Le Pont de la rivière Kwaï (roman)

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Le pont de la rivière Kwai
Image illustrative de l'article Le Pont de la rivière Kwaï (roman)
Le pont sur la rivière Kwaï à Kanchanaburi.

Auteur Pierre Boulle
Genre Guerre
Pays d'origine France
Éditeur éditions Julliard
Date de parution 1952
Nombre de pages 218

Le Pont de la rivière Kwai est un roman de Pierre Boulle, dont l'histoire se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a été porté à l'écran par David Lean en 1957 (produit par Sam Spiegel, avec Alec Guinness).

Il retrace la souffrance des soldats alliés prisonniers, obligés par les Japonais de construire une ligne de chemin de fer de 415 kilomètres de long pour relier la Thaïlande à la Birmanie, alors que les Japonais occupaient cette zone. Cette liaison a été surnommée « voie ferrée de la mort » car elle a coûté la vie à des dizaines de milliers de travailleurs enrôlés de force, dont 16 000 prisonniers de guerre alliés réduits en esclavage. Près d'un quart des hommes enrôlés dans ces travaux succombèrent d'épuisement et de maladies (choléra, malaria et dysenterie). Le point sensible était la construction d'un pont sur la rivière Kwae Yai, dont la première version en bois a été terminée le à Kanchanaburi. C'est autour de ce point historique que Pierre Boulle articule son récit.

Les faits historiques[modifier | modifier le code]

Le pont sur la rivière Kwaï a réellement existé et a été reconstruit depuis. Il s'agit d'un pont construit en Thaïlande à Kanchanaburi sous les ordres de l'armée impériale japonaise, dans le cadre d'une ligne de chemin de fer nord-sud construite entre la Birmanie et les côtes thaïlandaises afin d'acheminer des matières premières nécessaires pour l'effort de guerre du Japon. La Thaïlande était alors alliée diplomatique du Japon et partie intégrante de la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale.

En revanche, grâce aux mouvements de résistance thaï, les alliés furent informés du projet et de la situation précise du pont, qui fut plusieurs fois bombardé, plusieurs milliers de prisonniers de guerre alliés (et dizaines de milliers de travailleurs thaïlandais) trouvant d'ailleurs la mort dans ces bombardements en plus des morts que comporte tout chantier de construction de cette ampleur. Le pont a été remis en service à la fin de la guerre et se visite encore aujourd'hui.

Le livre[modifier | modifier le code]

Il a été en partie inspiré par les souvenirs de Pierre Boulle lorsque celui-ci a vécu dans la région, ainsi que de témoignages qu’il a pu recueillir. Pierre Boulle a créé le personnage de Nicholson à partir de ses souvenirs des officiers français en Indochine. L’histoire, en revanche, a été très fortement romancée et n’a plus grand rapport avec la réalité historique. Elle n’y prétend d’ailleurs pas.

Le livre parle de la captivité des Britanniques par les Japonais et raconte plusieurs choses dont il est impossible qu’elles se fussent passées. Par exemple, le colonel Nicholson est capable de convaincre ses anciens subordonnés de ne pas travailler et ceux-ci l’écoutent malgré la torture subie aux mains des Japonais. Ils sabotent le pont et retardent ainsi le début des travaux.

Prix[modifier | modifier le code]

Le film[modifier | modifier le code]

Concept[modifier | modifier le code]

L'essentiel du livre et du film est de démontrer comment, sous prétexte de discipline et de morale, on peut tomber dans la collaboration avec l'ennemi. Il est clair que ce pont avait une valeur stratégique énorme. Dans le cadre de la IIe guerre mondiale contre l'Axe (l'Allemagne nazie, le Japon et l'Italie), ce pont ne pouvait être construit. Dans son roman, Pierre Boulle fait comprendre que les soldats n'avaient évidemment pas d'autre choix que de construire ce pont, mais il ne fallait pas faire de l'excès de zèle, comme le colonel Nicholson, et même ralentir ce projet de construction.

Des questions morales sont très bien posées et dans le film et dans le livre : par exemple, la discipline est-elle un but ou un moyen ? Jusqu'où va l'obéissance ?

David Lean a articulé son film sur la personnalité très britannique du colonel Nicholson et sur une description quelque peu édulcorée de la brutalité des officiers japonais envers les combattants ennemis qui, en pratique, « perdaient la face » et leur humanité après avoir accepté de se rendre.

Le film commence par une séquence où Nicholson se montre inflexible sur le fait que ses officiers n'ont pas à participer aux activités de chantiers en vertu de la convention de Genève, dont il porte un exemplaire sur lui. Le colonel japonais Saïto, humilié par ce rappel, décide de briser Nicholson.

Il s'avère pourtant rapidement que les travaux du pont n'avancent pas si Nicholson ne prend pas en main le commandement du projet. Au moment du suicide (Seppuku) de l'ingénieur japonais ayant failli à sa mission, Saïto change donc d'approche : arrêtant toute brimade envers Nicholson, il laisse entendre au cours d'une discussion cette fois-ci entre officiers que ce sont les Britanniques qui sont incapables de mener à bien un tel projet.

Aussi évident que soit le piège, la fierté de Nicholson est piquée au vif : il va montrer à Saïto que des Britanniques, eux, sont capables de construire le pont dans les délais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]