Aller au contenu

Île Matthew

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Île Matthew
L'île Matthew vue d'avion.
L'île Matthew vue d'avion.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Revendication par Drapeau du Vanuatu Vanuatu
Archipel Nouvelle-Calédonie
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 22° 20′ 40″ S, 171° 21′ 20″ E
Superficie 0,7 km2
Point culminant Soufrière Ouest (177 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Statut Souveraineté française contestée par le Vanuatu

Collectivité sui generis Nouvelle-Calédonie
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Fuseau horaire UTC+11:00
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Calédonie
(Voir situation sur carte : Nouvelle-Calédonie)
Île Matthew
Île Matthew
Îles en France

L'île Matthew est une petite île inhabitée de l'océan Pacifique Sud, située à 279 km au sud-sud-est d'Anatom, dans l'archipel du Vanuatu (plaque des Nouvelles-Hébrides), et à 446 km à l'est de la Nouvelle-Calédonie.

Géographie

[modifier | modifier le code]
Carte du Vanuatu et de la Nouvelle-Calédonie avec l'île Matthew au sud-est.

C'est une île volcanique, partie émergée d'un stratovolcan, s'étendant sur 70 hectares. Elle est en fait constituée par deux petites îles de formes coniques reliées entre elles par un isthme rocheux de 200 mètres de large environ. Sa partie occidentale est composée de laves et de scories, dominée par un sommet dentelé appelé « soufrière Ouest[1] » et culminant à 177 mètres[2],[3]. Sa partie orientale est constituée de basalte avec un « piton Est[3] » de 142 mètres de haut.

L'île connait encore une activité volcanique et l'on estime que les deux tiers de sa superficie ont été formés au XXe siècle[3] par des successions d'éruptions (datant de 1828(?), 1849(?), 1945(?), 1966(?) et 1976(?)). Des fumerolles sulfureuses et jaunâtres s'échappent régulièrement de cratères situés dans le Sud-Ouest de l'île. La configuration de l'île semble sujette à une évolution géologique puisque jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'île n'était décrite qu'avec un seul sommet.

La première mention de l'île faite par un Européen est due au capitaine britannique Thomas Gilbert, commandant le navire Charlotte (en), qui l'aborde le et la nomme d'après le nom de son armateur.

Sa souveraineté entre Anglais et Français resta longtemps incertaine, du fait de l'indifférence pour cet îlot rocheux et aride. Il est possible que l'habitude de placer l'île Matthew sur les cartes de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances ait rendu de facto l'îlot français.

Controverses de souveraineté

[modifier | modifier le code]

Un récit, qui semble être une légende, affirme que la France annexa officiellement l'île en 1929 et, avec elle, l'île Hunter distante de 74 km à l'est. Cependant, il n'existe aucune preuve d'une telle prise de possession[4]. En 1965 le Royaume-Uni occupa les deux îles[réf. nécessaire], les déclarant rattachées aux Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu)[réf. nécessaire]. En 1962, les aviateurs néo-calédoniens Henri Martinet[5] et Bob Paul saisissent le tribunal mixte de Port-Vila, aux Nouvelles-Hébrides, pour une demande d'immatriculation de l'île Matthew. Le tribunal, ne sachant pas s'il devait se déclarer compétent, saisit les deux commissaires résidents français et britannique. Dans la décennie qui suit, les négociations finissent par donner lieu au rattachement des deux îles à la Nouvelle-Calédonie. Ainsi, en 1976, celles-ci sont-elles inscrites au sein de la zone économique exclusive néo-calédonienne[4].

La souveraineté de l'île Matthew, ainsi que celle de l'île Hunter (70 km plus à l'est), est aujourd'hui contestée à la France, qui la rattache à la Nouvelle-Calédonie, par le Vanuatu, qui la rattache à la province de Tafea[6]. L'île étant inhabitée (et probablement inhabitable) le contentieux porte surtout sur la zone économique exclusive marine qui l'entoure avec sa voisine l'île Hunter.

Flore et faune

[modifier | modifier le code]

La dernière mission scientifique d'envergure a été menée en . Le recensement exhaustif des espèces a confirmé le caractère « jeune » de la colonisation de l'île par les plantes et les animaux – en raison de la jeunesse de l'île – ainsi que son mode hautement évolutif et toujours dynamique[1].

Dépourvue d'arbres ou d'arbustes, elle se compose d'environ une trentaine d'espèces différentes de végétaux, dont une quinzaine serait indigène, essentiellement présents dans la partie orientale de l'île, la moins soumise à l'activité volcanique. Les deux espèces les plus fréquentes sont les graminées Chloris sp. et Urochloa subquadripara qui tapissent l'île, ainsi que Cenchrus calyculatus, des fougères Nephrolepis brownii et Microsorum grossum[1].

