Cierge magique

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Cierge magique
Cierge magique
Cierge magique dans un sapin de Noël

Un cierge magique (ou cierge merveilleux), du nom des cierges religieux, est une baguette d'une vingtaine de centimètres de long, enduite d'une matière pyrotechnique, de sorte qu'il brûle lentement en projetant autour de lui des étincelles dorées ou multicolores.
Ces étincelles sont présentées comme étant inoffensives pour celui qui le tient car très fines et se refroidissant très vite (la température pouvant néanmoins atteindre 648,9 °C (1200 °F) au point de combustion[1], ce qui invite à manipuler ce dispositif avec précaution[2] et notamment éviter que les étincelles (particules métalliques en combustion n'atteignent les yeux.

Il ne doit pas être confondu avec certains dispositifs de feu d'artifice, qui ne sont pas conçus pour être tenus à la main mais pour être enfoncés dans le sol. Il devrait être utilisé en plein air ou dans une pièce aérée, car sa combustion dégage une fumée âcre, chlorée (à partir du perchlorate) et contenant des métaux et oxydes métalliques (micro ou nanoparticules).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les cierges magiques tels qu'utilisés aujourd'hui auraient été inventés dans les années 1900, d'abord produits à partir de limaille de fer introduite dans une pâte pyrotechnique enduite sur un fil de fer de 10 pouces de long et mise à sécher.

Composition[modifier | modifier le code]

Outre son cœur souvent métallique, le cierge est composé d'un liant assurant la consistance pâteuse lors de la fabrication (en dextrine ou nitrocellulose), et emprisonnant les particules métalliques indispensables à la formation des étincelles.

Ces particules sont formées des substances suivantes :

  • aluminium, magnésium, ou magnalium (alliage d'aluminium comprenant 5 % de magnésium) : production d'étincelles blanches ;
  • fer : étincelles orange, se subdivisant « en branches » ;
  • titane : riches étincelles blanches ;
  • ferrotitane : étincelles dorées.

D'autres ingrédients règlent la combustion, notamment sa vitesse : le soufre et le charbon de bois.

Un élément oxydant est nécessaire :

Des effets colorés supplémentaires peuvent être obtenus en ajoutant des colorants pyrotechniques : chlorures et nitrates de métaux, tels que le baryum, le strontium ou le cuivre.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Ces cierges magiques sont utilisés lors de fêtes, souvent en intérieur, du fait de leur caractère peu dangereux comparés aux feux d'artifice proprement dit, puisqu'ils ne brûlent pas la main qui les tient[3].

Ils pourront ainsi servir de décoration :

Risques et dangers[modifier | modifier le code]

Peu de données semblent publiées à ce sujet.

Statistiques[modifier | modifier le code]

  • Selon un rapport publié en 2009 par le National Council on Fireworks Safety des aux États-Unis (Conseil national de sécurité dans les arts pyrotechniques), les cierges magiques utilisés à l'occasion des fêtes de l'indépendante (Fourth of July festivities) sont responsables dans ce pays de 16 % des blessures déclarées dans le pays comme liées à l’usage de dispositifs pyrotechniques (feux d’artifice inclus)[4]
  • Selon les statistiques produites par une organisation indépendante d'organisation de consommateurs (Consumer Product Safety Commission), dans plus de la moitié des cas de déclaration (57 % des cas), les blessures induites par les artifices pyrotechniques aux enfants de moins de cinq ans proviennent de cierges magiques et non de pétards ou de feux d'artifice [5].
  • Le nombre de blessés tend à augmenter avec la banalisation des feux d'artifice. Ainsi, en 2010, le risque de blessure par feux d'artifice (ramené à l'âge) était aux États-Unis le plus élevé pour les enfants de 5 à 14 (deux fois plus élevé que pour la population générale)[6].
    Et les cierges magiques et quelques nouveautés représentaient à eux seuls 38 % des 8 600 blessures traitées par les urgences hospitalières des États-Unis en 2010[6].

Selon le combustible et le comburant (oxydant) utilisés, la température du point de combustion est d'environ 1800°F à 3000°F (soit 1000°C à 1600°C), ce qui est plus que suffisant pour causer des brûlures graves de la peau ou mettre le feu à des vêtements très inflammables.

Précaution et accidents[modifier | modifier le code]

Les experts en sécurité recommandent que les adultes et enfants manipulant des cierges magiques soient correctement mis en garde, supervisés et portent des vêtements ininflammables.

