Melchior Hoffman

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Melchior Hoffman

Les origines du mouvement anabaptiste dans le nord de l’Europe se trouvent dans l’action de Melchior Hoffman(n) (né à Schwäbisch Hall[1], prob. en 1498[2]-1543)[3]. Celui-ci apparaît pour la première fois en 1523 en Livonie (dans les actuels Pays baltes) comme négociant en fourrures[1]. À partir de 1527, ses sermons dans la ville de Wittenberg sur le chap. XII du livre de Daniel prennent un tour apocalyptique[1]. Invité au Danemark par Christian Ier, il commence à attaquer la doctrine luthérienne de la présence réelle. Ses idées sont condamnées lors de la disputation de Flensburg en 1529, ce qui le force à fuir[1].

Hoffman se rend à Strasbourg, mais même là-bas ses idées radicales sont rejetées[1]. Hoffman tourne donc le dos à la Réforme « traditionnelle » À cette période, il est influencé par les Anabaptistes spiritualistes menés par Hans Denck et par les « Prophètes de Strasbourg. » Sous leur influence, il commence à parler avec exaltation de la « parole intérieure », de la libre volonté, et de la grâce qui est sur tous les hommes. Il commence également à faire une différence entre deux types de justification : l’effacement du péché originel par la mort rédemptrice du Christ, et la justification donnée par l’Esprit Saint, par laquelle on peut atteindre la perfection[4].

Il développe une doctrine sur la « céleste chair du Christ », selon laquelle le Christ est passé par Marie comme de l’eau par une passoire. Le changement le plus important dans sa doctrine fut le développement de sa pensée sur l’Apocalypse. Il affirmait que le retour du Christ était imminent, et qu’il devait être préparé par une purification du monde. Hoffman finit par se considérer comme un nouvel Elie et commença à prédire le retour du Christ à Strasbourg pour 1533. Dans les années 1530, il fait des aller-retour réguliers entre Strasbourg et la Frise où il baptise plus de trois cents personnes. Les persécutions commencent à atteindre les anabaptistes dans cette région. Par ailleurs, Hoffman est régulièrement expulsé de Strasbourg.

Au printemps 1533, il retourne encore une fois dans cette ville, pour attendre la venue du Christ. Mais le conseil de la ville voit ses prédictions comme une menace de révolution, et Hoffman est emprisonné[1]. La ernière mention d'un emprisonnement porte la date du 19 avril 1543[1].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) « Melchior Hoffman », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne]
  2. D'après F. O. zur Linden, M. Hofmann, ein Prophet der Wiedertäufer,‎ 1885
  3. D'après Georges Casalis, Protestantisme, Paris, éditions Larousse, coll. « Encyclopédie Larousse »,‎ 1976 (ISBN 2-03-001006-5), « 6 Anabaptisme », p. 154
  4. G. Herrmann, « Essai sur la vie et les écrits de M. Hofmann » (1852)