Jumping the shark

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Dans le jargon anglais des États-Unis, on emploie le terme jumping the shark (littéralement « sauter par-dessus le requin ») pour parler du moment où une série télévisée baisse notablement en qualité.

Origines[modifier | modifier le code]

Le terme vient de la série télévisée américaine Happy Days. Dans l'épisode Hollywood (diffusé pour la première fois en 1977), le personnage de Fonzie fait du ski nautique dans un bassin d'eau à l'intérieur duquel un requin nage. Il saute par-dessus l'animal sous les acclamations du public. Lorsque les spectateurs ont vu cette scène, ils se sont rendu compte que la série avait beaucoup perdu en crédibilité.

Avant même que l'expression « jumping the shark » n'ait existé, cet épisode a souvent été cité en exemple comme une série télévisée qui devient « n'importe quoi » à force de durer trop longtemps. Du moins, c'est la perception a posteriori qu'en ont eu les gens.

En effet, on a commencé à parler de cet épisode seulement plusieurs années après la fin de la série alors que le grand public n'en avait plus qu'un souvenir partiel. En fait, ce 91e épisode avait été un franc succès et n'avait aucunement été un signe de l'essoufflement de la série, qui d'ailleurs produisit encore 164 épisodes de plus[1]. L'expression a en fait été créé par Sean Connolly en 1987 lors d'une discussion avec d'autres étudiants de l'Université du Michigan, dont Jon Hein qui popularisa l'expression beaucoup plus tard alors qu'il était animateur de radio.

Raisons[modifier | modifier le code]

L'intérêt de la plupart des séries télévisées, surtout si celles-ci se poursuivent durant de nombreuses saisons, finit tôt ou tard par s'essouffler, ce qui conduit les auteurs de la série à introduire de nouveaux éléments afin de tenter de renouveler l'intérêt de celle-ci.

L'expression jumping the shark désigne le point auquel les interventions des auteurs pour maintenir l'intérêt de la série deviennent tellement outrancières qu'elles en deviennent grotesques (par exemple faire sauter le personnage principal par dessus un requin en ski nautique comme dans la scène à laquelle se réfère l'expression).

Bien que l'expression initiale fasse explicitement référence à des rebondissements grotesques (la scène qui va trop loin), voire à un événement précis présenté comme un symptôme de l'incapacité des auteurs à se renouveler, elle a été également utilisée pour décrire les séries ayant perdu leur intérêt de manière plus graduelle.

Une série télévisée peut faire son jumping the shark pour de nombreuses raisons. Elle peut en fait naturellement s'essouffler et les symptômes apparents ne sont que des signes que les réalisateurs tentent de « sauver les meubles » sans toutefois y parvenir. Mais souvent aussi, c'est dû à un changement particulier dans la série qui brise ce qui la rendait intéressante ou rend son atmosphère trop différente pour garder ses téléspectateurs. On peut citer ainsi ces raisons communes :

  • Un même personnage est joué par un autre acteur ;
  • Un personnage disparaît de la série ou meurt ;
  • Le héros et l'héroïne se déclarent leur amour, ou font l'amour ("syndrome Clair de lune") ;
  • Le héros et l'héroïne ont un enfant ;
  • Du fantastique ou de la science-fiction est introduite dans une série qui se passe dans un monde « réaliste » ;
  • Un nouveau personnage « haut en couleurs » est introduit ;
  • La série se concentre sur un personnage différent ;
  • Un trait de caractère d'un personnage est de plus en plus exagéré ;
  • Un personnage change complètement de personnalité ;
  • La série essaie de faire passer de plus en plus fréquemment des messages sociaux ;
  • Le format d'un épisode change, il devient plus long ou plus court ;
  • Une série en noir et blanc passe en couleurs ;
  • Une faille scénaristique continue à être exploitée ;
  • Les scénarios sont trop stéréotypés ;
  • Les personnages n'évoluent pas, quels que soient les événements qui leur arrivent ;
  • Le ton d'une série devient plus léger et humoristique ;
  • Un personnage, censé être mort, revient dans la série.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fred Fox Jr, « First Person: In defense of Happy Days' Jump the Shark episode », Los Angeles Times,‎ 3 septembre 2010 (lire en ligne)