Chant grégorien

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Chant grégorien
Image illustrative de l'article Chant grégorien
Plain-chant
Neumes
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Répertoire grégorien
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Salve Regina de Herman de Reichenau

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Bibliothèque abbatiale de Saint-Gall, no 359 Cantatorium[r 1], p. 25, vers 922 - 925 [5], avant l'invention de Guido d'Arezzo.
Graduel de Bellelay au XIIe siècle [6], style de la notation d'Arezzo.
Bibliothèque de Helsinki, Graduel Aboense no 44, folio no 24 droit, vers 1396 - 1406 [7][1]. Il s'agit de l'un des premiers manuscrits de la notation à gros carres. Elle apparut à la suite de l'augmentation du format des livres de chœur[f 1].

Le chant grégorien est le chant liturgique officiel de l'Église catholique de rite romain. Issu du chant messin (Scola Metensis) répandu en Occident à la fin du XIe siècle[2], il reste pratiqué régulièrement dans certaines églises et communautés religieuses, spécialement dans les cérémonies plus solennelles de la liturgie du rite romain.

Indépendamment de la liturgie, le chant grégorien est aujourd'hui parfois apprécié pour sa qualité esthétique. C'est un genre musical qui en général, par l'acceptation contemporaine de celui-ci, appelle au calme, au recueillement, à la contemplation intérieure.

Le chant grégorien est un chant sacré anonyme, habituellement interprété par un chœur[e 1] ou par un soliste appelé chantre. Il est destiné à soutenir le texte liturgique en latin.

On trouve des chœurs d'hommes ou de femmes, les abbayes de moniales au Moyen Âge chantaient le répertoire liturgique au même titre que les abbayes d'hommes.

Il doit se chanter a cappella, c'est-à-dire, sans accompagnement harmonisé instrumental, car toute harmonisation, même discrète, modifie la structure de cette musique.

Il s'agit d'un chant homophone, plus précisément chant monodique qui ne peut supporter aucune adjonction de sons étrangers à sa ligne mélodique[w 1] : toutes les voix qui l'exécutent chantent donc « à l'unisson »[n 1].

Du point de vue du système mélodique, le chant grégorien est de type modal et diatonique. Les chromatismes en sont généralement exclus, ainsi que les modulations et l'emploi de la sensible. Les différentes échelles utilisées, avec leurs degrés et leurs modes, sont appelées modes ecclésiastiques, ou échelles modales, ou modes anciens — par opposition aux échelles utilisées postérieurement en musique classique tonale.

C'est une musique récitative, qui prend son origine dans le texte, et qui favorise l'intériorisation et la conscience des paroles chantées[3],[n 2]. Son rythme est très varié, par opposition à la cadence régulière de la musique issue de la Renaissance. Le rythme, qui est une question complexe en chant grégorien, découle des paroles et de la musique, en superposant les deux logiques. Dans les passages psalmodiques ou syllabiques, le rythme vient principalement de l'accentuation des mots[w 1] ; dans les passages neumatiques ou mélismatiques, c'est la mélodie qui devient prépondérante. Ces deux composantes sont toujours présentes.

Il s'agit d'une synthèse des anciennes traditions européennes, par exemple, les poésies très fleuries en vieux-latin ainsi que les chants romano-franc, synagogal, byzantin. Il est également le fondateur de toute la musique occidentale, tant religieuse que profane[p 1].

Sommaire

Notation[modifier]

Article détaillé : Neume.

Le chant grégorien dispose d'une notation spécifique, les neumes[k 1]. Les neumes les plus anciens apparurent, au moins en 877, au temps de Charles II le Chauve durant la seconde Renaissance carolingienne[4],[f 2].

Dans les manuscrits les plus anciens, ils manquaient de ligne. Au Xe siècle, d'abord seulement une ligne imaginaire, puis celle qui était tracée à la pointe sèche, apparurent principalement en Aquitaine. Ensuite, l'on y ajouta d'autres lignes parfois ayant des couleurs afin de distinguer le terme supérieur du demi-ton : rouge pour le fa ainsi que jaune ou vert pour le do[w 2]. C'est la même raison pour laquelle la notation grégorienne actuelle ne compte que les deux seules clefs, celles du fa et du do, s'il existait d'autres clefs dans les manuscrits anciens[v 1].

Celle-ci qui porte quatre lignes date le XIe siècle, à la suite de l'invention d'un moine italien, Guy d'Arezzo, dans les années 1030 environ[e 2]. De plus, ce pédagogue fixa théoriquement les modes, les tons ainsi que les neumes[g 1].

De nos jours, les musicologues pensent que la fonction des neumes avant Guy d'Arezzo était différente de celle de la notation moderne[k 2].

« On pense habituellement que la fonction principale d'une notation musicale doit être l'indication de la hauteur exacte des sons. Mais ce n'est évidemment pas le cas des premières notations. Il est capital de s'apercevoir que la musique représentée par ces notations était déjà connue par cœur pour ce qui concerne la tonalité et le contenu mélodique. Le but de la notation était de rappeler au chantre les détails du phrasé, du rythme, de la dynamique, ainsi que certains raffinements de l'exécution[k 3]. »

— David Hiley, Plain-chant occidental, un manuel (Oxford, 1993) p.341

En bref, les neumes fonctionnaient tout comme la baguette de chef d'orchestre.

Cette notation ancienne, dite « in campo aperto » ou « en neumes purs » restait en usage plus longtemps dans les pays germaniques, surtout en Suisse, jusqu'au XVe siècle[w 2].

Par ailleurs, la notation grégorienne actuelle n'est pas ce qui en fait la spécificité. Une part, les notations à carres peuvent servir à noter des musiques très variées. Ainsi, un certain nombre de chants ambrosiens qui ne possédaient pas de propre système furent conservés au XIIIe siècle, avec des neumes et deux lignes[f 3]. D'autre part, il est vrai que parfois de nouveaux morceaux de composition en langue véhiculaire plus tardive étaient écrits en manière de la notation ancienne, même au XVIIe siècle en France sous le règne de Louis XIV[b 1],[w 3]. En outre, auprès des Anglicans, le premier livre de chant fut publié en 1550 avec des neumes[5] ainsi que leur dernier livre en plain-chant sorti en 2004[6], toujours en anglais, car il s'agit des mélodies à la base du chant grégorien.

Variété de la notation ancienne[modifier]

Exemple de la notation sangallienne[7].

Il existait deux groupes de notations, selon leurs formes de neumes. Si chacune connut respectivement son évolution, celle de Saint-Gall est de nos jours plus appréciée en raison de sa capacité de la précision musicale de laquelle bénéficie la restauration pour l'édition critique[7].

notation messine ou lorraine (est de la France)
notation bretonne
notation aquitaine (sud-ouest de la France, surtout dans le Limousin)
notation française (entre la Normandie et Lyon)
notation sangallienne (en Suisse) fac-similé

« elles s'attachent, surtout en ce qui concerne la notation de Saint-Gall, à fixer et à préciser les moindres nuances de l'interprétation musicale à l'aide de tout un jeu d'épisèmes, de lettres et de neumes aux formes très diversifiées. »

— Annie Dennery, Les notations musicales au Moyen Âge (1982), p. 97


Sémiologie grégorienne[modifier]

Article détaillé : Neume.

Positionnée entre la paléographie et l'esthétique, la sémiologie est, au regard du chant grégorien, une science afin de rétablir les finesses extraordinaires des expression, articulation et donc interprétation authentique du chant, parachevées auparavant par les moines carolingiens, par les études des neumes les plus anciens[t 1].

L'une des particularités du chant grégorien, absente dans d'autres chants anciens, se distingue de cette immense richesse merveilleusement conservée, grâce à la variété des signes neumatiques.

Certes, l'on peut exécuter le chant grégorien avec la notation à gros carres, plus utilsée de nos jours, et même la notation moderne. Toutefois, avec seules ces notations, il est difficile que les finesses du chant soient remises. En fait, si la notation à hauteur, par exemple celle de Boèce, était déjà connue en Europe au moins depuis VIe siècle[k 3], le choix des moines était un système destiné à un autre objectif, précision d'articulations enrichies[k 2], vraisemblablement en raison de la renaissance carolingienne, caractérisée particulièrement par l'écriture en détail.

« Or, les premiers copistes du chant grégorien, très imparfaits sur le plan diastématique (notation précise des intervalles mélodique), ont, par contre, noté soigneusement la partie expressive, « musicale » de la mélodie. Les graphies les plus anciennes avaient donc une double signification : mélodique et expressive[u 1]. »

— Dom Eugène Cardine, Sémiologie grégorienne, p. 2


S'il faut apprendre la diversité donc richesse de ces neumes anciens pour de meilleures exécutions, sa pratique sera désormais plus facile, avec une invention de Dom Cardine de Solesmes, publication intégrée des deux types de neumes (la notation au-dessous, Solesmes 1979).

Les neumes anciens en noir dans la notation en bas Graduale triplex sont les copies de ceux du manuscrit Graduale romanum Laon 239, l'un des meilleurs manuscrits dans le domaine de la sémiologie, notamment en raison de sa valeur sur le plan rythmique[u 2]. Voici un article détaillé concernant ces neumes, avec plusieurs exemples :

« Sans entrer dans des carrures rythmiques, le chant grégorien des VIIIe, IXe et Xe siècles n'a pas la monotonie d'un chant à notes égales. Le contraste entre neumes rapides et neumes plus longs se rencontre pour les neumes de plusieurs sons (p. 7). »

Les neumes en rouge sont issus des meilleurs manuscrits de la famille sangallienne ayant la splendeur de la diversité d'expression dans lesquels Dom Cardine distingua 24 types de graphies neumatiques ainsi que leurs variantes.

Esthétique[modifier]

Pour l'esthétique grégorienne, la date de composition importe peu, dans la mesure où elle en reflète effectivement l'esprit, à savoir :

  • La modalité est le premier élément spécifique grégorien. Elle est en quelque sorte le paysage sous-jacent, dans lequel vient évoluer chaque pièce. Elle se manifeste de manière évidente par les teneurs dans la psalmodie.
mode catégorie finale teneur ambitus[t 2] caractéristique[z 1] exemple[t 3] [vidéo] chant célèbre [vidéo]
I (Primus) Protus authente la mi ½ fa sol la si ½ do ré gravis (grave) Kyrie XI [8] Dies iræ [9]
II (Secundus) Protus plagal fa la si ½ do mi ½ fa sol la tristis (triste) Sanctus XI [10] Stabat mater [11]
III (Tertius) Deuterus authente MI si MI ½ fa sol la si ½ do ré mi mysticus (mystique) Kyrie II [12] Pange lingua [13]
IV (Quartus) Deuterus plagal MI la si ½ do ré MI ½ fa sol la si harmonicus (harmonieux) Kyrie III [14] Salve festa dies [15]
V (Quintus) Tritus authente FA do FA sol la si ½ do ré mi ½ fa lætus (gai, joyeux) Sanctus IX [16] Salve Regina [17]
VI (Sextus) Tritus plagal FA la do ré mi ½ FA sol la si ½ do devotus (dévot) Agnus Dei VIII [18] Regina cœli [19]
VII (Septimus) Tetrardus authente SOL SOL la si ½ do mi ½ fa sol angelicus (angélique) Gloria IX [20] Puer natus est nobis [21]
VIII (Octavus) Tetrardus plagal SOL do ré mi ½ fa SOL la si ½ do perfectus (parfait) Kyrie V [22] Veni Creator Spiritus [23]
Le chiffre IV indique le mode IV (Quartus). La teneur la (la troisième ligne de bas en haut) est évidente tandis que l'ambitus est presque parfaitement respecté. De plus, il est facile à comprendre que le chant grégorien n'a pas besoin de sa cinquième ligne, en raison de cet ambitus[v 2] (Graduale triplex, 1979).


Dom Daniel Saulnier, Les modes grégoriens (1997), p.  21 et 45[s 1] ainsi que Sœur Marie-Emmanuel Pierre, Cantabo Domino (2005), p.  245 et 246[t 4]


L'origine de ces huit modes est différente de celle de la musique grecque ancienne[8]. Dom Claire de Solesmes retrouva la modalité archaïque qui ne compte que trois cordes-mères et qui manque de demi-ton, c'est-à-dire l'anhémitonique[s 2] :
- sol la * do ré mi * sol la (* : trihémiton)
- do ré * fa sol la * do ré
- ré mi * sol la si * ré mi
Ainsi, un chant grégorien de la communion In splendoribus[t 5] (VIIIe siècle) ne compose que des cinq degrés :
- ré * fa sol la * do
Ces modes archaïques se trouvent plus souvent dans les cantillations anciennes, à savoir la lecture chantée des paroles de Dieu. En général, l'échelle du mode était très limitée tandis qu'un seul de ces degrés assurait l'unité architecturale. Tous les autres jouaient le rôle d'ornements. Certes, à cette époque-là, la corde principale et celle de la finale y étaient identiques. Toutefois, cette caractéristique ancienne se conserve toujours, dans les chants évolués, en tant que teneur[s 3].
  • Le rythme est également une caractéristique essentielle du grégorien. Il est verbal dans le style psalmodique et syllabique, mais cette logique verbale se prolonge également dans le style neumatique, et jusque dans les développements mélismatiques où se retrouve encore la dynamique de l'accentuation latine.
À savoir :

« 29. Lorsque la syllabe ne porte qu'une note — un punctum — ce punctum est un neume ; lorsqu'elle en porte deux — podatus ou clivis — ce podatus ou cette clivis sont un neume ; lorsque, bien souvent, elle en porte quatre, cinq, dix, vingt ou davantage, l'ensemble de ces notes ne forme encore qu'un seul neume dont le rythme est précisé par la façon dont les notes sont groupées ou séparées. ......... On peut donc, désormais, affirmer que le neume est essentiellement rythmique[v 3]. »

— Dom Eugène Cardine, Première année de chant grégorien, cours aux étudiants de l'Institut pontifical de musique sacrée de Rome, p. 22

C'est précisément pourquoi la notation moderne n'est pas capable de présenter le rythme grégorien. Dans la notation au-dessus, il y a une répétition dans le mélisme de l'Allelúia (ainsi que Dómini, à la fin) d'après la notation grégorienne, à savoir celle du degré (la-ré-mi-fa-sol-la-sol ; la-ré-mi-fa-sol-la-(sol-fa-la-sol-sol-mi)). Toutefois, selon les neumes anciens, ni rythme ni expression ne sont identiques.
D'ailleurs, dans les manuscrits les plus anciens, la mélodie et sa notation sont en dépendance du texte, « informées » par lui, modelées sur lui. Ainsi, dans certains cas, ceux des plus simples et essentiels, la syllabe accentuée est ornée d'un groupe mélodique d'élan qui trouve sa détente sur la syllabe finale (dans la notation au-dessus, 2e laudáte[9] et púeri[v 4]). Aussi le rythme musical est-il totalement informé par le rythme verbal[v 5]. Donc,

« 78. conclusion A : respecter le rythme verbal est une exigence absolue du grégorien et cela, même dans les pièces de style mélismatique ; il n'est pas rare, en effet, d'y trouver des syllabes finales ne portant qu'une note et dont la fonction rythmique doit cependant être perçue : ce sont des syllabes de détente avant la reprise d'élan qui suit[v 6]. »

— Dom Eugène Cardine, même document, p. 58

Histoire[modifier]

Origines[modifier]

Articles détaillés : Chant messin et Chant chrétien.
Ce beau chant composé au XIe siècle fut adopté en tant que frontispice (p. 1) de l'Édition vaticane pour l'Église universelle (1908)[h 2]pdf :
« Le très Saint Grégoire se répandait en prières, pour que le Seigneur lui accorde la musique à donner sur les textes liturgiques. L'Esprit Saint descendit alors sur lui sous la forme d'une colombe, et son cœur fut éclairé. Il commença aussitôt à chanter, et voici comment :… (suit l'Introït du premier dimanche de l'Avent). »
Cette notation à gros carres apparut au XVe siècle[f 1].
Saint Grégoire Ier dictant un chant : illustration de l'antiphonaire de Hartker[h 3] (vers 1000[h 4], bibliothèque abbatiale de Saint-Gall). Voir aussi sa notation, à droite.

Légende[modifier]

Certes, l'on attribuait traditionnellement le nom du chant grégorien au pape Grégoire le Grand, donc au VIe siècle. Il est certain qu'au IVe siècle à Rome, la schola, groupe de musiciens professionnels et liturgiques, remplaça les solistes, et qu'il y existait le chant Vieux-Romain[e 3]. Selon la légende, le pape Grégoire Ier serait le premier à réunir ce répertoire ainsi qu'à l'organiser pour la messe, notamment comme compositeur. Toutefois, de nos jours il existe une grosse difficulté, en dépit de la qualité de ce pape exceptionnel, car aucun document ne fut trouvé pour justifier cette légende. Au regard de la musique, ce saint pape signa un décret en 595, mais il ne s'agit pas de sujet du chant grégorien. Quoiqu'il existe encore une lettre authentique de saint Grégoire concernant ses modifications de la liturgie, dans les livres d'Isidore de Séville et d'Ildefonse, spécialistes des liturgie et musique de l'époque, aucune confirmation ne se trouve[h 5].

Assez curieusement, dans le Liber Pontificalis, les successeurs de saint Grégoire étaient bien mentionnés en tant que protecteurs ou spécialistes du chant, par exemple, Léon II, Benoît II, Serge Ier[h 6]. Notamment, saint Benoît II était ancien chanteur de la schola[10]. Mais dans ce catalogue chronologique, écrit en 638 concernant saint Grégoire, l'on voit une lumière : « Il ajouta dans la déclamation du canon Dies quae nostros in tua pace disponas : il changea le canon de la messe. »[h 6],[11].

Un autre saint Grégoire, évêque Grégoire de Tours, pourrait avoir contribué à la légende. Comme le roi de Bourgogne saint Gontran avait un goût de la musique sacrée, à Orléans le 5 juillet 585, saint Grégoire fit chanter leurs meilleurs psaumes responsoriaux devant le roi, selon une forte intension de ce roi chrétien[e 4],[12].

Dom Saulnier de Solesmes suggère encore un autre personnage. En 791, le pape Adrien Ier octroya à Charlemagne un texte, livre de prière. Il lui écrivit : « La Sainte Église catholique reçoit du pape Saint Grégoire lui-même l'ordonnance des messes, des solennités et des oraisons. » Dans ce cas, il s'agirait du pape saint Grégoire III, décédé en 741[h 7].

Gregorius præsul meritis et nomine dignus[modifier]

Il est possible que cette légende soit née d'après la politique de Charlemagne, vraisemblablement inspirée par la lettre d'Adrien Ier ou d'autres. Car, un petit poème Gregorius præsul (Évêque Grégoire) se trouve dans un certain nombre de manuscrits des livres de chant, entre la fin du VIIIe siècle et le début du IXe siècle, jamais à Rome, mais dans les territoires de l'empire carolingien[h 2].

« L'évêque [de Rome][13] Grégoire digne par le nom comme par les mérites se éleva à l'honneur suprême. Il rénova les monuments des anciens pères et composa [le texte de] ce petit livre d'art musical pour la schola des chantres pour l'année liturgique[h 2]. »

Étant donné que saint Grégoire Ier était l'un des personnages occidentaux les plus illustres, l'objectif était évident : ce livre est celui de la messe authentique de Rome, texte composé par bienheureux Grégoire[h 2].

Sans doute apparut au moins en 872, déjà, la première légende dans laquelle, au lieu de l'auteur, saint Grégoire devint compositeur[h 8].

Pourtant, Dom Saulnier conclut : « S'il n'est pas le compositeur du premier chant liturgique romain ni du chant grégorien, il pourrait très bien être aujourd'hui le patron céleste de ce chant. »[h 9]

Naissance du chant grégorien[modifier]

Alors, il est vrai que Pépin le Bref ainsi que son fils l'empereur Charlemagne et Louis le Pieux avaient besoin d'unifier leur empire[e 5]. Pour la naissance du chant grégorien, il est assez important qu'à cette époque-là, la liturgie romaine ait été adoptée en Gaule[14]. Faute de notation, il fallait absolument les chantres romains, afin de remplacer les anciens chants liturgiques. C'est pourquoi l'enseignement musical par eux fut établi à Rouen[h 10] puis à Metz, et à Metz, une école de chant romain[2].

Si l'utilisation des livres romains fut parachevée à la fin de VIIIe siècle, l'adoptation de nouveau chant romain subit une considérable résistance. Donc, après que les professeurs romains avaient quitté la Gaule, les musiciens gaulois commencèrent leur création avec la tradition musicale gallicane. Car les nouveaux textes selon la liturgie romaine étaient obligatoires[2].

De nos jours, l'éveque de Metz Chrodegang est considéré en tant que véritable père du chant grégorien.

En résumé, le chant grégorien de la messe parut vers 765, à Metz, sous l’autorité de l’évêque saint Chrodegang[15], apparenté à la famille de Charlemagne[16], comprenant l'Introït, l'offertoire, la communion, et d'autres chants ornés. Saint Chrodegang était en effet le plus grand animateur de la liturgie romaine de l'époque et dans la région[15]. Les chants de l'office en revanche sont plus difficiles à dater, et on les estime à environ 800. D'abord, ce chant s'appelait encore le chant romain mais aussitôt la dénomination chant messin fut donnée[2]. Peu après 800, Charlemagne dans le but d'unifier son empire (la langue, l'administration, l'éducation, et la musique), réunit ses conseillers à Aix-la-Chapelle en Allemagne, siège de l'empire : l'imitatio imperii. L'intérêt d'utiliser le chant romain était politique : l'empereur et le pape s'appuyaient mutuellement. Le répertoire créé, il fut recopié sur un petit nombre de manuscrits, servant d'aide mémoire, et les chantres partirent au travers du royaume (d'abord en Angleterre et en France) enseigner la nouvelle pratique. Avant cela, le répertoire n'avait pu être transmis que par oral, dans les régions les plus reculés, et subissait nécessairement des modifications régionales. Si la pratique plus récente fut transmise de manière plus fidèle, elle en subit tout de même plusieurs altérations locales.

C'est donc au VIIIe siècle que la qualité du chant grégorien fut bien établie, grâce à la Renaissance carolingienne, notamment à un retour de la latinité. En réalité, dans les régions gardant le chant grégorien, les anciens « Barbares » étaient devenus hommes les plus cultivés de l'époque, surtout dans leurs monastères[e 6].

Mais faute de notation efficace ainsi que d'évêque qui soit capable d'être musicologue[e 7], la cohabitation entre le chant grégorien et l'ancien chant fut prolongée pendant presque cinq siècles[e 8]. Alors, l'on constate l'apparition de familles musicales différentes ainsi que de particularités locales, notamment celles de neumes[7], jusqu'à ce que la notation actuelle soit inventée par Guido d'Arezzo au XIe siècle.

La diffusion du chant grégorien s'est largement appuyée sur les institutions monastiques, qui, malgré la constitution et le maintien de traditions mélodiques et d'un répertoire propres, différent du cursus romain spécialement pour l'antiphonaire de l'office, ont contribué à la diffusion du répertoire romain, par la copie et la compilation des textes religieux.


Évolution du chant grégorien[modifier]

Non seulement, pour son sacre, Charlemagne se présenta à Rome en 800, vraisemblablement en y amenant le chant gregorien et son équipe, mais aussi il protégea ce chant parfaitement romain par son texte liturgique, mais musique gallicane, dans tout l'empire[2].

Par conséquent, au début de IXe siècle, le chant des églises du sud de l'Italie se commença à faiblir. Il est vrai que Milan résista, en raison de sa tradition puissante du chant ambrosien, mais partiellement[2]. Il se diffusa également en Aquitaine[e 11].

Au XIe siècle, remplacé par le chant grégorien, le chant traditionnel de la péninsule Ibérique disparut. C'étaient les moines de Cluny qui parachevèrent ce renouvellement[e 11].

Grâce à Guido d'Arezzo, le chant grégorien devint lisible et pédagogique[n 3].

À la suite de la contribution de Guido d'Arezzo selon l'intention du pape Jean XIX, le chant grégorien connut un progrès vers 1030, notamment concernant la notation[d 1],[f 4]. Cette amélioration était définitive, car le chant oralement conservé devint une musique écrite et transmissible[e 2]. Ainsi, à la deuxième moitié du XIe siècle déjà, la notation sur quatre lignes était également utilisée en Gaule[f 5].

Au XIIe siècle, le chant grégorien était bien connu dans toute Europe. Toutefois, à Rome, les deux chants coexistaient encore. Les chanoines dans la ville chantaient le chant grégorien alors que la schola, équipe musicale du pape, conservait encore le chant « Vieux-Romain », découvert à Rome en 1890 par Dom Mocquereau de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes[e 12]. Dans la ville éternelle, il n'existe pas de manuscrit du chant grégorien attribué avant XIIIe siècle[e 13]. En effet, le pape Innocent III décida et ordonna, au début du XIIIe siècle, la destruction de vieux livres, en adoptant intégralement le chant grégorien[h 11].

Mais pourquoi le chant grégorien put-il remplacer d'autres anciens chants ? Que-ce que c'est la qualité exceptionnelle de ce chant ? Un autre moine de l'abbaye Saint-Pierre nous donne une explication :

« Si vous étudiez un morceau de chant Vieux-Romain, vous ne voyez pas la séparation entre les mots : il y a toujours un petit nuage mélodique à la fin des mots et au début. L'enchaînement des mots est flou. En chant grégorien ce n'est jamais ainsi. À la fin des mots, vous avez souvent une note seule : ce procédé de magnifier la finale, de systématiser aussi l'accent est repris à cette époque dans l' Ars bene dicendi. Les qualités déclamatoires du chant grégorien viennent sans doute de cette insistance de l'époque sur la latinité[e 6] »

— Dom Daniel Saulnier, Sémiologie : session inter-monastique à l'abbaye Notre-Dame de Maylis (2005)


Avant la Renaissance, il y eut l'expansion du chant grégorien mais peu de modification[n 4]. C'était dès XVIIe siècle qu'il fut fréquemment et considérablement modifié. Ainsi, Dom Mocquereau s'aperçut qu'il n'y a pas de différence entre un manuscrit d'Ivrée du XIe siècle et celui du XVIIe siècle dans la même région[e 14].

Adaptation auprès de nouveaux ordres[modifier]

Psaultier de Jean de Berry (Bourges ou Paris, entre 1380 - 1400), folio 177 droit[21].

Au regard des monastères, les grandes familles religieuses du Moyen Âge donnèrent également mais plus tôt naissance à leur propre tradition musicale grégorienne[h 12], souvent la diffusion des particularités musicales des livres de la mère, par exemple cistercienne, cartusienne, dominicaine. En bref, il fallait que chaque ordre cherche et établisse sa propre édition afin de satisfaire leur rite. Toutefois, faute de documents, encore faut-il beaucoup de travaux dans ce domaine. Ainsi, les manuscrits de l'ordre de prémontrés, le Graduel de Bellelay, ne sont pas encore effectivement analysés[22]. De même, le livre des Graduale et prosarium ad usum Cluniacensem[23], auprès de la Bibliothèque nationale, provoque une grosse difficulté des études, car il possède une composition très complexe, écrite entre 975 et 1100. De plus, un nombre considérable de folios furent perdus[24].

Au contraire, depuis 2011, l'on connaît clairement les modifications du chant concernant l'ordre de Cîteaux. Certes, auparavant aussi, la réforme chistercienne était toujours mentionnée par les historiens[d 2]. En effet, l'on dit que les disciplines de cet ordre, notamment son retour vers les règles originales de Saint Benoît donc la simplicité, étaient le contraire du chant ostentatoire. Cependant, dans le contexte de la paléographie, il n'est pas facile à établir cette théorie[n 5]. En fait, vers 1108, la première réforme fut effectuée en adoptant les l'antiphonaire de Metz[l 1] et l'hymnaire de Milan[k 4]. Pour rétablir le rite de Saint Benoît, en remplaçant les livres de Molesme, l'abbé Étienne Harding y envoya ses moines et fit copier les manuscrits les plus authentiques[k 4]. Néanmoins à Metz, les moines s'aperçurent que la qualité de l'antiphonaire attribué à saint Grégoire était loin d'être satisfaisante[25]. À vrai dire, cet ordre dynamique profitait déjà non seulement de la théorie de Guido d'Arezzo mais également de celle de la musique grecque ancienne[26]. Les nouveaux chants étaient si désagréables que même l'ordre contesta rapidement l'utilisation de ceux-ci[k 5]. C'est la raison pour laquelle, après le décès de l'abbé Harding en 1134, Bernard de Clairvaux fut chargé de réviser les livres de chant entre 1142 et 1147, précisée par son préface de l'antiphonaire dans lequel il expliquait pourquoi et comment il avait remanié les livres ainsi qu'un document récemment redécouvert, l'antiphonaire de Westmalle[k 6]. Ce dernier justifie dorénavant scientifiquement ceux que saint Bernard avait effectués. Ainsi, l'abbé de Clairvaux avait écrit : « nous avons conservé le texte de plusieurs répons parce qu'il est saint et tiré des Évangiles, et nous les avons ornés d'un chant aussi beau que convenable, tout en n'employant partout qu'une musique sobre et déscente. » Il est vrai qu'Alicia Scarcez s'aperçut que les couples de répons étaient très bien conservés (603 pièces, soit 95%) et que n'avaient été introduits qu'un peu de nouveaux couples de répons.


