Kabuki-za

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Kabuki-za

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Le Kabuki-za (2013)

Lieu Tokyo, Ginza
Drapeau du Japon Japon
Coordonnées 35° 40′ 10″ Nord 139° 46′ 05″ Est / 35.6695, 139.768
Inauguration 21 novembre 1889
Fermeture avril 2010
Capacité 1 600 spectateurs

Le Kabuki-za (歌舞伎座?) est le plus fameux théâtre de kabuki à Tokyo. Il est géré par la société Shōchiku.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est inauguré le 21 novembre 1889 dans le quartier de Ginza, et tout de suite considéré comme un lieu de référence en matière de kabuki. C'est un bâtiment de deux étages dont l’extérieur est de style occidental, et l’intérieur en cyprès du Japon et de style japonais[1]. En 1911, il fait l’objet de travaux très importants qui donnent à l’extérieur un style japonais[1]. Cette deuxième version du Kabuki-za brûle entièrement dans un incendie en 1921[1].

Le Kabuki-za en 1923, après le tremblement de terre de Kantō.

Il est reconstruit en 1923 par Shin'ichirō Okada (岡田 信一郎?), qui s'inspire du style de l’époque Azuchi-Momoyama (1568-1603), notamment pour ses grands toits incurvés à pignon (破風, hafu?)[1]. L'intérieur est cependant fortement endommagé par un incendie dû au terrible séisme de 1923 de Kantō, qui fit plus de 100 000 victimes ; il est finalement inauguré en 1924[1].

Le Kabuki-za en 2010.

Le Kabuki-za est de nouveau brûlé en 1945 à la suite des bombardements américains[1]. Isoya Yoshida (1894-1974) achève sa reconstruction à l'identique en 1951, en s'inspirant du style sukiya-zukuri, apparu dans l’architecture des pavillons de thé à la fin de l'époque Azuchi-Momoyama[1]. Il pouvait accueillir 1 600 spectateurs. La salle est détruite en avril 2010, ne respectant pas les normes de résistance sismique japonaises[2].

Elle est reconstruite de 2010 à 2013 aux premiers étages d'un nouveau gratte-ciel sur le même site, en reprenant certains éléments de façade existants[3]. Le bâtiment est conçu par Kengo Kuma, s’inspirant aussi du style de l’époque Azuchi-Momoyama[1]. Cette cinquième version du Kabuki-za ouvre le 2 avril 2013, après une semaine de célébrations[4]. Le théâtre communique directement avec la station de métro Higashi Ginza, située au deuxième sous-sol de l’édifice[1].

Description[modifier | modifier le code]

La nouvelle salle forme les cinq premiers étages, ainsi que deux sous-sols, d'un gratte-ciel de 29 étages. Elle peut recevoir 2 000 personnes[5],[6]. L'entrée est faite d'un grand vestibule (大間, ōma?) dont le sol est recouvert d’une moquette rouge vif avec des piliers rouge sombre encadrés par des panneaux de brocart provenant du quartier des tisserands de Nishijin (en) à Kyoto, et d'une guirlande de lanternes rouges en papier blanc[1]. Le quatrième étage propose une galerie et un jardin regroupant des objets historiques du théâtre kabuki[1].

Les dimensions de la scène sont identiques à celle de la version précédente : le plateau mesure 27,5 mètres de longueur sur 6,4 mètres de hauteur et la partie circulaire mobile de la scène mawari butai (回り舞台?) a toujours 18,2 mètres de diamètre[1]. Une passerelle perpendiculaire à la scène, appelée hanamichi (花道?, chemin des fleurs) prolonge celle-ci entre les sièges sur 18,2 mètres de long[1]. Le rideau de scène mérite une attention particulière : il n'utilise que les trois couleurs ancestrales des décors du kabuki, le noir, le vert et l'orangé, manifestant le respect des traditions japonaises.

Outre la mise aux normes anti-sismiques, des écrans ont été installés sur les sièges, offrant des explications et des sous-titres, et la fosse fait désormais 16,45 mètres[6]. La salle contient 1 808 sièges répartis sur trois niveaux : orchestre, premier balcon et deuxième balcon. Il comporte aussi un troisième balcon doté de 96 places à prix réduit « pour voir un seul acte » (一幕見席, hitomaku-miseki?)[1].

Représentations[modifier | modifier le code]

Le répertoire du Kabuki-za comporte des pièces mythologiques, historiques et pièces d'amour. Les pièces les plus célèbres sont Funabenkei, Suicide amoureux à Amujima et Moritsuna jinya no dan (Le Quartier général de Moritsuna).

Les représentations ont lieu presque quotidiennement, elles débutent en fin de matinée, jusqu'au soir. Le programme est composé dans la journée d'actes de pièces célèbres, entrecoupés de scènes dansées extraites d'autres pièces, et le soir d'une pièce entière. Mais il est possible, si l'on ne veut pas passer toute la journée au spectacle, de ne prendre un billet que pour un seul acte, ou une seule danse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Jun Katō, « Le « Kabukiza V » de Ginza, entre tradition et modernité », Nippon.com, le 17 juin 2013
  2. Olivier Faure, « Théâtre de Tokyo, la dernière séance », sur L'Express,‎ 21 avril 2010 (consulté le 22 avril 2010)
  3. (en) Shingo Ito, « Japan says 'sayonara' to Tokyo's kabuki theatre », sur Google News, AFP,‎ 21 avril 2010 (consulté le 22 avril 2010)
  4. Japon: les maîtres du kabuki fêtent la réouverture du théâtre Kabukiza, AFP sur Google News, le 27 mars 2013
  5. (ja) Guide, site officiel, consulté le 2 avril 2013
  6. a et b (en) Japan's famous Kabuki theatre re-opens with fanfare, AFP sur Google News, le 2 avril 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

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