Adriean Videanu

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Adriean Videanu
Illustration.
Fonctions
Ministre de l'Économie
Gouvernement Boc I et II
Prédécesseur Varujan Vosganian
Successeur Ion Ariton
Maire de Bucarest
Prédécesseur Traian Băsescu
Successeur Sorin Oprescu
Vice-premier, ministre d'État chargé de la coordination des activités dans le domaine économique
Gouvernement Popescu-Tăriceanu
Successeur Gheorghe Seculici
Biographie
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Roumanie
Nationalité Roumaine
Parti politique FSN (1990)
PD (1993-2007)
PDL (2007-2014)

Adriean Videanu, né le à Crevenicu, județ de Teleorman, est un homme politique et entrepreneur roumain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Adriean Videanu est diplômé de l’université polytechnique de Bucarest, faculté des transports, section véhicules automobiles (1987)[1],[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député de Teleorman et premier Vice-Président du PD-L[modifier | modifier le code]

Adriean Videanu est recruté en 1990 par le Front de salut national (FSN) de Roumanie pour se porter candidat aux législatives. Élu député de Teleorman le , il est à 27 ans, l'un des plus jeunes membres du parlement roumain dans sa première législature après la chute du communisme[1]. Il obtient 5 mandats successifs entre 1990 et 2004. Adriean Videanu fait partie des membres fondateurs du Parti démocrate (PD). En , il devient président de l’organisation des jeunes et porte-parole du parti. Lors de la campagne victorieuse de la Convention Démocratique en 1996, il devient secrétaire du bureau exécutif, responsable de la communication et des relations avec les médias[1],[3],[4]. En 2001, il est élu vice-président, chargé de la communication et de l’image du parti[5]. Quatre ans plus tard, il devient président exécutif du PD et en 2007, premier vice-président du nouveau parti PD-L qui consacre la fusion entre le PD et le Parti libéral-démocrate (PLD) de Theodor Stolojan[6],[4]. Il renonce à cette fonction en 2011 mais reste président de la commission des stratégies du parti. En 2012, il est nommé président ad-intérim de l’organisation PD-L de Bucarest[7].

Vice-premier ministre dans le gouvernement Tariceanu[modifier | modifier le code]

Adriean Videanu est nommé vice-premier ministre chargé de la coordination des politiques économiques en , dans le gouvernement de droite de Călin Popescu-Tăriceanu. Il met en œuvre la réforme du taux unique d’imposition de 16 %, axe central de la stratégie économique du Gouvernement[8],[9].

Maire général de Bucarest[modifier | modifier le code]

À la demande du parti, Adriean Videanu renonce à ses fonctions gouvernementales pour se porter candidat à la mairie générale de Bucarest, où des élections partielles doivent avoir lieu à la suite du départ de Traian Băsescu[2],[4]. Il l’emporte au premier tour avec 53% contre le candidat du Parti social-démocrate (PSD). Durant son mandat, Adriean Videanu lance le plus grand nombre de projets de modernisation de Bucarest depuis la chute du communisme[10]. La priorité est donnée à l’infrastructure et à la desserte routière. Les projets phares démarrés pendant son mandat sont le grand pont routier de Basarab, le stade de foot de 55 000 places Arena Națională et la réhabilitation du centre historique de Bucarest[10].

Ministre de l'Économie, du Commerce et du Milieu des Affaires[modifier | modifier le code]

En , Adriean Videanu est nommé ministre de l’Économie, du Commerce et du Milieu des Affaires dans le gouvernement de coalition dirigé par Emil Boc. La crise bouleverse le programme économique du gouvernement, qui voit ses rentrées fiscales diminuées de 20% par rapport aux prévisions[11],[12]. Adriean Videanu table en particulier sur le secteur énergétique, où la Roumanie a selon lui un avantage régional[13]. Malgré la récession, ce secteur enregistre une croissance importante en 2009[14]. Cependant, à l’été 2010, l’exécutif d’Emil Boc doit faire face à une baisse de popularité significative. Adriean Videanu, qui en est perçu comme l’une des pièces maîtresses, choisit de démissionner dans l’espoir de relancer la dynamique gouvernementale[7].

Homme d'affaires[modifier | modifier le code]

Adriean Videanu démarre une activité entrepreneuriale familiale au début des années 1990[15]. Le capital est réinvesti en 1994 dans Titan Mar, une société de transformation et distribution des pierres naturelles[16]. Quatre ans plus tard, Titan Mar s’associe avec 2 fonds d’investissement et gagne l’appel d’offres pour la privatisation de Marmosim, le producteur de marbre et pierres naturelles le plus important de Roumanie. Le management du nouvel ensemble est assuré par Adriean Videanu et son épouse, qui en acquièrent le contrôle[16],[17]. Les ventes sont progressivement orientés vers l’international où Marmosim réussit à imposer ses marques, notamment dans le marbre. L’ensemble Titan Mar - Marmosim réalise en 2011 un chiffre d’affaires cumulé d’environ 17,7 M d’euros[18].

