Solal

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Solal est le premier roman d’Albert Cohen publié aux éditions Gallimard en 1930.

Genèse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Cette œuvre offrira par la suite une rente mensuelle à l’auteur censée l’encourager dans la rédaction d’un nouveau manuscrit, pressenti comme « la suite ». Ce sera Mangeclous, chef-d’œuvre de dérision et d’humour, paradoxalement écrit pendant qu'Albert Cohen traversait l’une des périodes les plus mélancoliques de sa vie.

Solal est considéré comme le premier opus de la tétralogie des Valeureux. Suivent Mangeclous (1938), Belle du Seigneur (1968), œuvre majeure de Cohen, et enfin Les Valeureux (1969). La bibliothèque de la Pléiade semble nous entretenir dans la confusion en éditant Belle du Seigneur indépendamment du reste de la tétralogie.

Résumé[modifier | modifier le code]

Solal, jeune enfant de Céphalonie (île grecque) séduit Adrienne, la femme du consul de France. Créant l'embarras dans son entourage, Solal décide de quitter son île pour rejoindre Marseille puis Paris, où il épousera Aude, la fille du premier ministre et deviendra ainsi à son tour, par intrigue et culot, ministre du travail. Son oncle Saltiel ira à sa rencontre pour lui permettre de revoir son père, à qui Solal doit des excuses. Propriétaire d'un château à deux heures de Paris, il aménage ses caves de façon à accueillir une partie de la population juive de sa Céphalonie natale. Il tentera vainement d’initier sa femme au respect des traditions juives. Défait de son ministère, répudié par l’État français, Solal mettra fin à ses jours et ressuscitera tel un dieu ancien, Solaire.

Analyse[modifier | modifier le code]

Solal est un jeune garçon qui nourrit une ambition pantagruélique, ayant un rapport particulier avec les femmes, sans pour autant s’attirer les ressemblances avec Georges Duroy, le héros créé par Maupassant pour Bel-Ami. Charles Dantzig dira de Solal dans son Dictionnaire égoïste de la littérature française (Grasset, 2005) que c’est « le plus grand emmerdeur de la littérature […] il est moche, il est idiot, il rate absolument tout, il n'a absoument aucun talent avec la gent féminine, par ailleurs, il n'est jamais content et râle tout le temps.».

Personnage récurrent des Valeureux, Solal est une force vive de jeunesse, opportuniste en tout mais résolu à rien. Ses frasques amoureuses seront les trames principales des différentes œuvres, par lesquelles son caractère aura raison d’un bonheur feint. « Les femmes, pour peu qu’elles vous aiment, oublient que vous êtes juif ». De ce postulat de Cohen, Solal tire toute la puissance et, en conséquence, tout le tragique de ses amours.

En effet, tout au long de sa vie Solal sera le séducteur juif, sulfureux, dans un monde de chrétiens. Reniant sa foi, puis l'exacerbant jusqu'au mépris envers ses femmes, amantes, maîtresses, courtisanes.

Le poste qu'occupe Solal à la Société des Nations n'est pas sans rappeler la carrière même d'Albert Cohen. De brillantes études à l'Université de Genève et un passeport diplomatique par la suite. Solal sera écrit pendant les longues après-midi du fonctionnaire Cohen, qui sera suffisamment studieux « [...] pour abattre le matin tout le travail d'une journée ». Les scènes particulièrement savoureuses qui dépeignent ces grands dignitaires de la diplomatie mondiale font partie des grandes créations d’Albert Cohen, saluées par tous pour leur ironie implacable et juste.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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