Jacques Égide du Han

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jacques Égide du Han

Jacques Égide du Han, né le 14 mars 1685 à Jandun et mort le 3 janvier 1746 à Berlin, parfois nommé Jacques Égide Duhan de Jandun, fut le précepteur de Frédéric II de Prusse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Philippe du Han[1], était seigneur de Jandun et conseiller d’État & privé, et sa mère, Marie d'Auger, était la fille de Juliadon d'Auger, lieutenant général et gouverneur des villes et citadelles de Mézières et Charleville. Philippe du Han, huguenot, avait quitté la France après la révocation de l'Édit de Nantes, pour se rendre à Berlin en 1687 ; il y fut d'abord secrétaire du grand électeur puis conseiller d'ambassade et de révision. Sa femme et son fils l'y rejoignirent en 1690.

Jacques Égide suivit ses premières études au Collège français de Berlin, sous l'égide de Mathurin Veyssière de La Croze, puis de Philippe Naudé.

Le comte de Dohna lui confia le rôle de gouverneur de son fils Albert-Christophe[2]. Il accompagna son élève au siège de Stralsund en 1715, et il y servit même en qualité de volontaire. Il s'y fit remarquer par le roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse qui se résolut de l'employer dans l'éducation de son fils, le prince royal.

Ce prince, qui allait devenir Frédéric II, n'avait que quatre ans lorsque du Han lui servit de précepteur en 1716 ; il le fut jusqu'en 1727. Pour le récompenser de ses services, le roi Frédéric-Guillaume Ier le nomma, cette année là, conseiller de la justice allemande et de la justice supérieure française.

En 1730, le 3 septembre, ce roi, mécontent des fréquentations de son fils, exila du Han à Memel où il resta jusqu'en 1732, époque à laquelle il fut affecté à la cour de Louis-Rodolphe de Brunswick-Wolfenbüttel, l’aïeul de la reine de Prusse ; il y resta jusqu'en 1740. Cette année là, Frédéric II, succédant à son père sur le trône de Prusse, le rappela auprès de lui, à Berlin.

En janvier 1744, il fut nommé membre de l'Académie royale des sciences de Prusse.

Il avait suivit Frédéric II dans sa campagne militaire de 1741, il en revint malade. Il mourut, dans la souffrance, de cette maladie en janvier 1746.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La famille du Han, originaire d'Artois, étaient seigneurs de Jandun, de Broyes, de Crèvecœur, de Mazerny, de Poix, etc.
    Le père de Philippe, Jean du Han, seigneur de Jandun, de Veuze et Crèvecœur, fut conseiller aux conseils d'état et privé, secrétaire de la province de Limousin, secrétaire des armées du roi et conseiller-secrétaire de Turenne.
    Il fut maintenu dans son état de noblesse, par arrêt du conseil d'état du 7 mai 1668, sur filiation prouvée depuis Gilles du Han, écuyer, garde-des-sceaux aux contrats et bailli du Rethelois en 1555 et en 1569 et 1570, des souverainetés de Sedan, Raucourt et Jamets, fils d’Antoine du Han, écuyer, seigneur de Martigny, qualifié cousin par le duc et la duchesse de Lorraine dans des lettres du 7 février 1544.
    Cet ancêtre, Gilles du Han, était simple notaire royal à Sainte-Ménéhould en 1555. Sa connaissance du droit le fit nommer par Henri-Robert de La Marck, duc de Bouillon, son bailli de Sedan. Il fut l'un des commissaires chargés en 1568 de réviser les coutumes de cette principauté. — (cf : P.-Louis Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, Paris, 1839, vol.6, p.51)
  2. Albert-Christophe de Dohna, né à Berlin en 1698, il servit dans les armes sous le prince Eugène, parvint au grade de lieutenant-colonel et quitta la carrière militaire pour se livrer à l'étude des sciences. Il fut membre de l’Académie royale des sciences de Prusse et mourut en 1752 — (cf : Biographie universelle ; ou, Dictionnaire historique, Paris : Furne & Cie, 1838, vol.2, p.390.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de l'Académie Royale des Sciences et Belles-lettres, Berlin : Haude & Spencer, 1750, p.157 [1]
  • Jean Henri Samuel de Formey, Éloges des académiciens de Berlin et de divers autres savans, Berlin : Étienne de Bourdeaux, 1757, vol.1, p.35 [2]
  • Correspondance de Frédéric II avant et après son avènement avec M. Duhan de Jandun, Berlin : Chrétien Frédéric Vos, 1791 [3] - L'on y lira avec intérêt l'éloge académique à M. Duhan, pp.8-36.
  • Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs vertus et leurs erreurs, Paris, 1830, vol.2, p.16 [4]
  • Monique Bouchet-Dannhauser, De la France à l'Allemagne : les huguenots français et l'un de leurs descendants, Jacques-Egide Duhan de Jandun, précepteur du roi de Prusse Frédéric II; Frankfurt : Egelsbach , 1999.
  • Vladislav Rjeoutski & Alexandre Tchoudinov, Le précepteur francophone en Europe: XVIIe-XIXe siècle, L'Harmattan, 2013, p.246-257

Liens externes[modifier | modifier le code]