Apparition du chant polyphonique[modifier]

Par ailleurs, l'invention d'Arezzo, indication précise de la hauteur dans la notation, lança la création de la polyphonie[r 4]. À la suite de la parution de l'Ars Nova, le pape français Jean XXII dut dénoncer son décret Docta Sanctorum Patrum[28] en 1324[29],[28], afin que le chant grégorien puisse se défendre contre ce mouvement[n 6],[z 2].


Chant grégorien à la Renaissance[modifier]

Le chant grégorien, musique médiévale, fut largement touché par la Renaissance, grand mouvement du retour à l'antique, surtout dans ce domaine, à la musique grecque ancienne. Il fut principalement frappé sur trois fronts[b 2].

D'abord, ceux qui avaient retrouvé douze modes grecs insistèrent que le chant grégorien qui ne compte que huit tons soit vieilli et démodé[b 2]. Toutefois, en 1610, un chanoine de la cathédrale de Tournai Pierre Maillart établit théoriquement l'autonomie des huit tons du chant grérorien, dans son livre Les tons ou discours sur les modes de musique, et les tons de l'Église, et la distinction entre iceux, en analysant les musiques ancienne et contemporaine. Donc, il était désormais évident que ces tons ne dérivaient jamais des douze modes de la musique grecque[30],[h 14]. Il restait encore un problème. Même les moines bénédictins devaient continuer à utiliser les termes grecs au XVIIe siècle :

« Le premier mode, ou en autres termes le Dorien ... ; Le second (autrement le sous-Dorien) ... ; Le troisième ou le Phyrigien ... »

— Dom Jacques P. Le Clerc et Dom Pierre-Benoît Jumilhac, La science et la pratique du plain-chant, ... (1673)[31]


Ensuite, il s'agissait des genres, à savoir, les intervalles des tons. Les néo-grécs de la Renaissance comptaient trois types de genres, diatonique, chromatique et enharmonique, alors que les huit modes de l'Église ne comportent qu'un seul intervalle de demi-ton. Car par l'absence de Si, l'intervalle Si-Do n'y était pas reconnu[h 15]. De plus, de nombreux chants grégoriens ont tendance à éviter le demi-ton tandis que ce dernier est très souvent utilisé seulement pour l'ornement[h 16]. Donc, en dépit de sa beauté, le chant grégorien ne connaît qu'un seul genre, genre diatonique[z 4]. Au contraire, la musique polyphonique de l'époque, par exemple celle de Roland de Lassus et surtout celle de Carlo Gesualdo, profitait déjà du genre chromatique[b 2].

Genres intervalle intervalle intervalle intervalle intervalle intervalle intervalle intervalle intervalle intervalle
Diatonique demi-ton ton ton
Chromatique demi-ton demi-ton trihémiton
Enharmonique diésis diésis diton


La troisième contestation était celle du rythme. Inspirée par la musique grecque ancienne, la musique mesurée à l'antique était en train d'apparaître en France[b 3]. D'ailleurs, l'invention de l'imprimerie contribua immensément à améliorer la connaissance des textes latins. Par conséquent, étant donné que le latin est une langue quantitative et non une langue accentuelle, l'on trouva de plus en plus une incohérence entre des notes du chant grégorien et la quantité syllabique des textes. Dès la fin du XVIe siècle, le chant grégorien était pareillement critiqué avec cette règle de la « quantité »[b 4],[w 5].

Concile de Trente[modifier]

Après que le Concile de Trente se termina, il fallait que les livres de chant soient reformés selon les disciplines du concile. En 1577, le pape Grégoire XIII chargea à Giovanni Pierluigi da Palestrina et à Annibale Zoïlo d'éditer de nouveaux livres de chant. La publication officielle ne fut pas effectuée, car Philippe II d'Espagne gêna ce projet[t 6]. En fait, Fernando de Las Infantas[32], compositeur espagnol demeurant à Rome, provoquait un conflit contre le pape et Palestrina, en opposant la réforme. Mais après la mort de Palestrina, son fils Higino et d'autres sortirent une version privée en 1594[b 5]. Finalement, le Saint-Siège acheva l'Édition médicéenne de 1614 à 1615, auprès de l'imprimerie de Médicis[d 3], redécouverte et sortie à nouveau en 1848 par Edmond Duval, membre de l'Académie de Sainte-Cécile à Rome[w 6].

La caractéristique de la modification de ce siècle peut être expliquée par les doctrines des humanistes. Aussi d'après la « quantité » grammaticale, c'est-à-dire le langage parlé, furent déplacées des syllabes brèves chantées sur des notes longues ainsi que des syllabes longues chantées sur des notes brèves. De sorte que furent perdues la pureté et la beauté de l'ancienne version, notamment la splendeur des lignes mélodiques[b 5],[e 15].

Par ailleurs, selon les vœux du concile, le pape Clément VIII fit sortir la première édition du cérémonial en 1600, le Cæremoniale episcoporum jussu Clementis VIII, Pont. Max. novissime reformatun, omnibus Ecclesiis, præcipea autem Metropolitanis, cathedralibus & collegiatis perutile ac necessarium dans lequel l'Église confirma solennellement, vraisemblablement pour la première fois, que le chant grégorien est le chant liturgique par excellence[b 6].

Situation en France avant 1789[modifier]

Si la France est l'un des pays les plus importants qui conservent bien la tradition du chant grégorien, ce dernier dut y subir d'abord une déchéance au XVIIe siècle, puis dès la deuxième moitié du XVIIIe siècle, un déclin considérable ainsi qu'une quasi-disparition, pendant 150 ans.

D'abord, décadence[modifier]

À la suite du Concile de Trente, les livres de chant devaient être remaniés. Cependant, en France, cette demande provoqua une décadence du chant grégorien. Au début du XVIIe siècle encore, le concile ne publia rien. Donc, la publication officielle était difficile, quoique la disposition des livres fût urgente. L'on commença à corriger et à annoter les anciens livres. Puis, la publication de l'assemblée se termina par un lourd échec[b 7]. Dom Jacques P. Le Clerc était un témoin de cette dégradation, plus précisément, corrections effectuées dans les livres publiés à cette époque-là[b 8],[z 5] :

« Les Accens qu'ils se persuadent parfaitement bien faire en cette langue estant une pure chimère, et qu'ils prennent pour la quantité latine, une capilotade composée, en sa plus grande partie, des règles du chant et [...] de celles de la grammaire. .........

Le chant n'avoit pas besoin des corrections qu'on y a faites misérablement transformé en un horrible monstre. »

— Dom Jacques P. Le Clerc, Traité du chant ecclésiastique (vers 1665)


Ensuite, au milieu de XVIIe siècle, le chant grégorien en France connut une étape importante[e 16]. En effet, par un jeune organiste Guillaume-Gabriel Nivers, le chant fut restitué, selon l'intention des religieuses bénédictines, augustines et franciscaines. Car, la modification du chant, notamment l'ornementation par des longs mélismes, était assez fréquente. Même, l'on composait le plain-chant[b 9]. Grâce à un privilège obtenu en 1657, il publia chez Robert III Ballard en 1658, tout d'abord pour les Bénédictines, Graduale romano-monasticum juxta Missale Paulis Quinti et Antiphonarium romanum juxta Breviarium ainsi que Graduale romano-monasticum destiné aux Franciscaines[b 10]. Certes, occupé, en tant qu'organiste de l'église Saint-Sulpice de Paris, il dut commencer à abréger les morceaux de mélisme sur une seule syllabe, sans consulter les manuscrits dans les archives.

Commencement de la restauration[modifier]

Mais, dès 1682, grâce à une collaboration avec deux sous-maîtres de Chapelle royale, Henry Du Mont et Pierre Robert, Nivers restaurait le « véritable et authentique chant grégorien », d'après les sources romaines[b 11]. En 1683, dans la Dissertation sur le chant grégorien dédiée au Roy, il essayait plusieurs comparaisons mélodiques. Même s'il considérait ces variantes comme des altérations[k 17], c'est lui qui inaugura les premiers pas d'une musicologie ecclésiastique d'un type nouveau, à base de démarches comparatives et de recherches historiques[l 1].

À cette époque-là, le chant grégorien perdait toutefois son rythme caractéristique, car ses notes s'étaient égalisées dans leur durée. C'est pourquoi l'on l'appelait plus fréquemment le plain-chant[w 7]. Mais il s'agissait partiellement d'une antithèse de la théorie de la quantité. Deux moines bénédictins de la congrégation de Saint-Maur précisaient[b 12] :

« ... L'essence du plain-chant consiste dans l'égalité de ses notes [...] les lettres des mots lui sont échues en partage, sans se soucier des accents ny de la quantité dont l'observation luy feroit perdre son égalité. »

— Dom Jacques P. Le Clerc et Dom Pierre-Benoît de Jumilhac, La science et la pratique du plain-chant, où tout ce qui appartient à la pratique est étably ... (1673)

À Versailles, sous le règne de Louis XIV, toujours chant ecclésiastique[modifier]

Chapelle royale de Versailles où la grande messe était traditionnellement célébrée avec le chant grégorien.

À Versailles, le chant grégorien était effectivement respecté[33]. Surtout, l'année 1685 est marquée par l'édit de Fontainebleau, à savoir révocation de l'édit de Nantes. Il fallait dorénavant que les offices à la cour soient célébrés en latin, sans exception[34]. Sous le règne de Louis XIV, le maître de la Chapelle royale était toujours attribué à un ecclésiastique de haut rang. En conséquence, si la messe basse quotidienne en présence du roi Soleil était composée de trois motets, la grande messe pour le dimanche et les fêtes d'obligation était célébrée en plain-chant[35],[b 13]. Même après le décès de Louis XIV, l'ecclésiastique était assez puissant. Ainsi, lors du sacre de Louis XV à Reims, célébré le 22 octobre 1722, un motet Te Deum était préparé par Michel-Richard de Lalande. Toutefois, au dernier moment, « vint un ordre de le chanter en plain chant. »[36]

Par ailleurs, le cardinal Louis Antoine de Noailles, devenu archevêque de Paris en 1695, fit continuer à imprimer les livres de Nivers, y compris version définitive d' Antiphonarium romanum en 1701[37] :

« L'impression des Livres de l'Eglise étant expirez depuis longtemps, cela a donné lieu à quelques particuliers de réimprimer l'ancien chant grégorien [...] sans aucune autorité [...] y ayant inséré des notes irrégulières contre la substance du chant grégorien, changé ou transposé d'autres, de sorte qu'estant remply de quantité de fautes contre les règles de la bienséance ecclésiastique, les Editions différentes de ces corruptions ont causé des discords notables dans les Chœurs en la célébration des Offices divins ; c'est ce qui a obligé plusieurs personnes constituées en dignité d'engager nostre ami & féal G. G. Nivers, compositeur et organiste de nostre Chapelle de musique et de plein-chant, de travailler & disposer une copie, la plus correcte et la plus parfaite qui se puisse faire, dudit ancien chant grégorien sur tous les Livres d'Eglise, pour servir de modèle aux impressions qui s'en pourront faire & garder l'uniformité si recommandable du Chant ecclésiastique[b 14]. »

— Antiphonarium romanum juxta breviarium sacro-sancti Concilii Tridentini et s. Pii Quinti Pontificis maximi authoritate editum (version 1701 avec le privilège), Préface

À la recherche des manuscrits plus anciens[modifier]

En 1705, l'antiphonaire non noté dit « de Compiègne »[4] (877 ou avant) fut publié par les moines de la congrégation de Saint-Maur, sous la direction de Dom Denis de Sainte-Marthe, en prévoyant le futur fonctionnement de Solesmes[l 1].

N'étant pas content de la restitution de Nivers avec les sources romaines, l'abbé Jean Lebeuf, quant à lui, cherchait les documents plus anciens en France[e 17]. Ainsi auraient dû être améliorées les restauration et publication du chant grégorien[b 15]. Pourtant, son fonctionnement était ambivalent, parce qu'il était précisément le responsable de l'office néo-gallican qui affaiblissait le chant grégorien[e 18]. En fait, entre le Saint-Siège et le jansénisme, l'archevêque Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc, successeur du cardinal, autorisa des modifications des offices, en sortant son nouveau Bréviaire en 1736[z 6]. Non seulement l'église de France traversait désormais une période difficile mais aussi le chant grégorien devint la victime du gallicanisme, à savoir les liturgies locales, car des diocèses de France y compris celui de Paris remanièrent considérablement leurs Bréviaires et livres de chant[b 16],[z 7].

En dépit d'énormes déchéances, il est certain que les études du chant grégorien se progressaient encore[38]. L'abbé Poisson, qui écrivit qu'« Il n'est pas certain que S. Grégoire se soit occupé lui-même à composer du Chant. »[z 8], connaissait la nécessité des manuscrits de l'époque de Charlemagne et ceux de deux siècles suivants[z 9] :

Restauration du chant grégorien vers la version authentique I. (XIXe siècle)[modifier]

Après la Révolution, le déclin de la liturgie était si désastreux que la tradition du chant grégorien fut rapidement oubliée, jusqu'à ce que la liturgie ancienne soit retrouvée et rétablie. En effet, c'était le chant liturgique en latin qui subit sévèrement sa disparition, quoique les offices aient officiellement été rétablis à partir de Pâques en 1802, le 18 avril[b 17].

Tonaire de Saint-Bénigne de Dijon (XIe siècle), faculté de médecine de Montpellier, H. 159, découvert dans sa bibliothèque par Félix Danjou le 18 décembre 1847[39].

Il fallut de longs travaux pour restaurer le chant grégorien. Ce sont surtout ceux des bénédictins de Solesmes qui rendirent possible cette restitution. Après avoir rétabli l'ancien prieuré de Solesmes en 1833, Dom Prosper Guéranger commença à restituer l'ancienne liturgie y compris le chant grégorien[a 1],[d 4]. Comme l'abbé Guéranger n'était pas capable d'être maître de musique, le chanoine Augustin-Mathurin Gontier[40] du Mans l'aidait de sorte que les moines puissent exécuter convenablement ce chant[r 5]. Il est important non seulement qu'en 1860, l'abbé Gontier ait soutenu un congrès tenu à Paris mais aussi que son analyse concernant la rythmique grégorienne puisse avoir affecté la théorie développée par l'abbaye de Solesmes au XIXe siècle[41].

Après que l'abbaye de Solesmes avait été rétablie, Félix Danjou découvrit une notation vraiment importante du XIe siècle, en 1847, à la faculté de médecine de Montpellier[39],[l 2]. Il s'agissait d'une notation alphabétique précisant ses neumes. À la suite du découvert de cette version musicale de la pierre de Rosette, la nécessité des études archéologiques dans les archives était désormais sûrement comprise[f 6]. L'Abbé Théodore Nisard et Louis Lambillotte aussi cherchaient des manuscrits les plus anciens. Et Lambillotte publia en 1851 ses fac-similés du cantatorium de Saint-Gall no 359[42],[r 1], daté de nos jours entre 922 et 925, mais son titre restait l'Antiphonaire de saint Grégoire[l 2] (fac-similé).

« ......... les textes bénédictins s'appuient sur la copie, conservée au monastère de Saint-Gall, de l'antiphonaire de saint Grégoire qui représente le monument le plus ancien, le plus sûr que l'Église détienne du vrai plain-chant. Ce manuscrit dont des fac-similés, dont photographies existent est le code des mélodies grégoriennes et il devrait être, s'il m'est permis de parler de la sorte, la bible neumatique des maîtrises.
Fac-similé moderne du cantatorium de Saint-Gall[r 1].
 »

— Joris-Karl (Charles-Marie-Georges) Huysmans, En Route (1895), tome II, p.310[43]


Pareillement, le ministère de l'Instruction publique avait chargé à l'abbé Nisard d'exécuter le fac-similé à la main de la notation alphabétique de Montpellier. Le manuscrit achevé fut accueilli à la bibliothèque nationale de France également en 1851[39].

En Belgique, Edmond Duval, ancien élève du conservatoire de Paris, publia plusieurs livres du chant en grégorien dont le Graduale romanum entre 1848 et 1854, sous auspices du cardinal-archevêque de Malines, Engelbert Sterckx[44]. Ces publications furent félicitées par le pape Pie IX[45]. En France, la commission ecclésiastique de Reims et de Cambrai aussi sortait sa graduel[46], dès 1851[w 6]. Même si sa restauration avait des défauts, en raison de sa base principale du manuscript de Montpellier, le livre avait le grand mérite de revenir à la vraie tradition. De plus, cette publication contribua à rétablir la liturgie romaine, en dépit de la tendance gallicane au XIXe siècle[w 6].

« Cette joie assurément bien grande que vous avez ressentie, Vénérable Frère, en rétablissant si aisément l'usage de la Liturgie Romaine dans votre Église d'Arras ......... Il y a déjà deux ans, comme vous nous écrivez, que, à la satisfaction et au contentement de tous, et de vous en particulier, il est en usage dans votre Église cathédrale, ce chant Grégorien que vous assurez avoir été restauré nouvellement par le Graduel et l'Antiphonaire qu'a mis au jour le libraire de Paris Lecoffre. ......... Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 23e jour du mois d'août de l'année 1854, et de Notre Pontificat la IXe[46]. »

— Pie IX, le bref À Monseigneur l'évêque d'Arras (tandis qu'il y a un autre bref destiné À notre cher fils Jacques Lecoffre, libraire à Paris daté du même jour), textes originals en latin


Puis, les deux moines qui étaient capables d'étudier ce chant arrivèrent à Solesmes, Dom Paul Jausions en 1854, et en 1858, Dom Joseph Pothier[a 2]. C'était Dom Jausions qui fut chargé par l'abbé et commença à copier des manuscrits les plus anciens à la bibliothèque municipale d'Angers[r 6].

Avant que le fonctionnement de l'abbaye Saint-Pierre ne soit étabi, le mouvement en faveur de la restauration du chant grégorien était tellement dynamique en France qu'en 1860 fut tenu à Paris le premier congrès, congrès pour la restauration du plain-chant et de la musique de l'Église[41],[47], organisé par Louis Niedermeyer, un enseignant[48].

Dom Pothier qui avait retrouvé la lecture des neumes cursives fixa les principales règles d'exécution en 1880 dans ses Mélodies grégoriennes[a 3], puis en 1883 sortit le Liber gradualis préparé depuis 1868[49]. Il était également, jusqu'à sa disparition, le collabrateur de la Revue du chant grégorien, fondée en 1892 à Grenoble[50]. Le fondateur l'abbé Cyrille Vincent-Martin, décédé en 1896, défendait la doctorine de Dom Pothier, en luttant contre la création de nouveaux plain-chants modernes[51],[t 7].

L'année 1882 était marquée par le congrès européen du chant liturgique d'Arezzo, assisté par plusieurs communications de Dom Pothier afin de défendre la restauration du chant[52]. Néanmoins, en dépit du succès de cette conférence[t 8], l'abbaye fut condamnée en 1883 par Rome en raison de ses nouvelles tendances[t 9]. Malgré cela, l'abbé Charles Couturier, homme de prudence et de courage, continua à faire publier le Liber gradualis[t 10] ainsi que créa une schola[t 11], et Dom André Mocquereau fut nommé sa direction en 1889[t 12].

Dom Mocquereau, disciple de Dom Pothier, fit la première restauration de la mélodie et du rythme. Surtout, en 1889, il fonda la Paléographie musicale[53], destiné à reproduire par la phototypie les principaux manuscrits de chant conservés dans les bibliothèques de l'Europe[54]. En développant la théorie de Dom Pothier, c'était une méthode qui analyse l'utilisation des différents signes ou neumes primitifs, permettant ainsi de préciser l'interprétation des mélodies grégoriennes. De plus, c'est lui qui sortit le premier fac-similé de l'antiphonaire de Hartker[h 3] en 1900[l 3]. Si sa théorie devint aujourd'hui démodée[n 7],[k 18], ses œuvres établirent le rôle incontestable de Solesmes.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la restauration du chant grégorien commençait aussi à enchanter quelques compositeurs contemporains.

« À mon humble avis, les meilleurs et les plus solides résultats obtenus jusqu'à présent sont ceux du plain-chant grégorien à l'abbaye bénédictine à Solesmes [o 1]......... »

— Lettre de Franz Liszt à Carolyne de Sayn-Wittgenstein, le 5 juin 1878

Restauration du chant grégorien vers la version authentique II. (XXe siècle)[modifier]

Si l'abbaye de Solesmes subissait une énorme opposition, le cardinal Sarto, futur Pie X, soutenait toujours sa restauration du chant grégorien.

De sorte que le fonctionnement de l'abbaye de Solesmes soit finalement apprécié par le Saint-Siège, il fallut une considérable amélioration. Le plus gros obstacle était le privilège octroyé à l'édition néo-médicéenne étant quasiment officielle pendant 30 ans, soit de 1870 à 1900[55].

Pour le succès de l'abbaye, d'une part, avec ses nombreuses écritures, Prosper Guéranger avait réussi à résister au gallicanisme, les liturgies locales, depuis le règne de Louis XIV[a 4]. D'autre part, ses moines révélaient, déchiffraient et exploitaient scientifiquement les manuscrits médiévaux[t 13]. En fait, le Vatican possédait déjà, depuis 1686, une œuvre monumentale du cardinal Tomasi, celle qui remarquait tous les deux textes complets de l'antiphonaire de Hartker et d'une version ancienne de Rome[l 4]. Alors que le pape Léon XIII était toujours le défendeur de l'Édition médicéenne faussement attribuée à Palestrina[55], le cardinal Giuseppe Sarto soutenait depuis longtemps cette abbaye[c 1],[t 14].

En 1901, le privilège de l'édition de Ratisbonne expira, car le Vatican ne le prolongea pas[t 15]. En effet, même Léon XIII ne supportait plus cette version. Au contraire, il expédia le 17 mai le bref Nos quidem à l'abbé Paul Delatte de Solesmes, afin de féliciter leurs travaux[t 16],[t 17]. Cette année, le Saint-Siège commença à étudier un premier projet d'une commission internationale[w 8].

Aussitôt devenu le pape Pie X le 4 août 1903, Giuseppe Sarto fit publier sur la musique sacrée le Motu proprio « Inter pastoralis officii sollicitudes » le 22 novembre, fête de Sainte Cécile[c 2].

Le 11 avril 1904, une semaine après Pâques, le nouveau pape célébra le 13e centenaire de la disparition de saint Grégoire Ier, une grande messe en grégorien par 1 200 séminaristes et religieux de Rome[t 18].

Puis, il dénonça, le 25 avril, la création d'une édition officielle du chant pour l'Église universelle, Édition Vaticane[h 17]. Pour cet objectif, une commission pontificale présidée par Dom Pothier fut fondée à Rome. Il s'agissait de celle de musicologues de toute l'Europe[h 17], dix membres et dix consulteurs[w 8]. À peine s'est commencée la rédaction, elle se divisa toutefois à cause des variantes considérables des manuscrits du Kyriale, parmi la « tradition légitime » soit scientifique, la « tradition vivante » et le « dialecte » germanique[w 8]. Le pape dut enfin renoncer cette commission et demanda à Dom Pothier de sortir le plus rapidement ses éditions[h 17].

Le graduel parut en 1908 ainsi que l'antiphonaire en 1912[t 19], à la base des versions de Solesmes[h 17], mais en omettant les signes rythmiques solesmiens[49].

En 1913, les moines de Solesmes furent à nouveau chargés de poursuivre le travail[w 8]. Comme les premières publications étaient effectuées d'après les Liber gradualis et Liber usualis sortis dans les années 1890, le successeur Dom Joseph Gajard réalisa une nouvelle rédaction très concentrée[j 1]. Ainsi furent systhèmatiquement étudiées toutes les antiennes[h 18] dans l'antiphonaire de Hartker de Saint-Gall[h 3]. Il ne s'agissait pas encore des éditions critiques[o 2], car il adopta parfois des manuscrits plus remarquables, au lieu de la majorité[h 19].

Finalement, il fallut 30 ans après le Motu proprio afin de parachever tous les livres requis[t 20]. Il s'agissait de la première restitution pure du chant vraiment grégorien, après la nuit obscure « grosso modo » durée du XVIIe au XIXe siècles[c 2].

« D'où viennent ces jugements favorables ? a) De la base historique inébranlable de toutes nos théories rythmiques ; b) De la beauté musicale du chant grégorien chanté selon l'École de Solesmes. Malgré les défauts inhérent à un nombreux chœur de moines, la mélodie ainsi exécutée ne laisse pas de conquérir l'approbation de nos auditeurs, dont plusieurs sont souvent des artistes de premier ordre. »

— Dom André Mocquereau, Le nombre musical grégorien, tome II, p.v-vi (Avant-propos, 1927)


Encore fallait-il, c'est vrai, que la connaissance générale soit améliorée. C'est la raison pour laquelle Dom Mocquereau avait fondé en 1911 la Revue grégorienne destinée aux musicologues, musiciens, choristes, prêtres et le reste[56],[t 21]. Cette revue et la Revue du chant grégorien durent cesser leur publication pendant les deux guerres mondiales. Cependant, Dom Gajard rétablit bien celle de la Revue grégorienne en 1946, grâce à une collaboration avec l'institut grégorien de Paris[57].

Cet institut, enfin attaché à l'Institut catholique, avait été créé en 1923[t 22] tandis qu'au Mans, la Schola Saint-Grégoire était née en 1938 à l'initiative de Dom Gajard[58],[59]. D'ailleurs, en 1910, Pie X aussi avait fondé l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome. Depuis qu'il ouvrit ses portes le 3 janvier 1911[60], le fonctionnement de celui-ci est toujours important et dynamique. Ainsi, Dom Cardine de Solesmes y enseigna un grand nombre d'élèves pendant 32 ans, en répartissant pédagogiquement ses tâches avec eux[61]. Les études du chant grégorien connurent, donc également à Rome, un accroissement considérable[o 3].

Avant que le IIe concile du Vatican ne soit tenu en 1962, le chant grégorien était protégé et recommandé, en particulier, par la constitution apostolique Divini cultus de Pie XI en 1928 ainsi que l'encyclique Musicæ sacræ disciplina[62] de Pie XII en 1955[c 3].


Naissance d'une équipe pour l'édition critique[modifier]

Après la publication de l'Antiphonale monasticum en 1934, une musicologue Yvonne Rokseth déclara à Dom Gajard en 1938 qu'elle souhaitait que l'abbaye de Solesmes sorte désormais les éditions critiques[o 2].

Puis en 1947, un musicologue espagnol Higino Anglès fut nommé directeur de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome. L'année suivante, Mgr Anglès visita l'abbaye de Solesmes afin de proposer à l'abbé son projet, d'abord, une équipe qui était capable d'étudier les textes critiques des neumes, ensuite, la restitution des mélodies du graduel, à savoir édition critique de celui-ci[o 4]. À dire vrai, l'abbaye manquait de personnels[o 5]. Mais l'abbé Germain Cozien décida finalement d'accepter cette proposition sans que ses manuscrits ne soient transférés à Rome[o 4]. Sans délai, l'équipe de l'édition critique fut formée sous la direction de Dom Gajard. Ceux qui concernent étaient cinq moines, Dom Cardine, Dom Froger, Dom Hourlier, Dom Combe et Dom Huglo[o 6].

