Église Saint-Jacques-le-Majeur d'Asquins

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Église d'Asquins
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L'église d'Asquins est une église située à Asquins, dans le département français de l'Yonne. Sa notoriété est due à ce qu'elle fut au Moyen-âge le point de départ de l'une des quatre grandes voies du chemin de Compostelle.

Localisation[modifier | modifier le code]

Située à Asquins, l'église est perchée sur un tertre qui domine le village. Du parvis de l'église, on a une vue panoramique sur la campagne environnante et une vue extraordinaire sur la basilique de Vézelay[1],[2].

C'est le lieu de départ d'une des quatre grandes voies du chemin de Compostelle, celle dite « de Vézelay », inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial[Note 1],[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Édifice[modifier | modifier le code]

L'église, qui occupa d'emblée l'espace qui lui est actuellement dévolu, fut largement remaniée au fil des siècles et des conflits dont elle eut à souffrir : sur des bases datées du XIe siècle, l'édifice actuel présente surtout une nef en berceau brisé du XIIe siècle[M 1], un bas-côté nord voûté en arêtes du XIIIe siècle, un bas-côté sud en quart de rond du XVIe siècle. Le clocher appuyé à l'origine sur la première travée du bas-côté sud, fut renvoyé en 1755 dans l'axe de l'édifice, par souci de symétrie. L'abbé Grognot, initiateur de cette dernière campagne de travaux, se préoccupa aussi du décor intérieur, faisant poser des boiseries, créer un décor peint dans le chœur, et aménager les sacristies, non sans sacrifier les fresques des XIIIe siècle, XIVe et XVIe siècles qui ornaient ces anciennes chapelles, entre autres de Vierges sages et Vierges folles, un Saint-Sébastien, un miracle de Saint-Éloi et diverses scènes mal élucidées. Attachés à leur église les Asquinois la dotèrent au XIXe siècle de vitraux honorant leur patron mais aussi saint Vincent.

L'église eût comme chapelain Aymery Picaud, célèbre auteur du Guide du pèlerin dont chaque pèlerin vient honorer la mémoire[1]. Ce Guide du pèlerin est le livre V du LIBER SANCTI JACOBI (1135-11140)[4],[5].

Dédicace à Saint-Jacques-le-Majeur[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Intérieur[modifier | modifier le code]

En 1740, arrive à Asquins, un prêtre entreprenant qui effectuera, pendant les 51 ans de son ministère, de nombreux travaux dont l'essentiel subsiste aujourd'hui. Toutes les boiseries forment un tout, posé à une époque précise par une personnalité qui a marqué son temps. L'ensemble a été repeint et redoré en 1830.[6]. Au sein de cet ensemble, de nombreux objets ont été « classés » le 23 juin 1988 :

  • le maître-autel et son tabernacle, œuvres en marbre exécutées entre 1762 et 1765[M 2] ;
  • la sculpture en bois taillé polychrome, buste-reliquaire de Saint-Jacques, datée de la fin du XVIe siècle, début du XVIIe siècle. Au centre de la poitrine est creusée la cavité qui contenait autrefois des reliques[M 3]. De provenance inconnue, ce buste reliquaire en bois polychrome représente Saint-Jacques le Majeur qui fut le premier apôtre décapité pour sa foi par le roi Hérode[7] ;
  • le tableau sur toile représentant saint Paul, est datée de la fin du XVIIe siècle, début du XVIIIe siècle[M 4] ;
  • deux crédences en bois peint et marbre, , exécutées entre 1762 et 1765[6] ;
  • la clôture de chœur en fer forgé, exécutée entre 1762 et 1765[M 5] ;
  • deux statues en bois peint représentant saint Barbu et saint imberbe, exécutées entre 1762 et 1765[M 6] ;
  • quatre tableaux sur toile représentant saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise et Saint Grégoire, exécutés entre 1762 et 1765[M 7] ;
  • quatre peintures monumentales sur pierre, représentant une scène de martyre, saint Joseph et l'Enfant, le sacrifice d'Abraham, une autre scène de martyre, exécutés entre 1762 et 1765[M 8] ;
  • la clôture des fonts baptismaux, en bois, datée du XVIIIe siècle[M 9] ;
  • la chaire à prêcher, en bois taillé, datée du XVIIIe siècle[M 10] ;
  • l'autel secondaire de la Vierge, le retable et la statue représentant la Vierge à l'Enfant, en bois peint doré, datés du XVIIIe siècle[M 11] ;
  • les boiseries (lambris de revêtement) en bois taillé, exécutés entre 1762 et 1765[M 12] ;
  • deux autels et leurs retables secondaires en bois peint taillé, peint, doré, deux tableaux représentant saint Nazaire et saint Celse, Saint Andoche, datés du début du XVIIe siècle[M 13] ;
  • la peinture monumentale représentant des scènes et personnages sous architectures, datée du début du XVIe siècle[M 14]. ces peintures ont été découverts en 1967 et se situent sur les murs de la sacristie (autrefois chapelle Saint-Vincent[8].

