Bataille de Villagarcia

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Bataille de Villagarcia
Au premier plan à droite, les dragons lourds britanniques de la brigade Le Marchant chargent lors de la bataille de Salamanque. Ils avaient fait de même quelques mois plus tôt à Villagarcia.
Au premier plan à droite, les dragons lourds britanniques de la brigade Le Marchant chargent lors de la bataille de Salamanque. Ils avaient fait de même quelques mois plus tôt à Villagarcia.
Informations générales
Date
Lieu Villagarcia (Estrémadure)
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Commandants
François Antoine Lallemand Stapleton Cotton
Forces en présence
1 100 cavaliers 1 400 cavaliers
Pertes
53 tués ou blessés
136 prisonniers
51 tués ou blessés
Guerre d'indépendance espagnole
Batailles
Campagne de Castille (1811-1812)

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La bataille de Villagarcia, aussi connu sous le nom de bataille de Llerena, se déroule le 11 avril 1812 à Villagarcia, pendant la guerre d'Espagne, et oppose la cavalerie britannique commandée par le lieutenant-général Stapleton Cotton à la cavalerie française dirigée par le général de brigade François Antoine Lallemand. L'affrontement se solde par une victoire britannique.

Cotton profite de l'isolement de la cavalerie française pour lui tendre un piège, en prévoyant de l'attaquer simultanément de front et de flanc. L'assaut frontal prématuré de la brigade Ponsonby compromet un moment la situation, sauvée néanmoins par la charge opportune de la brigade Le Marchant sur ​​le flanc gauche français.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le général Stapleton Cotton commande la cavalerie britannique à la bataille de Villagarcia (peinture du 19e siècle).

La chute récente de Badajoz aux mains des Britanniques, le 6 avril 1812, permet aux forces anglo-portugaises commandées par Wellington de prendre l'offensive. Avant de diriger le gros de ses forces au nord pour sa campagne contre Salamanque, Wellington confie le gros de sa cavalerie au général Rowland Hill, chargé de suivre l'armée française du maréchal Soult en retraite qui, après avoir échoué à secourir Badajoz, se replie vers l'Andalousie. L'arrière-garde française commandée par le général Drouet d'Erlon doit gagner Séville si cette dernière est menacée. Un détachement de la cavalerie de Hill, sous les ordres de Stapleton Cotton, serre en effet de très près les forces françaises encore présentes dans la province d'Estrémadure.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Le général François Antoine Lallemand, ici en uniforme de colonel des chasseurs de la Garde, commande la cavalerie française à Villagarcia.

La cavalerie de Stapleton Cotton est composée de deux brigades lourdes : celle de John Le Marchant (3rd et 4th Dragoons ainsi que le 5th Dragoon Guards) et de John Slade (1st Dragoons, et les 3rd et 4th Dragoon Guards) ainsi que la brigade légère de Frederick Ponsonby (commandant temporaire en l'absence du général Anson) composée des 12th, 14th et 16th Light Dragoons[1]. Seul la brigade Ponsonby et le 5th Dragoons Guards seront cependant impliqués dans les combats.

En face, la cavalerie française, attachée aux deux divisions d'infanterie du général Drouet d'Erlon, est sous les ordres du général François Antoine Lallemand. Elle est constituée du 2e régiment de hussards ainsi que des 17e et 27e régiments de dragons[1].

Bataille[modifier | modifier le code]

Dans la soirée du 10 avril, Cotton monte jusqu'en haut du clocher d'une église à Bienvenida. Il sait que les Français occupent Llerena et qu'il y a beaucoup de cavaliers français à cinq miles de là, près du village de Villagarcia[2]. Conscient de sa supériorité numérique, Cotton décide de tendre un piège à la cavalerie française. Pendant la nuit, il envoie Ponsonby avec les 12th et 14th Light Dragoons pour reconnaître le terrain autour de Villagarcia, tandis que Le Marchant décrit un mouvement en vue d'être sur le flanc gauche français et ainsi leur couper la retraite. Slade est également chargé d'envoyer sa brigade sur Bienvenida, mais il semble avoir tardé à se déplacer. Cotton retient le 16th Light Dragoons en réserve. À un moment durant la nuit, Cotton se rend compte que la cavalerie de Ponsonby risque d'alerter les Français avant que Le Marchant soit en mesure de lui apporter son soutien. Le général britannique expédie donc un de ses aide de camp avec ordre d'arrêter la cavalerie légère. Malheureusement, la dépêche arrive trop tard[3].