« Rendant hommage aux moines qui, par leurs travaux et la généreuse dispense de leur enseignement, ont participé au rayonnement scientifique de Solesmes, elle (la Paléographie musicale) a plus précisément évoqué les découvertes de Dom Eugène Cardine[65] et de Dom Jean Claire[66] qui, dans les années 1960 - 1990, ont profondément renouvelé la connaissance du chant grégorien, dans le domaine de la sémiologie, de l'interprétation et de l'analyse modale[k 19],[k 20] »

— Avant-propos des Actes du Colloque « 1000 ans de chant grégorien » (2011).

Sémiologie[modifier]

Depuis le XIXe siècle, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes développait traditionnellement ses théories rythmiques, mais parfois hypothétiques, vraisemblablement inspirée par le chanoine Augustin-Mathurin Gontier du Mans.

Toutefois, Dom Eugène Cardine s'apercevait de plus en plus que dans les neumes les plus anciennes, à savoir celles qui furent écrites avant l'invention de Guido d'Arezzo, il existe une immense diversité destinée aux finesses d'expression. Selon lui, il s'agit d'un « enregistrement écrit. » Aussi la Paléographie musicale était-elle dorénavant consacrée, singulièrement, aux neumes[t 23].

Dans les années 1950, cette nouvelle science intermédiaire entre la paléographie et l'esthétique avait besoin de son propre nom. D'abord, Dom Cardine l'appela la « diplomatique grégorienne » pendant quelques années. Finalement, le terme sémiologie fut adopté[t 1]. Le premier livre en italien de ce sujet fut publié par l'Institut pontifical de musique sacrée en 1967. Sa traduction en français par Marie-Elisabeth Mosseri parut en 1970, et enfin, intitulée la Sémiologie grégorienne, la version française est disponible depuis 1978[61]. Le chant de livre, quant à lui, Dom Cardine avait publié en 1966 le Graduel neumé, à la base de l'Édition Vaticane sortie en 1908[68].

La naissance de la sémiologie grégorienne était non seulement la deuxième étape importante de la restauration du chant mais également un bouleversement. Auparavant, les études furent effectuées sous influence des théories de la musique moderne. Dorénavant, le chant grégorien n'est pas d'une musique simple ni primitive, mais en revanche, il s'agit d'un chant vraiment développé et perfectionné afin d'adapter aux textes, les paroles de Dieu. Les neumes anciens conservent tous ceux qui concernent.


Période postconciliaire[modifier]

Certes, le IIe concile du Vatican admettait la priorité du chant grégorien pour la célébration chantée en latin. Néanmoins, à la suite de l'usage des langues nationales, ce chant fut normalement éliminé de la pratique liturgique paroissiale, sauf auprès d'un certain nombre d'églises autorisées[c 4].

À vrai dire, c'est le pape Paul VI lui-même qui connaissait paradoxalement l'ambigu de l'usage de la langue courante :

« Ce n'est plus le latin, mais la langue courante, qui sera la langue principale de la messe. Pour quiconque connaît la beauté, la puissance du latin, son aptitude à exprimer les choses sacrées, ce sera certainement un grand sacrifice de le voir remplacé par la langue courante. Nous perdons la langue des siècles chrétiens, nous devenons comme des intrus et des profanes dans le domaine littéraire de l'expression sacrée. Nous perdons ainsi en grande partie cette admirable et incomparable richesse artistique et sprirituelle qu'est le chant grégorien. Nous avons, certes, raison d'en éprouver des regrets et presque du désarroi ; par quoi allons-nous remplacer cette langue angélique ? C'est un sacrifice d'un prix inestimable. Pour quelle raison le faisons-nous ? Qu'est-ce qui vaut davantage que ces très hautes valeurs de notre Église[c 5]? »

— Extrait d'un discours du pape Paul VI présentant le nouveau rite de la messe, le 26 novembre 1969


Malgré cela, l'abbaye de Solesmes continua à réviser quelques livres du chant en répondant aux vœux du concile. En 1967, elle sortit un Graduale simplex, par Dom Cardine et Dom Claire, puis en 1972, un Ordo Cantus Missæ, ensuite un hymnaire en 1983. Cependant, la préparation d'un nouvel antiphonaire n'est pas encore terminée[c 4], car la nouvelle version comptera 2 200 antiennes environ au lieu de 1 000 déjà publiés, afin de rétablir la série des cinq antiennes[h 20]. Pareillement en avril 1974, des moines de Solesmes assistèrent la messe des obsèques du président Georges Pompidou à l'église Saint-Louis-en-l'Île, avec leur chant grégorien, selon la volonté de ce président[k 21].

Graduale triplex (1979).
Bibliothèque abbatiale de Saint-Gall.

Mais l'abbaye va toujours plus loin. Elle publia en 1979 le Graduale triplex, une autre version du Graduale romanum remanié et sorti en 1974. Dans cette version, la notation est accompagnée, en noir, de neumes des manuscrits de Laon[70],[g 2], grâce à une collaboration avec Marie-Claire Billecocq. Rupert Fischer aussi avait collaboré avec Solesmes pour les neumes reproduits en rouge, issues des manuscrits d'Einsiedeln[71] et de ceux de Saint-Gall[72],[h 3]. Enrichie par des trésors des bibliothèques, cette version est destinée surtout aux maîtres de chœur, spécialistes et musicologues[73],[k 2].

L'année 2003 était le centenaire du Motu proprio du pape Pie X. Le 22 novembre, même jour et fête de la patronne de la musique sainte Cécile, le pape Jean-Paul II publia son chirographe dans lequel il soulignait que « Le chant grégorien continue donc d'être aujourd'hui encore un élément d'unité de la liturgie romaine. », en confirmant sa priorité dans les célébrations chantées en latin, attribuée par le concile[74].

Il est vrai que la messe des obsèques de ce pape fut célébrée, le 8 avril 2005, accompagnée du chant grégorien du chœur de la chapelle Sixtine ainsi que de celui du collège Mater ecclesiæ, et présidée par le cardinal Joseph Ratzinger[75].

Après être devenu pape Benoît XVI, ce dernier publia, le 7 juillet 2007, le Motu proprio Summorum Pontificum. Cela signifie que l'on peut célébrer désormais la messe en utilisant le chant grégorien dans la forme ordinaire de la messe, comme auparavant, mais aussi dans la forme extraordinaire[76].

Dans la même année, le 19 novembre, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes sortit la troisième volume du nouvel antiphonaire monastique. L'édition sous forme informatique est dorénavant disponible[77]. De nos jours, la restauration de l'antiphonaire est principalement effectuée à la base de celui de Hartker dans la bibliothèque abbatiale de Saint-Gall, copié vers 1000. En effet, non seulement ces manuscrits sont les plus anciens, mais également il s'agit du meilleur antiphonaire, en raison de ses richesse, cohérence, régularité et précision, d'après les comparaisons par les spécialistes[j 2].

En 2011, le Vatican publia le Graduale novum de dominicis et festis en coédition avec l'édition allemande ConBrio. Cette édition accompagnée des neumes de Laon et de Saint-Galle[78],[k 2], tout comme le Graduale triplex de Solesmes, fut achevée par des disciples de Dom Cardine, et est considérée comme version « plus critique que l'Édition Vaticane »[o 7].


Pratique du chant grégorien[modifier]

Fichier audio
Magnificat (info)
Magnificat grégorien précédé par une antienne

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Latinité dans le chant grégorien[modifier]

Le chant grégorien est indissociable de la langue latine, même s'il y a des quelques termes grecs ou hébreux qui apparaissent dans la liturgie latine[w 1]. Il n'existe normalement pas de pièce grégorienne traduite en langue vernaculaire, hormis quelques mélodies récitatives. Ce lien au latin explique qu'il n'est guère utilisé dans les liturgies catholiques courantes, bien que l'on assiste à un regain d'intérêt pour l'usage liturgique du chant grégorien dans le cadre paroissial de nombreuses villes : notamment en France, en Italie, en Allemagne, en Autriche, et dans les pays du Benelux.

En résumé, comme la qualité du chant grégorien se caractérise de sa latinité[e 6], le chant en langues différentes est essentiellement impossible. Plus précisément,

« 78. conclusion B : la mélodie grégorienne est trop « connaturelle » au texte latin et à son rythme pour que l'on puisse y adapter normalement des textes d'une autre langue, car, en la privant de la langue qui l'a « animée » au sens strict, on la dénature, et on contredit les lois qui sont à la base de sa composition[v 6]. »

— Dom Eugène Cardine, Première année de chant grégorien, cours aux étudiants de l'Institut pontifical de musique sacrée de Rome

Il est vraisemblablement utile de citer encore un entretien d'un professeur de la littérature latine, Paul-Augstin Deproost, également directeur d'un chœur grégorien[79].

« ......... on retrouve cependant aussi dans le grégorien un certain nombre de textes en vieux-latin parce qu'ils ont été composés sur cette base. C'est notamment le cas de l'Introït de la messe du jour de Noël « Puer natus est », qui ne correspond pas au texte vulgate d'Is 9, 6. S'il avait fallu modifier le texte, il aurait aussi fallu modifier la musique. Pour les textes non bibliques, notamment les hymnes, le latin utilisé est celui de l'antiquité tardive (du IIIe au Ve siècles). C'est du latin classique à la base, mais qui est très fleuri, avec des recherches rhétoriques ou linguistiques, des formes paradoxales, des litotes etc. Il s'agit d'une poésie très élaborée qui s'inspire des principes rhétoriques de l'antiquité. D'où, bien sûr la difficulté de les traduire pour les non spécialistes. Les hymnes de Saint Ambroise, par exemple, paraissent à première vue très épurés, très classiques, très équiliblés, mais quand il s'agit de les traduire, il faut ajouter des mots et aussi en comprendre le sens théologique[p 2]. »

Certes, il faut conserver le texte latin. Néanmoins, Jean-Pierre Noiseux[80], directeur de la Schola Saint-Grégoire de Montréal, souligne que cela n'empêche pas de pratiquer le chant grégorien. De plus, la langue française est une descendance du latin[b 18].

« Certains verront dans le latin un obstacle sérieux à l'utilisation du chant grégorien dans nos paroisses. Pourtant, il ne s'agit pas d'un obstacle insurmontable car le latin, ça s'apprend. ......... Pour les chants de l'Ordinaire, les fidèles connaissent bien l'équivalent français des textes latins et ils mettront peu de temps à comprendre ce qu'ils chantent. etc.[q 1] »

Afin de respecter et de répartir plus facilement la richesse de la latinité du chant grégorien, la communauté Saint-Martin sortit en 2008 Les Heures Grégoriennes dans lesquelles la notation traditionnelle s'accompagne de son texte français. Comme la première édition fut rapidement épuisée, depuis 2012, la nouvelle édition est disponible[81],[82].

L’Église et la réforme du chant grégorien[modifier]

Réforme liturgique[modifier]

Après la réforme liturgique[modifier]

En dépit des prescriptions claires du concile Vatican II sur l'usage du chant grégorien (et du latin), il n'est aujourd'hui repris que rarement dans les célébrations dominicales paroissiales des diocèses, bien que l'on y note un timide retour du répertoire grégorien depuis l'avènement de Benoît XVI, spécialement pour le chant de l'ordinaire, et plus modérément pour les pièces du propre, chantées par une schola.

« Comme les réunions entre fidèles de diverses nations deviennent de plus en plus fréquentes, il est bon que les fidèles sachent chanter ensemble, en latin, sur des mélodies faciles, au moins quelques parties de l'Ordinaire de la messe, et surtout la profession de foi et l'oraison dominicale[83],[84]. »

La célébration de la messe dominicale en plain-chant, selon le Missel de 1962 s’est développée en France dans de nouvelles communautés qui se sont organisées autour du rite tridentin à la suite de la publication du Motu proprio Summorum Pontificum en 2007[85].

Dans les communautés qui observent le rite de Paul VI, certaines parties de l’Ordinaire de la messeKyrie, Gloria, Credo, Pater, Sanctus, Agnus Dei – sont parfois chantées en latin sur les airs traditionnels grégoriens, mélangés aux chants liturgiques en langue vernaculaire[k 22],[q 2]

Au sein des monastères[modifier]

L'abbaye Saint-Pierre de Solesmes.

En revanche, le grégorien est toujours très largement utilisé dans le cadre de la liturgie monastique catholique de tradition bénédictine : principalement les monastères de la Congrégation de Solesmes[86] (Solesmes, Abbayes Sainte Anne de Kergonan et Saint-Michel de Kergonan, Saint-Wandrille, Fontgombault, Randol, Ligugé, Triors, les chartreux et quelques autres) ainsi que l’Abbaye Saint-Maurice-et-Saint-Maur à Clervaux au Luxembourg, Saint-Benoît-du-Lac au Québec. L'Abbaye Notre-Dame de Quarr fut fondée par la communauté de Solesmes à la suite de son exil en 1901[k 23], mais devint sa filiale britannique en 1922. La communauté Saint-Martin, une société de prêtres et de diacres attachée à la célébration solennelle de la liturgie dans une double fidélité à la réforme liturgique et à la tradition latine et grégorienne, le pratique quotidiennement dans sa Maison de formation et régulièrement dans ses paroisses (forme ordinaire du rite romain, dite Paul VI)[81].

L'une des communautés de la congrégation solesmienne depuis 1889, Abbaye Saint-Paul de Wisques, est maintenue par 13 moines ayant leur âge avancé. À la suite de l'appel de Saint-Paul, l'Abbaye Notre-Dame de Fontgombault décida d'y envoyer des moines. Dès 2014, la liturgie grégorienne y sera rétablie, afin de dynamiser à nouveau la vie monastique[87]. Si Fontgombault est l'une des filiales de Solesmes, en fondant plusieurs abbayes, elle-même fonctionne en tant qu'un autre Solesmes[86],[88].

Le grégorien est aussi la forme habituelle du chant sacré dans les communautés du rite romain monastique dont il fait partie intégrante : ainsi les abbayes bénédictines de Saint-Benoît-sur-Loire, de Sainte-Madeleine du Barroux, de Notre-Dame-de-l'Annonciation du Barroux, de Notre-Dame du Pesquié[89], de Notre-Dame de Bellaigue ainsi que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, la Fraternité de la Transfiguration, la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, les chanoines réguliers de la Mère de Dieu, l'Opus Sacerdotale, l'Institut des Dominicaines du Saint Esprit, l'Institut de la Sainte-Croix, les Capucins de Morgon, les Dominicaines de Fanjeaux, les Dominicains d'Avrillé, les Petites Sœurs de Saint-Jean-Baptiste… Ces instituts, ainsi que des associations de laïcs, ont maintenu l'existence de chœurs qui perpétuent la pratique du chant grégorien dans son cadre liturgique. De nombreuses autres communautés monastiques continuent de chanter certaines pièces du répertoire grégorien, comme les antiennes, les répons et certaines pièces du graduel ou de l'ordinaire de la messe, tout en adoptant une liturgie vernaculaire pour les autres textes. Au total plus de trois cents lieux de culte en France. De nombreux chœurs, ensembles de solistes et scholae de laïcs chantent régulièrement le chant grégorien dans son cadre liturgique.

En Autriche, l'abbaye d'Heiligenkreuz, abbaye cistercienne et officielle de la maison de Babenberg puis celle de Habsbourg depuis 1133 conserve également la tradition du chant grégorien[90]. Le pape Benoît XVI visita cette abbaye en septembre 2007. L'année suivante, leur nouveau disque connut un grand succès en Angleterre, en se plaçant au 9e rang des classements en une semaine[91]. D'après l'Association internationale des études du chant grégorien, en Autriche et en Allemagne, 16 monastères gardent les offices chantés en grégorien[92].

Schola cantorum auprès des diocèses[modifier]

Schola Sainte Cécile de Paris, chantant à Rome.

D'ailleurs, comme l'authentique sujet de la liturgie n'est ni l'individu ni le groupe, il faut que la qualité de la célébration soit assurée par l'Église, plus précisément les évêques et leurs diocèses, notamment avec la schola cantorum[c 6]. C'est pourquoi, le pape Benoît XVI approuva, en avril 2011, l'Instruction universæ ecclesiæ sur l'application du Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, prêtée par la commission pontificale Ecclesia Dei. En fait, « En raison de l'augmentation du nombre de ceux qui demandent à pouvoir user de la forme extraordinaire, il est devenu nécessaire de donner quelques normes à ce sujet. »[93]. Puis, dans une lettre, le pape souligna le 31 mai 2011, à l'occasion du centenaire de l'Institut pontifical de musique sacrée :

« ... la correcte participation de l'assemblée, une légitime adaptation aux cultures particulières dans le respect du langage universel, le primat de référence du chant grégorien, une mise en valeur attentive aux diverses autres formes expressives du patrimoine culturel de l'Église, la polyphonie et enfin l'importance de la schola cantorum, en particulier dans les églises cathédrales[94]. »

Dans cette optique on trouve une Schola grégorienne dans les principales villes de France : Angers[95], Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand[96], Fontainebleau, Lyon, Montpellier, Nantes[97], Paris, Périgueux, Perpignan, Strasbourg[98], Toulouse.

La Schola Cantorum Amsterdam fut fondée en 1959 dans la communauté des étudiants auprès de l'aumônerie[99] de l'université d'Amsterdam. Elle célébre actuellement toutes les vêpres du dimanche en grégorien[100]. À Vienne, la Schola Cantorum auprès de la Hofmusikkapelle se compose d'anciens membres des Petits Chanteurs de Vienne. Cette schola aussi y'assure la liturgie en grégorien[101]. Si tous ses membres ne sont pas nécessairement fidèles catholiques, la Schola Gregoriana Monostorinensis fut fondée en 1998 au sein du diocèse de Monostor en Transylvanie, afin de rétablir en Roumanie la liturgie ecclésiastique en grégorien, à la suite de son bouleversement politique[102]. Un exemple de la contribution des musiciens : en Suisse, la Schola grégorienne de Nyon fut fondée en 2002 dans sa paroisse, à l'initiative de Serge Ilg, ancien maître de chapelle de la cathédrale de Rouen[103].

Aux États-Unis, par exemple, The Gregorian Society of Baltimore à l'église Saint-Alphonsus respecte les messes traditionnelles auprès de son diocèse[104]. Surtout, l'Una Voce America y soutient la célébration des offices selon le Missel de 1962[105].

Soutien par des enseignants[modifier]

Quoiqu'il ne s'agisse pas de schola cantorum, des professeurs aussi contribuent à répartir leur connaissance concernant le chant grégorien avec les fidèles, en pratiquant la liturgie catholique, notamment pour la messe dominicale selon le Missel de 1962. Ainsi, le chœur Una cum de la chapelle Sacré-Cœur de Lindthout[106] à Bruxelles est sous la direction de Paul-August Deproost, spécialiste de la littérature latine ainsi que le doyen de la faculté de philosophie, arts et lettres de l'université catholique de Louvain[p 3]. Aux États-Unis, il s'agit du chœur Sainte-Anne de Palo Alto, près de l'université Stanford. Depuis 1963, ce chœur est toujours consacré au chant grégorien dans la liturgie, y compris la célébration des obsèques en grégorien[107]. Actuellement c'est William Mahrt qui le dirige[108]. Il est professeur de Stanford, l'un des principaux chercheurs de la musique médiévale aux États-Unis, président de l'Association américaine de musique sacrée[109],[110].

Chant grégorien et enseignements[modifier]

Étant donné que, de nos jour encore, le chant grégorien n'est pas effectivement connu ni parfaitement compris, le rôle des enseignements est davantage important. Il existe plusieurs types de formation.

Histoire[modifier]

École Niedermeyer de Paris[modifier]
Louis Niedermeyer, originaire de la Suisse.

Il semble que l'école Niedermeyer de Paris, fondée en octobre 1853, soit le premier établissement qui ait enseigné le chant grégorien aux élèves. Dans la lettre datée le 15 avril 1857, le fondateur Louis Niedermeyer écrivit : « Pour le plein-chant, nous disons Saint-Grégoire (sic, Saint Grégoire), pour la musique sacrée, nous disons Palestrina… »[48]. Aussi le chant grégorien était-il quotidiennement enseigné dans cette école consacrée à la musique religieuse[48]. De plus, il organisa, en 1860, un congrès du plain-chant à Paris[48],[111]. L'un de ses professeurs les plus distingués était Camille Saint-Saëns tandis que son élève le plus brillant était Gabriel Faure. Donc, ces deux compositeurs français connaissaient inténsement le chant grégorien.

En 1894, la Schola cantorum de Paris aussi ouvrit ses portes, en devenant concurrente dans la capitale. Dom Mocquereau de Solesmes lui exécuta plusieurs conférences de paléographie en 1897[k 24].

Enseignement au sein de l'abbaye Saint-Pierre par Dom Mocquereau[modifier]

C'était surtout Dom Mocquereau qui n'hésita pas à enseigner le chant grégorien aux jeunes musiciens. En 1901, il lui fallut quitter la France avec sa communauté.

Dom Mocquereau donna également ses cours à Turin ainsi qu'à Milan, lors de ses voyages à la recherche de manuscrits[t 24]. Pour le même objectif, il arriva à Rome en 1890[113]. Le séminaire français lui demanda d'effectuer quelques cours grégoriens pour tous ses élèves et de célébrer la messe du dimanche de Lætare. En organisant une petite schola provisoire, il leur enseigna pendant huit jours, sans prévoir son succès. Après cette messe, le supérieur de Santa-Chiara décida de maintenir définitivement sa schola, immédiatement réputée à Rome. D'ailleurs, il y avait un grand nombre d'invités dont le Père de Santi[114], chargé par le pape Léon XIII de défendre l'édition médicéenne. Aussitôt la célébration terminée, il visita la chambre de Dom Mocquereau : « Il est évident que ce chant sera un jour celui de l'Église romaine »[t 25]. Ces cours étaient donc si mémorables, car c'était ce Dom Angelo de Santi qui conseilla officiellement le chant grégorien pour la liturgie romaine au cardinal Sarto, futur Pie X et vieil ami[c 7]. De plus, il devint le cofondateur et premier directeur de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome qui ouvrit ses portes en 1911[t 24],[114].

Évolution des sessions grégoriennes[modifier]

Après la deuxième guerre mondiale, Dom Gajard participa à de nombreuses sessions grégoriennes[t 26] : Quimper (1949), Ploërmel (1958), Genève (1959), Venise (1959), Pampelune (1959), Spencer (1959), New York (1960). Il traversa l'océan Atlantique en avion, non seulement par l'appel de Justine Ward[115], enseignante, mais aussi afin de soutenir l'abbaye Saint-Joseph de Spencer qui subissait des opposants au chant grégorien[116].

Au Mans, il se consacrait aux sessions auprès de la Schola Saint-Grégoire, tous les ans[t 26].

Dom Eugène Cardine et ses disciples[modifier]

Le plus grand éducateur du chant grégorien était toutefois Dom Eugène Cardine de Solesmes. En tant que professeur de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome, il y enseigna entre 1952 et 1984. Surtout, ce pédagogue était capable de charger proprement aux élèves d'étudier leurs tâches. Par conséquent, plusieurs thèses importantes, notamment celles de doctorat, y furent achevées[61].

Dom Cardine assurait pareillement des cours académiques à l'Athénée pontifical Saint-Anselme en 1955 ainsi que de 1968 à 1972, à l'Association italienne Sainte-Cécile entre 1962 et 1971, au Collegium Germanicum et Hungaricum également à Rome, et à l'université de Bologne en 1969, 1970 et 1972[61],[t 27].

Il y comptait un nombre considérable de disciples distingués parmi lesquels Marie-Claire Billecocq devint spécialiste du manuscrit de Laon 239[70], notamment de la restauration de ses neumes, dont bénéficient le Graduale triplex de Solesmes (1979)[73] et le Grauale novum du Vatican (2011). Ce dernier, le premier tome de sa nouvelle édition critique, fut achevé par d'anciens élèves de Dom Cardine, sous la direction de Dom Johannes-Berchmans Göschel[o 7], qui lui aussi avait présenté ses thèses à l'institut en 1974 et en 1976[61].

Jean Jeanneteau et ses stages de chant grégorien[modifier]

En tant qu'enseignant, le chanoine Jean Jeanneteau passa principalement sa vie auprès de l'université catholique d'Angers, en y fondant l'école supérieure d'électronique de l'Ouest. Cependant, après sa retraite en 1975 à l'âge de 67 ans, il décida de se consacrer totalement au chant grégorien. En effet, le jeune Jean Jeanneteau fréquentait l'abbaye Saint-Pierre durant ses vacances scolaires[t 28]. Après la deuxième guerre mondiale, le chanoine Jeanneteau avait fondé une école de chant grégorien auprès de son université[t 29]. En 1950, il était devenu collaborateur de la Revue grégorienne[t 30].

Avec enthousiasme, il créa en 1976 sa session grégorienne au centre d'études grégoriennes et de la musique traditionnelles, fondé en 1975 par Jacques Charpentier au sein de l'abbaye de Sénanque[t 31]. Cette session y fut tenue jusqu'en 1979[t 32]. Peu après, en 1982, l'Ensemble Organum y naquit. En étroite collaboration avec Dom Claire de Solesmes[66],[t 33], le chanoine commença à organiser pareillement ses stages en 1977, au centre culturel de l'Ouest auprès de l'abbaye de Fontevraud, également fondé en 1975[t 34],[117]. De plus, pour des moniales, notamment des maîtresses de chœur et chantres des abbayes, ses sessions furent établies à Ozon[89] ainsi qu'à Lisieux dès 1982[t 34]. Ce chanoine et musicologue forma donc un nombre considérable de chefs de chœur dans et en dehors des monastères[117].

De nos jours[modifier]

Pour des diplômes[modifier]

En France :

En Europe :

  • Bâle, Schola Cantorum de Bâle : auprès de cet institut célèbre en Suisse, fondé en 1933, le diplôme est disponible pour un cours en allemand pour trois ans, spécialisé par les musiques entre VIIIe et XVIe siècles, y compris le chant grégorien[121].
  • Genève, Conservatoire Populaire de Musique, Danse et Théâtre : un cours hebdomadaires du chant grégorien, durée 90 minutes, y est proposé ; il est tenu dans une église en raison de sa caractéristique liturgique[122].

Dans d'autres pays :

  • St Paul, University of St. Thomas : à cette université américaine, il était obligatoire que les étudiants ayant sélectionné le cours de l'origine de la musique occidentale dont le chant grégorien rejoignent à sa Schola Cantorum fondée en 1981, en lisant l'ancienne notation dans le Liber usualis de Solesmes[123].
Quelques sessions[modifier]

Au contraire des enseignements auprès des conservatoires, tous ceux qui veulent améliorer leur connaissance peuvent, en général, être accessibles aux sessions saisonnières du chant grégorien, ouvertes à toutes les générations. Parfois ces sessions sont soutenues par les enseignants importants, par exemple, ancien professeur de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome[124].

En France :

En Europe :

  • Université des beaux-arts de Folkwang (Allemagne) [34]
  • Académie de chant grégorien (Belgique) [35]
  • Association internationale des études du chant grégorien (Espagne) [36]
  • Association internationale des études du chant grégorien (Italie) [37]
  • Schola gregoriana Vilnensis (Lituanie) [38]
  • Association internationale des études du chant grégorien (Pologne) [39]
  • Schola Gregoriana Monostorinensis (Roumanie), destinée aux enfants, afin qu'ils puissent répartir la liturgie grégorienne[102]
  • Fondation Sainte-Catherine (Royaume-Uni), session exclusivement déstinée aux adolescents (de 11 à 18 ans) [40]
  • Atelier de chant grégorien (Suisse), dans le cadre du festival international de musiques sacrées à Fribourg [41]
  • Schola gregoriana Pragensis (Tchéquie) [42]

Dans d'autres pays :


L'abbaye de Léoncel, isolée et à 900 m d'altitude.

L'abbaye de Léoncel propose une session particulière et spirituelle, « Marcher et prier, Chant grégorien », dans la liturgie monastique. Il faut que les participants effectuent 15 km de parcours dans la montagne chaque jour. Auprès de cette ancienne abbaye cistercienne, un moine bénédictin de Saint-Benoît-sur-Loire conservant la tradition du chant grégorien est chargé d'accueillir les pèlerins et visiteurs[127].

« Pourquoi le chant grégorien ? Il ne s'agit pas d'esthétisme, ou de traditionalisme mais de nous réapproprier un grand trésor de la prière et du chant chrétien et d'ouvrir des chemins aussi nouveau qu'anciens à notre recherche de Dieu, à notre désir du Beau et à notre soif spirituelle. Pourquoi la marche ? Marcher, c'est apprendre à vivre avec son souffle, à trouver un rythme : souffle et rythme sont les deux éléments essentiels du chant. »

Futur[modifier]

Pourquoi le chant grégorien ?

