Controverse révolutionnaire

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Page de titre de la première édition des Droits de l'homme (Rights of Men) de Thomas Paine.

La controverse révolutionnaire (Revolution Controversy) est un débat mené en Grande-Bretagne au sujet de la Révolution française, et qui dura de 1789 à 1795[1]. Une guerre des pamphlets commence pour de bon après la publication par Edmund Burke de Réflexions sur la Révolution de France (Reflections on the Revolution in France) (1790), qui de façon surprenante, soutient la cause de l'aristocratie française. Parce qu'il avait soutenu les colons américains dans leur lutte contre l'Angleterre, son opinion créé une onde de choc à travers tout le pays. De nombreux écrivains réagissent, défendant la Révolution française, parmi lesquels Thomas Paine, Mary Wollstonecraft et William Godwin[1]. Alfred Cobban dit du débat qui éclate alors qu'il est peut-être la dernière remise en cause réelle des principes politiques fondamentaux en Grande-Bretagne[2]. Les thèmes formulés par ceux qui réagissent aux réflexions de Burke vont devenir un élément central du mouvement de la classe ouvrière radicale dans la Grande-Bretagne du XIXe siècle, ainsi que du romantisme[1]. La plupart des Britanniques célèbrent la prise de la Bastille en 1789, convaincus que la monarchie française devait être tempérée par une forme de gouvernement plus démocratique. Cependant, en décembre 1795, après la Terreur et la guerre avec la France, peu nombreux étaient ceux qui soutenaient encore la cause française.

Les Réflections de Burke[modifier | modifier le code]

Page de titre des Réflections sur la Révolution en France, d'Edmund Burke (1790).

Réagissant en partie à un sermon prenant le parti de la Révolution française donné par le clergyman « dissident » Richard Price, et intitulé Discours sur l'amour de notre pays (1789), Edmund Burke publie ses Réflections sur la Révolution en France pour s'efforcer de faire valoir des arguments en faveur du gouvernement aristocratique en place. Du fait que Burke avait auparavant appartenu au parti Whig libéral, qui critiquait le pouvoir monarchique, soutenait les révolutionnaires américains et critiquait la corruption des autorités aux Indes, la plupart des gens s'attendait à le voir soutenir les révolutionnaires français. La population fut donc choquée qu'il ne le fasse pas, et ses amis et partisans manisfestèrent leur colère[3]. Le livre de Burke, en dépit de son prix élevé de trois shillings atteignit le chiffre étonnant de 30 000 exemplaires vendus en deux ans[4]. Les Reflections défendaient « les concepts aristocratiques du paternalisme, de la loyauté, de la chevalerie, du principe héréditaire » et la propriété[4].


Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Butler, "Introduction", 1.
  2. Cité par Butler, "Introduction", 1.
  3. Butler, p. 33 ; Kelly, p. 85.
  4. a et b Butler, p. 35.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]