Deux escadrons de la cavalerie légère britannique attaquent les premiers éléments adverses sur le village de Villagarcia mais, à l'aube, ils tombent sur le corps principal de la cavalerie française et sont repoussés. Ponsonby, avec ses deux régiments, se retrouve confronté aux trois régiments du général Lallemand, et doit amorcer un repli.

Suite à ses ordres, Le Marchant a entre temps déplacé sa brigade pendant la nuit sur un terrain peu praticable. En descendant des collines escarpées qui bordent la plaine où l'action se déroule, Le Marchant, accompagné du 5th Dragoon Guards, remarque qu'il a considérablement pris de l'avance sur les deux autres régiments de la brigade. Le Marchant voit également, en regardant à travers les arbres de la forêt où lui et ses hommes se déplacent, que la cavalerie française, formée en deux colonnes échelonnées en profondeur, pousse les six escadrons de dragons légers vers un ravin étroit entouré de murs en pierre. Le Marchant réalise qu'une charge immédiate est nécessaire avant que les escadrons de Ponsonby ne soient détruits[4].

Le général Lallemand entrevoit néanmoins les uniformes rouges dans les bois à sa gauche et donne l'alerte auprès du général Peyremmont, qui commande le 2e régiment de hussards. Ce dernier lui répond que ces dragons britanniques étaient probablement un petit détachement ayant perdu son chemin[5].

À cet instant, la situation, alors à l'avantage des Français, se retourne brusquement en faveur des Anglais. Le Marchant mène ses cavaliers dans les bois où ils forment les rangs. Le 5th Dragoon Guards attaque avec ses escadrons en échelon et heurte le flanc gauche exposé de la formation française. Simultanément à la charge de Le Marchant, le 16th Light Dragoons, dirigé par le général Cotton, apparaît à droite de Ponsonby et charge à son tour. La cavalerie française est jetée dans la confusion en un instant et est rapidement dispersé[6].

La poursuite des Britanniques, qui continue d'infliger des pertes à l'ennemi et de faire des prisonniers, est menée jusqu'au murs de Llerena où se trouve l'infanterie de d'Erlon. Les Français se rassemblent brièvement mais ils sont abordés par les dragons légers du 16th et contraints à la fuite une fois de plus. Quelques heures plus tard, les Français abandonnent Llerena et poursuivent leur recul vers l'Estrémadure[7].

Conséquences et analyse[modifier | modifier le code]

Les Français perdent 53 tués ou blessés, ainsi que 136 prisonniers (dont 4 officiers parmi lesquels un lieutenant-colonel) et sont forcés de quitter la province d'Estrémadure. Les Britanniques déplorent de leur côté 51 soldats tués ou blessés[8].

Cotton fait preuve d'initiative dans la conception d'un plan pour piéger la cavalerie française. Toutefois, ce plan, entièrement tributaire de la synchronisation des mouvements des flancs avec ceux du centre, a été probablement un peu trop complexe et manque d'échouer lors de l’attaque prématurée de Ponsonby. La brigade lourde de Slade n'a pas pu intervenir. Le Marchant, dans sa première action militaire d'envergure, montre de réelles qualités tactiques. La discipline et l'entraînement des cavaliers du 5th Dragoon Guards sauvent la situation précaire des cavaliers légers. La manœuvre de déploiement des escadrons en dehors des bois, où les cavaliers auraient été incapables de former correctement leurs rangs, est remarquable.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fletcher 1999, p. 159
  2. Thoumine 1968, p. 169
  3. Fletcher 1999, p. 160
  4. Thoumine 1968, p. 170 et 173
  5. Le Marchant 1841, p. 213
  6. Fletcher 1999, p. 160-161
  7. Thoumine 1968, p. 171
  8. Smith 1998, p. 376

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ian Fletcher, Galloping at Everything, Staplehurst, Spellmount,‎ (ISBN 1-86227-016-3)
  • (en) D. Le Marchant, Memoirs of the Late Major General Le Marchant, Londres,‎ (lire en ligne)
  • (en) Digby Smith, The Napoleonic Wars Data Book, Londres, Greenhill,‎ (ISBN 1-85367-276-9)
  • (en) R.H. Thoumine, Scientific Soldier, A Life of General Le Marchant, 1766-1812, Oxford U. Press,‎