Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad

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Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad
Idéologie défense des intérêts toubou
Statut Division en plusieurs factions, certaines ralliées aux accords de paix
Fondation
Date de formation 1998
Fondé par Youssouf Togoïmi
Pays d'origine Drapeau de la Somalie Somalie
Actions
Zone d'opération Drapeau du Tchad Tchad
Période d'activité 1990-aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Youssouf Togoïmi
Adam Togoï
Hassan Abdallah Mardigué
Aboubakar Choua Dazi
Membres Entre 300 (1999) et 1 500 (2000)

Le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT) est un mouvement politico-militaire tchadien fondé fin décembre 1998 par l'ancien Ministre de l'Intérieur Youssouf Togoïmi pour fédérer l'opposition toubou au régime du président Idriss Déby Itno.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir de 1996, un mouvement de contestation naît chez les Toubou du Tibesti contre le régime en place, accusé de favoriser les Bideyat et les Zaghawa. Nommé Ministre de l'Intérieur en avril 1997, Youssouf Togoïmi, lui-même toubou du Tibesti, refuse d'en organiser la répression. Il rompt alors avec Idriss Déby au mois de juin et est placé au arrêt. Alors que la révolte s'étend dans le nord du pays, le gouvernement craint que Youssouf Togoïmi prenne sa tête et tente de l'éloigner de la scène politique. Au mois d'octobre 1998, celui-ci s'enfuit de la capitale, N'Djamena, pour rejoindre le Borkou-Ennedi-Tibesti. À la fin de l'année, pour organiser les révoltés qui ont pris les armes, Youssouf Togoïmi fonde le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad. Recrutant principalement auprès des Toubous du Tibesti, il va peu à peu intégrer des Toubou du Niger et du Fezzan, réunissant autour de 300 hommes en 1999[1],[2].

Après une série de succès militaires en 1999, le MDJT subit une contre-offensive de l'armée tchadienne en février 2000, perdant 50 de ses membres. Ses succès durant l'été lui permet de recruter 500 nouveaux militants et rapidement jusqu'à 1 500, les observateurs prévoiyant alors une rapide chute du régime d'Idriss Déby. Pourtant, le MDJT ne saisit pas l'occasion et le conflit s'enlise. La Libye, qui soutient partiellement le mouvement, pousse à des négociations avec le gouvernement. Le 7 janvier 2002 est signé l'accord de Tripoli entre Abderahman Moussa et Adam Togoï, accord de cessez-le-feu ne permettant guère d'avancées du processus de paix selon les observateurs[2],[3].

Au mois d'août 2002, Youssouf Togoïmi est blessé ou meurt dans l'explosion d'une mine. L'annonce de sa mort le 24 septembre fait naître des tensions au sein de l'organisation. De nombreux membres se rendent aux autorités ou rejoignent le camp d'Idriss Déby, faisant chuter les effectifs de l'organisation à 200 à la fin de l'année. Plusieurs chefs s'affrontent : Adam Togoï (soutenu par la Libye), Hassan Abdallah Mardigué, Youssouf Barkai,… Tentant de prendre le contrôle du MDJT lors d'un congrès en Libye en juillet 2003, Adam Togoï est désavoué par le Haut Commandement militaire présidé par Hassan Mardigué. Au mois d'août, un nouveau congrès est organisé dans le Tibesti qui porte à la tête de l'organisation (ne regroupant plus qu'une cinquantaine de combattants) Hassan Mardigué. Le 14 décembre 2003, Adam Togoï signe un accord avec le gouvernement et rejoint N'Djamena. L'Union des forces pour le changement est fondé en mars 2004 pour fédérer le MDJT, le Mouvement pour la démocratie et le développement, le Conseil démocratique révolutionnaire, le Front démocratique populaire, le Front populaire pour la renaissance nationale et le Mouvement pour l'unité et la République. Le MDJT est à partir de 2004 de moins en moins actif militairement[2].

En 2004, le MDJT arrête des membres du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (dont Abderezak El Para) dans le Tibesti en fuite depuis le milieu de l'année 2003 à travers l'Algérie, le Mali et le Niger. Après plusieurs mois de négociations et malgré les menaces du GSPC, le mouvement livre ses prisonniers à la Libye à l'automne 2004[2].

Le 18 août 2005, Hassan Mardigué signe un accord de ralliement avec le gouvernement sous la médiation de la France, comprenant une amnistie générale et une intégration du MDJT à l'armée et à l'administration. Aboubakar Choua Dazi dénonce cet accord[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 928
  2. a, b, c et d Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Les Nouveaux Mondes rebelles, Paris, Éditions Michalon,‎ 2005, 500 p. (ISBN 2841862488), p. 170-175
  3. « Accord de "réconciliation" entre le MDJT et N'Djamena », sur afrique-express.com,‎ janvier 2002 (consulté le 3 mars 2011)
  4. Immigration and Refugee Board of Canada, « Tchad : situation des membres du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT) et des proches du feu Youssouf Togoïme (famille, amis gardes du corps), y compris leur traitement par les autorités gouvernementales; information sur l'accord de paix signé en décembre 2003 entre le gouvernement et le MDJT et sa mise en pratique par les deux parties (septembre 2002-août 2005) », sur unhcr.org,‎ septembre 2005 (consulté le 3 mars 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]