Élection présidentielle tchèque de 2013

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Élection présidentielle tchèque de 2013
et
(1er tour)
et
(2e tour)
Corps électoral et résultats
Population 10 513 209
Votants au 1er tour 5 168 161
61,26 %
Votes nuls au 1er tour 24 195
Votants au 2d tour 4 983 481
59,07 %
Votes nuls au 2d tour 24 905
Zeman M 1.JPG Miloš Zeman – SPOZ
Voix 2 717 405
54,81 %
Karel Schwarzenberg on June 2, 2011.jpg Karel Schwarzenberg – TOP 09
Voix 2 241 171
45,19 %
Président de la République tchèque
Sortant Élu
Václav Klaus
Ind., ex-ODS
Miloš Zeman
SPOZ

L'élection présidentielle tchèque de 2013, cinquième élection présidentielle de la République tchèque et première au suffrage universel direct, est un scrutin visant à élire le troisième président de la République tchèque pour un mandat de cinq ans. Le premier tour de scrutin se tient les et tandis que le second tour a été convoqué les et suivants.

À l'issue du premier tour, le candidat Miloš Zeman, d'obédience social-démocrate, et le ministre sortant des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg se qualifient tous les deux pour le second tour, respectivement avec 24, 21 % et 23,40 % ; c'est le premier qui est finalement élu président de la République tchèque avec 2 717 405 voix, soit 54, 80 % des suffrages exprimés contre 2 241 171 voix et 45, 19 % des suffrages.

Conformément à la Constitution, le président de la République sortant, Václav Klaus, ne peut concourir à ce scrutin après avoir exercé deux mandats consécutifs. Le président élu, Miloš Zeman, lui succède officiellement le pour un mandat de cinq ans.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le château de Prague, résidence officielle du président tchèque.

Entre 1993 et 2012, la Constitution prévoit que le président de la République tchèque, chef de l'État et des Forces armées, est élu au suffrage universel indirect. La convocation des membres des deux chambres du Parlement que sont la Chambre des députés et le Sénat devait avoir pour issue l'élection d'un président pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Cette procédure, réputée très complexe, a été néanmoins critiquée, à la fois par des juristes et des personnalités politiques, qui proposaient une alternative à ce système électoral : d'une part, l'élection du chef de l'État à main levée ; d'autre part, l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

Depuis l'instauration du régime, le pays a été présidé par deux hommes : Václav Havel (indépendant), de 1993 à 2003 et Václav Klaus (ex-ODS), depuis 2003. Tous les deux, candidats à leur réélection, ont été reconduits parles grands électeurs, le premier en 1998 et le second en 2008, à la fin de leurs premiers quinquennats respectifs.

Durant la campagne des élections législatives de 2010, le président de l'ODS, Petr Nečas, a proposé, dans son programme, la modification du mode de scrutin relatif à l'élection du président de la République. La mesure, finalement adoptée au mois d' par les deux chambres du Parlement à l'occasion d'une révision de la Constitution, a été sévèrement critiquée par le chef de l'État sortant, Václav Klaus, qui s'est dit convaincu que cette initiative, « erronée », serait une « erreur fatale », expliquant qu'à ses yeux, le président élu serait d'abord « désigné par les médias » puis par les citoyens qui seraient amenés à valider le choix desdits médias.

Candidats[modifier | modifier le code]

Un candidat à l'élection présidentielle tchèque peut concourir au scrutin s'il parvient à recueillir 50 000 signatures de citoyens tchèques, ou le parrainage de 20 députés ou 10 sénateurs. Les signatures et parrainages doivent être présentés 66 jours avant le premier tour de scrutin.

Au , le scrutin comptait neuf candidats, déclarés aptes à concourir à l'occasion de l'élection présidentielle :

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat Étiquette 1er tour
(Participation : 61,31 %)
2e tour
(Participation : 59,11 %)
Voix  % Voix  %
Miloš Zeman SPOZ 1 245 848 24,21 % 2 717 405 54,80 %
Karel Schwarzenberg TOP 09 1 204 195 23,40 % 2 241 171 45,19 %
Jan Fischer Indépendant 841 437 16,35 %
Jiří Dienstbier ČSSD 829 297 16,12 %
Vladimír Franz Indépendant 351 916 6,84 %
Zuzana Roithová KDU–ČSL 255 045 4,95 %
Táňa Fischerová SZ 166 211 3,23 %
Přemysl Sobotka ODS 126 846 2,46 %
Jana Bobošíková SUVERENITA 123 096 2,39 %
TOTAL 5 143 966 99,95 % 4 958 576 99,99 %

Premier tour[modifier | modifier le code]

Comme les sondages l'annonçaient depuis le mois de , l'ancien président du gouvernement social-démocrate, Miloš Zeman, arrive en tête du premier tour. Il est suivi du premier vice-président du gouvernement et ministre des Affaires étrangères, le conservateur libéral Karel Schwarzenberg, ce qui constitue une surprise puisque le chef de la diplomatie n'a jamais percé dans les enquêtes d'opinion.

Classé troisième, l'indépendant Jan Fischer, à la tête d'un gouvernement de technocrates entre et , échoue à accéder au second tour, alors qu'il était l'un des favoris du scrutin. Il est même talonné par le candidat des sociaux-démocrates, Jiří Dienstbier. Parmi les autres prétendants, seul Vladimír Franz, artiste tatoué sur l'ensemble du corps, réussit à franchir la barre des 5 % des suffrages exprimés.

Au lendemain du scrutin, le ČSSD et le Parti communiste de Bohême et Moravie, qui n'a pas de candidat, déclarent appuyer Zeman. Schwarzenberg reçoit, pour sa part, le soutien de Zuzana Roithová et Přemysl Sobotka. Fischer, qui ne rallie aucun des deux qualifiés, fait tout de même savoir qu'il se sent plus proche du ministre des Affaires étrangères que du vainqueur du premier tour. Mais, à la suite des déclarations de ce dernier sur les décrets Beneš, il déclare qu'il ne votera pas pour Schwarzenberg.

Second tour[modifier | modifier le code]

Après une campagne marquée par des attaques personnelles et partisanes, Miloš Zeman, un « vétéran de la gauche tchèque » tel qu'il est présenté par les médias nationaux et européens, remporte le premier scrutin présidentiel direct, devenant ainsi le troisième président de la République tchèque depuis la Révolution de velours, derrière Václav Havel et Václav Klaus, tous deux élus par le Parlement.

Défait, Karel Schwarzenberg, pourtant soutenu par une bonne partie du milieu culturel national, reconnaît la victoire de son concurrent.

Liens externes[modifier | modifier le code]