  • Dans les zones arides et en période de forte sécheresse, les cierges magiques (comme les feux de Bengale et tous les feux d'artifice) peuvent être source de départ de feu accidentel et provoquer des incendies de forêt (en Australie, par exemple, plusieurs feux accidentels de brousse auraient été déclenchés par des cierges magiques, ce qui a conduit à leur interdiction dans les établissements publics et lors d’événements de plein air durant l'été, comme la Fête Australie [citation nécessaire].
  • Des « bombes de Sparklers » (Sparkler bombs) ont été produites en regroupant jusqu’à 300 cierges magiques avec du ruban adhésif. En 2008, aux États-Unis, trois décès ont été attribués à de tels dispositifs, qui peuvent s’enflammer ou exploser accidentellement lorsqu’exposés à la chaleur ou au frottement[7].
    /Parce que contenant généralement plus de 50 milligrammes d’une poudre explosive (interdite dans des pétards), de tels dispositifs sont illégaux aux États-Unis (U.S. Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF) regulations.) [7].

En 2008, un homme Brookings, SD, a été tué alors qu'il était assis sous son porche, avec une bombe sparkler qui semble avoir spontanément explosé[7].

Les représentants de l'industrie des feux d'artifice reportent la responsabilité sur les clients. Il n'y a pas grand-chose qu'ils peuvent faire disent-ils pour empêcher les gens d'utiliser des feux de Bengale ou d'autres dispositifs pyrotechniques de manière dangereuse ou détournée. Pour Bill Weimer (vice-président des l'entreprise de feux d'artifice Phantom, qui détient Sparklers diamant, unique fabricant américain de cierges magiques), limiter les ventes par personne « ne va pas empêcher quatre personnes de venir et d'acheter deux paquets chacun ».

D'autre pensent qu'il est important de sensibiliser le grand public au risque de blessures involontaires, dont par les brûlures qui pour la plupart pourraient être évitées par une meilleure gestion du risque[8].

Des risques existent aussi en amont, au niveau de la fabrication, du transport et du stockage. Par exemple, l'usine de "Bright Sparklers Fireworks fire" (Sungai Buloh, Selangor, Malaisie) a le 7 mai 1991 explosée en tuant 26 personnes et faisant de nombreux blessés[9],[10].

Règlementation[modifier | modifier le code]

Selon les pays ou les régions du monde, ce produit peut être interdit d'utilisation tout ou partie de l'année (c'est le cas dans 5 États américains).
Il peut aussi être soumis à une réglementation particulière pour sa fabrication, son stockage et son transport, dont par exemple pour le transport sur les voies d'eau intérieures en Europe suite à un « Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par voies de navigation intérieure »[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. NFPA, Image pédagogique présentant différentes températures de combustion, dont celle d'un cierge magique), consulté 2012-10-21
  2. News Medical, Top physicians (NewYork-Presbyterian Hospital) offer health advice to help people survive during summer 2010-06-03, consulté 2012-10-21
  3. Différence entre cierges magiques et feux d'artifice
  4. UPI, Health_News (2009); "Sparklers 16 percent of fireworks harm." United Press International. 22 juin 2009
  5. USFA, DHS, gouvernement des États-Unis, The Dangers of Fireworks Topical Fire Research Series. Volume 5, Issue 4. U.S. Fire Administration/National Fire Data Center. Juin 2005.
  6. a et b NFPA, Fire service today ; Public Fire Protection division of NFPA (National Fire Protection Association), consulté 2012-10-21
  7. a, b et c Wall Street Journal, 'Sparkler Bombs' Mar Celebrations
  8. Jacinta Kelly, Lia Evans, The burning issue of injury in Ireland: Part 1 ; British Journal of Nursing, Vol. 19, Iss. 6, 25 mars 2010, p. 374-378 (138kb)
  9. Jayakrishman, S.; Chung, Alex (1993-04-17). "http://news.google.com/newspapers?id=auQVAAAAIBAJ&sjid=BhQEAAAAIBAJ&pg=2102,2481956&dq=bright-sparklers+fireworks+fire&hl=en Firm Blamed for Explosion]" ; New Sunday Times. Consulté 2010-12-10.
  10. Pereira, Ian; David, Adrian (2001-05-07). "Painful memories of Bright Sparklers" ; New Straits Times. Retrieved 2010-12-10.
  11. Nations unies, Commission économique pour l’Europe, ADN 2007, Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par voies de navigation intérieure Volume 1 ; ISBN 92-1-239108-7 (2 volumes) ou 92-1-239106-0(Vol.I)