Exosphère

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Schéma des couches de l'atmosphère terrestre (à l’échelle). La stratosphère (~50 km) ne compte que pour environ 1 % de l'atmosphère. On considère que l'exosphère (observable depuis l'espace) s'étend jusqu'à ~100 000 km.

L'exosphère est la dernière couche d'atmosphère terrestre qui se situe au-dessus de la thermosphère, au-delà de 600 kilomètres. Cette couche se définit comme la région de l'atmosphère où les collisions entre particules sont rares, considérées comme négligeables. En effet la densité de particules y est extrêmement faible. Celle-ci est de l'ordre de 106 par centimètre cube à environ 700 km d'altitude. À 5 000 km d'altitude celle-ci n'est plus que de l'ordre de 100 par centimètre cube, densité équivalente à celle du milieu interplanétaire. Les atomes s'y comportent donc librement, certains s'échappent même dans l'espace, c'est pourquoi la zone située à cette altitude est également appelée le niveau d'échappement[1].

Intérêt pour les satellites[modifier | modifier le code]

Un des grands intérêts de l'exosphère réside dans l'exceptionnelle capacité de durée de vie des satellites placés dans ses couches les plus hautes : des centaines, voire des milliers d'années, alors que les satellites qui évoluent à une altitude moindre, de l'ordre de 300 kilomètres (thermosphère), doivent subir un freinage permanent non négligeable.

Dès 1960, des scientifiques, tel que le Français François Barlier, se sont intéressés à la trajectographie des satellites. Leur travaux ont alors très vite porté sur les forces de freinage dues aux frottements résultant de l'atmosphère résiduelle de la thermosphère et de la température très élevée qui y règne — jusqu'à 1 000 kelvins —, phénomène notamment dû à l'absorption du rayonnement ultraviolet émis par le soleil.

L'exosphère des autres objets célestes[modifier | modifier le code]

La définition de l'exosphère s'applique également aux autres objets célestes (planètes, lunes, étoiles…). Il existe deux catégories d'exosphère : d'une part celle des objets célestes pourvus comme la Terre d'une atmosphère (par exemple Mars ou Vénus) d'autre part celle, beaucoup plus fréquente dans notre système solaire, des objets dépourvus d'atmosphère comme Mercure ou la Lune. Dans ce dernier cas la base de l'exosphère (l'exobase) se confond avec la surface de l'objet céleste et les processus qui contribuent à sa formation et à son évolution sont très différents : l'éjection de matière de la surface à l'origine de l'exosphère peut résulter de mécanismes aussi différents que l'agitation thermique de la couche superficielle du sol, le bombardement de celle-ci par les photons, la vaporisation du sol par l'impact d'un météorite ou enfin l'action des particules énergétiques (rayons cosmiques, vent solaire) sur le sol[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Organisation météorologique mondiale, « Niveau d'échappement », sur Eumetcal (consulté le 11 novembre 2013)
  2. François Leblanc, Modélisation et mesure des exosphères de quelques objets du système solaire (mémoire),‎ 2009 (lire en ligne)
  • J. Lilensten et P.-L. Blelly: Du Soleil à la Terre, Aéronomie et météorologie de l'espace, Collection Grenoble Sciences, Université Joseph Fourier Grenoble I, 2000. ISBN 978-2-86883-467-6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]