Concerto pour piano nº 9 de Mozart

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Portrait dit « de Bologne », représentant Mozart en 1777, l'année du concerto. Copie exécutée à Salzbourg par un auteur inconnu d'un original perdu qui avait été commandé par le père Martini de Bologne pour sa galerie des compositeurs

Le Concerto pour piano n° 9, dit Jeunehomme, en mi bémol majeur, K. 271, de Wolfgang Amadeus Mozart fut écrit à Salzbourg en 1777, alors que Mozart était âgé de 21 ans.

Cette œuvre est connue sous le nom du Concerto « Jeunehomme » car Mozart l'aurait écrit pour une pianiste française de passage à Salzbourg portant ce nom de famille, dont l'identité resta longtemps un mystère pour les spécialistes de l'histoire de la musique. Récemment le musicologue Michael Lorenz a suggéré que cette pianiste était en fait Louise Victoire Jenamy (1749-1812), une fille de Jean-Georges Noverre, lui-même danseur connu et l'un des meilleurs amis de Mozart[1].

Structure[modifier | modifier le code]

Ce concerto est destiné au piano solo, deux hautbois, deux cors, et ensemble à cordes. Il comporte trois mouvements :

  1. Allegro en mi bémol majeur à quatre temps (4/4)
  2. Andantino en do mineur écrit en 3/4
  3. Rondo (Presto) en mi bémol majeur, Alla breve (2/2)

Le premier mouvement s'ouvre, de manière inhabituelle pour l'époque par l'intervention du pianiste, anticipant les concertos n°4 et n°5 de Beethoven. Comme le note Girdlestone en 1964, cette rupture avec les conventions ne s'arrête pas à cette entrée en solo mais continue dans le style du dialogue entre le piano et l'orchestre dans le reste du mouvement. Mozart a écrit deux cadences pour ce mouvement.

Le second mouvement est écrit en mode mineur, un procédé que Mozart n'utilisa que dans cinq concertos pour pianos : l'arrangement K.41, le K.271, le K.456, le K.482 et le K.488. Mozart écrivit deux cadences pour ce mouvement.

Le troisième mouvement qui s'ouvre par un solo du piano est de forme rondo à grande échelle. Il est interrompu de manière surpenante par une partie en menuet lent, un procédé que l'on retrouve dans son vingt-deuxième concerto de 1785. L'œuvre se termine dans son tempo d'origine.

Accueil[modifier | modifier le code]

Cette œuvre est très prisée des critiques. Charles Rosen l'a qualifiée de « peut-être » le premier chef-d'œuvre indubitable du style classique[2]. Alfred Einstein l'a surnommé l'« Héroïque » de Mozart (la symphonie n° 3 de Beethoven dite « Héroïque » étant elle aussi écrite dans la tonalité de mi bémol majeur).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (de) Michael Lorenz, « Mademoiselle Jeunehomme » Zur Lösung eines Mozart-Rätsels (Vers une solution d'une énigme de Mozart), essai pour l'exposition Mozart de 2006. Da Ponte Institut, Vienne 2006, pp. 423-29.
  2. Rosen 1997, 59

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Girdlestone, Cuthbert (1964) Mozart and his piano concertos. New York: Dover Publications. ("an unabridged and corrected republication of the second (1958) édition of the work first published in 1948 by Cassell & Company, Ltd., London, under the title Mozart’s Piano Concertos." : Translation of Mozart et ses concertos pour piano.) (ISBN 0-486-21271-8).
  • (en) Rosen, Charles (1997) The Classical Style: Haydn, Mozart, Beethoven. Norton: New York. p. 59-60.

Liens externes[modifier | modifier le code]