

Emblème

Alberto Azzo II d'Este (dit aussi Albertazzo II, par compression du nom), né le et décédé le est un seigneur d'Italie septentrionale appartenant à la lignée des Obertenghi. Il est le premier à être seigneur d’Este, cité de la province de Padoue et se trouve à l'origine de la maison D'Este, qui jouera, dans les siècles suivants, un rôle déterminant dans les équilibres politiques de la péninsule.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Issu de la lignée des Obertenghi, Alberto Azzo (dit Albertazzo) hérite à la mort de son père, premier du nom (vers 1026) et de son oncle Ugo (1037), une autorité formelle - mais déjà largement amputée par la montée des pouvoirs ecclésiastiques et communaux - sur la marche de Ligurie orientale, incluant les territoires de Luni, Gênes et Tortone (à l'exclusion du gouvernement de ces deux cités), de Milan et, probablement, des droits de justice sur Monselice. Alors qu'il a 18 ans environ, ces biens lui sont retirés par l'empereur Henri II, pour avoir participé, avec son père et ses oncles, à la rébellion d'Arduin d'Ivrée[1]. En 1019, les Obertenghi rentrent en grâce, mais leur éloignement temporaire du pouvoir a permis aux nouvelles forces politiques, municipales et religieuses, d'occuper le terrain dans leurs anciens domaines.

N'étant pas dans la situation de mener une politique indépendante, il suit le sillage impérial de Conrad, puis d'Henri III. Comte de Lunigiana, il possède des biens stratégiques qui verrouillent les cols de la Cisa et du Bretello, portes d'entrée de la Toscane et de l'Émilie. Comte de Milan, il y apparaît dans un acte daté de 1045[2], mais doit, pour y restaurer un semblant d'autorité comtale - alors en déshérence depuis près de 25 ans - faire face au développement des autonomies communales. Les traces écrites le font apparaître tantôt à Milan, tantôt à Plaisance, tantôt à Arcole, toujours en situation d'arbitrage, selon le souhait de l'autorité impériale qui voit là la possibilité d'affirmer son pouvoir sur toutes les parties.

Réseau d'influence[modifier | modifier le code]

Alberto Azzo II et sa première épouse, Cunégonde d'Altdorf, qui apporte à la famille un lien déterminant avec les ducs de Carinthie et de Bavière.

Entré par intérêt dans l'orbite impériale sous le règne de Conrad II, Albertazzo finit par épouser[3] Cunizza (Cunégonde) d'Altdorf, fille de Welf II, comte d'Altdorf, possesseur d'immenses domaines en Souabe et en Bavière. Cette union sera déterminante pour le destin de sa descendance et le futur de ses possessions. En 1047, son beau-frère Welf III, devient duc de Carinthie et prend ainsi sous sa coupe la marches de Vérone, où Albertazzo possède des biens. À sa mort, il transmet toutes ses possessions à son neveu, Welf, fils d'Albertazzo, qu'il a adopté. Ce dernier prend le nom de Welf IV et donne au réseau familial un poids politique considérable.

Autour de 1050, resté veuf de Cunégonde d'Altdorf, Albertazzo épouse Gersende (Garsant) du Maine, épouse répudiée de Thibaut I, Comte de Champagne[4] et fille du comte du Maine (Erberto Svegliacane), vassal de la maison d'Anjou. En 1069, il se rend en France à la demande de la population, pour s'opposer, dans le Maine, à l’expansionnisme normand. Il rentre en Italie l'année suivante.

Pendant la querelle des investitures[modifier | modifier le code]

Après avoir longtemps résidé dans ses possessions de la Lunigiana, des environs de Gênes et de Tortone, à compter de l'année 1073, c'est d'Este, petite cité de Vénétie qui va devenir le berceau de la maison nobiliaire homonyme, que sont datés tous les actes mentionnant Albertazzo.

La même année, l'accession au trône papal de Grégoire VII marque le début de la réforme grégorienne et ouvre la querelle des Investitures qui va poser les fondements de la politique italienne pour les décennies suivantes.

En 1077, il est présent à Canossa, où il participe aux préliminaires qui mèneront à l'absolution d'Henri IV. Ce dernier lui confirme ses privilèges, moyennant protestations de loyauté et en qualité de « ditissimus marchio Italiae », au bénéfice futur de ses fils Ugo[5] et Foulques. Les actes signés à cette occasion indiquent qu'il possède alors des droits sur des terres réparties dans tout le nord de l'Italie : Gavello, Padoue, Ferrare, Vicence, Vérone, Brescia, Crémone, Parme, Luni, Arezzo, Plaisance, Modène, Tortone.

En mars 1080, quand Henri IV est excommunié pour la seconde fois, Albertazzo se range à nouveau contre lui et prend parti pour Mathilde de Toscane. Son fils Ugo, engagé tout d'abord du même côté, changera bientôt de camp, probablement suite au dépit suscité par le partage que son père a opéré entre lui et son frère Foulques.

Mort et succession[modifier | modifier le code]

Albertazzo décède en 1097. Sa dépouille est vraisemblablement enterrée au monastère de Vangadizza, dont il était le bienfaiteur de longue date et où était déjà ensevelie Cunégonde d'Altdorf, sa première épouse. Sa disparition déclenche entre ses fils Welf IV et Foulques une lutte qui ne prendra fin qu'en 1154, sous Frédéric Barberousse, quand ses possessions italiennes seront concédés aux fils de Foulques par Henri le Lion, duc de Saxe et arrière-petit-fils de Welf IV[6].

Descendance[modifier | modifier le code]

  • Welf Ier de Bavière (Welf IV dans la généalogie des Welf), issu de son mariage avec Cunizza. Adopté par son oncle maternel Welf III d'Altdorf, duc de Carinthie, il hérite de ses possessions. Il est l'ancêtre des Braunschweig, d'où est issue la maison de Hanovre.
  • Ugo ou Huges V du Maine, mentionné pour la dernière fois en avril 1097, issu de son mariage avec Gersende du Maine.
  • Foulques, de son mariage avec Gersende, ancêtre des marquis d'Este, et le premier à en porter le titre.
  • Une fille, Adelasia.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les derniers soubresauts de la féodalité laïque italienne contre l'emprise de l'Empire.
  2. En faveur des chanoines de Saint Ambroise.
  3. Vers 1034-1036.
  4. Thibaut III de Blois.
  5. Qu'il marie en 1078 à une fille du normand Roberto Guiscard.
  6. Margherita Giuliana Bertolini. Alberto Azzo. Dizionario Biografico degli Italiani - Volume 1 (1960).


Liens internes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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