Président de l'Association Monument Ion C. Bratianu[modifier | modifier le code]

Adriean Videanu est président d’une association locale créée en qui se propose de reconstruire le grand monument érigé en 1903 en plein centre-ville de Bucarest en l’honneur de Ion Brătianu, personnalité symbole de la Roumanie moderne. Le monument réalisé par le sculpteur français Ernest Henri Dubois, a été détruit et fondu en 1948 par le régime communiste[19].

Controverses[modifier | modifier le code]

Affaire des bordures routières[modifier | modifier le code]

En , le magazine Saptamana financiara (La semaine financière) appartenant au trust média Intact Media Group de Dan Voiculescu, chef du Parti Conservateur alors en opposition, soutient qu’au moins une partie des bordures routières installées dans le cadre des nombreux chantiers de voirie en cours à Bucarest seraient fournies par Titan Mar[13],[20],[21]. Adriean Videanu indique qu’il n’existe aucun contrat entre la mairie et les sociétés dont il est actionnaire. L’entreprise générale qui a remporté l’appel d’offres aurait sollicité parmi d’autres fournisseurs, Titan Mar, impossible à éviter sur ce marché en raison de sa position de leader. L’entreprise aurait fourni du matériel pour près de 150 000 euros, soit 1,62% du total investi par la municipalité dans les bordures routières tout à fait légalement[22]. Malgré les explications et clarifications apportées par d’Adriean Videanu, le scandale prend de l’ampleur tandis que les médias et les adversaires politiques l’affublent du sobriquet de « maire - la bordure[21],[23],[24]. »

Procès[modifier | modifier le code]

Début 2008, un rapport de la Cour des comptes accuse des irrégularités dans la gestion de la municipalité durant son mandat. Une commission d’enquête est organisée au sein du Sénat pour vérifier l’ensemble de son activité à la mairie de Bucarest. En même temps, le tribunal de première instance de Bucarest est saisi d’une plainte civile par la Cour des comptes. S’ensuit également la saisine des juridictions spécifiques comme le DNA (parquet anti corruption) ou l’ANI (Agence Nationale pour l’Intégrité, organisme public instructeur qui vérifie l’existence d’éventuels conflits d’intérêts chez les élus et les dignitaires publics)[13],[20],[21]. Le procès se termine par une décision définitive et irrévocable de la Cour d’Appel de Bucarest en , qui disculpe Adriean Videanu de toute accusation[23],[24].

Cette décision fait écho aux enquêtes respectives du DNA et de l’ANI qui ne relèvent aucune illégalité dans la gestion d'Adriean Videanu à la mairie de Bucarest[25]. Cependant, certains médias continuent de l’accabler et l’opposition capitalise sur ces campagnes, qu’elle utilise lors des campagnes électorales de 2008 et 2012[21].

Polémiques avec le premier ministre Victor Ponta[modifier | modifier le code]

