Creirwy

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Creirwy est un personnage de la mythologie galloise.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon Ifor Williams, le nom Creirwy viendrait des mots crair, "trésor", "chose aimée" et byw, "vivant"[1].

Mais le deuxième composé de son nom pourrait venir de wy, œuf. Pour les anciens druides, l’œuf cosmique est une allégorie du chaos, le commencement de toutes choses.

Littérature[modifier | modifier le code]

Creirwy est un personnage du Mabinogion et de l’Hanes Taliesin (le conte de Taliesin), où elle est appelée tecaf forwyn o’r byd, la plus belle vierge du monde.

Elle est la fille de la magicienne Ceridwenn et de Tegid Voel (Tegid le Chauve). Née à Penllyn dans le Powys, au Pays de Galles, Creirwy (aussi appelée Llywy) a un frère, Morvran, le plus laid des garçons, ce qui lui vaut d’être surnommé Afangddu ou Avangddu (monstre noir). Elle a aussi un frère d laid, Gwion Bach, qui deviendra le barde Taliesin[2]. Elle n’apparait pas dans les histoires d’Afangddu et de Taliesin.

Les Triades galloises parlent d’elles comme de l’une des trois plus belles vierges de l’Île de Bretagne :

"Les Trois Vierges de l'Île de Bretagne:
Creirwy fille de Ceridwenn,
Et Arianrhod fille de Dôn,
Et Gwen fille de Cywryd fils de Cryddon."


Elle est mentionnée dans les Beirdd yr Uchelwyr, ainsi que Madog Benfras et Tudur Aled.

Une autre légende, dans laquelle on trouve le héros Garwy Hir (Garwy le Long) ainsi que Hywel fils d'Einion et Myfanwy de Castell Dinar Brân (la fortersse de Brân), parle d'elle.

Une déesse celtique[modifier | modifier le code]

Le chercheur Edward Davies a comparé Creirwy à la Proserpine des druides Bretons, et sa mère Ceridwenn à Ceres [3].

Le mythographe Jacob Bryant a avancé une théorie selon laquelle Creirwy et Ceridwenn seraient le même personnage[3].

Sainte Creirwy[modifier | modifier le code]

Creirwy (latin : Creirvia ; breton : Klervi) est aussi le nom d’une sainte bretonne du Pays de Galles qui vécut au VIe siècle. Elle était la fille de Sainte Gwenn Treirbron (aux trois seins) et la sœur du grand Saint Guénolé de Landévennec. D’après des hagiographies du saint, Sainte Creirwy aurait eu un œil, ou les deux, arrachés par une oie dans son enfance. Guénolé fit ouvrir le ventre de l’oie, récupéra l’œil/les yeux de sa sœur et le/les lui remit dans son/ses orbite(s). Creirwy recouvra alors miraculeusement la vue[4]. Sainte Creirwy est donc patronne des aveugles. L’histoire a été immortalisée par une statue du XVIe siècle, à Keravézan Saint-Frégant ; appelée la fontaine de Saint Guénolé, elle représente Guénolé tenant l’oie et l’œil, avec le petite Creirwy à ses pieds[5],[6].

Toutefois, Sabine Baring-Gould et Fisher expliquent autrement la légende. « Creirwy » aurait souvent dit qu’elle devait la vue à Guénolé, mais en référence à un évènement beaucoup plus rationnel : dans son enfance, Guénolé l’aurait protégée d’une oie qui aurait failli lui arraché les yeux[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ifor Williams, Chwedl Taliesin (Caerdydd, 1957)
  2. Rachel Bromwich (gol.), Trioedd Ynys Prydein (Caerdydd, arg. newydd, 1991)
  3. a et b The Mythology and Rites of the British Druids, page 205
  4. "Sainte Chreirbia"
  5. Fontaine de Saint-Guénolé
  6. Une photo de la statue de Guénolé et de Creirwy sur Wikipedia en breton
  7. Anna du blog Early Western Saints. "St Winwaloe". Consulté le 1er Juin 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]