La Mère (film, 1952)

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La Mère (titre original : Okaasan) est un film japonais, réalisé en 1952 par Mikio Naruse.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La vie quotidienne de la famille Fukuhara dans un quartier populaire de Tokyo. Elle va pouvoir enfin rouvrir sa blanchisserie incendiée pendant la guerre. Mais elle est accablée par le malheur : le fils Susumo, employé jusque-là dans une fabrique de velours tombe malade et finit par mourir. Le père, Ryosuke commence, lui aussi, à souffrir d'une affection oculaire. Un ami, Kimura, appelé l'« oncle » Kimura, se propose de leur venir en aide. La mère, Masako ne cesse, pour sa part, de travailler. Malgré l'aggravation de sa maladie, Ryosuke refuse d'entrer à l'hôpital afin de ne pas compromettre le redémarrage de la blanchisserie. Or, un soir, à l'heure du dîner, après une violente crise de toux, Ryosuke meurt. Après les funérailles, des voisines remettent de l'argent collecté à Masako. Puis, un couple de parents, qui a lui-même perdu un fils, manifestent leur désir d'adopter sa fille cadette, Chako. Masako, résignée, accepte la proposition et annonce à la petite fille qu'elle aura de nouveaux parents... Toshiko, la sœur aînée, narratrice du film, est bouleversée et tente vainement de garder Chako au foyer. Pourtant, celle-ci s'est adaptée, désormais, à l'idée d'aller vivre dans une autre famille. L'« oncle » Kimura fait ses adieux à Masako (« la mère ») qui se prépare à une vie solitaire, car Toshiko, la fille aînée se marie bientôt. Celle-ci souhaite à sa mère une « vie longue et heureuse ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre original : Okaasan
  • Titre français : La Mère
  • Réalisation : Mikio Naruse
  • Scénario original : Yoko Mizuki
  • Photographie : Hiroshi Suzuki, noir et blanc
  • Décors : Masatoshi Kato
  • Musique : Ichiro Saito
  • Montage : Hidetoshi Kasama
  • Production : Ichiro Nagashima pour la Shintōhō
  • Durée : 97 minutes
  • Pays d'origine : Drapeau du Japon Japon
  • Année de réalisation : 1952
  • Genre : Film dramatique

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Sorti à Paris fin 1954, Okaasan (La Mère) fut, durant de nombreuses années, le seul film de Mikio Naruse connu par le public français.

La redécouverte et la consécration ultérieure du cinéaste japonais, favorisées par la présentation à la Cinémathèque française, au début de l'année 2001, de 37 de ses 89 films, ont eu pour conséquence de relativiser la valeur d' Okaasan.

Or, selon Jean Narboni, auteur d'un ouvrage consacré à Mikio Naruse, le film ne doit pas être sous-estimé. Il appartient, dit-il, « à la période peut-être la plus riche de l'œuvre de Naruse, et s'inscrit entre deux chefs-d'œuvre incontestés Le Repas (1951) et L'Éclair (1952). Cette chronique des épreuves répétées et des rares occasions de joie que connaît une famille de blanchisseurs pauvres avait tout pour virer au mélodrame le plus accablant de bons sentiments. (...) Mais le film emporte dans son cours égal cette suite d'épreuves, il maintient dans un registre sourd les événements de toute nature, échappant cependant à la froideur du constat par l'adoption du point de vue sensible de la narratrice (la fille aînée de Masako). »

À titre d'exemple, existe t-il « situation plus difficile à filmer sans pathos que le moment où une petite fille fait ses adieux à sa famille avant d'aller vivre chez un couple sans enfant ? (...) », poursuit Jean Narboni. (in : Mikio Naruse, les temps incertains, Cahiers du cinéma/auteurs)

Il signale également, à notre attention, la scène où l'enfant regarde un bref moment le portrait de sa mère et le range posément dans un tiroir. « Rarement la cruauté innocente et la vitesse d'oubli d'un enfant auront été inscrites avec plus de concision que dans ce film, dont le rythme vif mais mesuré capte constamment chez ses personnages la labilité des humeurs. » (J. Narboni, op. cité)

Notons aussi la prestation de l'actrice Kinuyo Tanaka, héroïne, la même année, du film de Kenji Mizoguchi : La Vie d'O'Haru femme galante.

Notes et références[modifier | modifier le code]