La faune est essentiellement aviaire, avec la présence des espèces marines : Sterne fuligineuse (Onychoprion fuscata), Noddi gris (Anous albivittus), Noddi brun (Anous stolidus), Puffin fouquet (Ardenna pacifica), Pétrel à ailes noires (Pterodroma nigripennis), Phaéton à brins rouges (Phaethon rubricauda), Fou masqué (Sula dactylatra), Fou brun (Sula leucogaster) ; mais également terrestres : Hirondelle de Tahiti (Hirundo tahitica), Aigrette à face blanche (Egretta novaehollandiae), Martin-chasseur (Halcyoninae), Busard de Gould (Circus approximans), Pluvier fauve (Pluvialis fulva), Tournepierre à collier (Arenaria interpres) et Zostérops[1],[7],[8],[9],[10].

L'île Matthew est toujours considérée, en 2013, comme exempte de rongeurs (rat et souris)[1].

Activité humaine

[modifier | modifier le code]

L'accès par la mer est difficile et ne peut se faire que par temps calme au niveau de l'isthme central. La Marine nationale française – tout comme des missions scientifiques – visite l'île régulièrement, les accès à terre s'effectuant principalement par hélicoptère de l'armée de l'air de type Puma[11]. En , la frégate Vendémiaire a héliporté des soldats français pour réaffirmer sa souveraineté sur l'île[12].

Par ailleurs, Météo-France a installé une station automatique sur cette île en 1979, sous la référence 98818203 (WMO 91598).

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a b c d et e Fonfreyde, C., P. Simoni, N. Colombani, J.F. Buteau, C. Huruguen, P. Bachy, J. Baudat-Franceschi, N. Vuki, C. Desgrippes et G. Hnaije, Matthew et Hunter : Mission de suivi terrestre – mai 2013, Service de la pêche et de l'environnement marin ; Direction des affaires maritimes de la Nouvelle-Calédonie, 18 juillet 2014.
  2. Maillet, P., Monzier, M. et Lefevre, C., « Petrology of Matthew and Hunter volcanoes, south New Hebrides island arc (southwest Pacific) », J. Volcanol. Geotherm. Res., vol. 30,‎ , p. 1-27
  3. a b et c Maillet P et Monzier M, « Volcanisme et pétrologie des îles Matthew et Hunter : données préliminaires. », Travaux et Documents de l'ORSTOM, vol. 147,‎ , p. 187-215 (lire en ligne)
  4. a et b Géraldine Giraudeau, « Polémique autour de Matthew et Hunter : quel enjeu pour le différend territorial entre la France et le Vanuatu ? », sur Le Club des Juristes, (consulté le )
  5. « Henri Martinet, le risque-tout volant », sur Les Nouvelles Calédoniennes, (consulté le )
  6. Un arbitrage onusien pour l’épineux dossier des îles Matthew et Hunter ? dans Tahiti infos le 1er juin 2012.
  7. Borsa P. (2004) Mission ornithologique sur l’îlot Matthew, 10-. Institut de recherche pour le développement, Nouméa, 4 pp. (http://hal.ird.fr/ird-00666160)
  8. Borsa P, « Mission ornithologique aux îles Hunter et Matthew, 11-14 décembre 2004. Institut de recherche pour le développement, Noumea, 22 p. », Hyperarchives en ligne HAL-IRD, no 00666147,‎ (lire en ligne)
  9. Borsa P et Baudat-Franceschi J, « Mission ornithologique aux îles Matthew et Hunter, 19-23 janvier 2009. Institut de recherche pour le développement, Nouméa, 10 p. », Hyperarchives en ligne HAL-IRD, no 00666118,‎ (lire en ligne)
  10. Borsa P., Baudat-Franceschi J. (2009). Mission ornithologique sur l'île Matthew, 16-19 avril 2008. Institut de recherche pour e développement, Nouméa, 10 pp. (http://hal.ird.fr/ird-00666136)
  11. Ravitaillement du plot carburant de Walpole, sur le site du Ministère de la Défense, 13 septembre 2013.
  12. Mission de souveraineté pour le Vendémiaire sur le site www.colsbleus.fr le 19 juin 2015.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Léon Chambeyron et Armand Aubin Banaré, « Île Matthew », dans Instructions nautiques sur la Nouvelle-Calédonie et ses dépendances, Imprimerie Nationale, , 158 p. (lire en ligne), p. 147

Liens externes

[modifier | modifier le code]

  • Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généralisteVoir et modifier les données sur Wikidata :