Il est vrai que, solennellement, le chant grégorien est le seul à avoir été promulgué par l'Église romaine, et que cette primauté fut confirmée d'abord par le cérémonial de Clément VIII en 1600[b 6] ainsi qu'au XXe siècle par le concile de Vatican II.

Saint Pie X.

D'ailleurs, cette Église avait historiquement parachevé deux fois la véritable centralisation de sa liturgie, sous le règne de Charlemagne et encore par le pape Pie X[h 9]. D'abord, par la création du chant grégorien, ensuite, grâce à la restauration de celui-ci. Certes, de nos jours, la diversité est indispensable. Cependant, qui est-il encore capable de réunir la liturgie dans le monde des variétés ?

La splendeur de ce chant, d'une part, il s'agit de l'une des sources les plus profondes de la liturgie. Dom Gajard de Solesmes le résuma :

« « Cela dépasse infiniment la musique », me disait, il y a quelques années, à Solesmes même, au sortir de la messe conventuelle à laquelle il assistait pour la première fois, un chef d'orchestre éminent de Paris. Cela dépasse infiniment la musique ! On ne saurait mieux dire. C'est qu'en effet, si beau, si artistique qu'il soit, le chant grégorien n'est pas de l'art pour l'art ; il est tout entier ordonné à Dieu, tout entier prière. On l'a défini très justement : la prière chantée de l'Église[i 1]. »

« Dans le chant grégorien, art et prière sont inséparables ; ils sont tellement noués qu'on ne peut les dissocier ; impossible de bien chanter sans prier, impossible également de bien prier sans chanter bien[c 8]. »

Rappelons cependant qu'il s'agit de ceux qu'en 1324 déjà, le pape Jean XXII avait souligné dans son décret Docta Sanctorum Patrum :

« Ce doux son résonne toujours dans la bouche de ceux qui chantent les psaumes quand ils portent Dieu dans leur cœur ; tandis qu'ils prononcent les paroles, leur chant augmente la dévotion envers lui[28]. »

Tout comme son prédécesseur Pie X, en tant que cardinal puis pape, Benoît XVI soutenait toujours l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes et sa restauration du chant grégorien.

D'autre part, il est pareillement une source riche de la théologie. Le 12 septembre 2008, le pape Benoît XVI précisa dans l'avion vers la France. Le chant grégorien sera encore une fontaine :

« J'ai eu réellement un contact très profond, très personnel et enrichissant avec la grande culture théologique et philosophique de la France. Cela a été réellement décisif pour le développement de ma pensée. Mais aussi la redécouverte du grégorien originel avec Solesmes, la grande culture monastique ... et naturellement la grande poésie. ... C'est donc une culture qui a réellement déterminé mon développement personnel, théologique, philosophique et humain[c 9]. »

La théologie au sein du chant grégorien : il semble difficile à apprendre ce sujet. Néanmoins, ce conseil sera agréable pour sa compréhension :

« Il faut reconnaître cependant qu'un musicien moderne ira d'instinct chercher les meilleurs chefs-d'œuvre, et il les rencontrera certainement dans les mélodies originales. Dans ces mélodies il ne trouvera plus seulement des toiles de fond, d'un dessin parfait et de couleurs volontairement neutres, devant lesquelles peuvent être évoqués les sentiments les plus variés, mais un décor pleinement adapté au sens des paroles qu'il s'agit de mettre en valeur[w 9]. »

— Dom Eugène Cardine, Vue d'ensemble sur le chant grégorien

Dans d'autres traditions ou domaines[modifier]

Les Anglicans[modifier]

Le premier livre de chant anglican The book of Common praier noted fut publié en 1550. Il s'agit de celui de l'un des compositeurs les plus importants de l'époque, dans la tradition catholique comme Thomas Tallis et William Byrd, John Merbecke[128]. Merbecke avait constitué ce livre à la base du chant grégorien, pour le Te Deum du chant ambrosien, ainsi que de ses propres œuvres. S'il avait attribué une syllabe à une seule note, comme les livres de Luther, la publication fut effectuée d'après la notation ancienne, celle des neumes[5].

Toutefois, la parution du Livre de la prière commune en 1552 qui avait modifié les textes et l'arrangement affaiblit la popularite du livre de Merbecke, déjà fréquemment copié. Ensuite, le plain-chant disparut dans l'usage des Anglicans au XVIIe siècle, à cause de la guerre civile, notamment touché par la propagande des Calvinistes qui interdisaient toutes les formes de musique[131].

Le chant oublié revint cependant à Londres au XVIIIe siècle, grâce à la chapelle de l'ambassadeur catholique romaine[128],[132] où l'on chantait le grégorien. D'autre part, un grand nombre de livres pour le plain-chant furent publiés dès le milieu de ce siècle[128].

Au début du XIXe siècle, le mouvement d'Oxford commença à rétablir la liturgie latine auprès des Anglicans. En raison des sources romaines, l'utilisation du plain-chant était parfois critiquée jusqu'à ce que le livre de Merbecke soit redécouvert. Une fois devenu parfaitement légitime dans la tradition anglicane, le chant grégorien, origine du premier livre de chant, y est dorénavant apprécié. Aussi furent effectuées dans les années 1840 plusieurs publications dont l'édition de William Dyce, la plus utilisée, en révisant le livre de Merbecke. Comme ce dernier manquait de psaumes, Thomas Helmore publia en 1849 son psautier avec ses commentaires. Cependant, en dépit de l'intention de Dyce et de Helmore, le plain-chant était généralement accompagné ou harmonisé aux paroisses[131].

À la suite de la restauration en France, en 1888 l'Association du plain-chant et de la musique médiévale fut fondée outre-Manche, afin de promouvoir les études et la publication dans ces domaines[133]. En 1895, son premier fac-similé, celui des manuscrits du graduel selon le rite de Sarum, fut sorti tandis qu'en 1896, elle publia son premier ordinaire de la messe, adapté à la liturgie anglicane[134]. Sa revue semestrielle est toujours publiée, actuellement par la Presse universitaire de Cambridge[135].

Aux États-Unis aussi, inspiré par la restauration de Solesmes, Charles Winfred Douglas († 1944)[136] publia un nombre considérable de livres de plain-chant à la base du grégorien, notamment dans les années 1930[137]. Ses livres de chant, en anglais, furent sortis non seulement avec la notation moderne mais aussi celle des neumes[134]. Leur publication se continua jusque dans les années 1960[138], car le plain-chant était plus apprécié et davantage pratiqué aux États-Unis qu'en Angleterre[131].

Tout comme le problème de la modification après la Renaissance selon la théorie de quantité, la version anglaise, une langue vraiment accentuelle, provoque une forte transformation de la musique. Malgré cela, afin de continuer l'utilisation du plain-chant, les Anglicans américains sortirent en 2004 leur nouveau graduel The Anglican use gradual[6].

Les Luthériens[modifier]

Se separés au XVIe siècle de l'Église catholique romaine, les Luthériens conservent un certain nombre de mélodies grégorienne, si des caractéristiques du chant grégorien sont perdues. Invité par l'Église évangélique-luthérienne d'Islande, Dom Saulnier de Solesmes s'en aperçut nettement lors d'un cours du chant grégorien :

« Quand je suis arrivé à l'office le matin, les premiers jours, j'ai tout reconnu ... il y a eu un : Deus in adjutorium meum en islandais, mais fait pareil. Il y a eu une hymne, celle qu'on chante toutes les nuits à Vigile, on a eu un psaume, c'était le IIIe ton, que nous avons le mercredi soir puis la conclusion de l'office. Étonnant [n 8]! »

Avec son ensemble Consortium Vocale Oslo, la cathédrale luthérienne la plus prestigieuse dans la capitale Domkirke soutient le chant grégorien.

Comme la langue allemande est quasiment monosyllabique, Luther n'attribua une syllabe qu'à une seule note[131]. De sorte qu'il transforma le chant grégorien en musique vraiment simple.

Par ailleurs, il recommandait l'utilisation du latin auprès des écoles et des universités. Par conséquent, le chant grégorien y était encore chanté alors que dans les temples il était strictement interdit[131].

Pourtant, étant donné que ce chant est la source de toute la musique occidentale, il existe un bouleversement[t 35]. Dès le milieu des années 1980, l'ensemble Consortium Vocale, l'un des chœurs officiels de la cathédrale d'Oslo Domkirke[139] où assistent les offices la famille royale et le gouvernement, étudie et pratique le chant grégorien, et surtout sa fonction s'amplifie depuis 1998 sous la direction d'Alexander M. Schweitzer, ancien élève de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome[140]. Le goupe est soutenu par non seulement la cathédrale mais aussi le conseil des arts de Norvège[139].

L'un des musicologues de ce domaine Jacques Viret, professeur à l'université de Strasbourg, est luthérien[n 9]. Il acheva sa thèse de doctrat sur la composition mélodique du chant grégorien en 1981, à la Sorbonne, dirigée par Jacques Chailley[141].

Dans le cadre du festival et du concert[modifier]

À côte de l'usage liturgique stricto sensu, de nombreux ensembles vocaux, tant en Europe que dans d'autres continents, présentent de nos jours le chant grégorien également sous forme de concerts, d'interventions au cours de festivals d'art sacré, de veillées de prière, de concerts-lecteurs et conférences.

À Watou en Belgique, ville située 1 km de la frontière franco-belge, le festival de chant grégorien se trouve tous les trois ans.

En Europe, l'on soutient régulièrement des festivals exclusivement consacrés au chant grégorien :

  • Festival de chant grégorien de Watou : tous les trois ans depuis 1981[142], le XIIe est prévu du 9 au 17 mai 2015.
  • Festival international de chant grégorien de Bratislava : le Ve est prévu du 23 au 26 octobre 2014[143].

Parfois dans le cadre du grand festival aussi, les concerts de ce chant sont accueillis :

Mais surtout, il s'agit des concerts auprès des (anciennes) abbayes, des cathédrales, des églises :

Et dans d'autres continents :

  • Festival estival de musique à la cathédrale Christ Church de Vancouver : ce festival (2011) était particulièrement illustré des Complies en chant grégorien, célébrées à 21h30, toutes les soirées[148].
  • Concert à l'Esplanade Concert Hall, Singapour : 2012 Glimpes of Faith : Gregorian Chants (extrait de la messe catholique traditionnelle)[149]

La plupart des musiciens qui abordent ce répertoire ont une conscience aiguë de son caractère liturgique qu'ils s'efforcent de respecter au plus près, et de mettre en valeur lorsqu'ils chantent le grégorien dans un cadre extra-liturgique. Ces mêmes ensembles vocaux interviennent d'ailleurs fréquemment aussi bien dans cadre liturgique qu'en dehors du contexte liturgique.

Toutefois, concernant le chant grégorien, il est fortement probable que sa qualité n'est pas identique. Un spécialiste le sollicitait avec enthousiasme. Il ne s'agissait pas d'un moine ni prêtre, mais l'un des principaux défenseurs et promoteurs de la musique contemporaine sous le président François Mitterrand, ancien élève d'Olivier Messiaen, surtout créateur de la fête de la musique[k 28].

« Je vous supplie, leur dit-il, en substance, je vous supplie de maintenir ou, si nécessaire, de rétablir l'usage du chant grégorien, de le maintenir ou de le rétablir, non dans les concerts, mais dans la liturgie, car liturgique est sa fonction, sa mission. Aidez-nous tous à le vivre ainsi[k 29]. »

— Discours de Maurice Fleuret à Pont-à-Mousson en 1985, destiné aux musiciens, musicologues, dignitaires ecclésiastiques


Si le chant grégorien risque de disparaître sans fonction liturgique, la situation dégrada considérablement pendent ces 30 ans. Après avoir constaté que fut quasiment perdue la connaissance de ses étudiants au regard de la liturgie, même auprès de son université catholique[p 4], Paul-Augstin Deproost, doyen de Louvain, considère : « C'est un peu paradoxal, mais c'est exact. Le chant grégorien n'a peut-être jamais été aussi populaire qu'aujourd'hui, mais malheureusement pas dans l'Église. Il est peut-être dans les églises, mais dans le cadre de concerts[p 5]. » Désormais, il faut donc toutes les manières[n 10].

Encore reste-il une autre raison pour la fonction des concerts :

« Disons que le nôtre est d'ordre esthétique, et le leur, spirituel. Nous chantons par exemple certains versets très développés comportant de belles envolées lyriques qui ne sont plus utilisés dans la Liturgie depuis des siècles. Les Cisterciens les ont supprimés sans doute parce qu'une beauté trop ostentatoire peut détourner de Dieu[150]. Là je ne suis pas trop d'accord[n 11]. »

— Gabriel Lacascade dans l'entretien lors d'un concert de l'Ensemble Venance Fortunat

L'élimination des chants très ornés possède une longue histoire et était justifiée par plusieurs raisons. En 595 déjà, par un décret, le pape saint Grégoire Ier supprima le chant ostentatoire Vieux-Romain, chanté en solo après la première lecture. En effet, à cette époque-là, les diacres avaient tendance à oublier leur devoir, services pour les pauvres. Aussi saint Grégoire dénonça-t-il : « Le chantre, devenu diacre, charmait certes les fidèles par sa voix, mais irritait Dieu par sa conduite[h 1]. » À la suite de la Renaissance puis de la reforme luthérienne, le concile de Trente au XVIe siècle avait besoin d'une révision complète des livres de chant, en publiant en 1614 l'Édition médicéenne[b 5]. Après la décadence du XVIIe siècle, les morceaux de mélismes étaient si difficiles à chanter que des moniales françaises demandèrent de remanier les livres à Guillaume-Gabriel Nivers afin de célébrer plus facilement mais plus correctement leurs offices[b 10].
L'ornement est nonobstant un élément essentiel du chant grégorien. Dans la tradition, il est principalement appliqué à la syllabe accentuée, au terme le plus important dans la phrase ou à la dernière syllabe. Pour celle de l'Alléluia, le mélisme est plus fréquent en raison de la solennité, sauf dans l'Édition médicéenne[e 15], car il s'agit du chant exécuté juste avant la lecture de l'Évangile. Le mot Jubilus est destiné à ce mélisme distingué[k 1].
Alleluia Vigilia Nativitatis.png
Par contre, le chant ostentatoire se caractérise de son esthétique. Ainsi, un musicologue américain William Mahrt trouva un exemple de celui-ci, sicut cedrus Libani [46][151]. Dans la dernière notation, le mélisme attribué à la syllabe compte 61[152] notes. Le texte ne justifie pas de raison pour ce mélisme.
De plus, la restitution du chant grégorien est de nos jours effectuée selon les manuscrits les plus anciens[j 2].

Donc, de longs mélismes ayant une valeur musicologique, chantés effectivement jadis par les moines, ne peuvent être exécutés qu'au concert.

D'ailleurs, quelques groupes, par exemple le chœur Greg'Orian[153], chantent la mélodie grégorienne en faux-bourdon, aujourd'hui également en dehors de la liturgie.

« Le Faux-bourdon à la même origine que le Contre-point, mais il n'a pas toujours les mêmes inconvéniens. Quand il est bien éxéctés, que toutes les voix, quoique sur différens Tons, prononcent ensemble la même syllabe, il a ses agrémens & il peut être admis de tems en tems. Il faut cependant convenir qu'il tient moins de la majesté & de la gravité si convenables dans l'Office Divin, qu'un unisson, ou un accord uni de toutes les voix, une vraie Homophonie[z 11]. »

— Abbé Léonard Poisson, Traité théorique et pratique du Plain-chant, appéllé Grégorien (1750)

« C'étaient là des restes de l'habitude primitive, quand la voix seule était entendue à l'église ; et l'orgue même ne faisait que reproduire ou accompagner les « faux-bourdons » plus ou moins barbarement écrits note contre note pour les voix seules. ......... La seconde moitié du siècle passé a vu modifier tout cela. Tandis que, dans les grandes églises, l'usage du faux-bourdon diminue de plus en plus, l'invention de l'harmonium a partout répandu l'habitude de l'accompagnement[y 1]. »

— Amédée Gastoué, Traité d'harmonisation du chant grégorien, sur un plan nouveau (1910)

Harmonisation et accompagnement du chant grégorien[modifier]

Faux-bourdon[modifier]

Le faux-bourdon apparut au XVe siècle[154]. À Caen, un livre important fut publié en 1582 : Instruction pour apprendre à chanter à quatre parties, selon le Plain chant, les Pseaumes, et Cantiques : ensemble les Antiphones, et Pneumes, qui se chantent ordinairement aux Églises, suyvant les huict tons usitez en icelles[155].

Dès le XVIIe siècle, le faux-bourdon fonctionnait en tant qu'une façon de la gravité des offices. Ainsi, la cathédrale de Troyes acheva un document très instructif en 1630, « suivant les différentes solennités qui s'observent dans ladite église. » : « aux Ires Vespres des festes solennelles… l'organiste doit toucher l'orgue au 5e psalme du ton de la 5e antienne, verset au verset avec le chœur qui répond en faux-bourdon[b 19] ; » En 1655, un contrat fut conclu à la cathédrale de Rodez, et conservé jusqu'à la fin du XVIIIe siècle[k 33] :

« ......... chanter la Musique toutes les festes chomables et doubles tant à la grand messe qu'à vespres et encore les semidoubles à la grand messe, et chanter l'hymne O salutaris hostias en faux-bourdon ; et les dimanches de festes chomables faire chanter sur le livre le second Introït de la messe, le second Alleluia, les offertoires en cas l'orgue ne pourra pas, et à la post communion, toutes les festes de quattre bourdons faire chanter les secondes antiennes de vespres et le Magnificats et les motets accoutumés[156]. »

Un autre contrat signé le 12 février 1695, à la Saint-Hilaire de Poitiers, était plus évolué[k 33]. En fait, à la place du cérémonial de Clément VIII dont les prix étaient inabordables aux diocèses, Dom Bartholomæo Gavanto, préfet, avait fait publier en 1630 la première édition du Thesaurus sacrorum rituum, seu Commentaria in rubricas Missalis et Breviarii romani[b 20] dans laquelle le faux-bourdon était admis pour les psaumes de Vêpres, les hymnes et quelques antiennes[b 21].

En 1750, l'abbé Léonard Poisson précisa dans son livre que la cathédrale Notre-Dame de Paris avait commencé à chanter les grandes antiennes « Ô » de l'Avent en faux-bourdon : « ……… dans des Églises célèbres, comme Notre-Dame de Paris, on chante un Pseaume ou un Cantique du septième Mode pour une Antienne du quatrième……… De même pour rendre plus sonore le chant du Cantique Magnificat des Antiennes O de l'Avent, on chante le Faux-bourdon du premier Mode ou du huitième ; (en 1748, à Notre-Dame de Paris on a chanté du premier Mode, & en 1749, on a chanté du huitième ; ce qui prouve qu'il n'y a encore rien de fixe, )………  »[z 12].

Il est vrai qu'au XIXe siècle encore, le faux-bourdon était officiellement apprécié, autorisé et pratiqué. Ainsi, en 1837, le Grand-séminaire de Beauvais publia son livre de chant Psaumes des dimanches et des fètes (sic) solennelles, en faux-bourdons, à l'usage des maisons d'éducation, des écoles de chant, et des paroisses parce qu'« Il n'est personne qui ne connaisse l'effet magnifique des psaumes chantés en Faux-Bourdons »[157].

Harmonisation habituelle au XIXe siècle[modifier]

Si le cérémonial de Clément VIII dénonça en 1600 que le chant liturgique d'Église par excellence est le chant grégorien, ce grand document d'après le concile de Trente déterminait en détail l'utilisation de l'orgue[b 22]. Aussi ce dernier était-il partiellement autorisé en France selon le Cérémonial de Paris[158] en 1662 ainsi que le Cérémonial de Toul[159] en 1700, « pour mieux diriger le chœur & donner le véritable ton »[b 23].

Avant que le chant grégorien ne quasiment disparaisse en France, l'abbé Poisson écrivit toutefois en 1750 : « De grandes Églises comme celle de Lyon & celle de Sens n'en admettent point d'autres [que le plain-chant]. Et ce n'est que très-récemment que l'Église de Sens a admis l'Instrument appelé serpent. On n'employoit que les voix, qui toutes chantoient à l'unisson, encore préféroit-on les voix appelées, Tailles, sonores & concordantes aux grosses voix appelées Basses-contres, & on n'y connoissoit d'autre Instrument que l'Orgue. Le Cardinal Bona, dit qu'il n'y a point d'Orgue dans la Chapelle du Pape. L'Église de Lyon n'en a point non plus, ni aucun autre instrument[z 4]. » Il s'agissait du pape Benoît XIV.

Après que les offices furent rétablis au XIXe siècle, le chant était parfois accompagné modestement des instruments à cordes ou à vent, à savoir violoncelle, serpent, cornet, trombone, ophicléide, et bien entendu de l'orgue, humblement[y 1],[160]. Mais, à dire vrai, afin de sauvegarder l'Église des musiques pour le théâtre, plupart des instruments, notamment instruments à vent, étaient interdits par le pape Benoît XIV, selon l'avis de ses conseillers[44].

Le 26 avril 1842, un décret fut dénoncé par un défendeur du chant grégorien à l'époque, Engelbert Sterckx, cardinal-archevêque de Malines en Belgique :

« Si on fait accompagner le chant par des instruments de musique, il faut qu'ils servent uniquement, d'après l'avis de Benoît XIV, Constitution [du 19 février 1749[44]] citée §. 12, à ajouter de la force au chant, afin que le sens des palores pénètre mieux dans le cœur de ceux qui écoutent, que l'esprit des fidèles soit excité à la contemplation des choses spirituelles, et à l'amour de Dieu et des choses divines. On doit donc prendre garde que les instruments ne couvrent la voix de chantres, et n'étouffent, pour ainsi dire, le sens des paroles[161]. »

— Décret de son éminence le cardinal Sterckx, archêveque de Malines, concernant le Chant et la Musique d'Église, accompagné d'une traduction française et d'observations, à l'usage des Maîtres de Chant et de Musique, article VI


L'invention de l'orgue-harmonium étant capable d'imiter la voix humaine bouleversa la manière de la liturgie[162].

En effet, « l'harmonisation habituelle du plain-chant », « un usage moderne », parut, par exemple en France dans les années 1830 environ, selon Amédée Gastoué[y 1]. Il est probable que l'un des premiers animateurs était un musicologue belge François-Auguste Gevaert qui sortit en 1856 la Méthode pour l'enseignement du plain-chant et la manière de l'accompagner, suivie de nomebeux exemples, déjà troisième édition[163]. Sans doute fonctionnait ce livre comme le guide Michelin, car d'après la couverture de celui-ci, il est évident que la maison de Gevaert était également éditeur de musique ainsi que fabricante des pianos, des orgues et notamment des harmoniums, inventés à ce siècle[164].

Si la restauration du chant grégorien par l'abbaye Saint-Pierre ne se commençait pas encore, le plain-chant ecclésiastique était déjà menacé par l'harmonisation moderne, connue depuis la Renaissance.

C'est la raison pour laquelle, dans la même année, écrivit Joseph d'Ortigue en citant le décret du pape Jean XXII Docta Sanctorum Patrum : « Adeo ut interdum Antiphonarii et Gradualis fundamenta despiciant, ignorent super quo ædificant, tonos nesciant, quos non secernunt, imo confundunt.[x 1] » :

« On concevra maintenant qu'en présence d'une telle anarchie, de cette absence totale de base, de but, de principes, de doctrine et d'unité, ......... tandis que je parlais ainsi, il y avait là, sous mes yeux, un fait terrible, fatal, inexorable, contre lequel il était impossible de lutter : le fait de toutes les églises adoptant un plain-chant en harmonie, un plain-chant accompagné, par suite de l'introduction de l'orgue de chœur dans les temples[x 2]. ......... »

— Joseph d'Ortigue (et Louis Niedermeyer), Traité théorique et pratique de l'accompagnement du plain-chant, préface, Paris, le 26 décembre 1856

Aussi l'arrivée de l'orgue dans la liturgie traditionnelle, sans connaissance des modalité et tonalité, provoquait-elle une grosse confusion harmonique.

« L'accompagnement du plain-chant repose sur quelques règles très-simples. La première et la plus fondamentale est celle-ci : L'EMPLOI EXCLUSIF, DANS CHAQUE MODE, DES SONS DE L'ÉCHELLE. Cette règle est malheureusement méconnue de la plupart des organistes, des maîtres de chapelle et même d'un bon nombre de musiciens instruits[x 3]. »

— Joseph d'Ortigue et Louis Niedermeyer, Traité théorique et pratique de l'accompagnement du plain-chant, nouvelle édition en 1876, p. 35


En réalité, la Révolution avait causé la disparition ainsi que la suppression d'un nombre considérable d'orgues. Faute d'instruments disponibles, de nombreux petits facteurs étaient venus et revenus en France, avec leur évolution, notamment celle de la Suisse ou de l'Allemagne[165]. Surtout, les jeux ensembles de l'orgue-harmonium étaient capables d'imiter les sons d'autres instruments, même de la voix humaine[162]. Par conséquent, dans une publicité de la Revue et gazette musicale de Paris en 1843, ce dernier était mentionné en détail : « Dans les grandes églises, et notamment de la Madeleine à Paris, il sert à l'accompagnement des chœurs et aux chants des confréries. Dans les petites paroisses, les chapelles de châteaux et pensionnats, il y fait l'office des grandes orgues[162]. »

Publications à la Belle Époque[modifier]

Il est vrai qu'outre-Manche aussi, les paroisses harmonisaient ou accompagnaient en général, dès le XIXe siècle, leurs livres de plain-chant à la base du chant grégorien, mais publiés pour l'unisson, à cause de leur longue tradition anglicane[131]. Il est cependant assez étrange que cette façon moderne se soit amplifiée sur le Continent à partir de la Belle Époque[y 2] jusqu'au début de la deuxième guerre mondiale. C'était exactement à cette époque-là que le Saint-Siège commença sa publication de l'Édition Vaticane d'après les manuscrits anciens du chant grégorien. En fait, les principales publications pour l'harmonisation habituelle aussi furent effectuées à la première moitié du XXe siècle, presque simultanément [166].

La Schola cantorum de Paris poursuivait sa meilleure façon des harmonisation et accompagnement afin de respecter la tradition.

Surtout, le livre d'Amédée Gastoué paru en 1910[y 3] était vraisemblablement le plus important, car l'auteur était l'un des enseignants les plus distingués du chant grégorien, auprès de la Schola cantorum de Paris ainsi que de l'Institut catholique de Paris. De plus, il avait été nommé commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand et consulteur de la Commission pontificale grégorienne[y 4]. Dans ce livre, Traité d'harmonisation du chant grégorien, sur un plan nouveau, il donnait non seulement la théorie de l'harmonisation mais aussi les règles liturgiques requises[y 5]. Cela suggère qu'il l'écrivit encore selon la nécessité. Pourtant, nous ignorons encore la vraie raison de ce phénomène.

D'après des partitions de ce livre, une petite liste de spécialistes de l'harmonisation peut être établie : Charles Bordes[y 6] (Schola cantorum de Paris), abbé F. Brun[167], abbé Emile Brune[168] (Saint-Claude), abbé Pierre Chassang[169], Dom Delpech (Solesmes)[170], Alexandre Guilmant[y 7] (Schola cantorum de Paris), William Gousseau[171] (Saint-Nicolas-du-Chardonnet), Dom Dominicus Johner[172], abbé Antonin Lhoumeau[173] (Compagnie de Marie), chanoine François-Xavier Mathias[174] (université de Strasbourg, cathédrale de et Grand Séminaire de Strasbourg), Fernand de La Tombelle (Schola cantorum de Paris), Dom Marie-Jean Parisot[175], Peter Wagner[176],[w 10]. Même l'un des premiers organistes de l'abbaye de Solesmes s'y trouve.

Nouvelles tendances[modifier]

Par ailleurs, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes sortit en 1981 le Liber cantualis comitante organo, puis dès 1984, trois tomes de Graduale romanum comitante organo. Le sujet était complètement différent. En effet, de sorte que les communautés et églises de petite taille puissent célébrer les offices en grégorien sans difficulté, en bénéficiant de l'orgue, l'abbé Ferdinand Portier avait édité ces livres. En respactant des vœux du concile Vatican II, ils sont toujours disponibles[177].

