Abla Farhoud

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Abla Farhoud
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Farhoud au salon du livre de Montréal en 2018.
Naissance
Drapeau du Liban Liban
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Le bonheur a la queue glissante (1998)

Abla Farhoud est une romancière et dramaturge québécoise née au Liban en 1945.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1945 au Liban, Abla Farhoud immigre au Québec avec ses parents en 1951. À 17 ans, elle décroche des petits rôles de comédienne à la télévision de Radio-Canada. Elle retourne vivre au Liban de 1965 à 1969. En 1969, elle s’installe à Paris où elle complète des études en théâtre à l’Université de Vincennes. Elle retourne au Québec en 1973 et entreprend une maîtrise en théâtre à l’Université du Québec à Montréal. C’est pendant cette maîtrise qu’elle écrit sa première pièce de théâtre. Abla Farhoud commence à vivre de sa plume à partir des années 1980. Elle devient, par la suite, membre du conseil d’administration du CEAD (Centre des auteurs dramatiques) de 1989 à 1990[1]. Sa première pièce, Quand j’étais grande, est présentée au troisième festival du Théâtre Expérimental des femmes en 1983. Farhoud pense alors avoir écrit une pièce féministe, mais le public reçoit plutôt l’œuvre comme étant un texte migrant. Elle devient alors une pionnière de l’écriture migrante au Québec.

Sa pièce Les Filles du 5-10-15¢ a été jouée au Festival des francophonies de Limoges en 1992 dans une mise en scène de Gabriel Garran. Deux ans plus tard, Jeux de patience est montée au Théâtre La Licorne de Montréal. Puis, en 1997, Quand le vautour danse est créée au Théâtre d'Aujourd'hui.

Elle est la mère du musicien et chanteur Chafiik du groupe Loco Locass[2]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Théâtre[4][modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Théâtre québécois contemporain, 1997
  • Toutes celles que j'étais (récit autobiographique), Montréal, VLB éditeur, (ISBN 978-2-89649-589-4).

Pièces produites[modifier | modifier le code]

Les pièces de Farhoud sont généralement produites sur des scènes intermédiaires.

Regards sur l'oeuvre dramaturgique[modifier | modifier le code]

Les pièces de Farhoud ont été produites partout dans la Francophonie : Québec, France, Belgique, Côte-d’Ivoire. Ailleurs dans le monde, elles ont été traduites et jouées aux États-Unis et au Liban. La dramaturgie de Farhoud est principalement teintée par des préoccupations féministes et migrantes et relève d’une quête personnelle. Ses pièces sont caractérisées par la juxtaposition de dépossessions. Le deuil et la peur de l'oubli sont d’ailleurs des thèmes récurrents. Le deuil est mis en scène comme étant un deuil « réel » ou comme un deuil de ses origines (langue maternelle, pays, enfance, etc.). Les personnages de Farhoud sont « dominé[s] par la blessure du départ[8]». Ce sont souvent des femmes, des migrantes ou des artistes. L'immigration des personnages féminins de Farhoud provoque d’ailleurs en eux une « tension entre mémoire et refoulement, entre deuil et mélancolie[9] ».

La femme mère[modifier | modifier le code]

Farhoud écrit majoritairement sur les femmes. Dans la pièce Jeux de patience et dans le roman, Le bonheur a la queue glissante, la figure de la mère est mise en place respectivement grâce aux personnages de Mariam et de Dounia. Toutes les deux ont immigré au Canada, mais pour des raisons différentes. Dounia, dans Le bonheur a la queue glissante, a 75 ans et a émigré du Liban afin de suivre son mari. Mariam (Jeux de patience), quant à elle, a dû fuir la guerre avec ses enfants et se réfugier au Canada. Également, les deux femmes sont en période de crise et vivent des deuils importants. Mariam, pour sa part, vit le deuil de sa fille (Samira), morte pendant la guerre tandis que Dounia vit le deuil de ne pas avoir été une mère exemplaire. Mariam refuse la mort de sa fille. Elle ne veut pas l'oublier et s’oppose à toute forme de bonheur. Elle comble le vide laissé par l’absence de son enfant en s’apitoyant sur son sort. Sa cousine, Monique-Kaokab, tente de l’éclairer pendant cette période difficile, mais elle se heurte à la fermeture de Mariam : «Tu n'as plus de place, tu es pleine de ton malheur et tu ne veux pas en céder un centimètre. Tu en es fière. Ça te grandit. Ça te rend supérieure. Ça te donne tous les droits [...] Tu n'as pas voulu porter son deuil, parce que tu ne veux pas faire le deuil.[10] » Dounia, quant à elle, vit le deuil de la maternité; ses enfants étant devenus grands. Suivant les traditions de son pays d’origine, Dounia n’a été que mère et épouse tout au long de sa vie. Maintenant que le nid familial se retrouve vide, elle a l’impression de ne plus rien être : «J'ai perdu le rempart qui me définissait. Je ne sais plus comment penser, je ne sais quoi penser.[11]» Elle est confronté à la solitude dans un pays qu'elle connait à peine et dont elle ne saisit pas les valeurs.

