Guillaume d'Ercuis

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Guillaume d'Ercuis (vers 1255, Ercuis – 1314/15), notaire royal, chanoine de Laon, Noyon, Senlis, Mello, Marchais et Reims, archidiacre de Laon et de Thiérache, est un ecclésiastique aumônier du roi Philippe III de France (1245-1285) dit Philippe le Hardi. Il est aussi précepteur et familier du futur roi Philippe le Bel (1268-29 novembre 1314)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille[modifier | modifier le code]

Il est fils de Guillaume d’Ercuis (1240-1302), écuyer, et d'Helisende. La famille d'Ercuis tire son nom d'une seigneurie du nom latin d'Arquetum, en vieux français Arcuys ou Erquez et aujourd'hui Ercuis, commune du Beauvaisis sur le plateau de Thelle, entre Neuilly-en-Thelle et Cires-lès-Mello.

[réf. nécessaire]

Les Coustant ou Ercuis font partie de la haute domesticité de la maison royale[2].

Aumônier du roi Philippe le Hardi[modifier | modifier le code]

Guillaume d'Ercuis passe sa jeunesse dans le Beauvaisis, la plupart du temps à Le Mesnil-en-Thelle[3]. Il est le protégé du sire de Chambly, Pierre V de Chambly, chambellan du roi.

Guillaume d'Ercuis est tout d’abord le jeune aumônier ou chapelain[4] de Philippe « le Hardi » (1245-1285), et notaire royal. Il suit la cour dans ses déplacements.

Précepteur du futur roi Philippe le Bel[modifier | modifier le code]

Guillaume a sans doute l'attention du roi, qui lui confie une partie de l'éducation de l'héritier du trône. Il est d’ailleurs surtout connu pour ce rôle de précepteur du futur roi Philippe le Bel (1268-1314). À la différence de son père totalement inculte, Philippe le Bel reçoit, par le soin de son précepteur l'aumônier, une bonne éducation[5]. Il comprend le latin et aime étudier.

Ses mérites et son érudition signalent la qualité de précepteur du roi. Une bulle du pape Clément V, de 1307, ratifiant la fondation de la chapelle d'Ercuis, ne le désigne que comme « clerc et familier du roi » (clericus et familiaris regis)[6].

Son testament va donner une idée des principales préoccupations de sa vie et de l'usage qu'il fait des faveurs royales. Les fonctions de Guillaume d'Ercuis auprès des deux Philippe lui permettaient de recueillir des informations très sûres[7]. Son frère Jean d'Ercuis est le valet du roi[8].

Chanoine et archidiacre[modifier | modifier le code]

Les chartes qui composent le dossier d'Ercuis, permettent aussi d'établir qu'en 1290 il est déjà chanoine de Laon. En 1293, on le trouve qualifié clerc du roi, chanoine de Laon, Noyon, Senlis, Sainte-Marie-de-Mello, et Marchais. Guillaume d'Ercuis est chanoine, en 1303, de Reims, archidiacre de Laon et de Thiérache[9]. Du fait de ses fonctions, il se déplace beaucoup en Picardie et en Champagne contrairement à la plupart des notaires royaux.

Guillaume d'Ercuis est un exemple de gros bénéficier[10] non résidant[11].

Il a des bénéfices importants et acquiert une petite seigneurie à Ercuis[12]. Du fait de ses bénéfices il devient un grand propriétaire terrien[13].

Guillaume d'Ercuis fonde plusieurs chapelles dans le diocèse de Beauvais, et une entre autres à Ercuis, résidence de sa famille, en 1292[14] dédiée à la Vierge.