De nos jours, certains groupes vocaux ont tendance à expérimenter de nouvelles manières. Ainsi, la Schola Cantorum Riga essaie une collaboration avec le saxophone, qui n'existait pas au Moyen Âge ni utilisé dans les églises[178]. Le Consortium Vocale Oslo, celui de la cathédrale d'Oslo, chanta une messe en grégorien après Pâques 2013, en collabration avec Eivind Aarset, guitariste norvégien, mais celui de Jazz[179].

Principaux groupes interprétant le chant grégorien[modifier]

Parfois des universités sont les incubateurs des groupes du chant grégorien ainsi que de la musique médiévale. Pour leur interprétation, les ensembles respectent de plus en plus les recherches récemment effectuées et considérablement améliorées, et n'hésitent pas à étudier les manuscrits à la manière de la sémiologie ou même de la théologie[180].

La création des chœurs est encore si dynamique que ces groupes se trouvent actuellement dans toute l'Europe dont les pays qui perdurèrent la tradition de la liturgique catholique romaine. Une tendance récente, c'est la fondation des chœurs de femmes, comme ceux de moniales.

En France :

En Europe :

  • Ensemble Ordo Virtutum (Allemagne) : créé en 1989 par Dr Stefan Johannes Morent, professeur de l'université de Tübingen[187]
  • Heinrich-Isaac-Ensemble (Allemagne) : il s'agit du chœur de conservatoire de Karlsruhe qui sortit en 2009 un CD consacré aux chants cisterciens[188]
  • Grazer Choralschola (Autriche) : fondée en 1992 ; siège à l'université des beaux-arts de Graz[189]
  • Graces & Voices (Autriche) : chœur de femmes, créé à Graz en 2010 par d'anciennes chanteuses de cette Choralschola[190]
  • Schola Resupina (Autriche) : créée à Vienne en 2004 ; schola féminine consacrée au chant grégorien d'après la théologie et la sémiologie[191]
  • Psallentes et Psallentes♀ (Belgique) : chœur créé en 2000, puis en 2007 celui de femmes ; chant grégorien au bas Moyen Âge et à la Renaissance[192]
  • Schola grégorienne de femmes Cum Jubilo (Belgique) : fondée en 1976 à Watou ; dès 2006 indépendante de celle d'hommes ; animateur du festival international[193]
  • Scola Gregoriana Brugensis (Belgique) : issue du chœur de la cathédrale de Bruge fondé en 1970, mais depuis 1974 également pour concerts en dehors de la liturgie[194]
  • Schola Antiqua (Espagne) : créée en 1984 par des choristes formés à la manécanterie de l'abbaye de Santa Cruz del Valle de los Caídos[195]
  • Schola Gregoriana de Cantabria (Espagne) : schola masculine fondée en 1992 à Cantabrie ; exécution principalement d'après le Graduale romanum[196]
  • Püha Miikaeli Poistekoor (Estonie) : petits chanteurs créés en 1989 auprès du centre Collegium Educationis Revaliæ à Tallin ; en 1996, ils séjournèrent à Solesmes[197]
  • Vox Clamantis (Estonie) : fondé en 1996 ; collaboration étroite avec le chœur grégorien de Paris[198]
  • Schola Hungarica (Hongrie) : née en 1969 ; notamment un nombre considérable d'enregistrements chez Hungaroton[199]
  • Schola Gregoriana Maynooth (Irlande) : créée en 2000 à Maynooth ; dès 2007 chœur de femmes[200]
  • L'Ensemble San Felice (Italie) : né à Florence en 1993 ; interprétation du chant grégorien est assurée uniquement par ses membres féminins[201]
  • Il Coro Gregoriano Mediæ Ætatis Sodalicium (Italie) : fondé en 1991 selon les disciplins de Dom Cardine ; seulement composé des anciennes étudiantes italiennes[202]
  • Schola Cantorum Riga (Lettonie) : fondée en 1995 et sous la direction de Guntars Pranis, professeur[203]
  • Schola Sanctæ Sunnivæ (Norvège) : schola féminine fondée en 1992, notamment afin d'étudier le manuscrit de Trondheim[204]
  • Gregoriaans Koor Utrecht (Pays-Bas) : issu du chœur grégorien de l'université d'Utrecht créé en 1968[205]
  • Schola Cantorum van het Ward Institut (Pays-Bas) : chœur indépendant fondé en 1964 et issu de l'ancien Institut Ward[206]
  • Clamaverunt Iusti Mulierum Schola Gregoriana (Pologne) : créée en 2007 selon la musicologie grégorienne, notamment la sémiologie depuis Dom Cardine[207]
  • Coro Gregoriano de Lisboa (Portugal) : fondé en 1989, issu de l'institut grégorien de Lisbonne et de l'école polytechnique de Lisbonne [208]
  • Canterbury Gregorian Music Society (Royaume-Uni) : créée en 2007 ; concerts ainsi que collaboration liturgique avec l'abbaye de Minster dans le Kent[209]
  • Schola Cantorum of the university of Bristol (Royaume-Uni) : composée uniquement des étudiantes de l'université de Bristol[210]
  • Schola Gregoriana of Cambridge (Royaume-Uni) : fondée en 1975 par Dr Mary Berry[211] ; collaboration avec l'abbaye de Pontigny en Bourgogne[212],[213]
  • The Hilliard Ensemble (Royaume-Uni) : voir aussi Dans la culture populaire en bas.
  • The King's Singers (Royaume-Uni) : ils sont d'anciens membres du chœur King's College de Cambridge, qui sortit son propre CD Gregorian chant en 2005[214].
  • The Tallis Scholars (Royaume-Uni) : s'il s'agit d'un groupe de la polyphonie à Oxford, depuis 1973 ils interprètent le chant grégorien afin de préciser l'origine de l'œuvre[215].
  • Voces Gregorianæ Cassovienses (Slovaquie) : schola grégorienne féminine créée récemment, en 2011 ; interprétation à la manière de la sémiologie[216]
  • Schola Gothia (Suède) : créée à Göteborg en 1999 ; le groupe ne compte que quatre femmes ; interprétation avec les manuscrits anciens[217]
  • Maîtrise du Conservatoire Populaire de Musique de Genève (Suisse) : fondée en 1974, et dirigée par Serge Ilg, professeur du chant grégorien auprès de ce conservatoire[218]

Dans d'autres pays :

Dans la culture populaire[modifier]

  • Plusieurs groupes modernes ont fait du « Grégorien-pop ». C'est le cas de Gregorian - Master of Chants-, ainsi que Enigma qui a connu un grand succès dans les années 1990 avec son tube Sadeness.
  • L'album Officium sorti en 1994, à la suite d'une collaboration entre The Hilliard Ensemble et Jan Garbarek, compta 1,5 million de vente. Plus de la moitié des mélodies sont à la base du chant grégorien[220].
  • La musique principal de la saga Halo(série de jeux vidéo à succès) commence avec un chant grégorien qui joue la mélodie principal suivi d'instrument et se clôture aussi par le chant grégorien. Dans les autres musiques de la saga, on entend aussi un chant grégorien qui joue d'une autre manière la mélodie principal. La composition est de Martin O'Donnell.
  • Certains manga animes comportent des chants de style grégorien, tels que Vision d'Escaflowne avec Escaflowne, Gloria, Death Note pour les différentes versions de Kyrie, Death Note theme, Domine Kira ou encore l'opening de Elfen Lied : Lilium

Références bibliographiques[modifier]