Extérieur[modifier | modifier le code]

Classement[modifier | modifier le code]

L'édifice est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis le 1er mars 1926[M 1].

Paroisse[modifier | modifier le code]

L'église est un des lieux de catholique de l'« ensemble paroissial de Vézelay » (regroupant treize communes) au sein de l'archidiocèse de Sens-Auxerre[9].

En 2015, l'église est fermée[10] et le culte catholique n'y est plus célébré[11]. L'édifice est utilisé comme salle de concert, notamment lors du festival « Les rencontres musicales de Vézelay »[2]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les amis de Vézelay, Pierre Haasé, L'église Saint-Jacques-le-Majeur à Asquins - notice historique, 8 pages, [voir en ligne]
  • Asquins, cahier no 10 de l'I.S.M.H. (Inventaire supplémentaire des monuments historiques) de 1926, [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les quatre principales routes de pèlerinage pour Saint-Jacques-de-Compostelle commencent à Paris, Vézelay, Le Puy et Arles, sont inscrites au patrimoine mondial[12].

Références[modifier | modifier le code]

Bases du ministère de la Culture[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Église », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Autel, tabernacle (maître-autel) », base Palissy, ministère français de la Culture.
  3. « buste-reliquaire : Saint Jacques », base Palissy, ministère français de la Culture.
  4. « Tableau : Saint Paul », base Palissy, ministère français de la Culture.
  5. « Clôture de chœur (table de communion) », base Palissy, ministère français de la Culture.
  6. « 2 statues : Saint barbu, Saint imberbe », base Palissy, ministère français de la Culture.
  7. « 4 tableaux : Saint Augustin, Saint Jérôme, Saint Ambroise, Saint Grégoire », base Palissy, ministère français de la Culture.
  8. « 4 peintures monumentales : Scène de martyre, Saint Joseph et l'Enfant, Le Sacrifice d'Abraham, Scène de martyre », base Palissy, ministère français de la Culture.
  9. « Clôture des fonts baptismaux », base Palissy, ministère français de la Culture.
  10. « Chaire à prêcher, banc d'oeuvre », base Palissy, ministère français de la Culture.
  11. « Autel, retable, statue : Vierge à l'Enfant (autel secondaire de la Vierge) », base Palissy, ministère français de la Culture.
  12. « lambris de revêtement », base Palissy, ministère français de la Culture.
  13. « 2 autels et retables secondaires, 2 tableaux : Saint Nazaire et saint Celse, Saint Andoche », base Palissy, ministère français de la Culture.
  14. « Peinture monumentale : Scènes et personnages sous architectures », base Palissy, ministère français de la Culture. Ces peintures n'ont été signalées qu'en 1969 à la semaine d’Études médiévales de Vézelay. Ce cycle de peintures est difficile à lire car il fût entamé, au XVIIIe siècle, par le percement d'un placard.

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b « ÉGLISE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE », sur le site du Petit Futé (consulté le 3 avril 2015).
  2. a et b « les lieux du festival », sur le site des rencontres musicales de Vézelay (consulté le 3 avril 2015).
  3. « Détail de l'inscription du bien «Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France» (1998) », sur le site de l'association de coopération inter-régionale Compostelle (consulté le 3 avril 2015).
  4. Le séjour d'Aimeri Picaud à l'église Saint-Jacques d'Asquins et la composition du LIBER SANCTI JACOBI (1135-11140), p. 53, [lire en ligne].
  5. « Le Chevalier Victorieux », sur le site pelerins-compostelle.com (consulté le 3 avril 2015).
  6. a et b « 2 crédences », base Palissy, ministère français de la Culture.
  7. « Reliquaire de Saint-Jacques », sur le site de l'office de tourisme de Vézelay (consulté le 3 avril 2015).
  8. « Aquins, fresques du 15e siècle de l'église St Jacques le Majeur à Asquins (89) », sur le site petit-patrimoine.com de la sarl 2phone3 (consulté le 3 avril 2015).
  9. « Paroisses », sur le site de l'archidiocèse de Sens-Auxerre (consulté le 3 avril 2015).
  10. « Asquins », sur le site sur l'art roman en Bourgogne (consulté le 3 avril 2015).
  11. « ville asquins », sur le site de la conférence des évêques de France (consulté le 3 avril 2015).
  12. « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France », sur le site de l'Unesco (consulté le 3 avril 2015).