Le Grondement de la montagne (film, 1954)

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Le Grondement de la montagne

Description de cette image, également commentée ci-après

Affiche japonaise du film

Titre original Yama no oto
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Yoko Mizuki
d'après le roman de Yasunari Kawabata
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Sortie 1954
Durée 94 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Grondement de la montagne (titre original : Yama no oto) est un film japonais réalisé par Mikio Naruse et sorti en 1954. Le film est une adaptation du roman éponyme de Yasunari Kawabata, publié la même année.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Shûichi Ogata, mariée à Kikuko, vit avec elle chez ses parents. Il travaille également dans l'entreprise que dirige son père. Les rapports entre les quatre personnes - la mère, le père, le fils et la bru - sont plutôt compliqués et ambigus. Le fils délaisse et trompe son épouse avec Kinuko qu'il compare à un "torrent", alors que sa femme serait "semblable à un lac". Shingo, le père, adore, quant à lui, sa bru pour laquelle il multiplie amabilités et prévenances, provoquant la jalousie dissimulée de Yasuko, sa propre femme. Pourtant, alors qu'il accompagne Kikuko, qui prétexte se rendre à l'hôpital pour visiter une amie, il déclare qu'elle et Shûishi feraient mieux d'avoir leur propre logement. Plus tard, Shûichi révèle à son père que Kikuko s'est rendue à l'hôpital afin de se faire avorter, parce qu'elle refusait d'avoir un enfant de lui. Une violente dispute s'ensuit entre Shingo et son fils. Après de vaines démarches auprès de la maîtresse de Shûichi, Shingo rentre chez lui en état d'ivresse. Il reçoit enfin un appel téléphonique de Kikuko, sa bru, qui lui donne rendez-vous au Parc impérial. Là, au cours d'une scène émouvante, Shingo demande à Kikuko de réfléchir avant de prendre la décision de quitter son fils. Puis, il annonce sa volonté de se retirer avec sa femme dans leur maison de campagne afin d'y attendre paisiblement la mort...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

À propos du film, Jean Narboni confie : « Il est difficile d'oublier la surprise d'abord, puis le trouble ressentis devant la dernière scène du Grondement de la montagne » dans laquelle le vieux Shingo a rendez-vous avec Kikuko, sa belle-fille adorée, dans l'ancien Parc impérial de Shinjuku à Tôkyô. Alors que celle-ci lui communique son désir de rompre avec son fils, Shingo lui annonce, pour sa part, sa volonté de se retirer dans sa maison de montagne, en compagnie de son épouse, et ce jusqu'à son ultime soupir. Shingo a désormais conscience que les sentiments équivoques qu'il éprouve à l'endroit de sa bru et la cohabitation du couple avec celui des beaux-parents n'ont fait qu'accroître le malaise et l'incompréhension entre les jeunes époux. Il s'adresse à Kikuko en des termes qui, pour être ceux d'un beau-père prévenant, pourraient être également « ceux d'un mari à sa femme au moment de leur séparation. » (J. Narboni, in: Mikio Naruse : Les Temps incertains, Cahiers du cinéma/Auteurs, 2006)

Cette scène où se mêlent « la fatigue, la tristesse des séparations, le froid du soir qui monte, le frémissement des visages, les larmes mal réfrénées de Kikuko, les regards qui échappent un bref instant à la conversation pour effleurer un couple d'amoureux ou une famille qui flânent dans le parc presque désert, font vibrer la scène de mille impressions fugitives. » (J. Narboni, op. cité)

Mais, le meilleur semble atteint lorsque Shingo s'étonne que le parc soit si vaste. Kikuko, après avoir été réprimandée pour ses pleurs (signe de l'hostilité viscérale du cinéaste à l'égard des films larmoyants), lui répond alors : « Vaste ? Une vista bien conçue fait paraître les choses plus grandes. » Le beau-père interroge alors la bru : « Une vista ? » et celle-ci de rétorquer : « Vous ne savez pas ? Cela veut dire perspective. » Et, là Mikio Naruse joint le geste à la parole : la caméra recule et inscrit les deux personnages, interprétés par Setsuko Hara et Sō Yamamura, au centre de la pelouse.

Placé à la fin du film, cet épisode, présent dans le roman de Yasunari Kawabata, « révèle un Naruse au plus loin du confinement et de la courte vue. » (J. Narboni, op. cité)

Notes et références[modifier | modifier le code]