  • Louis Soltner, Solesmes & Dom Guéranger, 1805-1875, Sablé-sur-Sarthe, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1974, 177 p. (ISBN 2-85274-001-X) 
  1. p. 77-89 ; dés 1830, il développait cette idée. S'il réussit à faire réimprimer le Bréviaire monastique en 1860, il restait une difficulté considérable à cause de la pauvreté des ressources des livres de chant.
  2. p. 87
  3. p. 88
  4. p. 85 et 95-96
  1. p. 295-299 (fac-similé) ; par exemple, C.-J. et Jean-Baptiste Santeul, Hymni sacri et novi, Dionysium Thierry, Paris 1689.
  2. a, b et c p. 81
  3. p. 82 ; en bref, il faut que la musique se plie à la quantité des syllabes du texte, selon cette doctrine.
  4. p. 82 ; ainsi, Jean Le Munerat, enfin scholasticus de la faculté de théologie de Paris Sorbonne, réclama cette règle dans son livre Martirologium… simul et antiqua atque nova regula canonica seu ecclesiastica, cum tractatu de concordia gramatice et musice in ecclesiastico officio, Parisii per Guidonem Mercatoris, Guy Marchand, Paris 1490 (http://www.musicologie.org/Biographies/l/le_munerat_jean.html ) Pourtant, selon Denise Launay, si l'on adopte complètement ses règles novelles, « il faudrait refaire tous les anciens Graduels et Antiphonaires. »
  5. a, b et c p. 83
  6. a et b p.  66
  7. p. 146-147 ; l'assemblée du clergé de France décida enfin, en 1612, de sortir « les Livres d'usage romain », auprès de la « Société des libraire de Paris », c'est-à-dire avec des initiatives privées. Toutefois, les prix augmentèrent tandis que la qualité de l'impression était horriblement mauvaise. Finalement, la société cessa toutes ses activités en 1636.
  8. p. 147-148
  9. p. 294-299 (fac-similé) ; notamment en 1689, après la révocation de l'édit de Nantes, Hymni sacri et novi fut publié par C.-J. et Jean-Baptiste Santeul (chez Dionysium Thierry, Paris). Même Pierre Robert, sous-maître de la Chapelle royale, avait écrit son hymne Stupete gentes (p. 296). Comme toutes les hymnes furent imprimées à la manière du chant grégorien, il est évident que le peuple de l'époque était capable de pratiquer la notation ancienne.
  10. a et b p. 301-302
  11. p. 303 ; les modifications des mélodies grégoriennes furent approuvées, sans délai, par les hauts responsables de la liturgie. Les approbations imprimées en tête d'un des premiers Graduale romano-monasticum (1658), actuellement conservé dans la bibliothèque de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, sont datées 1657. Signature : « J.-B. de Contes, prestre […] doyen de l'Église de Paris, conseiller […] du Roy et d'Alexandre de Hodencq […] prestre, docteur en théologie ; F. Léger Soyer, docteur en théologie, conseiller de L. L. M. M. […] gardien du Grand couvent des Cordeliers de Paris, et F. Eustache Bouette de Blémur, bibliothécaire et modérateur du chœur de Saint-Victor-lèz-Paris. » Les deux premierès approbations étaient obligatoires pour l'autorisation de l'archevêque de Paris (p. 301-303).
  12. p. 304-305
  13. p. 305 ; plusieurs de ces livres de chant sont conservés à la Bibliothèque municipale de Versailles (Manuscrits musicaux 271-275) ainsi qu'à la Bibliothèque nationale, département des manuscrits (Ms. latin 8288), aux Invalides.
  14. p.420-421
  15. p. 304
  16. p. 421-422 ; ainsi, « sous son autorité, on a modifié un grand nombre de textes, supprimé d'autres ; des paroles nouvelles ont été introduites dans la partie chantée de l'Office. Il devient alors indispensable, comme au siècle précédent, de refaire une musique pour les textes nouveaux, ou de les adapter, vaille que vaille, à des mélodies anciennes. »
  17. p. 483 et 491 ; d'ailleurs, le Sacre de Napoléon et Joséphine fut tenu, en latin, le 2 décembre 1804. En dépit de la présence du pape Pie VII, la célébration manquait de chant grégorien mais il s'agissait de la musique pour orchestre et chœur, par exemple, des œuvres de l'abbé Roze et de Giovanni Paisiello (p. 496-497).
  18. p. 26 ; « ……… la France est très en retard sur les pays voisins. Dans les contrées germaniques, où le latin est encore moins largement divulgué, on chantait des cantiques en allemand au cours de la Messe, longtemps avant la Réforme. »
  19. p.  143
  20. p. 141 ; cette édition, d'abord sortie à Venise en 1630, était si appréciée que la première publication en France fut effectuée en 1640 sous le titre : Thesaurus sacrorum rituum, seu Commentaria in rubricas Missalis et Breviarii Romani, auctore D. Bartholomeo Gavanto, mediol., præposite provinc. Romano Congreg. clerc. regul. S. Pauli, Parisii, J. Jost, 1640. Puis, une traduction française intitulée Abrégé du Trésor des cérémonies ecclésiastiques du R. P. Gavantus, composé en latin, traduit et augmenté par le P. Claude Arnauld, prêtre de l'Oratoire de Jésus, Huré, Paris 1643. En omettant sa musique, elle fut publiée encore en 1648, 1649, 1650 et 1652. En conséquence, la liturgie auprès des diocèses français respectait effectivement cette édition.
  21. p. 142
  22. p. 65-80 ; il est vrai que ce cérémonial déterminait et précisait la liturgie d'époque, notamment celle que l'évêque célébrait, avec nombreuses gravures (p. 71-74). Par exemple, « Lorsque l'évêque fait son entrée dans l'église où il doit célébrer solennellement, et de même lorsqu'il se retire après avoir achevé, l'orgue est invité à se faire entendre (Quotiescumque Episcopus solenniter celebraturus Ecclesiam ingreditur, aut, re divina peracta, discedit, convenit pulsari organum). Plus précisément, à la fin de Tierce, pendant que l'évêque est paré de ses ornements, l'orgue joue, à condition, comme il a été dit, qu'un chanteur fasse entendre distinctement, ou chante les paroles du verset commenté par l'orgue seul (dum Episcopus solenniter celebraturus capit sacra paramenta, poterit talis consuetudo servari : sed advertendum erit, ut, quandocumque per organum figuratur aliquid cantari, seu responderi alternatim versiculis Hymnorum, aut Canticorum, ab aliquo de choro intelligibili voce pronuncietur id, quod ab organo respondendum est. Et laudabile esset ut aliquis cantor conjunctim cum organo voci clara idem cantaret. Cette présence de l'orgue pendant la procession d'entrée est confirmée ailleurs. La procession terminée, l'évêque se tient debout, la tête incilinée, devant sa sedia ; à ce moment, l'orgue se tait (Interim cessat sonitus organorum).  », « Pour l'Agnus Dei, la règle imposée par le Cæremoniale est la même que pour le Sanctus : l'organiste jouera alternatim. Ici encore, ce qu'il faut entendre par alternatim, c'est le dialogue entre l'orgue et le plain-chant. En effet, les organistes français (Raison, Nivers, Couperin) ont composé pour leur instrument deux versets pour Agnus Dei : le premier et le troisième, le second étant alors chanté par le chœur, en grégorien.» ainsi que « La journée s'achève enfin par le chant de la dernière des Heures canoniales, l'Office de Complies. Selon la règle, l'orgue et le chant polyphonique en sont absents, ainsi que l'encensement de l'autel (Nulla autem fiet altaris thurificatio […] nec organum pulsabitur). Des exceptions, ici encore, sont prévues, notamment pour le Cantique de Siméon (Nunc dimittis), lorsque l'usage des lieux tolère la présence de l'orgue (nisi forte in aliquibus Ecclesiis hujusmodi Hora solemniis celebrari aliquando consuaverit : quo casu organum adhiberi poterit, juxta normam superius traditur)». Même de nos jours, certaines règles sont respectées dans des monastères.
  23. p. 417 ; le Cérémonial de Toul « Pour mieux diriger le chœur & donner le véritable ton, il est nécessaire de toucher quelques fois les orgues en plain-chant, c'est-à-dire de le joüer & de l'exprimer sur les orgues ; & cela se doit pratiquer particulièrement au I.v. & dernier Kyrie, au I.v. de la Prose, & aux suivants, si l'on veut ; au I. Sanctus, Agnus au Domine Salvum. »
L'abbaye Notre-Dame de Fontgombault.
  • Abbaye Notre-Dame de Fontgombault, L'actualité du chant grégorien, pour la conférence tenue à la cathédrale de Luçon (Vendée), le 30 septembre 2012, à l'occasion d'une journée grégorienne, prononcée par un moine de l'abbaye
  1. p. 3 ; surtout il s'agit du votum de 1893, avis donné par le cardinal Sarto en réponse à une consultation du pape Léon XIII sur la musique sacrée et un nouveau règlement de celle-ci. Ce votum forma, en 1903, la matière du Motu proprio Inter pastoralis officii.
  2. a et b p. 3
  3. p. 4
  4. a et b p. 5
  5. p.14
  6. p. 16-17
  7. p. 3, note no 1
  8. p.9 ; Notions sur la rythmique grégorienne, Revue grégorienne, 1936-5, p.182
  9. p.17 ; Réponse du pape Benoît XVI à la question d'un journaliste dans l'avion.
  1. p. 123
  2. p. 142
  3. p. 244-245
  4. p. 252
  1. a, b et c p. 119 ; voilà la valeur de ce manuscrit : [S']« Il ne comporte que les chants du soliste (chants entre les lectures)[, ] son écriture est parfaite, tant pour la précision rythmique que pour la noblesse de la calligraphie ; elle ne sera pas égalée. »
  2. a et b p. 121
  3. a, b et c p. 108
  4. p. 14 ; certes, la première polyphonie est de nos jours attribuée au traité Musica enchiriadis du IXe siècle. Cependant, il fallait l'invention d'Arezzo de sorte que l'on puisse la pratiquer effectivement. http://en.wikipedia.org/wiki/Musica_enchiriadis
  5. p. 15
  6. p. 15-17
  • Daniel Saulnier, Les modes grégoriens, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre, 1997, 207 p. (ISBN 978-2-85274-193-5) .
  1. p.  21 et 45
  2. p.  35
  3. p.  22
L'abbaye Saint-Martin de Ligugé.
  • Daniel Saulnier, Session de chant grégorien I, Au commencement était la Parole, Session inter-monastique tenue à l' abbaye Saint-Martin de Ligugé, les 1er - 6 septembre 2003 [47]
  1. p. 15
  2. p. 20 ; Saint Augustin et la musique
  3. p. 54 ; auparavant, il fallait dix ans pour devenir le maître de chœur, c'est-à-dire pour mémoriser le répertoire. Dans une lettre, Guido d'Arezzo écrivit : « Maintenant grâce à notre invention, même les plus difficiles en moins deux ans y arrivent. »
  4. p. 8 ; Dom Saulnier de Solesmes donne une explication, la mentalité générale du Moyen Âge pour l'écriture : « On s'est demandé longtemps pourquoi le répertoire romano-franc a été mis par écrit : pour qu'il soit conservé ? Ce n'est pas vrai. Une fois écrit, il rentre dans le domaine de l'intouchable, comme les ordres du roi dans le livre du prophète Daniel. Une fois que c'est écrit, on garde. »
  5. p. 63 ; « … c'est la question des ornements. C'est une hypothèse sur laquelle les études manquent. »
  6. p. 17-18 ; aussi le texte intégral en latin
  7. p. 31-38 ; Voir aussi l'article détaillé par Dom Saulnier : « Projet d'un nouvel antiphonaire monastique (Études grégoriennes) »
  8. p.64 ; bien entendu, il est possible que l'Église nationale d'Islande ait soigneusement choisi ces mélodies grégoriennes pour le cours.
  9. p. 19
  10. p. 6 ; encore une analyse de Dom Saulinier : « Je pense, enfin, à cette phrase que Jean-Paul II, quand il a créé le conseil pontifical pour la culutre, adressait au cardinal Poupard : « Si la foi ne devient pas culture, elle finira par mourir. » ……… Conserver le chant grégorien seulement pour le conserver, il y a peu de chance que cela dure plus de quelques dizaines d'années à notre époque. Il va falloir entretenir, créer ou recréer une culture. Le chant grégorien est encore à la mode, mais pour combien de temps ? Les gens d'aujourd'hui ne parlent plus latin. En 1903, promouvoir un chant en latin était très facile ; aujourd'hui, c'est une gageure. Il faut vraiment qu'il y ait un trésor dans ce chant pour que le gens le réclament. Il faudrait pouvoir dire quel est ce trésor. Autour de ce chant lui-même, il n'y a pas que le latin, il y a une liturgie, une tradition du chant en Occident. Toute une culture serait à restaurer et à refaire vivre. »
  11. p.62
L'abbaye Notre-Dame du Bec.
  • Daniel Saulnier, Session de chant grégorien II, La mélodie : une approche de la modalité, l'Antiphonaire monastique, Session inter-monastique tenue à l'abbaye Notre-Dame du Bec, les 3 - 9 septembre 2004 [48]
  1. a, b et c p. 62
  2. a, b, c et d p. 68
  3. a, b, c et d p. 42 ; Hartker († 1011 ou 1017) était le moine de l'abbaye de Saint-Gall qui paracheva l' Antiphonale officii monastici, antiphonaire le plus ancien. Voir aussi http://palmus.free.fr/These/02_13_St_Gall_390_391.htm
  4. p. 38
  5. p. 62-63
  6. a et b p. 63-64 ; « Grégoire. Romain de naissance, fils de Gordien. Il siègea 13 ans, 6 mois et 10 jours. Il donna 40 homélies sur les Évangiles, et commenta Job, Ézéchiel, écrivit le Pastoral et les Dialogues et bien d'autres œuvres qu'il nous est impossible d'énumerer. Le bienheureux Grégoire envoya Méliton, Augustin et Jean avec eux plusieurs autres moines craignants Dieu pour prêcher à la nation des Angles et les convertir au Seigneur Jésus-Christ. Il ajouta dans la déclamation du canon Dies quae nostros in tua pace disponas : il changea le canon de la messe. Il fit faire pour bienheureux Apôtre Pierre un ciborium d'argent pur avec les quatre colonnes, il fit aussi revêtir son corps (à savoir sa statue) d'un vêtement de pourpre qu'il orna de 100 livres d'or pur ; il organisa la célébration des messes sur le corps de bienheureux Pierre et de même à l'église du bienheureux Paul. Il dédicaça l'église de Goths sous l'invocation de Sainte Agnès ; il fit de sa maison un monastère. À sa mort, le 12 mars il fut enseveli dans la basilique du bienheureux Apôtre Pierre en face de la sacriste. Il célébra les ordinations à deux époques : en Carême et pendant le septième mois. Il ordonna 38 prêtres, 5 diacres et 72 évêques. (écrit en 638) » alors que « Léon II (682 - 683) : Sicilien, sachant le grec et le latin, tout à fait expert dans l'art de la cantilène et de la psalmodie, rompu à leur plus subtile exécution. » ; « Benoît II (684 - 685) : Romain, il se fit remarquer dans la lecture des Écritures et le chant depuis l'âge le plus tendre, et dans la dignité sacerdotale, ainsi qu'il convenait à un homme digne du nom qu'il portait (Benedictus.) » ; « Serge Ier (687 - 701) : pape d'origine syrienne. Appliqué et doué pour le chant, il fit confié aux prières des chantres du clergé romain pour étudier la doctorine. Il établit qu'au moment de la fraction du Corps du Seigneur, les clergé et peuple chanteraient « Agnus Dei qui tollis peccata mundi, miserere nobis » . »
  7. p. 67
  8. p. 68 ; sous la plume d'un certain Jean Diacre : «… Ensuite, à la manière du très sage Salomon, dans la maison du Seigneur, en raison de la componction que provoque la douceur de la musique, il compila avec le plus grand soin le recueil de l'antiphonaire, très utilement pour les chantres. Il fonda aussi la schola des chantres qui maintenant encore pratique le chant dans la sainte Église romaine sur les bases établies par lui. Il fit bâtir à l'intention de cette schola deux bâtiments…  »
  9. a et b p. 70
  10. p. 67 ; à la suite de la mort du premier chantre de la schola à Rome, le chantre de Rouen fut rappelé par le pape. Donc, l'enseignement à Rouen ne dura pas longtemps.
  11. a et b p. 67 ; en conséquence, il ne reste que cinq livres du chant Vieux-Romain, deux exemplaires à Londres et trois à la bibliothèque Vaticane.
  12. a et b p. 69
  13. p. 75 ; Dom Saulinier souligne le psaume le plus ancien dans la tradition des Vêpres, psaume 141 (140)
  14. p. 45-49 ; de plus, Dom Jean Claire de Solesmes découvrit des modes archaïques (voir Esthétique).
  15. p. 8 ; voir aussi l'hymne de Saint Jean-Baptiste de Guido d'Arezzo
  16. p. 9
  17. a, b, c et d p. 39
  18. p. 40
  19. p. 40 ; ainsi, pour Posuerunt super caput ejus, il choisit le Do en cadence sur Nazarenus, malgré le Ré selon la majorité des manuscrits, car cette version du Do est si belle. Également, il adopta parfois le Si, au lieu du Si bémol évitant le demi-ton.
  20. p. 41
L'abbaye Notre-Dame de Maylis
  • Daniel Saulnier, Session de chant grégorien III, Sémiologie : le torculus, l'Antiphonaire monastique, Session inter-monastique tenue à l'abbaye Notre-Dame de Maylis, les 5 - 9 septembre 2005 [49]
  1. p. 5-6 ; historiquement, dans les trois premiers siècles, l'office avait été célébré par les solistes, alors que l'on pense que c'était après l'édit de Milan (313) que le groupe, schola, était chargé de chanter pour la célébration.
  2. a et b p. 9-10
  3. p. 6
  4. p. 5-6 ; « On en était au milieu du déjeuner quand le roi me demanda d'ordonner au diacre de notre Église qui, la veille, pendant la messe, avait chanté le psaume responsorial, de chanter. Quand il eut fini, le roi voulut alors que je demande à tous les évêques qui étaient venus sur ma convocation qu'ils ordonnent à chacun à un de leurs clercs dont c'était la fonction qu'il chante devant le roi. Quand je les eus avertis, comme me l'avait demandé le roi, chacun d'entre eux chanta de son mieux le psaume responsorial devant le roi. » (Grégoire de Tours, Historia Francorum (Histoire des Francs))
  5. p. 6 et 7 note no 3
  6. a, b et c p. 7-8
  7. p. 7 ; un évêque Isidore de Séville († 636) avait écrit : « Nisi enim ab homine memoria teneantur soni, pereunt, quia scribi non possunt. (Si les sons ne sont pas retenus de mémoire par le chanteur, ils sont perdus car on ne sait pas les écrire). »,
  8. p. 7 ;
  9. p.4-5
  10. p. 8
  11. a, b et c p. 9
  12. p. 8-9 ; cette coexistence est justifiée par un écrit d'un chanoine qui s'appelait Bernarhd de la basilique Saint-Jean-de-Latran du XIIe siècle, sans doute originaire de la région germanique : « Quant l'Apostolique vient célébrer la messe chez nous, les chanoines sont priés de se mettre au chevet de l'église et de se tenir calmement. Ce jour-là le prieur ira en ville pour recruter quatre chantres vigoureux parce que nous ne savons pas répondre au chant du pape. ». Alors, le chant grégorien remplaça finalement l'ancien chant romaine au XIIIe siècle et il n'y avait pas de leur fusion.
  13. p. 9 ; donc, à Rome, aucun neume ancien ne fut pas découvert, quoique ceux qui concernent la Gaule et la Belgique datent à partir de la fin du VIIIe siècle (p. 6) ; le document le plus ancien du répertoire grégorien est actuellement conservé à la bibliothèque royale de Belgique. Il s'agit d'un manuscrit du VIIIe siècle de l'abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin près de Gand, liste des chants pour tous les jours de l'année.
  14. p. 11-12
  15. a et b p. 12 ; ainsi, Alléluia de la messe de Pâques dans cette Édition Médicéenne ne dure qu'une minute, avec seules 15 notes chantées très lentement l'une après l'une autre.
  16. p. 3 ; en dépit des études de Denise Launay, même les moines de Solesmes ignoraient la progression effectué à cette époque-là. Dom Saulnier se souvient : «… entre IXe siècle et XIXe siècle, il y a eu beaucoup de choses. Il y a quanze ans, une jeune femme, étudiante, se présentée à l'abbaye de Solesmes pour demander des renseignements sur ce que pouvait être le chant grégorien à l'époque de Louis XIV ; elle s'est entendu répondre : « Madame, cela n'a aucun intérêt. » Quanze ans après, elle est revenue avec sa thèse de doctrat sous le bras pour l'offrir à l'abbaye de Solesmes : Le chant grégorien à l'époque de Louis XIV. » Cette thèse de Cécile Davy-Rigaux fut finalement pubiée par le CNRS, intitulée Guillaume-Gabriel Nivers, un art du chant grégorien sous le règne de Louis XIV.
  17. p. 14 ; « pour justifier son travail de préparation de ce qu'on appelle l' Antiphonaire de Paris, (il) a regardé tous les manuscrits liturgiques contenus à la bibliothèque royale à l'époque et même il est allé en province consulter les livres différentes églises. »
  18. p. 3
  • Jacques Hourlier, La notation musicale des chants liturgiques latins, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1991, 72 p. (ISBN 9782852741362) .
  1. a et b p. 48 (fac-similé) ; de plus, il existait la notation à très gros carres au XVIIIe siècle, une version de luxe, par exemple, Livre de pupitre de l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés à Paris, écrit en 1732 par Dom Charles Mercier (p. 49, fac-similé) ; concernant l'une des notations les plus anciennes à petits carres, ainsi qu' « à carrés-liés », celle de la Normandie fut attribuée vers 1140 (p. 45, fac-similé, Graduel-Tropaire de Saint-Alban conservé au British Museum, Roy. 2B IV ; il s'agit d'une notation sur quatre lignes noires, avec les clés ; sauf la taille de carres, elle ressemble la notation actuellle) ; auparavant, il s'agissait des points et des lignes à la pointe sèche, au lieu des carres, dite notation messine ; voir aussi http://articles.instrumentsmedievaux.org/demollierenotamessin.pdf
  2. p. 13-14 (fac-similé) ; Dom Hourlier de Solesmes présente une autre notation, notation paléofranque : il s'agit d'une copie de Musica disciplina d'Aurélien de Réomé (Bibliothèque municipale de Valenciennes, 148 (141)). Ce traité copié dans le scriptorium de Saint-Amand-en-Pévèle peu après le milieu du IXe siècle, dans lequel Aurélien de Réomé explique l'enchaînement mélodique entre une psalmodie et son antienne, fut ajouté par une main contemporaine des exemples neumatiques, vraisemblablement avant 870.
  3. a et b p. 60 (fac-similé) ; par exemple, Antiphonaire ambrosien de l'église Saint-Ambroise à Milan, conservé à Milan, Sant'Ambrogio, M29.
  4. Au même moment, Hermann Contract développait son système concernant l'intervalle. Toutefois, faute de précision suffisante, son système disparut devant les avantages de celui de Guido d'Arezzo (p. 64-65, fac-similé).
  5. p. 43-44 (fac-similé) ; Vie, Miracles et Offices de saint Maur, écrits à l'abbaye de Saint-Maur-de-Fossés près de Paris ; conservés à la Bibliothèque nationale, latin 3778 ; cette notation française est un peu différente, car la ligne inférieure fut utilisée pour transcrire les paroles et les autres furent colorées : rouge (F), verte (La) et jaune (C).
  6. p. 66-67 (fac-similé) ; Faculté de médecine de Montpellier, H.159 Tonaire de Saint-Bénigne de Dijon, XIe siècle. « Ce manuscrit célèbre est l'œuvre d'un professeur de musique qui a poussé plus que tout autre l'esprit de système : son livre est, à nostre connaissance, le seul qui contienne la totalité des chants propres de la Messe, groupés dans l'ordre des tons ecclésiastiques.… De plus, il accompagne chaque neume de sa traduction en notation alphabétique. Les lettres appartiennent au système a - p, qui réunit en une seule série toutes les notes des deux octaves diatoniques. Mais, plus raffiné que beaucoup de notateurs, il ne se borne pas à signaler le Si bémol par un i incliné, il traduit aussi, par un signe placé près des lettres l'oriscus, le quilisma, le climacus, les liquescences, etc. Enfin, il nous fait connaître certaines nuances des dimi-tons, sur la valeur desquelles on descute encore.… Ce manuscrit, « billngue » ou « digrapte » comme ils disaient, leur en a fourni la clé. »
  1. p. 19 (pdf p. 20)
  2. p. 2 (fac-similé, pdf p. 3) ; Laon 239, fol.51 Cantemus Domino gloriose etc., fin du IXe siècle ou début du Xe siècle
  • Joseph Gajard, Les plus belles mélodies grégoriennes, La Froidfontaine et Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1985, (ISBN 978-2-85274-196-6) 271 p.
  1. p.10
L'abbaye Saint-Pierre de Solesmes.
  1. p. 180 ; Antiphonale monasticum pro diurnis Horis, Tournai 1934
  2. a et b p. 170
  3. p.153-221
  • Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Études grégoriennes, tome XXXIV, Solesmes 2006-2007, (ISBN 978-2-85274-314-4) 175 p.
  1. p. 13-57 ; Jean Claire, Saint Ambroise et le changement de style de la psalmodie, Traces importantes de transformation de la psalmodie sans refrain en psalmodie avec refrain dans le Carême milanais (posthume) ; il s'agit de ses études approfondies concernant ce chant.
  • Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Études grégoriennes, tome XXXVII, Solesmes 2010, (ISBN 978-2-85274-353-3) 189 p.
  1. a, b et c p. 6 ; Daniel Saulnier, Des variantes musicales dans la tradition manuscrite des antiennes du répertoire romano-franc
  2. a et b p. 8 ; même document
  3. p. 26 ; Daniel Saulnier, Les antiennes dans la tradition romano-franque
  4. p. 7 ; Responsorialia et Antiphonaria Romanæ Ecclesiæ a S. Gregorio Magno disposita…, opéra et studio Josephi M. Card. TOMASI, Rome 1686 ainsi que sa réédition, Opera omnia, tome IV, A. F. Vezzosi, Rome 1749
  • Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Études grégoriennes (Actes du colloque : 1000 ans de chant grégorien), tome XXXVIII, Solesmes 2011, (ISBN 978-2-85274-361-8) 320 p.
  1. a et b p. 85 et 99 ; Yossi Maurey, La signification des neumas dans la liturgie médiévale ; selon ce spécialiste des neumes, professeur de l'université hébraïque de Jérusalem, le terme grec-latin neuma possédait plusieurs sens au Moyen Âge : d'abord il signifiait un « signe », puis progressivement une notation musicale, un geste mélodique, enfin une note. Mais, d'après un autre mot grec pneuma, qui signifie souffle à savoir Esprit, le neume pouvait signifier parfois Jubilus, pièces consacrées aux fêtes religieuses importantes. Donc il faut distinguer ces sens selon le contexte.
  2. a, b, c et d p. 32-34 ; Susan Rankin, professeur de la musique médiévale à l'université de Cambridge, La « Notation oratoire » de Dom Mocquereau, extrait concernant ce sujet : « … Cette notation précise avec beaucoup de soin l'articulation, mais par contre elle n'indique pas de façon exacte la hauteur des notes. Ce contraste suggère une interprétation de cette notation qui est tout à fait plausible dans une période où les moyens de transmission oraux et écrits allaient de pair en se complétant et en s'enfluençant mutuellement.… la mémoire a sans doute continué à occuper le rôle principal dans leur méthode. La notation neumatique tend précisément à imposer des modes de rappel au lecteur, afin de le guider à travers des sentiers précis du souvenir mélodique, pour qu'il puisse recréer fidèlement le dessin de la mélodie.…la notation neumatique montre surtout comment la mélodie doit être chantée : ayant rappelé au chantre, de manière très sommaire, le dessein de la mélodie, la notation précise exactement ensuite comment il faut lier des sons mélodiques à des syllabes, comment séparer ou joindre des passages. Elle indique les endroits où l'on doit aller plus vite ou plus lentement.… la notation neumatique, l'ensemble de ce système de lignes et courbures (notæ), a été inventée non pas comme une manière d'écrire des « mélodies », et encore moins la musique, considérée de manière abstraite ; au contraire, son but était d'indiquer l'articulation des différents éléments du discours dans telle ou telle pièce de chant concrète. Les attitudes carolingiennes vis-à-vis du langage parlé et du langage écrit insistaient énormément sur la façon correcte d'énoncer et de déclamer un texte, afin que les auditeurs puissent tout comprendre sans erreur, et entrer ainsi pleinement dans le véritable sens spirituel des paroles… »
  3. a et b p.  31 ; Susan Rankin, même document ; traduction par elle ; donc, il est normal que la polyphonie ait paru après l'invention de Guy d'Arezzo. Par ailleurs, Dom Mocquereau considérait que la notation avec des hauteurs exactes « n'avait pas encore été découverte » à cette époque-là. Néanmoins, d'après Rankin, des notations à hauteur précise existaient déjà. Ainsi, celle de Boèce, avec les lettres et les noms, se trouve dans le De institutione musica. Elle conclut donc : « Si la notation neumatique ne les utilise pas, c'est probablement parce que ce qu'elle a été conçue en vue d'une fin tout autre. »
  4. a et b p. 137 ; Alicia Scarcez (université libre de Bruxelles), Les sources du responsorial cistercien ; Étienne Harding envoya des émissaires à Metz chargés d'y recopier son antiphonaire, car il était attribué à Saint Grégoire et considéré le plus ancien. De même, l'abbé demanda aux moines d'aller à Milan pour y recopier la tradition des hymnes de saint Ambroise. Il voulait en effet réformer l'hymnaire afin d'adapter parfaitement aux préceptes de la règle de saint Benoît, laquelle préconise de chanter des « ambrosiennes » aux Vêpres, aux heures nocturnes, aux Laudes solennelles, ainsi qu'à celles des jours ordinaires
  5. p. 137-138 ; « … cependant rapidement contestées au sein même de l'ordre. L'antiphonaire déplut. Les mélodies parurent mal composées, les textes peu variés, les versets souvent répétitifs et mal adaptés aux répons. » Alors, les dernierès études trouvèrent que la motivation de Saint Bernard était différente de la légende.
  6. p. 138 ; selon ce document cistercien, oublié mais très bien conservé, l'antiphonaire 12 A-B de Westmalle (un temporal WA et un sanctoral WB), il est dorénavant effectivement possible de préciser la transformation du responsorial cistercien entre ces deux réformes.
  7. a et b p. 138-139
  8. a et b p. 140
  9. a et b p. 141
  10. p. 142 et 144
  11. p.143-144
  12. a et b p. 144
  13. p. 178
  14. p. 146-147
  15. P. 147-148 ; « Les choix opérés ne restituent pas exactement la liste bénédictine originelle : 27 versets « latins » seulement ont été récupérés, auxquels sont venus s'ajouter 6 versets « latins » nouveaux, la plupart d'entre eux remplaçant un verset « germanique ». »
  16. p. 178-179
  17. p. 113 ; Xavier Bisard, Du chant de l'histoire à l'histoire du chant ; « Les anciens Manuscrits de Rome, qui sont beaucoup differens des Impressions en plusieurs éditions mesme de Rome, lesquelles encore sont entr'elles diverses en quelques parties, découvrent assez clairement quelque alteration de la pureté originaire du Chant Gregorien, mesme dans Rome. » Guillaume-Gabriel Nivers, Dissertation sur le chant grégorien, p. 41
  18. p. 24-25 ; Susan Rankin, La « notation oratoire » de Dom Mocquereau ; « … Dom Mocquereau a partagé les exemples de notation neumatique qu'il connaissait en « notations accents » et en « notations points » ; considérant la première comme représentative d'une pratique antérieure, il développa les concepts de « notation oratoire ou chironomique », dérivés des accents prosodiques, et de « notation diastématique », correspondant respectivement aux accents et aux points. À partir de cette distinction, il formula un récit historique selon lequel on passa d'une notaion plus primitive à une notation plus développée — alléguant pour la « notation oratoire », qu'elle représentait « des figures issues comme naturellement de la mélodie oratoire, tracées à son image. » Il est fondamental pour la théorie de Dom Mocquereau que la « mélodie oratoire » (l'expression mélodique du langage) et la « notation oratoire » (une notation dérivée des accents) soient reliées par le « geste oratoire » : il soutint que la référence à des gestes physiques (des mains ou du corps) permettait de résoudre le problème qui consiste à représenter visuellement quelque chose qui est évident pour l'oreille mais non pas pour l'œil.… Le coup décisif fut donné par Handschin, en 1950 (Jacques Handschin, Eine alte Neumenschrift, dans l'Acta musicologica, tome 22, p. 69-97 (1950) ainsi que tome 25, p. 87-88 (1953)) ; à ce moment-là, grâce à une connaissance paléographique plus approfondie, on s'était aperçu que la théorie de Dom Mocquereau dépendait d'une lecture de la chronologie des sources qui n'avait tout simplement pas de fondement — les sources en « notations points » étaient certainement aussi anciennes, si elles ne l'étaient même davantage, que celles en « notations accents. »… » ; pourtant, Susan Rankin partage finalement l'idée de la « mélodie oratoire » de Dom Mocquereau, mais « en suivant un chemin assez différent », à savoir par son analyse sur la fonction des neumes, si d'autres théories restent anciennes (p. 35).
  19. p. 7
  20. p.22-23 ; Susan Rankin, même document ; selon Rankin, professeur de la musique médiévale de l'université de Cambridge, les meilleures études de Solesmes sont celles de Dom Jean Claire sur la « modalité archaïque » ainsi que celles de Dom Eugène Cardine sur la « sémiologie musicale », grâce au « dynamisme propice aux recherches historiques, développées à l'abbaye après la seconde guerre mondiale. »
  21. a et b p. 14 ; Dominique Ponnau, discours de l'ouverture du colloque 2011 ; il est certain qu'à cette époque-là, des hommes du gouvernement français défendaient le chant grégorien comme tradition française. Ainsi, même Maurice Fleuret dit en 1985, aux musiciens, musicologues, dignitaires ecclésiastiques : « Je vous supplie, leur dit-il, en substance, je vous supplie de maintenir ou, si nécessaire, de rétablir l'usage du chant grégorien, de le maintenir ou de le rétablir, non dans les concerts, mais dans la liturgie, car liturgique est sa fonction, sa mission. Aidez-nous tous à le vivre ainsi. » (p. 15)
  22. p. 315 ; « Notre rôle est d'assurer la continuité et la permanence de la messe dominicale de 10h, messe dit « du Chapitre ». Cette messe est dite en français avec chants grégoriens. » Sylvain Dieudonné, L'École de Notre-Dame [de Paris] aujourd'hui, Témoignage d'une pratique cathédrale contemporaine du chant médiéval
  23. p. 252 et 259 ; Patrick Hala, même document
  24. a, b et c p. 251 ; Patrick Hala, ibid.
  25. p. 249-250 ; Patrick Hala, ibid.
  26. p. 257 ; Patrick Hala, ibid.
  27. a et b p. 258 ; Patrick Hala, ibid.
  28. p. 14-15
  29. p.15
  30. p. 183
  31. p. 184
  32. p.  182
  33. a et b p.  193
  • Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Études grégoriennes (Actes du colloque de Royaumont : Manuscrits notés en neumes en Occident (29 - 31 octobre 2010), tome XXXIX, Solesmes 2012, (ISBN 978-2-85274-207-9) 315 p.
  1. p.244-245 ; Nicolas Dufetel, L'atelier grégorien de Franz Liszt, ou la voie du « Psallite sapienter ». Ce compositeur catholique composa enfin plusieurs œuvres utilisant le chant grégorien, par exemple, l'oratorio Christus. Du plus, dans sa bibliothèque, se trouvaient beaucoup de correspondances de tous les personnages ayant contribué la restauration de ce chant : Prosper Guéranger, Félix Danjou, Louis Lambillotte, Louis Niedermeyer, Félix Clément, Edmond de Coussemaker etc. Cet article est une étude approfondie concernant Liszt dans ce domaine, méconnu.
  2. a et b p. 295 ; Michel Huglo, Dom Eugène Cardine et l'édition critique du Graduel romain, « Avant la seconde guerre mondiale, le besoin d'une édition critique des livres de chant liturgique s'avérait de plus en plus nécessaire. En 1938, soit quatre ans après l'édition de l'Antiphonale monasticum par Dom Joseph Gajard, Yvonne Rokseth (1890 - 1948), titulaire de la chaire de musicologie à l'université de Strasbourg tenue par Friedrich Ludwig de 1905 à 1914, déclara à Dom Gajard que la restitution soignée des livres de chant de Solesmes était digne de toute confiance, mais qu'en tant que musicologue elle souhaitait la publication des « preuves », c'est-à-dire une critique des sources du Graduel et de l'Antiphonaire. »
  3. p. 302-303 ; Michel Huglo, même document. L'abbé Germain Cozien de Solesmes avait accepté cette nomination à condition que Dom Cardine puisse retourner à Solesmes trois fois par an, aux frais du Vatican, afin d'assurer son travail commencé en 1948 pour les éditions critiques. Par conséquent, Dom Cardine put bénéficier des sources auprès de la Paléographie musicale, non seulement pour ses cours mais aussi pour se rendre à la Bibliothèque vaticane ou à l'Angelica.
  4. a, b et c p. 296-297
  5. p. 297 ; elle vint de fonder l'abbaye de Fontgombault en y envoyant vingt moines. De plus, Dom René-Jean Hesbert aussi avait été transféré à Saint-Wandrille en 1947
  6. p. 297 ; « … sous la direction officielle de Dom Joseph Gajard, directeur de la Paléographie musicale, se composait de cinq membres : Dom Eugène Cardine, directeur technique de l'édition critique ; Dom Jacques Froger, spécialiste du classement des textes à témoins multiples ; Dom Jacques Hourlier, affecté à l'histoire du texte ; Dom Pierre Combe, secrétaire de l'atélier, et moi-même (Michel Huglo), assigné à l'analyse des graduels et missels notés à dépouiller pour l'édition. Dès le premier jour, l'équipe se mit au travail avec enthousiasme, chacun suivant sa spécialité. »
  7. a et b p. 305
Sceau de l'université catholique de Louvain.
  • Paul-Augstin Deproost, Quand l'Université s'intéresse au chant grégorien : de la théorie à la pratique (entretien), dans la revue Canticum novum, no 60, 2012 [51]
  1. « Ainsi, la première chanson populaire française connue, celle du roi Renaud, (Le Roy Renaud de guerre revint) est basée sur l'Ave Maris stella. C'est un exemple que je donne souvent à mes étudiants lorsque j'évoque devant eux le lien entre la poésie liturgique et le développement des langues vernaculaires au Moyen Âge. »
  2. « Il faut distinguer le chant qui paraphrase le texte biblique et le chant qui accompagne des créations musicales comme les hymnes. Pour les textes bibliques, il s'agit généralement, mais pas toujours, de ce qu'on appelle la Vulgate, c'est-à-dire la traduction latine effectuée par Saint Jérôme entre la fin du IVe et le début du Ve siècle et qui a été imposée en Occident par Charlemagne pour les lectures de la liturgie au IXe siècle. Entre ces deux périodes, les textes de la Vulgate ont coexisté avec ce qu'on appelle les versions vielles-latines. Au début, c'est plutôt le vieux latin qui a prédominé. ......... Il a été progressivement supplanté par la Vulgate. » ; « Il y a aussi des pièces beaucoup plus tardives, comme celles de Saint Thomas, mais là, il s'agit de savoir jusqu'où va le chant dit grégorien. ......... Chez Saint Thomas, il s'agit d'un latin plus théologique, comme dans le « Lauda Sion » où on retourve une poésie très abstraite. » ;
  3. Il est non seulement le président de l'association Una cum mais aussi son dirigeant du chœur.
  4. « Un jour, j'ai présenté un texte qui évoquait l'Ascension de Christ et je leur ai demandé ce que cela leur disait. Personne ne savait de quoi il s'agissait. La seule réponse que j'ai eue était : « l'année passée, il me semble que c'était un jeudi… » . »
  5. À la suite d'une question de Jacques Zeegers, président de l'Académie belge de chant grégorien : « Ce sont donc les musicologues qui vont sauver le chant grégorien… ? »
  • Jean-Pierre Noiseux, L'intégration du chant grégorien dans les célébrations liturgiques paroissiales : une question de volonté avant tout, dans LADEM, revue de l'Association des musiciens liturgiques du Canada, no 36, automne 2007 - hiver 2008 p. 15-19 [52]
  1. p.3 ; « Encore là, il suffit de faire preuve de pragmatisme dans le choix du répertoire et de veiller à ce que le plus souvent possible, les fidèles disposent des traductions françaises des textes. Pour les chants de l'Ordinaires, les fidèles connaissent bien l'équivalent français des textes latins et ils mettront peu de temps à comprendre ce qu'il chantent. Pour les chants du Propre, il est assez facile de choisir les chants en fonction des textes français que les fidèles ont habituellement en main, c'est-à-dire ceux du Prions en Église. À cet égard, les antiennes d'introït et de communion correspondent la plupart du temps au texte du Missel romain actuel et seraient à inclure en priorité au répertoire d'une chorale. Elles sont généralement plus faciles à chanter que les autres pièces du Propre et sont très bien adaptées au thème de chaque célébration et à l'Évangile du jour. »
  2. p. 1 ; « mon propos n'étant pas le retour à la liturgie dite « tridentine » mais l'intégration du chant grégorien dans la liturgie postérieure à 1970. »
Blason de l'Abbaye Saint-Michel de Kergonan.
  1. a et b p.  298
  2. p.  245
  3. p.  246
  4. p.  245 et 246
  5. p.  254 et 258 ; dans le Graduale triplex (1979), p. 44
  6. p. 23
  7. p.  155
  8. p. 94 ; ce congrès était une bataille entre l'abbaye de Solesmes et l'édition médicéenne. « Dom Pothier fut le héros du jour. Sa doctrine fut acclamée, et une messe chantée sur les feuilles du future Liber Gradualis enthousiasma l'assistance. Aussi des vœux furent-ils votés presque à l'unanimité. C'était le triomphe de dom Pothier dans les deux domaines de la restauration scientifique et des principes d'exécution.……… Le lendemain de ce vote, que les opposants déclarèrent schismatique, le congrès se transportait presque tout entier aux pieds du Souverain Pontife.……… »
  9. p. 95 ; il s'agit du décret de la Sacrée congrégation des rites Romanorum Pontificum sollicitudo, daté du 10 avril 1883. « 1. Ce décret désapprouvait nettement les vœux du congrès d'Arezzo, spécialement celui de la restauration intégrale des mélodies ; 2. il approuvait comme seul chant légitime et authentique de l'Église Romaine l'édition de Ratisbonne (médicéenne) ; 3. il la recommandait fortement aux ordinaires, mais toujours sans l'imposer ; 4. toutefois, il accordait pleine liberté pour les études théoriques et archéologiques du chant liturgique. En conséquence, il ne doit plus y avoir de doute, ni de discussions, sur authenticité et la légitimité de cette forme de chant, parmi ceux qui sont sincèrement soumis à l'autorité du Saint-Siège. »
  10. p.  94-98 ; si ce décret est méconnu, il s'agissait d'un tournant si important. Si l'abbaye avait renoncé la publication du Liber gradualis, l'histoire de la restauration du chant aurait été changée. En réalité, c'était l'éditeur Pustet de Ratisbonne conservant 30 ans de privilège (de 1870 à 1900) de l'édition médicéennes qui voulait ce décret afin de ruiner la publication de Solesmes. Notamment, leur livre de chant contenait cette phrase, le bref du 14 août 1871 : « cantus gregorianum quem semper Ecclesia Romana retinuit, proinde ex traditione conformior haberi potest illi quem in Sacram Liturgiam Summus Pontifex sanctus Gregorius invexerat. (Le chant grégorien que l'Église Romaine a toujours conservé, peut donc être considéré, au regard de la tradition, comme le plus conforme à celui que le Souverain Pontife saint Grégoire a introduit dans la Liturgie Sacrée. » Pourtant, Dom Couturier, abbé général de tous les monastères de la congrégation de Solesmes, était un vrai abbé. Dom Mocquereau écrivit en 1920 (Revue grégorienne, cité dans le livre Dom Charles Coutuier, deuxième abbé de Solesmes 1817 - 1890 (2011), p. 327) : « Cet homme doux, droit et fort, ne reculait jamais devant le devoir. » Il était si prudent que les situations furent bien analysées. D'abord, il se renseigna à Rome sur la pensée pontificale. Puis, il s'aperçut qu'il était évident que le décret ne recommandait que l'édition néo-médicéenne, restaurée par Franz Xaver Haberl ( http://en.wikipedia.org/wiki/Franz_Xaver_Haberl ) dans le même siècle ; il ne l'imposait pas ; il restait donc liberté. Ensuite, les bénédictins manquaient de leur propre livre de chant traditionnel, au contraire d'autres ordres, par exemple, les chartreux, cisterciens, dominicains. Heureusement que, enfin, l'évêque de Tournai, où la publication était prévue, avait autorisé son imprimatur le 23 mai 1883, un seul mois après le décret. La prudence de l'abbé s'amplifia lors de la sortie du livre. Il donna lui-même le titre : « Liber gradualis a sancto Gregorio Magno olim ordinatus, postea Summorum Pontificum auctoritate recognitus ac plurimum auctus — cum notis musicis ad maiorum tramites et codicum fidem figuratis ac restitutis — in usum Congregationis Benedictinæ Galliarum, præsidis eiusdem iussu editus. Tornaci… 1883 (Le Liber Gradualis,  jadis composé par saint Grégoire le Grand, approuvé ensuite par l'autorité des Souverains Pontifes et considérablement enrichi — avec notes de musique figurées et restituées d'après la tradition des anciens et sur la foi des manuscrits — en usage dans la Congrégation bénédictine de France, édité par ordre de son Président. Tournay… 1883. » Précaution après précaution. Les livres imprimés chez Desclée à Tournai furent étrennés le 11 juillet 1883 en la fête de saint Benoît, et cinquantenaire de la restauration de la vie bénédictine à Solesmes. Présenté par le cardinal Jean-Baptiste-François Pitra, le pape Léon XIII vut le nouveau Graduel et donna, le 3 mars 1884, un bref dans lequel il apprécia l'œuvre « interprétant et expliquant les anciens monuments de la musique sacrée dans leur forme exacte et antique » car « l'Église Romaine a jugé digne que soit toujours tenu en grand honneur ce genre de mélodies sacrées que recommande le nom de saint Grégoire le Grand. » Toutefois, en conservant le décret Romanorum Pontificum sollicitudo, le pape n'approuva pas ce livre de chant pour l'usage de la liturgie du Saint-Siège. S'il restait encore l'adversaire puissant, l'édition médicéenne, l'abbaye réussit à éviter le conflit avec le pape. En attendant que leurs livres soient finalement autorisés, les moines de Solesmes continuèrent donc leurs travaux, restauration scientifique et artistique, sans polémique. Ils sortirent les Hymnarius (1885), Office de Noël (1885), Office de la Semaine Sainte (1886), Office des morts (1887), Processionnal (1888), Variæ preces (1888), Liber Antiphonarum (1891), Liber Usualis (1896)[1]… Comme la première édition du Liber Gradualis était épuisée, en 1895, la deuxième version améliorée fut sortie de l'Imprimerie Saint-Pierre-de-Solesmes. Un prêtre Alfred Dabin écrivit dans la Revue du chant grégorien (1898, p. 147) : « Comment du fond de son cloître a-t-il gagné les maîtrises de nos cathédrales, les chorales de nos séminaires, les chapelles de nos communautés, et jusqu'à certains collèges de la ville de Rome ? C'est qu'apparemment sa copie fut jugée la meilleure. Vox populi, vox Dei. C'est par voie pébliscitaire que se sont introduits chez nous en France, et ailleurs, les livres bénédictins. »
  11. p. 123-124 ; d'ailleurs, l'abbaye subissait une autre difficulté : depuis 1882, les moines de Solesmes étaient expulsés de leur monastère et se réunissaient à l'église paroissiale. C'était une autre raison pour laquelle la schola fut créée.
  12. p.  122-124 ; « Les qualités pédagogiques du jeune maître sont vite remarquées. » Avant d'arriver à Solesmes, le jeune André Mocquereau jouait du violoncelle, en aimant les sonates, les trios, les quatuors.
  13. p. 125 et 131 ; ainsi, « la moisson des Iustus ut palma, qui forme les 211 (ou 219, selon p. 131) planches phototypiques des tomes II et III de la Paléographie Musicale, a été faite en Italie et en Suisse par dom Mocquereau et dom Cabrol, en Belgique et en Hollande par dom Mocquereau et dom Cagin, en France, en Angleterre, en Allemagne et en Espagne par des amis du monastère. » Conclusion : ces antiphonaires d'origines diverses entre IXe et XVIIe siècles étaient identiques, sauf quelques insignifiantes variantes de détail, et cette mélodie avait été adoptée par le Liber gradualis de Solesmes (1883) et était différente de celle de l'édition médicéenne.
  14. p. 163 ; en 1882, il avait assisté, en tant que chanoine de Trévise, au congrès d'Arezzo en faveur de la restauration du chant grégorien.
  15. p. 165 ; officiellement, c'était le Motu proprio déclaré par la Sacrée congrégation des rites le 8 janvier 1904 qui révoqua les privilèges des éditions de Ratisbonne. Voir aussi http://www.musimem.com/lambillotte-bio.htm
  16. p. 161-162
  17. p. 97 ; Léon XIII avait déjà expédié un bref le 3 mars 1884, afin d'apprécier la qualité du Liber gradualis publié par l'abbaye en 1883.
  18. p. 165
  19. p. 166-167 ; de plus, l'Office des morts en 1909 et le Cantorinus en 1911
  20. p. 167 ; une nouvelle commission présidée par Dom Paolo Ferretti continua à publier le chant de la Passion en 1916, les Vigiles de la Semaine Sainte en 1922 et celles de Noël en 1926, enfin le nouveau Antiphonaire en 1934
  21. p. 155 ; auparavant, en collaboration avec Dom Eduardo Bottigliero (http://it.wikipedia.org/wiki/Eduardo_Bottigliero), Dom Mocquereau et l'abbaye de Solesmes soutenaient la « Rassegna Gregoriana (revue grégorienne) » créee en Italie en 1902.
  22. p.  229 ; à la suite du succès du Congrès de musique sacrée à Paris en décembre 1922, organisé par l'Art Catholique et sous la direction du cardinal Louis-Ernest Dubois, cet institut fut fondé. Dom Gajard fut nommé professeur du chant grégorien pour deux ans.
  23. p.  297
  24. a et b p.  159
  25. p. 160-161 ; avant ces cours, Dom Mocquereau avait rencontré ce révérend jesuite qui voulait étudier les meilleurs chants pour l'Église. Selon Dom Mocquereau, il cherchait la vérité. Cependant, il n'avait jamais été convaincu jusqu'à cette messe.
  26. a et b p.  231
  27. p.  294
  28. p. 312 ; demeurant à Angers, il effectuait chaque jour 120 km d'aller-retour à vélo ; il y restait de la messe basse après Prime pour communier et jusqu'à Vêpres.
  29. p. 313 ; en 1957, cette école fut attachée à la faculté de théologie sous nom d'Institut de musique sacrée.
  30. p. 313
  31. p.  250 ; Dom Claire de Solesmes avait été nommé conseil d'administration du centre en 1475. Ce centre était soutenu par le ministère de la culture.
  32. p. 315 ; « Le centre d'études grégoriennes de Sénanques avait aussi pour but de former au chant grégorien des musiciens professionnels en vue de pourvoir de professeurs qualifiés les classes ouvertes par décision ministérielle dans chaque conservatoire de France. Les stages offertes aux professeurs de conservatoires et d'instituts de musicologie, français et étrangers se tinrent d'abord à Sénanque, puis à Paris. Le chanoine participa à 19 de ces semaines. »
  33. p. 316 ; Dom Claire appréciait le chanoine Jeanneteau en citant le chanoine Gontier (1802 - † 1881), collaborateur et ami de Dom Guéranger.
  34. a et b p.  315
  35. p. 332 ; « Devant l'abandon d'une telle richesse par beaucoup d'églises, les représentants les plus éminents du monde de la culture et des arts, des pays de tradition chrétienne, ont pris le relais. Des gouvernements, légitimement soucieux de sauvegarder leur patrimoine aritistique national, se sont émus de voir péricliter un art qui est la source de toute la musique occidentale. »
  • Eugène Cardine, Sémiologie grégorienne, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1978, 158 p. (ISBN 2-85274-020-6) 
  1. a et b p.  2
  2. a et b p.  3
  3. p. 3 ; lors des études de Dom Cardine, ces manuscrits étaient attribués au XIe siècle.
  4. a et b p. 3 ; dans le livre de Dom Cardine, Graduel
  • Eugène Cardine, Première année de chant grégorien, cours aux étudiants de l'Institut pontifical de musique sacrée de Rome, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1996, 86 p. (ISBN 978-2-85274-183-6) 
  1. p.  10
  2. p.  9-10
  3. p.  22
  4. p. 64 ; dans ce cas, púeri, il reste encore une autre syllabe entre deux. Par conséquent, « il y a anticipation lorsque le degré sur lequel est articulé la syllabe finale est déjà entendu, et donc « anticipé », à la fin de la syllabe précédente. » En résumé, la syllabe e anticipe donc le son de la syllabe finale ri.
  5. p.  51
  6. a et b p.  58
  • Eugène Cardine, Vue d'ensemble sur le chant grégorien, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 2002, 31 p. (ISBN 978-2-85274-236-9)  (extrait des Études grégoriennes, tome XVI, 1977)
  1. a, b et c p.  4
  2. a et b p.  3
  3. p. 24 ; en réalité, il s'agissait du « plain-chant musical », c'est-à-dire, la musique sur les deux modes majeur et mineur et du style presque toujours syllabique.
  4. pp. 1-2
  5. p. 4 ; l'origine de cette contestation peut être expliquée par la nature du chant grégorien, donnée par Dom Eugène Cardine : « La structure et les inflexions des mélodies sont modelées sur les divisions du texte qu'elles ponctuent et, de façon générale, sur l'accentuation des mot. Cette accentuation n'est plus celle de l'époque classique, mais celle d'un latin qui s'achemine déjà vers les langues romanes ; la « quantité » des syllabes s'est effacée au profit d'un accent d'intensité, qui tend notamment à régir le cursus dans la prose et à jouer le rôle de « longue » dans la poésie. De fait, les textes chantés sont en prose et ne sont jamais versifiés sauf de rarissimes exceptions. Quand on parle de l'union étroite du mot et de la mélodie en chant grégorien, il s'agit, surtout dans les pièces plus ornées, non pas d'un décalque du langage parlé, mais de rapports conventionnels très cohérents, qui ont laissé aux compositeurs une grande liberté. »
  6. a, b et c p.  25
  7. p.  23
  8. a, b, c et d p.  27
  9. p.  8
  10. p. 27 ; ce musicologue allemand était l'un des membres de la commission pontificale pour l'Édition Vaticane chargée par le pape Pie X.
  1. p. 8-9
  2. p.  11
  3. p.  35
  1. a, b et c p.  1
  2. p. 1 : « il y a encore vingt ans à peine, on n'accompagnait pas, en beaucoup d'églises, le solo du gaduel ou de l'alleluia. (1910) »
  3. p. 1-130
  4. couverture
  5. p. 113-123
  6. p. 89
  7. p. 84
  • Léonard Poisson, Traité théorique et pratique du Plain-chant, appelé Grégorien, Dans lequel on explique les vrais Principes de cette Science, suivant les Auteurs anciens & modernes ; on donne des Règles pour la Composition du Plain-chant, avec des Observations critiques sur les nouveaux Livres de Chant ; Ouvrage utile à toutes les Églises, aux Séminaires & aux Maîtres de Chant, pour former les Chantres, & les rendre capable, soit de composer des Chants d'Église, soit de juger de leur composition, PSALLITE SAPIENTER, Chantez avec intelligence. Pseaume 46. v. 8., Ph. N. Lottin et J. H. Butard, Paris 1750 [53]
  1. p.  86-87
  2. p. 74-75
  3. p. 75
  4. a et b p. 22
  5. p. 5 ; en 1750 encore, l'abbé Léonard Poisson écrivit : « Qui pourroit tenir en effet contre des fautes aussi lourdes, & aussi révoltantes que celle dont ils sont remplis pour la plupart ? Je veux dire des fautes de quantité, sur-tout dans le Chant des Hymnes ; des phrases confondues par la teneur & la liaison du Chant, qui auroient dû être distinguées, & qui le font par le sens naturel du texte ; d'autres mal-à-propos coupées, d'autres aussi mal-à-propos suspendues ; des Chants absolument contraires à l'esprit des paroles ; graves, où les paroles demandoient une mélodie légere ; élevés, où il auroit fallu descendre ; & tant d'autres irrégularitées, presque toutes causées par le défaut d'attention au texte. »
  6. p. 27 ; selon Denise Launay ; d'après l'abbé Poisson, en 1726
  7. p. 3-4 « Mais ce premier défaut (voir la note suivante), quoique déjà considérable, n'est pas le seul. L'ignorance du texte, celle des règles de la composition, l'amour de la nouveauté, l'attachement à son goût personnel & à ses usages particuliers, la précipitation, l'intérêt peut-être & la vanité sont encore des inconveniens, qui ont achevé de défigurer le Chant & de le corrompre presqu'entièrement. »
  8. p. 25
  9. p. 3 « Il y a plus de vingt-cinq ans… je consultai soigneusement les anciens……… Après les avoir bien médités, je trouvai leurs principes si raisonnables, leurs règles si sages, leur méthode si naturelle, que mille fois je me suis étonné qu'on les eût abandonné, au point où nous le voyons depuis plus d'un siècle. ……… je veux dire… que les plus anciennes pièces sont ordinairement les plus correctes pour l'expression & la liaison des paroles, & qu'elle l'emportent de beaucoup sur la plupart des nouvelles par la majesté de leur Chant, son goût & sa régularité………»
  10. p. 8
  11. p. 76
  12. p.  89

Annexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

Voir aussi la Publication ancienne (jusqu'au XVIIIe siècle)

Avant 1900[modifier]

  • Louis Lambillotte, Antiphonaire de saint Grégoire, fac-similé du manuscrit de Saint-Gall, Poussielgue-Rusand / Ch.-J.-A. Greuse, Paris 1851 / Bruxelles 1867[221], fac-similé
  • N. Cloet, De la restauration du chant liturgique ou ce qui à faire pour arriver à posséder le meilleur chant romain possisble, Plancy, Arras, Amiens et Paris 1852, 391 p. fac-similé
  • Joseph d'Ortigue, Introduction à l'étude comparée des tonalités et principalement du chant grégorien et de la musique moderne, L. Potier, Paris 1853, 235 p. fac-similé
  • Joseph d'Ortigue, Dictionnaire liturgique, historique et théorique de plain-chant et de musique de l'Église au Moyen Âge et dans les temps modernes, L. Potier, Paris 1854, 1563 p. fac-similé
  • P. C. C. Bogaerts et Edmond Duval, Études sur les livres choraux qui ont servi de base dans la publication des livres de chant grégorien édités à Malines, H. Dessain, Malines 1855, 127 p. fac-similé
  • Théodore Nisard, Études sur la restauration du chant grégorien au XIXe siècle, J.-M. Vater, Rennes 1856, 544 p. fac-similé
  • François-Auguste Gevaert, Méthode pour l'enseignement du plain-chant et la manière de l'accompagner, suivie de nomebeux exemples, 3e édition, Gevaert, Gand et Liège 1856, 86 p. fac-similé
  • Jules Bonhomme, Principes d'une véritable restauration du chant grégorien et examen de quelques éditions modernes de plain-chant, Jacques Lecoffre et Cie., Paris 1857, 300 p. fac-similé
  • Louis Niedermeyer et Joseph d'Ortigue, Traité théorique et pratique de l'accompagnement du plain-chant, 1re édition, E. Repos, Paris 1857, 116 p. fac-similé 2e édition 1859 (nouvelle édition en 1876 auprès de la BNF recommandée)
  • Louis Lambillotte et Le P. J. Dufour, Pratique du chant grégorien ou méthode pour le bien exécuter, extrait de l'Esthétique, théorie et pratique du chant grégorien, Librairie Adrien Le Clere et Cie., Paris 1857, 100 p. fac-similé
  • Augustin-Mathurin Gontier, Méthode raisonnée de plain-chant : le plain-chant considéré dans son rythme, sa tonalité et ses modes, Imprimerie Monnoyer, Le Mans 1859[222]
  • Augustin-Mathurin Gontier, Le plain-chant, son exécution, à MM. les membres du congrès pour la restauration du plain-chant, Imprimerie Monnoyer, Le Mans 1860, 48 p. fac-similé
  • Louis Niedermeyer et Joseph d'Ortigue, Traité théorique et pratique de l'accompagnement du plain-chant , nouvelle édition, Heugel & Cie., Paris 1876, 127 p. fac-similé
  • Joseph Pothier, Les Mélodies grégoriennes d'après la tradition, Desclée, Lefebvre & Cie. / Georg Olms Verlag, Tournai / Hildesheim 1880 / 1982, 272 p. extrait
  • Charles-Émile Ruelle, Le congrès européen d'Arezzo pour l'étude et l'amélioration du chant liturgique, compte rendu non officiel suivi d'un appendice bibliographique, Librairie de Firmin-Didot et cie., Paris 1884, 48 p. fac-similé

Entre 1901 et 1950[modifier]

  • Georges-Louis Houdard, La Science musicale grégorienne, extrait de la Revue des questions scientifiques (octobre 1901), Polleunis et Ceuterick, Louvain 1901, 35 p. fac-similé
  • Amédée Gastoué, Cours théorique et pratique de plain-chant romain grégorien, Édition de la Schola cantorum, Paris 1904, 222 p.
  • Amédée Gastoué, Les Origines du chant romain, l'Antiphonaire grégorien, Alphonse Picard & fils, Paris 1907
  • André Mocquereau, Le nombre musical grégorien ou rythmique grégorienne, théorie et pratique, tome I, Société de Saint-Jean l'Évangéliste ainsi que Desclée & Cie., Rome et Tournai 1908, 429 p.
  • Amédée Gastoué, Nouvelle méthode pratique de chant grégorien, seule entièrement conforme à l'Édition vaticane, Lecoffre, Paris 1909
  • Amédée Gastoué, Traité d'harmonisation du chant grégorien, sur un plan nouveau, Jeanin frères, Lyon 1910, 130 p. fac-similé (39087009925258text.pdf)
  • Amédée Gastoué, Le graduel et l'antiphonaire romains, histoire et description, Jeanin frères, Lyon 1913, 302 p. fac-similé
  • André Mocquereau, Le nombre musical grégorien ou rythmique grégorienne, théorie et pratique, tome II, Abbaye Saint-Pierre et Desclée & Cie., Solesmes et Paris 1927, 855 p.
  • René-Jean Hesbert, Antiphonale Missarum sextuplex, Vromant / Herder, Bruxelles / Rome 1935 / 1967, 256 p.[54]
  • Joseph Gajard, Notions sur la rythmique grégorienne, Société de Saint-Jean l'Évangéliste, Paris, Rome et Tournai 1936 ainsi que deuxième édition 1944, 76 p.
  • Paolo Ferretti, Esthétique grégorienne, ou, Traité des formes musicales du chant grégorien, Solesmes, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1990, 349 p. (ISBN 2852741342) .
  • Dominique Delalande, Le Graduel des Prêcheurs : vers la version authentique du Graduel grégorien : recherches sur les sources et la valeur de son texte musical, Cerf, Paris 1949, 288 p.
  • Joseph Gajard, La méthode de Solesmes, ses principes constitutifs, ses règles pratiques d'interprétation, Desclée et Cie., Paris, Tournai et Rome 1950, 94 p.

Entre 1951 et 2000[modifier]

  • Michel Huglo, Bibliographie grégorienne : 1935 - 1956, revue et augmentée, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1958, 77 p.
  • René-Jean Hesbert, Corpus antiphonalium officii, Herder, Rome 1963-1979, 6 tomes[223]
  • Jean de Valois, Chant grégorien, Presses universitaires de France, Que sais-je? no 1041, Paris 1963
  • Eugène Cardine, Paleographia gregoriana, 1, Note raccolte dalle lezioni tenute da dom Eugène Cardine, Institut pontifical de musique sacrée, Rome 1967, 49 p[65].
    • traduction en français par la Rév. Mère Marie-Élisabeth Mosseri, d'abord dans les Études grégoriennes, tome XI, p. 1-158 (1970)
    • puis en tant qu'extrait, Sémiologie grégorienne, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1978, (ISBN 2-85274-020-6) 158 p.
  • Pierre Combe, Histoire de la restauration du chant grégorien d'après des documents inédits, Solesmes et l'Édition vaticane, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1969, 476 p.
  • Albert-Jacques Bescond, Le chant grégorien, 1re édition, collection Les traditions musicales, Buchet et Chastel, Paris 1972, 319 p[224].
  • Joseph Gajard, Les plus belles mélodies grégoriennes, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1985, (ISBN 978-2-85274-196-6) 271 p.
  • Jacques Hourlier, Entretiens sur la spiritualité du chant grégorien, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1985, (ISBN 978-2-85274-098-3) 80 p.
  • Jacques Viret, Le chant grégorien, 1re édition, L'Âge d'Homme, Lausanne 1986
  • Jacques Hourlier, La notation musicale des chants liturgiques latins, La Froidfontaine et Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1996, (ISBN 2-85274-136-9) 72 p.
  • Eugène Cardine, Première année de chant grégorien - cours aux étudiants de l'institut pontifical de musique sacrée de Rome, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1996, (ISBN 2-85274-183-0) 86 p.
  • Philippe Bernard, Du chant romain au chant grégorien (IVe - XIIIe siècles), collection Patrimoine - Christianisme, Cerf, Paris 1996, (ISBN 978-2-204-05314-3) 992 p.
  • Daniel Saulnier, Les modes grégoriens, La Froidfontaine et Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1997, (ISBN 2-85274-193-8) 207 p.
  • Jean Duron (éd.), Plain-chant et liturgie en France au XVIIe siècle, Centre de musique baroque de Versailles et Édition Klincksieck, Versailles ainsi que Paris 1997, (ISBN 2-911239-02-4) 364 p.
  • Maurice Tillie (éd.), Le chant grégorien redécouvert : Précis théorique et pratique de chant grégorien sous la direction de Maurice Tillie, 1re édition, Éditions C.L.D., Chambray-lès-Tours 1997, (ISBN 978-2-85443-330-2) 298 p.
  • Albert-Jacques Bescond, Giedrius Gapsys (rév.), Le chant grégorien, 2e édition, collection Les traditions musicales, Buchet et Chastel, Paris 1999, (ISBN 978-2-283-01811-8) 272 p.

Après 2001[modifier]

Livre liturgique[modifier]

  • Graduale de tempore juxta ritum sacrosanctæ romanæ ecclesiæ, Typographia medicæa / Libreria editrice Vaticana, Rome / Vatican 1614 / 2001, (ISBN 978-88-209-7116-8) 631 p.
  • Graduel romain comprenant les messes et les petites heures des dimanches et de toutes les fêtes de l'année ainsi que l'office de la Nuit de Noël et les principales processions, nouvelle édition, Librairie Jacques Lecoffre, Paris 1858, 624 p. extrait
  • Liber gradualis a sancto Gregorio Magno olim ordinatus, postea Summorum Pontificum auctoritate recognitus ac plurimum auctus cum notis musicis ad majorum tramites et codicum fidem figuratis ac restitutis in usum Congregationis Benedictinæ Galliarum, præsidis ejusdem iussu editus, Desclée et Cie., Tournai 1883, 937 p[226].
  • Liber usualis, missæ et officii pro Dominicis et festis duplicibus cum cantu Gregoriano, 1re édition, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1896, 1245 p[227].
  • Graduale sacrosanctæ romanæ ecclesiæ de Tempore et de Sanctis SS. D. N. PII X. Pontificis Maximi, Typis vaticanis, Rome 1908, 155 p. pdf
  • Antiphonale sacrosanctæ romanæ ecclesiæ pro diurnis Horis SS. D. N. PII X. Pontificis Maximi, Typis polyglottis vaticanis, Rome 1912[228] pdf 1168 p.
  • Liber usualis, missæ et officii pro Dominicis et festis I. vel II. classis cum cantu Gregoriano, Desclée et Cie. no 780 et no 781 (sans signes rythmiques), Rome et Tournai 1914, 1605 p[227].
  • Antiphonale monasticum pro diurnis Horis juxta vota RR. DD. abbatum congregationum confœderatarum ordinis sancti Benedicti a Solesmensibus monachis restitutum, Société de Saint-Jean l'Évangéliste et Desclée et Cie. / Abbaye Saint-Pierre, Paris, Tournai et Rome / Solesmes 1934 / 2006 (ISBN 978-2-85274-173-7) 1250 p[229].
  • Liber usualis, missæ et officii pro Dominicis et festis duplicibus cum cantu Gregoriano, Desclée et Cie. no 780, Tournai 1962, 1882 p[227].
  • Gradual neumé, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1966, 728 p. pdf 259 p.
  • Graduale romanum, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1974, (ISBN 978-2-85274-094-5) 926 p.
  • Graduale simplex in usum minorum ecclesiarum, Libreria editrice Vaticana, Vatican 1975, (ISBN 978-88-209-1603-9) 515 p.
  • Graduale triplex, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1979, (ISBN 978-2-85274-044-0) 926 p.
  • Liber cantualis comitante organo, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1981, (ISBN 978-2-85274-064-8) 72 p.
  • Liber Hymnarius, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1983, (ISBN 978-2-85274-076-1) 622 p.
  • Antiphonale romanum, tome II, Ad Vesperas in dominicis et festis, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2009, (ISBN 978-2-85274-338-0) 780 p[231].

Série[modifier]

  • Paléographie musicale : Les principaux manuscrits de chant grégorien, ambrosien, mozarabe, gallican, publiés en fac-similés phototypiques, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes depuis 1889[232]
1re série : 22 volumes, 1889 - 2001[233]
XXII. (dernier tome) Codex 21 de la bibliothèque capitulaire de Bénévent, Antiphonale monasticum (XII - XIIIe siècles) (2001) (ISBN 978-2-85274-219-2) 688 p. ainsi que d'autres tomes disponibles
2e série : 2 volumes, 1900, 1924[233]
I. Antiphonaire de Hartker, manuscrits de Saint-Gall 390 - 391 (ISBN 978-2-85274-143-0) 546 p[234].
II. Cantatorium de Saint-Gall (ISBN 978-2-85274-121-8) 167 p[235].
Il s'agit principalement d'un grand nombre de photographies de manuscrits complets[236] grâce auxquelles l'abbaye de Solesmes put établir une solide réputation auprès de toutes les académies de musique en Europe, en raison de sa valeur scientifique. Aussi l'irrégularité de l'Édition médicéenne devint-elle évidente et indiscutable, notamment par la publication des tableaux comparatifs entre les deux éditions[237].
Dès 1955, cette série est réservée exclusivement à la reproduction photographique des manuscrits. C'est pourquoi la nouvelle revue, les Études grégoriennes, fut créée[238].

Revue[modifier]

  • Revue du chant grégorien (bimestrielle) : Grenoble 1892-1914 et 1919-1940
  • Revue grégorienne (bimestrielle) : 1911-1914 ; 1920-1939 ; Société de Saint-Jean l'Évangéliste, Paris 1946-1952 ; Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1953-1964
  • Études grégoriennes - Chant grégorien, musicologie médiévale, liturgie, musiques sacrées (annuelle) : Abbaye Saint-Pierre, Solesmes[239]
  • Revue Una Voce - Chant grégorien, musique religieuse, liturgie catholique romaine, art sacré (bimestrielle) : Una Voce France, Paris, de 1966 à nos jours[240]

Publication ancienne[modifier]

  • Pierre Maillart, Les tons ou discours, sur les modes de musique, et les tons de l'Église, et la distinction entre iceux, Charles Martin / Minkoff, Tournai / Genève 1610 / 1972 394 p[30].
  • Guillaume-Gabriel Nivers, Graduale romano-monasticum juxta Missale Paulis Quinti (destiné aux Bénédictins), Robert III Ballard, Paris 1658, rééd. en 1687 et 1696[241].
  • Guillaume-Gabriel Nivers, Antiphonarium romanum juxta Breviarium (destiné aux Bénédictins), Robert III Ballard, Paris 1658, rééd. en 1701[242].
  • Guillaume-Gabriel Nivers, Graduale romano-monasticum (destiné aux Franciscaines, en privilège), Robert III Ballard, Paris 1658[243].
  • Jacques P. Le Clerc et Pierre-Benoît de Jumilhac, La science et la pratique du plain-chant, où tout ce qui appartient à la pratique est étably par les principes de la science, et confirmé par le témoignage des anciens philosphes, des pères de l'Église, et des plus illustres musiciens ; entr'autres de Guy Aretin et Jean de Murs ; par un religieux bénédictin de la congrégation de S. Maur, Louis Bilaine, Paris 1673[244] fac-similé.
  • Guillaume-Gabriel Nivers, Dissertation sur le chant grégorien dédiée au Roy, Christophe Ballard aux dépens de l'auteur, Paris 1683 217p. fac-similé.
  • Guillaume-Gabriel Nivers, Graduale romanum (destiné aux Augustins), Christophe Ballard, Paris 1687[245].
  • Guillaume-Gabriel Nivers, Graduale monasticum, Jean-Baptiste Christophe Ballard, Paris 1734[245].
  • Jean Lebeuf, Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique, J. B. et J. T. Hérissant / Minkoff, Paris / Genève 1741 / 1972 [246]
  • F. de La Feillée, Nouvelle méthode, pour apprendre facilement les règles du plain-chant et de la psalmodie, J. Faulcon, Poitiers 1748[247]
  • Cousin de Contamines, Traité critique du plain-chant, usité aujourd'hui dans l'Église, contenant les principes qui en montrent les défauts, et qui peuvent conduire à le rendre meilleur, avec approbation et privilège du Roy, P. G. Le Mercier, Paris 1749[248]
  • Léonard Poisson, Traité théorique et pratique du plain-chant, appelé grégorien, dans lequel on explique les vrais principes de cette science, suivant les auteurs anciens & modernes, avec approbation et privilège du Roy, Ph. N. Lottin et J. H. Butard, Paris 1750 fac-similé

Discographie[modifier]

Grands prix[modifier]

- Tous les disques auprès de l'abbaye Saint-Pierre (1930 ; 1952 - 1978 ; 1979 - ) [55]

Mentionnés dans cet article[modifier]

Disques récemment sortis[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

Articles généraux[modifier]

Livres liturgiques[modifier]

Paléographie musicale[modifier]

À partir du tome IV, encore disponibles auprès des Éditions de Solesmes.

Documents anciens[modifier]

Voir aussi la liste des manuscrits sélectionnés par Dom Cardine ou les manuscrits les plus distingués du chant grégorien.

