Zuo Zhuan
Le Zuo Zhuan (左傳 Commentaire de Zuo) est le principal commentaire des Annales des Printemps et des Automnes, une chronique de l'État de Lu de -722 à -481. La tradition l'attribue à Zuo Qiuming (cinquième siècle av. J.-C.), qui l'aurait écrit comme un commentaire explicatif des Annales des Printemps et des Automnes. Cependant, il couvre une période plus longue que les Annales des Printemps et des Autommnes (jusqu'en -468), fait référence à des évènements non mentionnés dans celles-ci, et est manifestement d'une structure qui dépasse le simple commentaire.
Aussi a-t-il été considéré successivement
- Comme un faux tardif du début du premier siècle ap. J.-C. (Liu Fenglu)
- Comme une compilation du second siècle av. J.-C. d'un commentaire original des Annales des Printemps et des Automnes, et de documents provenant d'autres royaumes (Hung, Maspero)
- Comme une œuvre du milieu de la Période des Royaumes Combattants, postérieure à Zuo Qiuming (Karlgren, Yang Bojun).
La majorité des historiens modernes souscrivent à cette dernière théorie, et considèrent que le Zuo Zhuan a été compilé au IVe siècle av. J.‑C..
Aujourd'hui publié accompagné des Annales des Printemps et des Automnes, le Zuo Zhuan était à l'origine un œuvre indépendante. Son intercalation dans le texte des Annales est attribuée à Du Yu (222-284). Il comporte des éléments de natures différentes.
- Une chronique de l'État de Lu, parfois légèrement différente de celle des Annales des Printemps et des Automnes.
- Des entrées supplémentaires, de type « annales », mais portant sur des États ou des évènements étrangers aux Annales des Printemps et des Automnes, qui proviendraient d'annales d'autres pays.
- Des commentaires de diverses natures : tantôt explications relatives au texte des annales, tantôt commentaire moralisant de ce texte, tantôt commentaire rituel...
- Des fragments supplémentaires, ou des anecdotes relatives aux évènements, généralement présentées sous formes de dialogues ou de discours, parfois de narrations. Ces anecdotes forment la partie la plus importante, et la plus intéressante, de l'œuvre.