Son testament[modifier | modifier le code]

Son testament, daté du samedi après la Saint-Benoît de l'an 1314, nous est parvenu dans un vidimus de l'official de Paris du 29 juin 1329. Il atteste sa haute piété, son profond dévouement et sa reconnaissance envers la famille royale. L'époque de sa mort ne peut être déterminée d'une manière précise. Cependant elle doit être placée entre le 13 juillet 1314, époque à laquelle, déjà retenu chez lui par la maladie et les infirmités, il reçoit l'acceptation de l'abbé de Sainte-Geneviève, et le 16 janvier 1316, date d'un amortissement fait et donné en faveur des religieux abbé et couvent de Sainte-Geneviève de Paris par Louis, fils aîné du comte de Clermont, des biens et héritages donnés par feu Messire Guillaume d'Ercuis, fondateur de plusieurs chapelles en la paroisse d'Ercuis, pour la desserte desdites chapelles. Il est sans doute, d'après le vœu exprimé dans son testament, enterré au monastère du Val-des-Ecoliers de l'ordre de Saint-Victor[15].

L'abbaye Sainte-Geneviève de Paris[16],[17] et sa famille héritent de ses biens.

Livre de raison[modifier | modifier le code]

Guillaume d'Ercuis consigne dans son livre de raison des notes datées relatives à ses dépenses pour l'achat de domaines, de biens meubles, d'objets divers dont des livres. Un certain nombre de notices relatent aussi des événements de sa vie familiale (mariages, naissances…), et des événements relatifs à la vie à la cour et du royaume de 1280 à 1315. Il donne aussi des renseignements précieux sur la circulation monétaire à cette époque[18].

Le Livre de raison de Guillaume d'Ercuis a été publié par J. Petit. L'original est conservé à la bibliothèque Sainte-Geneviève.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriel Monod, Charles Bémont, Sébastien Charléty, Pierre Renouvin, Odile Krakovitch, Revue historique, 1901, p. 353 et Société de l'histoire de France. Annuaire-bulletin de la... , 1885, p. 69
  2. Annuaire de la noblesse de France et des maisons, 1869, p. 136.
  3. Fauvel Studies: Allegory, Chronicle, Music, and Image in Paris, Bibliothèque Nationale De France, de Margaret Bent, p. 308.
  4. Charles Victor Langlois du roi, Le règne de Philippe III, le Hardi, p. 205
  5. (en) Frantz Funck-Brentano, The Middle Ages, 1925, p. 854.
  6. Arch. F. S"-Genevièvre, D. Ercuis.
  7. Société de l'histoire de France, Annuaire-bulletin de la... , 1885, p. 153
  8. Annuaire de la noblesse de France et des maisons... , 1869, p.136.
  9. Comptes rendus et mémoires, par Société d'histoire et d'archéologie de Senlis, Comite archéologique de Senlis, p. 235.
  10. Le bénéfice ecclésiastique est un revenu dont est pourvu un ecclésiastique catholique en raison de ses fonctions religieuses.
  11. Histoire de l'Église depuis les origines jusqu'à nos jours, de Jules Lebreton, Jacques Zeiller, Augustin Fliche, Victor Martin, 1946, page 482.
  12. Arcuys ou Erquez; Latin Arquetum
  13. Le Moyen Âge, par Albert Marignan, Jean Georges Platon, Maurice Wilmotte, Maurice Prou dont hériteront ses neveux, 1905, p. 223.
  14. Annuaire de la noblesse de France et des maisons... , 1869, p. 136.
  15. Mémoires, de Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, Beauvais, Institut royal, p.531 et suiv.
  16. Olivier Guyotjeannin, Laurent Morelle, Michel Parisse, Les Cartulaires, actes de la Table ronde, organisé par l'Ecole nationale des chartes et le G.D.R ..., 1993, p. 314
  17. Speculum, Par Mediaeval Academy of America, p. 456
  18. Albert Marignan, Jean Georges Platon, Maurice Wilmotte, Maurice Prou, Le Moyen âge, 1905, p. 238

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Coustant d'Yanville, Notice sur Guillaume d'Ercuis, précepteur de Philippe le Bel, Beauvais 1864.
  • Élisabeth Lalou, Les notaires du Roi sous Philippe le Bel, un milieu social parisien ?, intervention le 27/04/2001 (Les groupes sociaux à Paris – IV) dans Physionomies et inter-relations des groupes sociaux à Paris, année 2000-2001

Œuvres[modifier | modifier le code]