Le Perroquet de Flaubert

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Le Perroquet de Flaubert
Auteur Julian Barnes
Genre Roman
Version originale
Titre original Flaubert's Parrot
Éditeur original Jonathan Cape
Langue originale anglais
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 1984
Version française
Traducteur Jean Guiloineau
Lieu de parution Paris
Éditeur Stock
Collection Bibliothèque Cosmopolite
Date de parution 1986
ISBN 2234052130
Chronologie
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Le Perroquet de Flaubert est le titre français du roman de Julian Barnes qui est paru sous le titre original de Flaubert's Parrot en 1984, et pour lequel Barnes se vit sélectionné pour le Booker Prize la même année et gagna le Geoffrey Faber Memorial Prize l'année suivante. En France, il remporta le prix Médicis essai en 1986[1]. Le roman suit l'amateur retraité Geoffrey Braithwaite dans sa quête du perroquet empaillé ayant inspiré Gustave Flaubert lors de la rédaction du conte Un cœur simple. L'intrigue principale laisse cependant une large place aux réflexions du veuf sur la vie de Flaubert et la sienne propre.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le roman écrit principalement à la première personne suit l'ancien médecin désormais retraité et veuf Geoffrey Braithwaite dans son pèlerinage à travers Rouen, Croisset et d´autres de lieux de résidence de Flaubert, à la recherche de nouvelles informations sur la vie de son auteur favori. Lors de la visite de deux musées différents consacrés à sa vie, il constate que chacun des deux établissements revendique la possession du perroquet lui ayant supposément servi lors de la rédaction du conte Un Coeur simple, dans lequel un perroquet est longuement décrit. Braithwaite veut tirer cette affaire au clair et découvrir lequel des deux perroquets servit de modèle à l´écrivain de Croisset. Au terme de ses investigations, il apprend que non seulement le perroquet original pouvait être l´un des deux revendiqués, mais aussi cinquante autres se trouvant dans la réserve de l´Hôtel-Dieu de Rouen où Flaubert l´avait emprunté quelque temps.

Si la trame principale est assez simple, de nombreuses digressions sur la vie de Flaubert ainsi que celle du narrateur constituent l´essentiel du roman. Braithwaite tente de donner une forme objective à ses observations sur son écrivain fétiche et son oeuvre, mais n´y parvient guère et démontre plutôt son amateurisme. A travers cette subjectivité refoulée, le lecteur en apprend davantage sur Braithwaite et particulierement sur les raisons de sa fascination pour cet auteur mort depuis un bon siècle. Cette quête maniaque semble combler un vide: le deuil de sa femme, dont la cause de la mort demeure jusqu´à la fin du livre obscure, ce qui nourrit un sentiment de méfiance à l´égard du narrateur[2].

Thèmes[modifier | modifier le code]

Le roman se fait l´écho de nombreuses théories postmodernes déclinées sur un mode humoristique. La polémique autour de "la mort de l´auteur" de Roland Barthes est l´une des influences indubitables du roman: le narrateur se demande dès la deuxième page pourquoi il cherche à retrouver dans la vie de Flaubert ce qu´il a appris à travers ses romans, alors que ce dernier professait la totale indépendance du texte vis-à-vis de son auteur[3].

Le second thème postmoderne concerne le traitement de la subjectivité et la multiplication des points de vue. On trouve par exemple dans le deuxième chapitre une triple chronologie de la vie de Flaubert. Alors que la première version de la biographie est extrêmement positive et laudative, la seconde est marquée par un excès opposé de pessimisme et de négativité. La troisième version est une série de citations que le lecteur présume être de Flaubert, et dont l´incongruité alliée à la partialité du choix des citations achèvent de discréditer le sérieux[4].

Un dernier aspect typique de l´écriture postmoderne est le jeu avec la métafiction. Le roman en tant que fiction fait ainsi usage d´un personnage réel (Flaubert) , mais mêle à la fois des éléments de sa vie réelle, de sa vie imaginaire à travers les lettres qu´il envoya à ses amis, et ce celle des personnages de ses romans avec lequel il s´identifiait souvent (le fameux "Madame Bovary, c´est moi!"). Chacun des éléments se trouve si imbriqué dans les autres que le lecteur se voit forcé de prendre une distance critique avec les allégations de Braithwaite. A travers ce personnage excentrique, on pourrait aussi retrouver la patte de l´autobiographie, puisque Julian Barthes a écrit de nombreux articles[5] sur cet écrivain dont il est au moins aussi passionné que son personnage de fiction[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MÉDICIS ESSAI : Julian Barnes pour " le Perroquet de Flaubert " dans Le Monde du 25 novembre 1986.
  2. Higdon, David Leon. " 'Unconfessed Confessions': the Narrators of Graham Swift and Julian Barnes." The British and Irish Novel Since 1960. Ed. James Acheson. Houndsmill: Macmillan, 1991. 174-91.)
  3. Bell, William. "Not Altogether a Tomb. Julian Barnes: Flaubert's Parrot." Imitating Art: Essays in Biography. Ed. David Ellis. London: Pluto Press, 1993. 149-173.
  4. Petit, Michel. "'Gourstave Flaubear': L'Intertextualite contrastive comme procede metafictionnel dansFlaubert's Parrot de Julian Barnes." IN Max Duperray, ed. Historicite et metafiction dans le roman contemporain des Iles Britanniques. Aix en Provence: Univ. de Provence, 1994. p. 121-37.
  5. http://www.julianbarnes.com/essays.html
  6. Hutcheon, Linda. Narcissistic Narrative: The Metafictional Paradox. Waterloo, Ontario: Wilfrid Laurier University Press, 1980. 169p.

Liens externes[modifier | modifier le code]