La femme migrante[modifier | modifier le code]

La femme migrante est aussi présente dans la plupart des textes de Farhoud. L'auteure dépeint des femmes séparées de leurs racines qui doivent apprendre à composer avec l’exil physique, puis avec l’exil intérieur. Ces femmes sont souvent des réfugiées qui ont fui un pays dévasté par la guerre. « L’œuvre de Fahoud est dominée par la blessure du départ et l’impossible quête de reconstitution du sujet migrant[8]. » Mariam, dans Jeux de patience, a échappé aux ravages de la guerre d’un pays du Moyen-Orient. La mort de sa fille, Samira, est associée à son pays d’origine. Elle vit donc un double deuil, soit celui de sa fille et celui de son pays natal. Elle a d’ailleurs de la difficulté à s’intégrer à sa terre d’accueil, car elle a peur d’oublier d'où elle vient. Elle ne veut pas s’intégrer et refuse tout ce qui ne lui fait pas penser à son pays d'origine. Elle a peur que ses enfants «[…] emmagasinent une culture étrangère qui deviendra leur culture. Rien à voir avec [elle], ni avec leur père, ni avec leurs grands-parents. Ils vont tout oublier.[10] » Dans Le bonheur a la queue glissante, Dounia a vécu plusieurs exils. Elle a tout d’abord quitté son village natal pour aller s’installer dans celui de son mari après son mariage. Puis, elle a immigré au Canada. Elle est, par la suite, revenue au Liban, mais a dû fuir ce pays qui était alors dévasté par la guerre pour finalement s’installer au Canada. Selon elle, ses exils sont de plus en plus difficiles. Elle se sent étrangère et n’a pas de sentiment d’appartenance envers son pays d’accueil. Ses difficultés à s’intégrer ne datent pas d’hier. En effet, elle va même jusqu’à dire que son sentiment d’étrangère remonte à l’époque de son mariage : «[...] c'est en vivant dans le village de mon mari que j'ai commencé à faire des comparaisons, à voir les différences, à vivre le manque et la nostalgie, à avoir envie d'être ailleurs sans pouvoir y aller, à me sentir étrangère.[11]»

Distinctions[12][modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Résidences[modifier | modifier le code]

  • Résidente au Festival international des Francophonies, France, 1992
  • Résidente au Théâtre la Licorne et au Théâtre d'Aujourd'hui, Canada, 1996-1997

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • AQAD. Abla Farhoud. Repéré à www.aqad.qc.ca/_cead_repertoire#
  • Burgoyne, L. (1994). Abla Farhoud : l’oeuvre de la mémoire et de l’oubli. Jeu, (73), 88–92.
  • Carrière, M. & Khordoc, C. (2006). Deuils au pluriel : sur deux textes d'Abla Farhoud. Voix et Images, 31 (3), 105-125. https://doi.org/10.7202/01324ar
  • Couture Guindon, N. (2009). Le personnage féminin dans le théâtre et le roman de Marie Laberge et Abla Farhoud". Mémoire. Montréal (Québec, Canada). Université du Québec à Montréal, Maitrise en études littéraires.
  • Farhoud, A. (1997). La Possession du Prince. Manage : Lansman
  • Farhoud, A. (1993). Les filles du 5-10-15 ¢. Manage : Lansman
  • MacDougall, J. (2000). La voix de l’autre : réflexions sur le théâtre migrant, l’oeuvre d’Abla Farhoud et sa traduction anglo-américaine. L’Annuaire théâtral, (27), 134–146. https:// doi.org/10.7202/041420ar
  • Marois, S. (2005). Abla Farhoud : Sublimation spleenétique. Nuit blanche, magazine littéraire, (100), 16–20.
  • Rencontre littéraire. (2006). Repéré à https://www.usherbrooke.ca/centreanne-hebert/activites/rencontres-litteraires/rencontres-archivees/abla-farhoud/
  • Vaïs, M. (1995). « Jeux de patience ». Jeu, (75), 150–153.
  • Vincelette, M. (2003). Publications. Jeu, (109), 179–182.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Abla Farhoud », sur AQAD (consulté le 11 décembre 2018)
  2. Josée Lapointe, Sophie Allard et Sylvie St-Jacques, « Telle mère, tel fils », La Presse, Montréal,‎ (lire en ligne, consulté le 6 août 2017).
  3. « En bref - Abla Farhoud primée en France », Le Devoir, Montréal,‎ (lire en ligne, consulté le 6 août 2017).
  4. « Résultats de la recherche », sur biblio.cmadq.gouv.qc.ca (consulté le 14 décembre 2018)
  5. Abla Farhoud, Les filles du 5-10-15¢, Manage, Lansman, , 47 p., p. 4
  6. Michel Vaïs, « Jeux de patience », Jeu,‎ , p. 150-153 (ISSN 1923-2578, lire en ligne)
  7. Abla Farhoud, Quand le vautour danse, Manage, Lansman, , 42 p. (ISBN 2-87282-184-8), p. 4
  8. a et b Jill MacDougall, « La voix de l'autre: réflexions sur le théâtre migrant, l'oeuvre d'Abla Farhoud et sa traduction anglo-américaine », L'Annulaire théâtral,‎ , p. 134-146 (ISSN 1923-0893)
  9. Marie Carrière et Catherine Khordoc, « Deuils au pluriel: sur deux textes d'Abla Farhoud », Voix et Images,‎ , p. 105-125 (ISSN 1705-933X)
  10. a et b Abla Farhoud, Jeux de patience, Montréal, VLB Éditeur, , 80 p. (ISBN 978-2-89005-659-6), p. 53
  11. a et b Abla Farhoud, Le bonheur a la queue glissante, Montréal, Éditions Typo, , 175 p. (ISBN 978-2-89295-205-6), p. 147
  12. « Abla Farhoud : écrivain, auteur | VLB éditeur », sur www.edvlb.com (consulté le 11 décembre 2018)
  13. « En route vers le Prix littéraire des collégiens », sur Le Devoir (consulté le 11 novembre 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]