Notes et références[modifier]

  1. http://www.doria.fi/handle/10024/32121?local=len&author=
  2. a, b, c, d, e, f et g http://eglise-orthodoxe-de-france.fr/les_racines_orientales_du_chant.htm Dom Daniel Saulnier de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Les racines orientales du chant grégorien, Festival d'art sacré à Angers, le 29 octobre 2006
  3. Saint Augustin dit dans l'Enarratio in Psalmos (72, 1) « Qui cantat bis orat » : « Celui qui chante prie deux fois ».
  4. a et b http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8426787t/f2 ; (fac-similé) Bibliothèque nationale, latin 17436 ; il s'agit d'une notation messine pour l'inauguration de la collégiale de Sainte-Marie de Compiègne par Charles le Chauve, le 5 mai 877.
  5. a et b (en)http://books.google.fr/books?id=ezVH2h6PKUcC&pg=PA41 (fac-similé)
  6. a et b (en)http://anglicanhistory.org/music/gradual/gradual.pdf
  7. a, b, c, d et e http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/medi_0751-2708_1982_num_1_1_886 Annie Dennery, Les notations musicales au Moyen Âge (1982) fac-similé
  8. C'était Pierre Maillart, chanoine de la cathédrale de Tournai, qui établit cette autonomie en 1610.
  9. Par conséquent, cette dernière syllabe « te » doit être légèlement chantée, parce qu'il s'agit d'une détente dans le contexte musical et qu'elle n'est pas accentuée selon le rythme verbal.
  10. http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1114/Saint-Benoit-II.html
  11. Voir aussi, l'extrait de l' Année liturgique de Dom Guéranger http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/careme/saints/039.htm p. 474
  12. http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/francs8.htm Histoire des Francs, livre VIII, 3e phrase
  13. Même de nos jours, le pape est pareillement l'archevêque de Rome.
  14. En fait, menacé par les Lombard, le pape Étienne II effectua un long voyage vers Saint-Denis de 752 à 753, afin d'appeler au secour Pépin le Bref. Ce dernier bénéficia désormais de l'office romain pour l'intégration du royaume (voir aussi, Dom Saulnier, Les racines orientales du chant grégorien)
  15. a et b (en)http://books.google.fr/books?id=ThN448ecG6UC&pg=PA12
  16. http://www.musicologie.org/publirem/hmt/hmt_chrodegang.html
  17. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_1996_num_39_153_2639 pp. 72-75
  18. (en)http://en.wikipedia.org/wiki/Veni_redemptor_gentium
  19. a et b (en)http://en.wikipedia.org/wiki/Beneventan_chant
  20. http://judaisme.sdv.fr/histoire/rabbins/hazanim/algazi/algazi.htm
  21. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f355 Bibliothèque nationale, voir aussi autres folios en affichage mosaïque ; texte : Cantate Domino, originaire de Paris ou Bourges; cf. André Beauneveu ; mais il est évident que Beauneveu n'avait pas de connaissance de la musique, car il n'écrivit que les " ' " au lieu de la notation.
  22. http://bellelay.enc.sorbonne.fr/presentation.php
  23. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84322785/f10
  24. a et b Avant d'arrivé à la Bibliothèque nationale, ou vraisemblablement à la Bibliothèque royale auparavant, ce graduel perdit un considérable nombre de folios ainsi que des illustrations. Eduardo Henrik Aubert, Scribes at work : codicology, paleography and the making of a music book in eleventh-century Cluny (BNF, lat. 1087), Études grégoriennes, tome XXXVIII, p. 52, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2011
  25. a, b, c et d http://fr.scribd.com/doc/58813264/Saint-Bernard-Oeuvres-completes-Charpentier-Trad-1865-Volume-2p. 533-544 ; texte en latin et traduction par les abbés Dom Alfred-Louis Charpentier et Dom P. Dion en 1865
  26. Surtout, saint Bernard discutait, tout comme aujourd'hui, la difficulté entre si bémol et si bécarre dans sa préface.
  27. Corpus antiphonalium officii, voir Bibliographie
  28. a, b, c et d traduction http://www.musicologie.org/publirem/docta_sanctorum.html
  29. Il s'agit de l'année 1325, si ce décret fut annoncé avant Pâques, en raison de la date déclarée : « Fait et donné en Avignon, l'an IX de notre pontificat. »
  30. a et b http://www.harmoniasacra.com/page-1045.html ; cet ouvrage avait notamment une influence sur la théorie de Guillaume-Gabriel Nivers.
  31. http://books.google.fr/books?id=h9xbNO7__ooC&pg=PA153
  32. (en)http://en.wikipedia.org/wiki/Fernando_de_las_Infantas
  33. http://www.irpmf.cnrs.fr/productions-scientifiques/2004-72/article/cecile-davy-rigaux-guillaume
  34. Ainsi, les psaumes en français d'Antoine Godeau, donnés par Louis XIV son privilège auparavant, furent supprimés par un arrêt du parlement de Paris, le 14 janvier 1686.
  35. Catherine Massip, Michel-Richard Delalande ou Le Lully latin, Éditions Papillon, Drize en Suisse 2005, p. 35 ; donc, les musiciens n'étaient que sous-maîtres. Les maîtres sous le règne de Louis XIV étaient successivement l'archevêque de Reims Charles-Maurice Le Tellier, le cardinal Melchior de Polignac et l'évêque de Rennes Charles-Louis-Auguste Le Tonnelier de Breteuil. Aussi l'utilisation du chant grégorien était-elle normale pour l'office ecclésiastique.
  36. Catherine Massip, même document, p. 64
  37. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_2005_num_163_1_463619_t11_0289_0000_2
  38. Exemple : comparaison du répons Unus panis (1750) http://books.google.fr/books?id=icA9AAAAcAAJ&pg=PA102
  39. a, b et c http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90676807/f5 ; avec une préface de l'abbé Nisard ; ainsi « Ce n'est pas une copie exacte et authentique de l'antiphonaire de saint Grégoire, envoyé à Charlemagne par le pape Adrien : c'est une compilation originale qui a été, non-seulement écrite, mais encore créée, si je puis parler ainsi, au commencement du XIIe siècle.… En résumé, l'Antiphonaire de Montpellier n'est pas un antiphonaire proprement dit : c'est un Tonarius. » (f21)
  40. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1912_num_3_15_3627 Revue d'histoire de l'Église de France (1912), bulletins régionaux, Maine p. 359 « A. Cartier : Une page d'histoire locale au sujet de la restauration du plain-chant, p. 29-39, 49-61. Notes sur dom Guéranger et le chanoine Gontier du Mans, à propos de la restauration du chant, et étude critique des résultats obtenus par le premier à Solesmes, et par le second à la cathédrale du Mans. »
  41. a et b http://books.google.fr/books?id=mv-av-C6lC8C&pg=PA2
  42. http://books.google.fr/books?id=N6vm8wfTwVoC&pg=PA32
  43. http://www.cnrtl.fr/lexicographie/antiphonaire
  44. a, b et c http://books.google.fr/books?id=I77LYIyweVMC&pg=PA239 Décret du cardinal Sterckx concernant le chant et la musique d'Église (1842)
  45. http://books.google.fr/books?id=J2VbAAAAQAAJ&pg=PA172
  46. a et b http://www.gregorianbooks.com/gregorian/pdf/JDL/Graduale/1858_Graduale_LeCoffre.pdf
  47. http://bibnum.enc.sorbonne.fr/gsdl/collect/tap/archives/HASH17e7/b96da398.dir/0000005518227.pdf p. 6-11 (pdf p. 3-8)
  48. a, b, c et d http://www.musimem.com/niedermeyer.htm
  49. a et b http://books.google.fr/books?id=K4onSytrit0C&pg=PA542 Dom Louis Soltner, dans Les sciences religieuses : le XIXe siècle, 1800 - 1914>, p. 542
  50. http://gregorien.info/series/page/17/fr liste d'un certain nombre de tomes restants et des chants y compris ceux que Dom Pothier restitua.
  51. http://books.google.fr/books?id=h2VRfbQMxG0C&pg=PA133 Adélaïde de Place, Quelques figures de la presse au XIXe siècle, dans Musique, esthétique et société : Au XIXe siècle, p. 133
  52. [PDF] http://bibnum.enc.sorbonne.fr/gsdl/collect/tap/archives/HASH17e7/b96da398.dir/0000005518227.pdf Charles-Émile Ruelle, Le congrès européen d'Arezzo pour l'étude et l'amélioration du chant liturgique, compte rendu non officiel suivi d'un appendice bibliographique, Librairie de Firmin-Didot et Cie., Paris 1884
  53. musicologie.org, article « paleographie » ainsi que http://palmus.free.fr (site officiel)
  54. Ainsi, dans son livre Le nombre musical grégorien ou rythmique grégorienne, tome I sorti en 1908, il comparait plusieurs neumes : pour Alleluia. Lætatus sum, p. 314, fig.292 (Saint-Gall no 376 et no 340, presque tous les manuscrits de Saint-Gall, deux manuscrits de Monza, un manuscrit de Turin) ; pour trois types de neumes, p. 316, fig.295 (Saint-Gall, Laon no 239, Verceil de notation messine no 186, B. M. Egerton no 857, Cambrai, Monza, Ivrée, des manuscrits aquitains)
  55. a et b http://books.google.fr/books?id=k8xgsa4FdrcC&pg=PA25 note no 2, Déodat de Séverac, La musique et les lettres, p. 25
  56. http://www.gregorien.info/series/page/3/fr liste des tomes restants et notamment de la contribution de Dom Gajard
  57. Grâce au site http://www.abebooks.fr , l'on peut trouver des tomes disponibles de la Revue du chant grégorien et de la Revue grégorienne ; selon le site, « Revue grégorienne, études de chant sacré et de liturgie organe de l'École de Solesmes et l'institut grégorien de Paris. Dom Joseph Gajard en est le directeur.… Il succéda en 1914 à Dom Mocquereau comme maître de chœur, et participa activement à la résurrection du chant grégorien.… Directeur de la Paléographie musicale en 1930, de la Revue grégrienne en 1946 et des Études grégoriennes en 1954, Dom Gajard assuma également la responsabilité de tous les enregistrements de disques grégoriens à partir de 1930. »
  58. http://www.unavoce.fr/content/view/110/179
  59. Cette dernière continue de nos jours ses activités http://www.schola-st-gregoire.org
  60. http://www.vatican.va/roman_curia/institutions_connected/sacmus/index_fr.htm
  61. a, b, c, d et e http://www.gregofacsimil.net/02-ARTICLES/Article-pdf/Dom_Jacques-Marie_Guilmard/JG-Cardine-Bibliographie-Studi-Gregoriani(2004).pdf p. 13-14 Thèses dirigées par Dom Eugène Cardine : liste des thèses (grandes et petites) présentées à l'Institut pontifical de musique sacrée de Rome, sous la direction de Dom Eugène Cardine
  62. http://www.musique-liturgique.com/gregorien/les-textes/140-encyclique-musicae-sacrae-de-pie-xii
  63. http://cths.fr/an/prosopo.php?id=1191
  64. http://www.academie-francaise.fr/rene-jean-hesbert
  65. a, b et c http://www.gregofacsimil.net/02-ARTICLES/Article-pdf/Dom_Jacques-Marie_Guilmard/JG-Cardine-Bibliographie-Studi-Gregoriani(2004).pdf
  66. a, b, c et d http://www.musimem.com/dom_jean_claire.htm
  67. http://palmus.free.fr/These/These-Titre.htm
  68. http://www.gregorianbooks.com/gregorian/pdf/JDL/Graduale/1966_Graduel_Neume_Cardine.pdf fac-similé
  69. Selon la bibliothèque.
  70. a et b http://manuscrit.ville-laon.fr/_app/ms/OEB/Ms239/en_savoir_plus/en_savoir_plus_ms239.pdf Les manuscrits de Laon
  71. http://www.jstor.org/stable/947452 Les manuscrits d'Einsiedeln
  72. http://www.e-codices.unifr.ch/fr/list/subproject/stgall_music Site officiel de la bibliothèque (fac-similé)
  73. a et b http://www.solesmes.eu/FR/editions/livres.php??cmY9MTMz
  74. http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/letters/2003/documents/hf_jp-ii_let_20031203_musica-sacra_fr.html
  75. http://www.lemonde.fr/europe/article_interactif/2005/04/08/rome-celebre-les-funerailles-de-jean-paul-ii_636683_3214.html
  76. D'après un article du Figaro le 13 mai 2011, seuls trois diocèses français (Mende, Viviers et Châlons-en-Champagne) ne l'appliquaient pas encore en 2011. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/05/13/01016-20110513ARTFIG00614-les-messes-en-latin-ont-double-en-quatre-ans.php
  77. http://palmus.free.fr/antiphonaire.html
  78. http://www.solesmes.eu/FR/editions/livres.php?cmY9MzY4
  79. Ce doyen de la faculité de philosphie, arts et lettres de l'université catholique de Louvain est en effet également directeur du chœur Una cum qui célèbre le dimanche la messe traditionnelle selon le Missel de 1962, à la chapelle Sacré-Cœur de Lindthout [2] de Bruxelles.
  80. http://www.scholagreg.org/scholadf.php
  81. a, b, c et d http://www.ctestmartin.fr/index.php/fr/publications/les-heures-gregoriennes.html
  82. a et b http://www.heures-gregoriennes.com
  83. Const. lit., art. 54 ; Instr. Inter OEcumenici, no 59 ; Instr. Musicam sacram, no 47 ; Ordo cantus Missae, 1972
  84. L'oraison dominicale, c'est-à-dire le Notre Père (Pater Noster)
  85. On estime le nombre de célébrations, entre deux cents [3] ; mais vraisemblablement sans compter les célébrations dans les monastères) et cinq cents environ [4].
  86. a et b http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/congregation/congsol.php?js=1
  87. Abbaye Notre-Dame de Fontgombault, L'homme nouveau no 1535, 2 février 2013 ; d'ailleurs, la forme ordinaire du rite romain sera encore célébrée pour les moniales dans la région.
  88. Même document, le premier abbé de Fontgombault Dom Roux : « la volonté de Dieu : que Fontgombault devienne un autre Solesmes tel que l'ont voulu Dom Guéranger et Dom Delatte, où l'on loue, où l'on regarde, où l'on aime Dieu à fond. »
  89. a et b http://www.abbaye-pesquie.org/Abbaye_benedictine_Notre-Dame_du_Pesquie/Chant_Gregorien_et_orgue_(Pesquie).html
  90. http://www.chantmusicforparadise.com
  91. a et b http://www.chantmusicforparadise.com ; ainsi que le premier rang dans la catégorie de la musique classique
  92. (de)http://www.aiscgre.de/gregorianik/KLOESTER.HTMl
  93. http://www.schola-sainte-cecile.com/2011/05/13/instruction-universae-ecclesiae-sur-lapplication-du-motu-proprio-summorum-pontificum
  94. http://www.dici.org/actualites/benoit-xvi-rappelle-la-vocation-de-la-musique-liturgique
  95. http://maitrise.angers.free.fr/leschoeurs.html
  96. http://www.choeur-gregorien-clermont-ferrand.fr/
  97. À Nantes, la schola fondée en 1980 s'appelle le chœur grégorien de Nantes http://www.artetmusique.org/page_artiste.php?id=le_choeur_gregorien_de_nantes
  98. Depuis 1974, chaque dimanche et lors de toutes les fêtes liturgiques solennelles, la Schola Grégorienne de la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg chante en grégorien le propre et le commun de la messe capitulaire.
  99. (en)http://www.rkspa.nl/chaplains
  100. (en)http://www.gregoriaanskoor.nl/englishschola.html
  101. (en)http://www.admicos.com/gallery_vienna/theviennaboyschoir3.html
  102. a et b (en)http://www.hhrf.org/schola/engfo.html
  103. http://www.evts.ch/presentation/direction.html
  104. (en)http://www.adaltaredei.org/index.html
  105. (en)http://unavoce.org/about
  106. http://www.unacum.be
  107. http://www.stannchoir.org
  108. http://www.chantvillage.com/links.php
  109. http://cmems.stanford.edu/people/william-mahrt
  110. http://media.musicasacra.com/publications/sacredmusic/133/1/1_1.html
  111. Pour ses détails, voir aussi le compte rendu non officiel de Charles-Émile Ruelle (1884), p. 6-10
  112. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/phlou_0776-5541_1894_num_1_4_3073_t1_0411_0000_1
  113. Il est remarquable qu'il ait découvert trois livres du chant Vieux-Romain lors de ce séjour à Rome.
  114. a et b (it)http://www.treccani.it/enciclopedia/angelo-de-santi_(Dizionario-Biografico)
  115. (en)http://en.wikipedia.org/wiki/Justine_Ward
  116. (en)http://books.google.fr/books?id=IdDoMI2iGasC&pg=PA115 « Your summer 1960 students are still under the spell of your teaching and are impatiently waiting for your return. (p. 119) »
  117. a, b et c http://www.decitre.fr/livres/le-chant-gregorien-redecouvert-9782854434545.html
  118. http://www.scolametensis.com/le-centre-d-études-grégoriennes-de-metz/l-enseignement
  119. http://choeur-gregorien-de-paris.asso.fr/formationsframe.html
  120. http://www.choeur-gregorien-de-paris.asso.fr/formationsframe.html
  121. (en)http://www.scb-basel.ch/index/110084
  122. http://www.cmusge.ch/cmg/pdf/Brochure%20CC%202013-2014.pdf p. 6
  123. a et b (en)http://www.stthom.edu/Public/Index.asp?Page_ID=6119&CalendarScriptAction=DetailView&ReturnScriptAction=DayView&Calendar_ID=3249&Recurring_Calendar_ID=0&StartDate=11/30/2010&EndDate=11/30/2010
  124. http://www.gregoriana.lt/page.asp?lang=fr&p=80
  125. http://www.proliturgia.org
  126. Selon ce site, leur enseignement est effectué d'après les disciplines de Dom Mocquereau. Cependant, les moines de Solesmes nous conseillent leurs sources plus nouvelles.
  127. http://www.leoncel-abbaye.com/marcher_prier.html
  128. a, b et c (en)http://books.google.fr/books?id=ezVH2h6PKUcC&pg=PA39 Robin A. Leaver, The Prayer Book « Noted » dans The Oxford Guide to The Book of Common Prayer: A Worldwide Survey, p. 39-43, Oxford University Press, Oxford 2006
  129. Il y a une petite confusion dans cette vidéo. Le texte The book of Common praier fut publié en 1549 tandis que son livre de chant The book of Common praier noted fut sorti en 1550.
  130. (en)http://www.stjohnsdetroit.org/music
  131. a, b, c, d, e et f (en)http://books.google.fr/books?id=la_H-7231NAC&pg=PA177 Robin A. Leaver, Plainchant adaptation in England, p. 177-193, dans The Hymnal 1982 Companion, éd. par Raymond F. Glover, Church Publishing Inc., 1990
  132. Il s'agirait vraisemblablement de la chapelle Saint-Jacques près de la place Espagne. http://books.google.fr/books?id=ij7T49tGiYcC&pg=PA217
  133. (en)http://www.plainsong.org.uk/
  134. a et b (en)http://anglicanhistory.org/music/douglas/kyrial1933.pdf Kyriale de Douglas 1933, Préface : « One of the chief pratical results of the Plainsong renaissance initiated about middle of the Nineteenth century has been the restoration of the beautiful ancient melodies for the Ordinary of the Mass. Adequate published editions of this music began just fifty years ago. The first was the Liber Gradualis of Solesmes, the fruit of Dom Pothier's long preparatory study of ancient manuscripts ; it contained seventeen Masses, and was published in 1883. A second edition, with revisions by Dom Mocquereau, appeared in 1895.… »
  135. (en)http://journals.cambridge.org/action/displayJournal?jid=PMM
  136. (en)http://www.cyberhymnal.org/bio/d/o/douglas_cw.htm
  137. (en)http://anglicanhistory.org/music/douglas/list.html II. Liturgies and plainsong editions
  138. (en)http://www.stutler.cc/russ/sing_psalms.html
  139. a et b (en)http://www.2l.no/files/2L43SACD_ebook.pdf p. 10 (pdf p. 6)
  140. (en)http://consortiumvocale.no Puis, Schweitzer continua ses études à Munich, auprès de Dom Johannes-Berchmans Göschel, disciple de Dom Eugène Cardine, et actuellement responsable de l'édition critique du Vatican. Donc, Consortium Vocale profite des études de Dom Cardine et de ses successeurs.
  141. http://books.google.fr/books?id=KQT6RYw7iMEC&pg=PA144
  142. http://info.catho.be/2012/05/09/11eme-festival-de-chant-gregorien-de-watou
  143. http://www.choral-music.sk/en/festival/detail/13
  144. http://www.bbc.co.uk/programmes/b00d3jyg
  145. http://www.salzburgerfestspiele.at/concert/ouverture-spirituelle-2013/shomyo-und-gregorianik
  146. http://www.paris.catholique.fr/Concert-de-chant-gregorien-Ave.html
  147. http://www.francetv.fr/culturebox/du-chant-gregorien-aux-rencontres-de-musique-medievale-du-thoronet-60457
  148. http://www.cathedral.vancouver.bc.ca/2011/06/21/cathedral-summer-music-festival
  149. http://sg-music.net/threads/183
  150. Cette hypothèse devint aujourd'hui fausse, selon les études scientifiques. Voir Adaptation auprès de nouveaux ordres
  151. Source : William Mahrt, Gregorian chant as a paradigm of sacred music, dans la revue Sacred music de l'association américaine de la musique sacrée, tome 133, p. 5-14, printemps 2006
  152. L'auteur écrivit " 51 " par erreur. La notation indique que le mélisme compte exactement 61 notes.
  153. a et b http://www.louisvannes.eu/greg-orian.htm
  154. http://blogs.univ-tlse2.fr/fabrica/a-propos
  155. http://blogs.univ-tlse2.fr/fabrica/anthologie-du-faux-bourdon-francais-2/lumen-ad-revelationem-gentium-1582 fac-similé
  156. http://philidor3.cmbv.fr/Publications/Cahiers-PHILIDOR François Talvard (2005) La Maîtrise de la cathédrale de Rodez au XVIIe et XVIIIe p. 25
  157. http://books.google.fr/books?id=vnLlfwz6JrYC&pg=PAc
  158. http://books.google.fr/books?id=y-5dvCD6rqQC&pg=PA25
  159. http://books.google.fr/books?id=y-5dvCD6rqQC&pg=PA28
  160. Toutefois, selon les dernières études de Françoise Talvant, à la cathédrale de Rodez, plusieurs instruments étaient pratiqués au XVIIIe siècle : basse de viole, violon, basson et serpent (avec sa liste de 18 musiciens) http://philidor3.cmbv.fr/Publications/Cahiers-PHILIDOR La maîtrise de la cathédrale de Rodez au XVIIe et XVIIIe siècle (2005) p. 29
  161. http://books.google.fr/books?id=I77LYIyweVMC&pg=PA243
  162. a, b et c http://books.google.fr/books?id=DO4qAAAAYAAJ&pg=PA153
  163. http://books.google.fr/books?id=TSQBAAAAQAAJ&pg=PAc
  164. Même documents, couverture
  165. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/roman_0048-8593_1987_num_17_57_4880 Claude Noisette de Crauzat, De la virtuosité dans l'orgue français au XIXe siècle : Lefébure-Wély (Louis James Alfred Lefébure-Wély) (1987)
  166. http://jeandelalande.org/HOME/OrgAcc_TREATISE.htm
  167. http://www.idref.fr/101320981
  168. http://www.alsatica.eu/alsatica/bnus/Nouvelle-methode-elementaire-de-l-accompagnement-du-Plain-chant-a-l-usage-du-clerge-des-seminaires-et-des-maitrises-d-apres-les-principes-de-l-ecole-traditionnelle-par-l-Abbe-EM.-Brune,1_P_2F385088.html
  169. http://www.e-corpus.org/notices/101900/gallery/801983/fulltext
  170. (en)http://books.google.fr/books?id=IdDoMI2iGasC&pg=PA328
  171. http://www.musimem.com/obi-0197-0997.htm Il s'agit du père de Lélia Gousseau.
  172. http://books.google.fr/books?id=sRkhAQAAIAAJ&pg=PA1056
  173. http://www.idref.fr/101322224
  174. http://www.calames.abes.fr/Pub#details?id=Field-456
  175. http://www.idref.fr/029510171
  176. http://books.google.fr/books?id=5GsIlHMqv7sC&pg=PA247 p. 247-248
  177. http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?cmY9MTU0
  178. http://www.youtube.com/watch?v=lY5EztLcSVo
  179. (en)http://consortiumvocale.no/2013/04/consortium-vocale-sings-gregorian-mass-in-oslo-cathedral
  180. Selon leurs sites officiels.
  181. http://notredamedeseaux.net
  182. http://www.jubilatetoulon.fr
  183. http://www.gillesbinchois.com ; http://manuscrit.ville-laon.fr/_app/ecouter.php?cote=Ms239&html=manuscrit.ville-laon.fr/cd_gregorien/ms239.html Adiutor meus (bibliothèque de Laon, Laon 239, Graduale romanum)
  184. http://www.organum-cirma.fr
  185. http://venance-fortunat.org
  186. http://www.scolametensis.com/la-scola-metensis
  187. http://www.ordovirtutum.org
  188. a et b (de)http://www.christophorus-records.de/v2.php?do=detail&c=10999&p=10&a=heinrich+isaac&i=0&s=1
  189. http://www.aiscgre.org/gregorianik/pr_graz.html
  190. (en)http://www.gracesvoices.com/p/about-us.html
  191. http://www.resupina.at/aboutus.html
  192. http://psallentes.com/about
  193. http://www.cumjubilo.be/teksten/curriculum-fr.html
  194. http://www.scolagregoriana.com/francais/index.html
  195. http://www.scholaantiqua.com/02_02curriculumfrancais.html
  196. http://www.scholagregorianadecantabria.com/Schola/Schola.html
  197. (ee)http://www.vhk.ee/muusikakool/puha-miikaeli-poistekoor
  198. http://www.voxclamantis.ee/w/index.php/fr/ensemble-fra
  199. (hu)http://egyhazzene.hu/scholae-cantorum/schola-hungarica
  200. (en)http://music.nuim.ie/newsevents/scholagregorianamaynooth
  201. (it),(en)http://www.ensemblesanfelice.com/it_presentazione-ensemble-san-felice.html
  202. (en)http://www.coromaes.com/ensemble.htm
  203. http://www.music.lv/schola/en/about_us.htm
  204. (nl)http://www.sunnivae.com/english
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  206. http://www.scholawardinstituut.nl/FR/wiezijnwij.html
  207. (pl)http://www.clamaveruntiusti.org/page0.php
  208. http://www.gregoriano.com
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  210. (en)http://www.bristol.ac.uk/music/unimusicmaking/sc.html
  211. (en)http://www.scholagregoriana.org
  212. En raison de son rapport historique avec l'Angleterre depuis longtemps; Jean-François Leroux-Dhuys, Les abbayes cisterciennes en France et en Europe, Éditions Place des Victoires, Paris 1998, p. 298
  213. a et b (en)http://www.heraldav.co.uk/catalogue?diskNum=161
  214. a et b (en)http://www.bbc.co.uk/music/reviews/w3hj
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  217. http://www.scholagothia.com/en/index.htm
  218. http://www.aeolus-music.com/ae_fr/Artists/Maitrise-du-Conservatoire-Populaire-de-Musique-de-Geneve
  219. ,http://www.millenniumofmusic.com/history.php
  220. (en) http://en.wikipedia.org/wiki/Officium_(album)
  221. http://urresearch.rochester.edu/institutionalPublicationPublicView.action?institutionalItemId=25272&versionNumber=1
  222. http://books.google.fr/books?id=AS7ESmy6CCsC&pg=PA187
  223. http://bibliotheque.irht.cnrs.fr/opac/index.php?lvl=author_see&id=4030&page=1
  224. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_1973_num_16_61_1940_t1_0063_0000_2
  225. http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=7220
  226. Voir aussi la note <t4> de Restauration du chant grégorien concernant la publication de ce gradual.
  227. a, b et c http://books.google.fr/books?id=DQ4uY3zvpA0C&pg=PA599
  228. http://www.schola-sainte-cecile.com/2008/07/20/pdf-antiphonale-sacrosanct%C3%A6-roman%C3%A6-ecclesi%C3%A6-pro-diurnis-horis-1912
  229. http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?cmY9MTM0
  230. a, b, c et d http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?c2M9MzE
  231. http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?cmY9MTMx
  232. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1895_num_56_1_447833_t1_0691_0000_3
  233. a et b Études grégoriennes, tome XXXVIII, p. 7, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2011
  234. http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?=cmY9MjI3
  235. http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?=cmY9MjI4
  236. Susan Rankin, La « notation oratoire » de Dom Mocquereau, Études grégoriennes, tome XXXVIII, p. 22
  237. Marie-Emmanuel Pierre, Cantabo Domino, Cours de chant grégorien (2005), p. 133-135
  238. Marie-Emmanuel Pierre, Cantabo Domino (2005), p. 231
  239. « Les Études grégoriennes, fondées en 1954, sont l'organe de l'atelier de Paléographie musicale de l'Abbaye Saint-Pierre de Solesmes : elles ont pour objectif de promouvoir les recherches sur les sources du chant grégorien, sur l'interprétation des notations pour la pratique du chant choral et enfin la diffusion des enseignements pontificaux sur la Musique sacrée. Les articles envoyés à la Rédaction seront soumis à un Comité de lecture formé de spécialistes des diverses disciplines de la musicologie, qui pourront suggérer aux auteurs des modifications ou qui demandront éventuellement des modifications à suivre impérativement pour la publication. » Études grégoriennes, tome XXXIX, p. 315 (2012)
  240. http://www.unavoce.fr/content/section/20/140
  241. Denise Launay, La musique religieuse en France du Concile de Trente à 1804, Société française de musicologie, Paris 1993, p. 302 et 305
  242. Denise Launay, p. 302 et 420
  243. Denise Launay, p. 302
  244. http://www.musicologie.org/Biographies/j/jumilhac_pierre_benoit.html
  245. a et b Denise Launay, p. 305
  246. Denise Launay, p. 293 et 422
  247. Denise Launay, p. 427-429, fac-similé
  248. Denise Launay, p. 430, fac-similé