Dans les mois précédent les législatives de , Victor Ponta, devenu premier ministre, accuse avec des mots très durs Adriean Videanu d’être responsable de la mauvaise situation chez Hidroelectrica[26], la compagnie hydro énergétique nationale, d’avoir endetté illicitement la municipalité de Bucarest[27] ou d’avoir commis des fraudes contre les « intérêts de l’État » au combinat chimique Oltchim dont la privatisation organisée par son gouvernement vient d’échouer[28]. À chaque fois, le premier ministre indique que les organismes compétents sont saisis et va jusqu’à se déclarer « convaincu qu’ils feront leur devoir »[29],[30]. Pour Adriean Videanu, qui critique constamment la politique économique du gouvernement Ponta et l’accuse de manque de vision[31], ces accusations sont complètement infondées et n’auraient qu’un but populiste et électoral[32],[33],[34],[35],[36]. Selon certains journalistes, l’origine de ces attaques serait la suppression en 2009, à l’époque où Adriean Videanu était ministre de l’Économie, du contrat de services entre le cabinet d’avocats « Sova et Associés » considéré proche de Victor Ponta et le complexe énergétique de Turceni, ainsi que l’enquête administrative et fiscale qui a suivi concernant les conditions de ce contrat[37].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (ro) Adelin Pelerin, Emilia Isaila, « Povestea nestiuta a familiei Videanu », sur 9am.ro, (consulté le 1er novembre 2012).
  2. a et b (ro) « Adriean Videanu. Despre mine » (consulté le 1er novembre 2012).
  3. (ro) « Despre Adriean Videanu », sur Ziare.com (consulté le 1er novembre 2012).
  4. a b et c (ro) « Adriean Videanu, un afacerist democrat », sur Evenimentul zilei, (consulté le 1er novembre 2012).
  5. (ro) « Baronii vechi si noi », sur Evenimentul zilei, (consulté le 1er novembre 2012).
  6. (ro) « Basescu si-a impus tinerii in conducerea PD », sur Evenimentul zilei, (consulté le 1er novembre 2012).
  7. a et b (ro) « Adriean Videanu: Mi-am depus mandatul, de maine dimineata ma gasiti la PD-L », sur Jurnalul.ro, (consulté le 1er novembre 2012).
  8. (ro) Blanaru Vali, « Guvernul nu are bani pentru promisiunile facute », sur Jurnalul.ro, (consulté le 1er novembre 2012).
  9. (ro) « Bogdan Baltazar și România este "condamnată" la dezvoltare », sur Revista 22, (consulté le 1er novembre 2012).
  10. a et b (ro) « Pledoaria pentru București. Nevoia identificării urgente a unui concept unic, generator de venituri pentru dezvoltarea Capitalei » (consulté le 1er novembre 2012).
  11. (ro) « Adriean Videanu. Despre mine » (consulté le 1er novembre 2012).
  12. (ro) « Global Finance - Romania Country Economic Reports & GDP Data » (consulté le 1er novembre 2012).
  13. a b et c (ro) « Lantul slabiciunii energetice », sur Jurnalul.ro, (consulté le 1er novembre 2012).
  14. (ro) « Videanu: Relansarea economiei va incepe in urmatoarele luni », sur Ziare.com, (consulté le 1er novembre 2012).
  15. (ro) « Despre mine » (consulté le 1er novembre 2012).
  16. a et b (ro) « Nu voi lasa familia sa-mi reprezinte afacerile », sur Evenimentul zilei, (consulté le 1er novembre 2012).
  17. (ro) « Asa a fost politica familiei », sur Business Magazin, (consulté le 1er novembre 2012).
  18. (ro) Registrul de comert in Lista Firmelor din Romania. http://www.listafirme.ro. Consulté le 1er novembre 2012.
  19. (ro) Dadarlat Adrian, « Asociație pentru reamplasarea monumentului lui Ion. C. Bratianu in Piata Universitatii », sur Adevarul, (consulté le 1er novembre 2012).
  20. a et b (ro) Manea Sorin, « Titan Mar-ul lui Videanu, "sursa zero a bordurilor din Bucuresti" », sur Antena 3, (consulté le 1er novembre 2012).
  21. a b c et d (ro) Turcescu, Robert, Bucureștiul - chinurile și facerea, Bucarest, Mașina de scris, .
  22. (ro) Boiangiu Cristina, « Titan Mar, firma lui Videanu, a furnizat borduri in Capitala », sur Romania libera, (consulté le 2 novembre 2012).
  23. a et b (ro) « Videanu a castigat procesul cu Curtea de Conturi », sur Libertatea, (consulté le 12 novembre 2011)
  24. a et b (ro) « Videanu și alți funcționari, exonerați de la plata a 4,5 milioane lei pentru terenul din Mihăilești », sur Romania Libera (consulté le 2 novembre 2012).
  25. (ro) « Adriean Videanu. Despre Bucuresti » (consulté le 1er novembre 2012).
  26. (ro) « Ponta: Videanu a aprobat exporturi de energie sub pretul pietei. DIICOT si DNA vor elucida », sur Ziare.com, (consulté le 2 novembre 2012).
  27. Ignat Vlad, « Ponta: "Talentatul domn Videanu a închis Capitala" Premierul îl acuză pe fostul edil de îngroparea Bucureștiului în datorii de sute de milioane de euro », sur Adevarul, (consulté le 1er novembre 2012).
  28. (ro) 24 septembre 2012, « Ponta: Videanu și fostul director al Oltchim a fraudat statul cu 500 milioane euro" », sur Economica.net (consulté le 2 novembre 2012).
  29. (ro) « Victor Ponta: Ii voi da pe mana justitiei pe USL-istii care fac la fel ca PDL-istii. Am puterea sa tai degetelele alea bagate in miere ale USL-istilor/ Voi face publice dosarele lui Videanu si Blejnar de la DNA », sur Hotnews, (consulté le 2 novembre 2012).
  30. (ro) « Victor Ponta: Voi pune la dispoziția DNA contractele Hidroelectrica prelungite în mandatul lui Adriean Videanu », sur Evenimentul Zilei, (consulté le 2 novembre 2012).
  31. (ro) Leca Iulian, « Cum si-a batut joc domnul Dan de Guvernul Ponta (Opinii) », sur Ziare.com, (consulté le 2 novembre 2012).
  32. (ro) Bodeanu Teodora, « Videanu: Cineva vrea sa vanda Hidroelectrica pe 2 lei, Ponta complice (Video) », sur Ziare.com, (consulté le 2 novembre 2012).
  33. (ro) Badea Camelia, « Videanu il acuza pe Ponta ca face presiuni pe justitie si ii reaminteste de Grivco », sur Ziare.com, (consulté le 2 novembre 2012).
  34. (ro) « Videanu: Ponta are un comportament de natură patologică din domeniul psihiatriei », sur Realitatea.net, (consulté le 2 novembre 2012).
  35. (ro) Voncick Oana, « Videanu, despre Ponta: Are această calitate extraordinară de a fi Bulă, mitomanul național », sur Romania Libera, (consulté le 2 novembre 2012).
  36. (ro) Mircea Marian, « PSD a aprobat, în 2009, strategia PDL pentru salvarea Oltchim », sur Evenimentul Zilei, (consulté le 2 novembre 2012).
  37. (ro) Marius Vulpe, « Sova-Ponta, o prietenie cimentata cu politica si afaceri comune », sur Evenimentul Zilei, (consulté le 2 novembre 2012).