Esprit de l'escalier

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L’Esprit de l’escalier, ou esprit d’escalier : expression française signifiant que l’on pense souvent à ce que l’on aurait pu et dû dire de plus juste, après avoir quitté ses interlocuteurs ; « l’inspiration nous vient en descendant l’escalier de la tribune », mot de Diderot, dans son Paradoxe sur le comédien[1].


« Sedaine, immobile et froid, me regarde et me dit : « Ah ! Monsieur Diderot, que vous êtes beau ! » Voilà l’observateur et l’homme de génie. Ce fait, je le racontais un jour à table, chez un homme que ses talents supérieurs destinaient à occuper la place la plus importante de l’État, chez M. Necker ; il y avait un assez grand nombre de gens de lettres, entre lesquels Marmontel, que j’aime et à qui je suis cher. Celui-ci me dit ironiquement : « Vous verrez que lorsque Voltaire se désole au simple récit d’un trait pathétique et que Sedaine garde son sang-froid à la vue d’un ami qui fond en larmes, c’est Voltaire qui est l’homme ordinaire et Sedaine l’homme de génie ! » Cette apostrophe me déconcerte et me réduit au silence, parce que l’homme sensible, comme moi, tout entier à ce qu’on lui objecte, perd la tête et ne se retrouve qu’au bas de l’escalier. »

— Denis Diderot, Paradoxe sur le Comédien, 1773

Jean-Jacques Rousseau, qui se reconnaît comme affligé au plus haut point de l’esprit de l’escalier, s’étend longuement, dans ses Confessions sur toutes les bévues, les bafouillages qu’il a commis en société, et qui ont grandement contribué à faire de lui le misanthrope qu’il devint. Il a dit de lui-même qu’il ferait « une fort jolie conversation par la poste[2] ».

[modifier] Notes

  1. Paradoxe sur le comédien, 1773, remanié en 1778; Diderot II, Classiques Larousse 1934, p. 56
  2. Les Confessions, l. III.
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